Comment la Société du Grand Paris gère les déblais de ses chantiers 

SGP
47 millions de tonnes de déchets sortiront d’ici 2030 des chantiers du Grand Paris Express. La question des déblais est un sujet sérieux pour les promoteurs du futur métro qui doit entourer Paris dans quelques années sur 200 km (avec 68 gares). Un peu moins de six ans après le début de travaux Grand Paris Express en juin 2016, sur la ligne 15, 24, 7 millions de tonnes exactement avaient été extraits, fin mars 2022, des différents chantiers disséminés en Île-de-France.
La Société du Grand Paris (SGP), s’est fixée comme objectif de transporter au moins 15 % de ces déblais grâce à des modes alternatifs à la route, permettant d’éviter 280 000 camions sur les routes. « On est à 16,2 %, dont 14,2 % par le fluvial » , précise Bernard Cathelain, membre du directoire de la SGP.
Compliqué pour le ferroviaire
« Le ferroviaire, c’est plus compliqué. En Ile-de-France, les sillons sont surtout utilisés par le trafic voyageurs. Très peu sont disponibles pour le fret ».
La SGP a tout de même expédié 1,5 % des déblais par le fer, notamment grâce à une plateforme ferroviaire proche du chantier de la gare de Bry-Villiers-Champigny, d’où sont parties 370 000 tonnes venant des tunneliers Abby et Malala. Les trafics multimodaux, incluant une partie du trajet par la route, ne sont pas pris en compte dans le calcul des transports alternatifs. C’est le cas de l’activité de la plateforme de transit installée sur le port de Bonneuil-sur-Marne après la signature en 2018 d’une convention entre la SGP, Haropa – Ports de Paris, la Ville de Paris, Voies navigables de France et l’État. Certes, les 2,3 millions de tonnes déjà triées sur place sont arrivées et reparties par la route, en provenance notamment des terrassements et des tunneliers de la Ligne 15 Sud (lot T2B) entre Bry-Villiers- Champigny et Créteil l’Échat. Mais une partie a tout de même pu emprunter la voie fluviale sans être comptabilisée dans les transports alternatifs.
Motorisations alternatives
En revanche, trois plateformes fluviales ont été installées à proximité immédiate des sites d’excavation. À Aubervilliers, près du site Canal Saint-Denis (456 645 tonnes de déblais issues du tunnelier Sarah sur la ligne 16) ; à Vitry-sur-Seine à proximité du site Les Ardoines (943 182 tonnes de déblais extraits par les trois tunneliers Aby, Marina et Dieneba de la ligne 15 sud), et à Sèvres sur le site Ile de Monsieur – Pont de Sèvres (399 999 tonnes de déblais du tunnelier Laurence (ligne 15 sud). Deux autres plateformes purement fluviales ont été identifiés pour expédier les futurs déblais de la ligne 15  : à Bondy, sur le site Canal de l’Ourcq – Pont de Bondy (15 Est) et à Gennevilliers sur le site Les Grésillons (15 Ouest).
Malgré tout, les camions règnent encore en maîtres pour les expéditions. Le groupe Effiage qui a remporté de nombreux marchés du Grand Paris Express, a testé l’utilisation de camions roulant au gaz. « Nous avons 30 camions qui roulent actuellement, développés avec Scania et Volvo. Cela permet une baisse de 20 % d’émissions de gaz à effet de serre », détaille Pascal Hamet, directeur de projet lot 16.1 pour Eiffage. « On poursuit les tests avec des camions électriques. Mais ils ont un temps de circulation plus court, puisqu’ils sont immobilisés 12 h environ par jour pour la charge. Un camion thermique peut pratiquement tourner 24 h sur 24 ». Et l’hydrogène ? « On le teste aussi mais, le problème, c’est que les camions sont très secoués dans les chantiers. Et pour l’instant, ce n’est pas concluant », regrette Pascal Hamet.
Yann Goubin