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SGP Dev, la future filiale de la Société du Grand Paris qui pourrait concurrencer SNCF Réseau
A l’occasion d’une rencontre organisée le 7 juillet par l’AJTM (Association des journalistes des transports et des mobilités), Jean-François Monteils est revenu sur la décision de la Société du Grand Paris (SGP) de créer une filiale pour conduire des études en vue de réaliser d’autres infrastructures que celle du Grand Paris Express. Eventuellement en intervenant sur le réseau ferroviaire national, actuellement chasse gardée de SNCF Réseau.
Il s’agit, a expliqué le président du directoire de la SGP, de donner de nouvelles perspectives à cet établissement public qui devrait avoir achevé, dans 8 ans, sa mission avec la construction de 200 kilomètres de ligne de métro automatique (et 68 gares) autour de Paris. Il s’agit aussi d’utiliser la concentration de compétences « d’une qualité exceptionnelle » rassemblées par la SGP, que ce soit dans le domaine technique, juridique ou administratif, a-t-il souligné.
« Nous avons déjà fait un pas en avant avec la validation de cette idée et avec la validation du Premier ministre (lorsque Jean Castex était à Matignon, ndlr) », a poursuivi l’ancien président de la chambre régionale de la Cour des comptes Nouvelle-Aquitaine. Depuis, une filiale baptisée SGP Dev est en cours de création, avec une équipe déjà dédiée sur la question. « Nous en avons le droit. Le juge administratif l’accepte dès lors qu’il s’agit d’exercer une mission connexe à notre mission principale. C’est le cas« , a assuré le dirigeant. Et de justifier l’intérêt de cette nouvelle filiale : « Combiné à notre stratégie de financement, le modèle de la SGP est intéressant, il donne beaucoup de souplesse« .
Actuellement, la SGP tire une grande partie de ses recettes de taxes sur les bureaux, de taxes sur les locaux commerciaux et de stockage ainsi que sur des surfaces de stationnement en ile-de-France. Le patron de la SGP veut rassurer les élus, à commencer par Valérie Pécresse, la présidente de l’Ile-de-France qui s’interrogeait récemment du risque que la SGP utilise les recettes versées par les contribuables franciliens pour aller prospecter en dehors du périmètre de sa région. En particulier dans les Hauts-de-France intéressés par des études sur l’axe Lille-Hénin-Beaumont. « J’espère que personne ne pense que l’on va utiliser l’argent de la SGP pour intervenir ailleurs qu’en Ile-de-France. Il faudra trouver du financement dédié« , affirme Jean-François Monteils, se bornant à ajouter : « On va voir si on peut faire bouger le modèle de la SGP, ce qui nous permettra d’intervenir ailleurs que sur le Grand Paris Express ».
Il devra aussi rassurer les dirigeants de SNCF Réseau, avec qui il « discute », et qui pourraient s’émouvoir à l’idée de voir une autre société vouloir effriter le monopole public. « Il est probable qu’on finira par comprendre que l’on aura besoin d’un opérateur capable de faire la synthèse entre l’exploitation, la technique, le juridique, la politique et l’administratif », tranche-t-il.
Jean-François Monteils avoue « quelques idées précises » : « Nous avons déjà réussi à prouver que nous disposons d’une vraie compétence en matière de réseau de transport en commun de proximité. Nous ne nous intéresserons pas à ce qui est simple mais seulement à des projets très compliqués. Si on ne met pas en place ce type d’outil, les 12 projets de RER métropolitains resteront à l’état de statu quo. Nous avons démontré que nous sommes capables de contribuer au désenclavement du territoire. Il y a, face à nous, un énorme sujet de transport de proximité« .
Le président du directoire rappelle que des possibilités de diversification de la SGP sont prévues par la loi. D’ailleurs, l’établissement public, qui doit contribuer à la construction de logements, est aussi en train de constituer un autre filiale : SGP Immobilier pour être « un aménageur« , participer au développement urbain autour des gares, et « pouvoir ouvrir un autre chapitre« .
Marie-Hélène Poingt