CDG Express : RATP Dev-Keolis devront voyager sans bagages

Vue d'un panneau d'informations des vols arrivees et departs en zone publique, Module de liaison du Terminal 2E

Dans un communiqué du 26 avril, l’Autorité de la concurrence (ADLC) chargée de contrôler les opérations de concentration sur le marché français, annonce son feu vert à la création de l’entreprise commune entre RATP Dev et Keolis pour exploiter la future liaison CDG Express entre Paris gare de l’Est et l’aéroport Charles de Gaulle. Son lancement théorique est prévu pour les JO de 2024, mais il pourrait être retardé (lire). Rappelons que le groupement « Hello Paris » formé par les deux transporteurs publics a remporté le marché en novembre 2018 (lire)

« Après avoir examiné les effets possibles de l’opération sur les différents marchés concernés (…), l’Autorité exclue tout risque d’augmentation des tarifs ou de dégradation des services« , indique le communiqué. Une fois leur entreprise commune sur les rails, RATP Dev et Keolis « n’auront aucun concurrent opérant des liaisons ferroviaires entre Paris intramuros et l’aéroport CDG« , mais, estime le gendarme de la concurrence, elles ne seront pas en mesure d’augmenter les tarifs ou de dégrader le service CDG Express du fait du contrat conclu avec l’Etat, qui « permet d’écarter de tels risques », juge, confiante, l’ADLC.

Le risque sur les tarifs et le service écartés par le régulateur, quid des données voyageurs collectées par le futur duo aux commandes du CDG Express ? Ces données permettraient à leur maison mère (SNCF pour Keolis, RATP pour RATP Dev) de coordonner leur comportement lors de leurs réponses à de futurs appels d’offres. L’Autorité de la concurrence exclue également ce risque car ces données « sont limitées aux seuls passagers du CDG Express« .

Pas de billets couplés CDG Express et transport de bagages

Finalement, un seul risque a été identifié par les experts de la rue de l’Echelle : la prédation par Keolis et RATP Dev du marché des services d’enregistrement et de transport de bagages entre Paris et l’aéroport Charles de Gaule. Il s’agit d’un tout petit marché, mais il est ouvert et les acteurs sont soumis à l’agrément d’ADP. Citons par exemple Eelways ou Bagages du Monde, avec des tarifs variant de 15 à 45 euros par bagage selon les prestations.

Keolis-RATP Dev ne pourront donc pas « vendre, en même temps qu’un ticket pour le CDG Express et à des conditions préférentielles, un service d’enregistrement et de transport de bagages vers et depuis l’aéroport« , tranche une décision de l’Autorité du 26 avril (pas encore publiée). Dommage, cela aurait été pratique pour les voyageurs, mais pour ne pas laisser les deux géants du transport de voyageurs profiter de leur position dominante, l’Autorité de la concurrence exige qu’ils confient l’exploitation du transport de bagages ou les services d’enregistrement à des partenaires indépendants. Les contrats seront soumis à l’agrément du gendarme de la concurrence pendant toute la durée de la concession du CDG Express, soit 15 ans.

Nathalie Arensonas