Boom des mobilités interurbaines. Le pari du bus Low Entry

Bus Man Lion Intercity LE

Très répandu en Scandinavie, le « Low Entry » fait désormais des émules en France aussi. Ce concept singulier allie les avantages de l’autobus pour l’accessibilité à ceux de l’autocar pour la simplicité de la chaîne cinématique et le confort routier. Moins cher qu’un véhicule dérivé d’un modèle urbain, il pourrait à terme devenir incontournable.

Texte et photos de Philippe Hérissé

En France comme à l’étranger, les transports périurbains et interurbains n’ont jamais connu pareille croissance. Sans doute, le phénomène est-il lié, en grande partie, à l’exode de nombreux citadins qui résidaient autrefois en centre-ville, et qui choisissent désormais d’aller habiter des localités de plus en plus éloignées en périphérie, aux seules fins de ne plus subir les effets des tensions sur le marché de l’immobilier et la corrélative ascension des prix, tout en profitant accessoirement d’une meilleure qualité de vie.

Or, sur ce segment très particulier des transports périurbains et interurbains, il se trouve que les autocars et autobus d’architecture « Low Entry » (LE) semblent toujours davantage correspondre aux attentes des opérateurs et des autorités organisatrices. Les Français ont certes un peu tardé à y venir, mais les Scandinaves avaient vite saisi tous les avantages que la formule présentait, et ils en font aujourd’hui le plus grand usage. En caricaturant à l’extrême, un LE pourrait être considéré comme le « collage » de l’avant d’un autobus sur l’arrière d’un autocar. De la porte avant à la porte médiane, le véhicule présente, comme sur un bus, un plancher entièrement surbaissé qui offre, en conséquence, une parfaite accessibilité. Ainsi l’entrée et la sortie s’effectuent sans devoir gravir la moindre marche.

Outre l’intérêt évident pour les personnes à mobilité réduite, une telle disposition constructive accélère la montée et la descente des voyageurs aux arrêts, diminuant les temps de stationnement et augmentant d’autant la vitesse commerciale sur la ligne.

Par contre, en arrière de sa porte médiane, le LE dispose, tel un car, d’un plancher mi-haut, auquel on accède par des marches, et qui se prête alors à merveille à l’aménagement d’un grand espace surélevé maximisant le nombre de places assises. Ces places sont particulièrement appréciables sur les trajets interurbains, souvent plus longs que ceux effectués en zone purement urbaine. Les sièges correspondants peuvent être implantés, en totalité, dans le sens de la marche, d’où davantage de confort et de sécurité pour les voyageurs, alors qu’un plancher surbaissé ne saurait l’autoriser, en raison de l’encombrement beaucoup plus important des passages de roues à l’intérieur de l’habitacle.

De plus, le plancher mi-haut, en arrière de la porte médiane, permet de dégager tout le volume requis pour pouvoir installer en dessous la motorisation, sans devoir recourir à certaines solutions techniques inhérentes au prolongement d’un plancher surbaissé sur toute la longueur du véhicule (cas de l’autobus urbain), comme les fameuses transmissions à renvoi d’angle, qui majorent significativement la consommation en carburant, tout en étant plus compliquées et intrinsèquement plus onéreuses aussi.

En périurbain, interurbain, voire parfois en urbain -pour autant que la porte arrière sans emmarchement ne soit absolument requise-, le « Low Entry » apparaît donc, plus que jamais, comme le meilleur compromis. Pas étonnant que les constructeurs parient aujourd’hui sur son développement dans les années à venir…