Spécial UITP – Le modèle suédois

Ici, le tram prolongé 
l’an dernier sur la place Sergels Torg, symbolique de l’urbanisme des années 1960.

Comme tous les deux ans depuis plus de 130 ans, le Sommet de l’UITP rassemble les professionnels du transport public (entreprises, institutions, associations et organisations) de 80 pays. Après une édition nord-américaine, à Montréal, retour en Europe avec l’édition 2019, qui se tient du 9 au 12 juin à Stockholm, en Suède. L’occasion pour les visiteurs de mieux connaître les spécificités suédoises.

 

Souvent précurseur. C’est ce qu’on peut dire du plus grand et du plus central des pays nordiques, la Suède, et tout particulièrement de sa capitale, Stockholm, dans le domaine des transports. C’est en effet une des premières villes à avoir appliqué le péage urbain, une mesure plébiscitée par les habitants du centre mais loin de faire l’unanimité ailleurs. Les résultats sont toutefois là : le trafic automobile avec la périphérie a reculé de 25 % depuis que cette mesure a été définitivement introduite le 1er août 2007 après une période d’essai précédant le référendum de 2006.

C’est l’Etat qui, par le biais de l’agence Transportstyrelsen, gère le péage urbain (trängselskatt, c’est-à-dire « taxe d’encombrements »). Cette taxe doit être acquittée par les automobilistes se rendant dans le centre de Stockholm et, depuis peu, empruntant l’autoroute contournant le centre-ville par l’ouest.

Les transports publics sont de leur côté gérés par la région de Stockholm (2,2 millions d’habitants), nouvelle dénomination administrative depuis le 1er janvier dernier de l’ancien département (län) environnant la capitale, qui regroupe 26 communes et compte dix agglomérations. Plus précisément c’est l’entité régionale Trafikförvaltningen, qui en est l’autorité organisatrice sous la marque commerciale SL. Avant 1967, les transports étaient du ressort des différentes communes, voire de l’initiative privée.

Cette répartition des rôles n’a pas pour autant privé les communes de tout rôle dans les transports. Par exemple, du fait que Stockholm garde la main sur la gestion des rues et l’urbanisme, la ville a son mot à dire sur l’implantation des couloirs de bus ou de pistes cyclables, le retour du tram ou la réorganisation du pôle d’échanges de Slussen, dans un secteur en pleins travaux.

Depuis les années 1990, SL n’exploite plus en direct son propre réseau (métro, tram, trains d’intérêt local et bus) mais choisit les opérateurs (Arriva, Keolis, MTR, SS, Transdev) au moyen d’appels d’offres périodiques. Egalement sous l’autorité de SL, le Pendeltåg (équivalent du RER) fait aussi l’objet d’appels d’offres, de même que les lignes régulières de bateau, gérées en ville par SL et sous-traitée dans l’archipel par diverses compagnies de navigation (dont une récemment reprise par Transdev) pour la compagnie Waxholmsbolaget.

Entre le bassin du lac Mälaren et la mer Baltique, la région de Stockholm connaît une des croissances les plus dynamiques d’Europe (700 000 nouveaux habitants sont attendus d’ici dix ans). Pour accompagner la hausse de population attendue, le logement et le réseau de transports se développent, même si les progrès ne sont pas aussi rapides que le souhaiteraient les usagers, de plus en plus nombreux. En moyenne, 2,8 millions de voyages sont effectués chaque jour sur le réseau SL par 800 000 personnes.

Patrick LAVAL