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Les nouvelles politiques de stationnement

De plus en plus de villes souhaitent limiter les places de parking en surface afin de restituer l’espace à d’autres usages. Les automobilistes sont invités à utiliser les parkings en ouvrage, voire à abandonner leurs voitures au profit d’autres modes de transport. L’économie du stationnement est bouleversée.
Dossier réalisé par Olivier Mirguet
Les espaces libérés par la réduction du stationnement en surface sont-ils destinés à accueillir des pistes cyclables ou des arbres plantés dans les rues ? Ce sont quelques-uns des objectifs de la Ville de Paris qui a annoncé, en mars 2021, la suppression de pas moins de la moitié des emplacements de surface d’ici à 2026. Selon l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé des transports, David Belliard, « ces suppressions représentent l’équivalent de 60 hectares, ce qui correspond à trois fois le parc des Buttes-Chaumont ».
Cette action est facilitée par la municipalisation du stationnement introduite en 2014 par la loi MAPTAM, qui a offert aux mairies les moyens d’agir pour mieux réglementer l’espace public, accroître leurs recettes mais aussi favoriser la montée en puissance des nouvelles mobilités.
Si les tarifs de stationnement en voirie ont généralement augmenté (6 €/h dans les onze arrondissements centraux de Paris depuis le 1er juillet 2021), les tarifs de stationnement résidentiel sont restés attractifs.
A Strasbourg, la municipalité écologiste a ouvert le débat dès septembre 2021. « Six voitures de résidents sur dix ne bougent quasiment jamais », relève Pierre Ozenne, l’adjoint au maire chargé des espaces publics. Dans la capitale alsacienne, le tarif résident pour le stationnement en voirie est facturé 15 €/mois. Douze fois moins cher qu’un emplacement loué dans les parkings en ouvrage au centre-ville. « La libération de l’espace occupé par ces véhicules offrirait une meilleure circulation, permettrait de faire des pistes cyclables et de végétaliser l’espace urbain », suggère Pierre Ozenne. Les élus strasbourgeois se sont accordés sur un projet de requalification et de réaménagement des espaces publics des quartiers Neustadt, Neudorf et Montagne-Verte « afin de végétaliser, planter des arbres sur les espaces publics des secteurs concernés, créer ou améliorer les cheminements des modes actifs par le traitement de la voirie avec l’élargissement de trottoirs, la création d’itinéraires dédiés pour les vélos ou de voies apaisées ».
Même tendance à Nantes, où les élus ont renoncé fin 2020 à étendre le parking Cathédrale (257 places) et à creuser un parking sous la place de la Petite Hollande. En contrepartie de deux extensions de parking-relais situés en périphérie (Neustrie, Vertou) connectés aux transports en commun. « Dans son programme, la maire de Nantes, Johanna Rolland, avait promis de créer 3 000 places de stationnement dans des parkings relais et des aires de covoiturage d’ici à la fin du mandat. Elle en a déjà créé un peu plus de la moitié », a calculé le média local d’investigation Mediacités.
Ces nouvelles politiques vont-elles profiter aux exploitants des parkings souterrains, qui ont été durement touchés par la crise sanitaire ? Peut-être, mais à condition de prendre en compte les nouveaux comportements de mobilité.
La logistique urbaine appelée à se développer devrait aussi apporter un surcroît d’activité. Plusieurs opérateurs souhaitent s’implanter dans des espaces de logistique urbaine (ELU), à l’image de la Petite Reine à Paris, qui s’est lancée dans la livraison de marchandises alimentaires et non alimentaires aux particuliers à l’aide de triporteurs électriques.
La mobilité électrique, qui constitue aussi un enjeu pour le stationnement, apporte un relais de croissance aux acteurs économiques. La française Zenpark est l’une des start-up qui se sont engouffrées dans cette nouvelle activité, en accompagnant les automobilistes vers des bornes de recharge invisibles mais disponibles dans les ouvrages souterrains. Contraints par la loi LOM à proposer des places de stationnement équipées de bornes de recharge, les exploitants se sont mis en chasse pour attirer des voitures électriques dans leurs ouvrages. Mais la viabilité économique de cette activité n’est pas encore démontrée.