Alstom modernisera le métro de Marseille

Le public pourra choisir le design du métro parmi trois propositions signées Ora-ïto et Fabien Bourdier.

C’est Alstom qui a été choisi par la Métropole Aix-Marseille-Provence pour renouveler le matériel roulant et automatiser le métro de la cité phocéenne, face à la candidature commune de CAF et de Thales, qui avaient formé le groupement Maévi à cette fin. Dans le cadre de ce contrat, évalué à 430 millions d’euros, Alstom devra développer, fournir et installer le système d’exploitation et les équipements du pilotage automatique des deux lignes du réseau marseillais, qui totalisent 22 km. Le constructeur devra également mettre en service 38 nouvelles rames sur pneu et moderniser l’ensemble des moyens audiovisuels d’information voyageurs dans les 30 stations.

Longues de 65 mètres, les nouvelles rames de quatre voitures à intercirculation pourront transporter jusqu’à 500 voyageurs, à raison de quatre par mètre carré. Ce nouveau matériel disposera de larges baies vitrées, d’un système de climatisation « performant » et de systèmes d’information voyageurs « modernes », offrant une expérience à bord « agréable », selon les qualificatifs donnés par Alstom, qui a fait appel aux designers marseillais Ora-ïto et Fabien Bourdier pour imaginer le design et la mise en scène sonore des nouvelles rames… Ou plutôt trois designs, qui ont été proposés à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Cette dernière a mis en place une consultation sur internet afin de permettre au public de choisir le design du futur métro parmi les trois propositions, intitulées « écouter la ville », « s’amuser des contrastes » et « sculpter la mer ».

La mise en service des nouvelles rames est prévue en 2024, date à laquelle elles commenceront à remplacer les actuelles rames MPM 76, en service depuis 1977. Par rapport à ces dernières, le nouveau matériel devrait consommer 25 % d’énergie en moins « grâce notamment au freinage électrique (jusqu’à 0 km/h), à l’éclairage LED et d’autres optimisations ». Dans un premier temps, les nouvelles rames circuleront en mode semi-automatique avec conducteur (jusqu’à la mi-2025 sur la ligne M2 et jusqu’à 2026 pour la ligne M1), avant de passer à la conduite automatique intégrale. A cette fin, Alstom fournira sa solution Urbalis 400.

Alstom précise qu’au total, « plus de 400 personnes en France travailleront sur ce projet dont plus de 60 sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence ». En effet, le site Alstom d’Aix-en-Provence assurera le pilotage du projet ; les cinq autres sites français mis à contribution seront Valenciennes pour la conception, l’aménagement intérieur, l’assemblage, les essais et la validation des rames, Ornans pour les moteurs, Le Creusot pour les bogies, Villeurbanne pour l’informatique embarquée, l’information voyageurs, la maintenance prédictive et les équipements du système de signalisation, et Saint-Ouen pour la coordination du design artistique, le développement et l’intégration du système de signalisation. Des emplois devraient également être générés chez les fournisseurs d’Alstom en France, « mais aussi au sein de la Métropole pour les activités d’installation et de déploiement du système de signalisation ».

Patrick Laval