Bus de demain. L’impossible défi de la standardisation

L’essor de l’électromobilité impose une unification des interfaces de rechargement. Les industriels y travaillent depuis longtemps, tandis que l’Europe prépare de nouvelles normes applicables aux bus électriques. C’est ainsi que le besoin de standardisation ressurgit. Un concept après lequel courent les opérateurs depuis des décennies, mais qui, paradoxalement, n’a jamais autant revêtu les atours d’un impossible défi.

Les bus 100 % électriques sont en phase d’investir puissamment nos villes. Aujourd’hui, le stade des démonstrations in situ comme des projets pilotes appartiendrait presque au passé. La phase qui s’ouvre désormais est bien celle du déploiement à grande échelle. Or il semble déjà que l’un des facteurs-clés pour garantir le succès de ce déploiement réside dans l’interopérabilité, à laquelle il va bien falloir parvenir, entre les équipements des véhicules et les stations de charge. Le temps n’est plus aux « systèmes propriétaires », qui rendaient les opérateurs dépendants, sur le long terme, d’un seul fournisseur. Cette interopérabilité paraît d’autant plus importante à réaliser que l’actuelle libéralisation qui touche le monde des transports urbains ne peut que conduire à des changements plus fréquents d’opérateurs à la faveur d’un renouvellement systématique, à échéances désormais régulières, des appels d’offres par les autorités organisatrices. L’interopérabilité est aussi le moyen rêvé de simplifier la mise en œuvre des stations de recharge sur le terrain, d’envisager une mutualisation des moyens, et de dégager d’indispensables effets d’échelle aux seules fins d’abaisser les coûts encore trop élevés de l’électromobilité.

Dossier réalisé par Philippe Hérissé