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BusWorld 2019 : Cap sur Bruxelles pour le salon européen de l’autobus

Les années impaires, Busworld Europe réunit les professionnels du transport routier de voyageurs autour de la plus grande exposition d’autobus et autocars de la planète. Sa 25e édition, du 18 au 23 octobre, s’est déroulée, pour la toute première fois, à Bruxelles, au parc des expositions « Brussels Expo » situé à l’ombre du célèbre atomium. Cette année, la manifestation a accueilli le chiffre record de 39 800 visiteurs venus de 143 pays. Jusqu’ici, elle était traditionnellement associée à la ville de Courtrai, en Flandre-Occidentale. Dans les murs de cette dernière, au fil des années, elle se sentait toutefois de plus en plus à l’étroit, même si les habitués disaient toujours apprécier la fameuse « ambiance familiale de Courtrai ». Le déménagement vers la capitale belge aura permis de faire croître la surface du salon de 50 000 à 80 000 m2, et le nombre d’exposants de 376 à 511. Promenade à travers les allées, à la rencontre de quelques-unes des principales nouveautés…

Dès l’entrée du salon franchie, les visiteurs arrivaient immédiatement sur lui. A Busworld 2019, l’Aptis d’Alstom ne sera pas passé inaperçu. Son design fort attractif, que signe le consultant Yellow Window, n’y est sûrement pas étranger. Tout comme son empattement, presque égal à la longueur du véhicule, et qui annihile pratiquement les deux porte-à-faux. Entre le prototype et le premier véhicule de série, Alstom a beaucoup travaillé sur la réduction des masses, en abandonnant l’idée initiale d’une structure de caisse dérivée du tramway Citadis, tout en continuant de garantir une longévité de 20 ans. L’encombrement du coffre abritant l’électronique de traction a été diminué de moitié, et l’Aptis peut désormais embarquer une tonne de batteries supplémentaire, soit trois tonnes. La maniabilité du véhicule a été améliorée en augmentant de 32 à 42° l’angle de braquage, permettant d’abaisser le rayon de giration à 10 m, tandis que le nombre de tours de volant, de butée à butée, a été diminué pour satisfaire à la demande des conducteurs. « Nous avons aussi remédié aux deux critiques – le bruit et le confort – qui avaient été émises à la sortie du prototype », note avec satisfaction Benjamin Bailly, directeur Bus électrique chez Alstom. De fait, le niveau sonore a pu être sensiblement réduit en isolant phoniquement le moteur, ainsi qu’en travaillant sur les fréquences d’harmoniques émises par le fonctionnement de l’électronique. Le résultat est probant, tant sur les bruits solidiens qu’aériens. De plus, le constructeur ferroviaire, qui ne saurait encore se proclamer expert, à lui tout seul, en technique routière, a su faire appel à ses fournisseurs pour revoir les suspensions de l’Aptis, en vue de lui procurer un confort dynamique supérieur. L’acceptation par la profession de ce véritable « concept-bus », en rupture essentielle avec les canons de l’architecture d’un autobus traditionnel, ne semble pas avoir levé de difficulté insurmontable. Aujourd’hui, le constructeur estime qu’il n’y a « plus aucun point bloquant ». Ce doit être, pour lui, un réel soulagement. « Le temps de prise en main du véhicule est certes un peu plus long, mais ensuite les conducteurs l’apprécient énormément, en particulier pour la facilité d’accostage », remarque Benjamin Bailly. Afin de faciliter davantage le processus d’acceptation, Alstom recherche toujours, lors des essais chez les opérateurs, les « champions » locaux de la conduite, qui n’ont aucun mal ensuite à faire l’éloge argumenté du véhicule auprès de leurs collègues. Les premiers Aptis ont été commandés par Strasbourg (12 unités), Toulon (12 unités également), Grenoble (sept unités, avec la particularité du recours au leasing pour les batteries), La Rochelle (quatre unités), et bien sûr la RATP (50 unités en commande ferme, sans compter les options). La stratégie du constructeur vise désormais à se positionner également sur un certain nombre de marchés étrangers, au premier rang desquels l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Le premier Aptis, destiné à Strasbourg, doit sortir de construction fin décembre. Quant au premier véhicule commandé par la RATP, il devrait lui être livré au second semestre 2020. Le site de production principal se situe à Hangenbieten, près de la capitale alsacienne. Dès l’an prochain, ce site va monter en puissance, et il engendrera, à terme, plus de 200 emplois directs. Le constructeur continue de répondre à des appels d’offres qui portent, pour certains, sur des volumes à chaque fois supérieurs à la vingtaine d’unités. L’an prochain, il entreprendra de nouveaux essais sur des territoires encore non convertis à l’électromobilité, tels les agglomérations de Bordeaux et Toulouse. « Maintenant, Alstom est vraiment devenu un acteur du bus, se félicite Benjamin Bailly, et l’Aptis génère partout beaucoup d’intérêt ».
Philippe Hérissé