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Formation et recrutements. S’adapter à la crise et rebondir

Bousculée par la crise sanitaire, la formation a su s’adapter au contexte et reste une pièce essentielle de l’emploi dans le transport. Sous l’effet de la digitalisation et de la prise en compte des préoccupations environnementales, les métiers se transforment et le secteur reste toujours un gros pourvoyeur d’emplois.
Dossier réalisé par Gaëlle Ginibrière
Former en temps de confinement aura été la véritable gageure de l’année 2020. Président de l’Aftral, un organisme de formation spécialisé dans les transports, Loïc Charbonnier en convient. « Tout ce qui a pu être dispensé à distance l’a été, via des cours sur Zoom. La formation nécessitant une présence dans nos centres (80 % de l’activité) a en revanche été interrompue au printemps. Nous avons bien essayé de proposer à distance des formations aux métiers de conducteurs et de caristes, mais nous nous sommes heurtés à des difficultés en termes d’équipement et d’assiduité, du fait notamment d’une faible pratique informatique. Dès le 11 mai, les centres ont cependant rouvert, ce qui a permis de monter en charge et de rattraper le retard, notamment sur les formations obligatoires. »
Les écoles et organismes de formation ont profité de la crise pour accélérer leur numérisation, se révélant tout à fait opérationnels dès le deuxième confinement. Et il leur a fallu faire preuve d’agilité pour revoir dans des délais très courts leur approche pédagogique et s’adapter au 100 % distanciel. « Les résultats sont là, car les élèves n’ont pas décroché. Nous avons insisté sur l’accompagnement des étudiants, mais aussi des intervenants et des entreprises pour que cela se passe au mieux. Une grande majorité des alternants sont restés en activité pendant le confinement, principalement sur site, mais aussi en partie en télétravail », se réjouit Christine Rhodes, directrice de l’Ecole supérieure du transport.
Les écoles et organismes de formation ont profité de la crise pour accélérer leur numérisation
Les écoles et organismes de formation ont également dû s’adapter à la nouvelle donne du marché de l’emploi. Alors que les filières aéronautique et, dans une moindre mesure, automobile ont été lourdement impactées par la crise, l’Estaca – école d’ingénieurs spécialisée dans l’aéronautique, l’automobile, le spatial et le ferroviaire – donne la part belle au ferroviaire. Elle vient de créer de nouvelles formations pour aider les diplômés des filières les plus touchées à réadapter leur projet professionnel. Parmi celles‑ci, un module court d’une trentaine de jours permet d’acquérir les éléments de référence du système ferroviaire.
Cinq formations longues d’un an ont également commencé à être dispensées pour les diplômés qui rechignent à se lancer sur le marché de l’emploi dans un contexte de crise. « L’une porte sur le ferroviaire, qui manque d’ingénieurs. Une autre aborde les nouvelles technologies au service des transports pour préparer l’après-énergie fossile et une troisième porte sur les dépenses de décarbonation des transports », commente Olivier Tribondeau, responsable de la filière ferroviaire et transports guidés de l’Estaca.
Pour ce faire, il est crucial de pouvoir identifier les compétences de demain. Dans le transport public urbain, l’UTP (Union des transports publics et ferroviaires) a répondu fin décembre à un appel à projet du ministère du Travail. « Ce dispositif propose aux branches de bénéficier d’un diagnostic de crise sur l’emploi et les compétences. Un état des lieux sera dressé au cours des six premiers mois, suivi d’une phase de travail sur les recommandations à adopter », explique Soazig Sarazain, directrice des Affaires sociales de l’UTP.
L’organisation professionnelle a, par ailleurs, entrepris un travail de cartographie des métiers et des compétences dans le transport ferroviaire, dont les résultats devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.
Malgré la crise, les entreprises du ferroviaire et du transport urbain maintiennent un niveau de recrutement conséquent, toujours assorti d’un volant conséquent de Fimo (Formation initiale minimum obligatoire), mais aussi de formations aux métiers les plus en tension.
Dans le transport urbain de voyageurs, Keolis mise sur la formation pour attirer des jeunes, des seniors, des diplômés ou non, du public en reconversion vers ses métiers et s’attelle à la création de son propre CFA (centre de formation des apprentis). En 2020, 2 000 postes étaient à pourvoir au sein de ses 80 réseaux de transport urbain comme interurbain sur quatre métiers principalement : conducteur, mécanicien, chef d’atelier et responsable d’exploitation.
Et pour attirer les candidats dans des métiers en tension, l’AFT (Association pour le développement de la formation professionnelle Transport et Logistique) et Pôle Emploi Nouvelle-Aquitaine ont signé, le 17 décembre, un accord de partenariat. D’une durée de trois ans, il vise à faciliter l’accès à l’information sur le secteur du Transport et de la Logistique aux professionnels de l’orientation comme au grand public, ainsi qu’à aider à l’orientation des demandeurs d’emploi vers ce secteur. Car, plus que jamais, la formation constitue un carburant pour le secteur.
La formation continue, toujours en progression
C’est un état des lieux d’avant la crise sanitaire que donne à voir le rapport 2020 de l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique). Cette enquête présentée fin janvier porte en effet sur l’année 2019. Plus de 19 000 diplômes d’Etat ont été délivrés cette année-là, ainsi que 39 000 titres professionnels. Parmi ces derniers, 70 % concernent la famille professionnelle de la conduite. Les CQP (certification de qualification professionnelle) ont de leur côté enregistré une forte progression (de 31 % à 64 % selon les métiers), avec la mise en place des premières sessions pour le métier de déménageur-conducteur sur véhicule porteur. Par ailleurs, plus de 150 000 personnes ont suivi une formation obligatoire auprès de l’Aftral ou de Promotrans, un chiffre en progression de 4 % par rapport à 2018. La formation continue (hors formations obligatoires) s’est également accrue de 5 %. Quant à la validation des acquis l’expérience (VAE), le nombre de certifications a été réduit de près de moitié par rapport à 2018 pour les titres professionnels, mais a très légèrement augmenté pour des diplômes d’Etat.