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La métamorphose de la gare de Rennes

Deux ans après l’arrivée de la LGV, Rennes a inauguré le 3 juillet sa gare qui a été totalement transformée. Un toit blanc tout en transparence, composé de coussins d’air sculptés, coiffe désormais le bâtiment côté nord qui domine une partie de la ville sur une colline aménagée. Un sacré coup de jeune pour cette gare construite à la fin du XIXe siècle pour l’arrivée de la ligne Paris – Brest.
L’opération a nécessité six années de concertation et d’études, puis quatre ans de travaux. Le tout pour un investissement de plus de 130 millions d’euros.
Le chantier a été long et compliqué puisqu’il ne fallait pas entraver le fonctionnement de la gare. Il avait plusieurs objectifs : accueillir un trafic en pleine croissance, porté notamment par le plus grand nombre de TGV desservant la Bretagne et l’effet de complémentarité du TER. La surface de la gare, actuellement fréquentée par 65 000 voyageurs chaque jour, a été doublée. Les prévisions tablent sur 130 000 voyageurs quotidiens dès l’année prochaine, a indiqué la ministre des Transports, Elisabeth Borne, venue pour l’inauguration.
Pôle d’échange multimodal
Second objectif, améliorer les connexions entre les différents modes de transports, autrement dit faire de cette gare un PEM (pôle d’échange multimodal) pour reprendre le jargon consacré. Les choix architecturaux, portés par l’équipe d’urbanistes-paysagistes FGP/TER, en lien avec les architectes d’Arep, la filiale de SNCF & Connexions, ont abouti à redessiner un immense espace organisé en quatre niveaux, avec une grande hauteur sous plafond permettant d’embrasser en quelques regards les services proposés en gare, les trains stationnés sur les quais ou de repérer les cheminements pour regagner la sortie ou prendre le bus ou le métro (la ligne A a déjà sa station, dans un peu plus d’un an, une deuxième ligne, la B, desservira aussi la gare). Ou encore pour rejoindre la gare routière désormais étroitement jumelée au hall d’échanges, le parking (1 200 places de stationnement et des emplacements pour les deux roues) ou les emplacements vélos (1 000 places de vélo seront disponibles en 2020).
Les architectes ont aussi choisi de faire la part belle à la lumière apportée par la transparence du toit et des baies vitrées. « Tout cela va dans le sens de la lisibilité. Pour les voyageurs, les cheminements sont faciles grâce à des passerelles en bois, des escaliers, des ascenseurs ou des pentes douces », souligne Fabienne Couvert, directrice Architecture et Urbanisme à l’Arep.
EuroRennes, le nouveau quartier
Enfin, dernier objectif, le tissu urbain a été repensé autour de la gare pour mettre un terme à la coupure urbaine imposée jusque-là par les faisceaux ferroviaires. Avec sa nouvelle plateforme qui relie le nord au sud, la gare doit devenir un lieu de jonction et d’attractivité. Un nouveau quartier, EuroRennes est en train d’éclore, proposant 125 000 m2 de bureaux. Plus de 120 entreprises sont attendues, avec 7 000 emplois concernés. 1 500 logements sont aussi prévus pour 3 000 habitants à terme. Parmi les projets permettant d’animer le nouveau quartier, une crèche et un cinéma d’art et d’essai sont prévus.
Pièce maîtresse de cette redistribution, la gare de Rennes contribuera à cette animation avec ses 16 commerces qui s’y sont installés, dont des franchises comme Prêt à manger ou McDonald’s ou bientôt le restaurant « Paris-Brest » du chef étoilé Christian Le Squer. Des services s’y sont aussi implantés, des loueurs de voitures, l’espace Korrigo, ou prochainement une pharmacie et une maison du Vélo.
Au-delà de Rennes, la Bretagne s’est engagée dans un vaste mouvement de rénovation de ses gares et de renouvellement urbain. Dix gares sont également labellisées PEM, ou en voie de l’être. C’est le cas de Vitré, Guingamp, Morlaix, Redon ou Lorient, bientôt Saint-Brieuc. Des travaux ont commencé à Auray, où une nouvelle gare verra le jour en 2022. A Vannes et à Quimper, les projets devraient bientôt être signés. L’effet TGV…
M.-H. P.