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Le train léger existe-t-il ?

Le gouvernement prône le développement d’une filière industrielle sur le train léger. Pour avancer sur ce dossier, il faut d’abord définir les normes souhaitées pour les « petites lignes ».
C’est une des solutions évoquées pour sauver les petites lignes en France : le train léger, qui cumulerait tous les avantages, étant moins onéreux à l’achat, moins lourd pour les voies ferrées, donc moins usant et moins cher pour la maintenance de l’infrastructure.
D’où la demande en début d’année du ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, dans le cadre de son plan de sauvetage pour les « dessertes fines du territoire », de développer en France une filière autour du train léger.
Devant le Sénat, Jean-Baptiste Djebbari, avait esquissé un portrait-robot de ce « petit train » : un véhicule offrant de 80 à 100 places, et pesant moins de 10 tonnes à l’essieu. La charge à l’essieu correspond à la répartition du poids du train sur les roues. Plus elle est élevée, plus le train abîme la voie. Mais plus les trains sont lourds, plus ils sont stables.
L’adoption de trains plus légers permet « une économie à l’acquisition, et surtout une économie à la fois en exploitation et régénération des voies », avait alors expliqué le ministre, évoquant des factures 30 % moins chères environ. Il faudra dans ce cas commander assez de rames pour amortir les frais d’études. D’autant que le petit train du futur ne saurait être diesel.
Il faudra aussi s’affranchir des normes du réseau national et mettre au point de nouvelles solutions d’exploitation, d’entretien et de maintenance beaucoup plus ouvertes, innovantes, pragmatiques que sur le ferroviaire lourd, indiquent de nombreux experts ferroviaires.
Jean-Baptiste Djebbari a d’ailleurs évoqué « un gros travail » pour l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF). « Il est hors de question évidemment de déroger aux règles de sécurité, mais nous devons adapter tout le référentiel qui a été construit depuis très longtemps pour accueillir des trains massifiés », avait-il dit en février aux sénateurs.
Neuf mois après, où en est-on ? « On n’a pas vraiment avancé », répond Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom, en rappelant qu’avant de lancer une telle filière, « il faut d’abord que la SNCF et les autorités de transports définissent les normes applicables pour pouvoir après fournir un modèle économique ».
Un point de vue largement partagé, même si aujourd’hui tous les constructeurs ferroviaires essaient déjà de concevoir les matériels les plus légers possible pour limiter notamment les coûts en énergie. Mais avec des limites pour ne pas remettre en cause la robustesse du matériel et le confort des passagers (notamment au niveau des vibrations que n’apprécient ni les voyageurs, ni les équipements électroniques).
Reste aussi une donnée incontournable : avant de faire circuler des trains légers sur une partie des 1 000 km de lignes que l’Etat souhaiterait céder aux régions, il faudra de toute façon remettre les voies en bon état, ce qui ne permet donc pas de s’exonérer de travaux de régénération.
M.-H. P.