Keolis autorisé à racheter CarPostal France

Libellule Villefranche-sur-Saône

L’Autorité de la concurrence (ADLC) donne son feu vert au projet de rachat par Keolis des activités France du transporteur public suisse CarPostal. Les négociations entre la filiale de la SNCF et celle de La Poste Suisse en vue de la vente de CarPostal France (1 200 salariés, 760 véhicules) étaient engagées depuis mai 2019.

« A l’issue d’un examen des effets de cette opération sur les marchés du transport public urbain de voyageurs et du transport interurbain de voyageurs, hors Ile-de-France, l’Autorité de la concurrence a autorisé cette opération sans condition […]. L’opération envisagée n’est pas de nature à porter atteinte à la concurrence », estime le gendarme de la concurrence dans un communiqué du 26 septembre.

Entrée en France au milieu des années 2000 sur le marché des transports urbains, interurbains et scolaires, CarPostal France est présente dans l’est et le sud-est de l’Hexagone où l’entreprise exploite les réseaux urbains de Mâcon, Bourg-en-Bresse, Villefranche-sur-Saône, Dole, Menton, Salon-de-Provence, Sète, Agde et Haguenau. Elle opère également des lignes d’autocar interurbains en Bourgogne-Franche-Comté, Isère, Haute-Savoie, Loire et Hérault.

Concurrence déloyale en Isère

En 2016, après avoir été condamnée par la justice française à verser à trois transporteurs isérois plus de 10 millions d’euros de dommages et intérêts pour concurrence déloyale, CarPostal France avait signé un protocole transactionnel à hauteur de 6,2 millions d’euros et renoncé à faire appel. Par ailleurs engluée depuis 2018 dans un scandale après la découverte de caisses noires, CarPostal a décidé début 2019 de jeter l’éponge en France, et entamait quelques semaines plus tard des négociations avec Keolis.

« Pas de risque d’atteinte à la concurrence »

Sur le marché du transport urbain (hors Ile-de-France), l’Autorité de la concurrence considère que Keolis et CarPostal France ne postulant généralement pas aux mêmes appels d’offres, tout risque d’atteinte à la concurrence est écarté, d’autres concurrents comme Transdev et RATP Dev étant aussi présents.

Sur le marché interurbain, toujours hors Ile-de-France, « l’instruction a révélé que les parties exerçaient entre elles dans certains départements une pression concurrentielle, mais que les parties avaient des parts de marché limitées. Par ailleurs, après une analyse dans chaque département, il apparaît que des concurrents  sont également actifs sur ces marchés, tels Transdev ou des opérateurs locaux », juge l’ADLC. La route est ouverte pour que Keolis renforce ses positions.

La filiale de la SNCF ne communique pas le montant de la transaction envisagée et dont le closing devrait maintenant être assez rapide.

Le texte intégral de la décision du 25 septembre 2019 sera publié prochainement sur le site internet de l’ADLC

N. A.