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Y aura-t-il assez de rames de TGV cet été?

Y aura-t-il assez de rames de TGV pour faire face à l’afflux de voyageurs dans les trains cet été ? C’est la grande question que se sont posés les médias en fin de semaine dernière, après l’affirmation le 23 juin du PDG de la SNCF, indiquant que 500 000 places supplémentaires (par rapport à 2019) sont mises en vente en juillet et en août.
Des syndicalistes ont alors affirmé que le matériel pourrait venir à manquer cet été, du fait de tensions dans les centres de maintenance. De plus, rappellent-ils, la SNCF a dû renvoyer à Alstom, pour des problèmes de soudure, 8 TGV qui venaient d’être livrés.
Les syndicats pointent aussi des tensions dans l’organisation du travail dues à la réduction des effectifs. Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, rappelle que les effectifs ont baissé de 2,27 % entre 2019 et 2021. « Ces réductions de postes touchent surtout des postes transverses, mais elles ont aussi des effets sur le matériel et sur le personnel roulant. A cela s’ajoutent les difficultés de recrutements de la SNCF ». Selon lui, « si on veut produire plus, il faut s’en donner les moyens. On ne peut pas faire plus avec moins de moyens. Depuis qu’on a fermé la norme sociale majoritaire qui était le statut, les cheminots s’interrogent. Il n’y a pas eu d’amélioration sur les salaires. Il y a une pénurie de main-d’œuvre partout dans le ferroviaire. Les autres opérateurs cherchent à attirer des cheminots avec de meilleures rémunérations ».
Fabien Villedieu de Sud-Rail met aussi en avant la moindre attractivité des postes à la SNCF depuis que l’entreprise n’embauche plus au statut. Et de souligner : « Les cheminots ont du mal à se projeter alors qu’on devrait développer le ferroviaire. Pas mal de postes ne sont pas tenus dans les ateliers. On n’arrive pas à recruter. De plus davantage de salariés quittent la SNCF : 1 196 personnes ont démissionné en 2021 contre 528 il y a dix ans. Si on compte tous les départs, y compris les licenciements, mais hors les retraites, il y a trois fois plus de départs aujourd’hui qu’il y a dix ans».
Côté SNCF, on affirme que le plan de transport sera tenu : les 500 000 places n’ont pas été décidées du jour au lendemain, mais prévues il y a plusieurs semaines dans le plan de transport. Ce surplus de sièges est possible grâce à la mise en place de doubles rames ou de rames Ouigo qui offrent plus de places.
Reste une tendance forte : depuis plusieurs années, le parc de TGV de la SNCF a tendance à se contracter. Le mouvement a commencé en 2014, quand la SNCF disposait alors de plus de 500 rames. C’est à ce moment-là que la compagnie a commencé à retirer de la circulation les TGV Sud-Est (il y en avait une centaine), ce qui a été fait jusqu’en 2019. Elle a alors aussi radié progressivement des TGV Atlantique, puis Réseau, alors qu’arrivaient dans le parc des rames à deux niveaux, des EuroDuplex puis des Océane.
Rappelons aussi que la SNCF a vendu 14 rames Duplex à sa filiale Ouigo Espagne pour qu’elle puisse se lancer en mai 2021 sur le marché de la grande vitesse ibérique.
De source syndicale, on compterait aujourd’hui 370 rames. Ce qui ne signifie pas que moins de trains roulent mais que les rames (plus capacitaires) sont plus sollicitées. Cela permet de mieux utiliser le matériel et de diminuer les coûts (notamment les frais de péages). Le parc de TGV devrait être maintenu à ce niveau pour les prochaines années. Il devra permettre d’assurer l’objectif d’une hausse du trafic voulue par Jean-Pierre Farandou.
M.-H. P.