La fermeture de la ligne des Alpes, entre Grenoble et Veynes, avait été annoncée par SNCF Réseau en 2018, « faute de moyens pour assurer sa maintenance ». Mais depuis le 11 décembre 2022, il est à nouveau possible de prendre le TER de Grenoble à Veynes, d’où l’on peut gagner, avec ou sans changement, les autres destinations de « l’étoile » qui rayonne autour de ce nœud ferroviaire des Hautes-Alpes.
Ce sauvetage d’une « petite ligne », au parcours spectaculaire au sud de Grenoble, a été rendu possible par la signature d’un protocole d’accord, le 22 février 2021, entre l’État, les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, les départements de l’Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes, Grenoble Alpes Métropole et SNCF Réseau. Chiffrés à 34,7 millions d’euros (dont 28,3 millions dans l’Isère et 6,4 millions dans les Hautes-Alpes), les travaux ont pu débuter le 2 janvier dernier entre Vif et Aspres-sur-Buëch et ont mobilisé 120 ouvriers. Au total, 17 km de voie ont été renouvelés (9 km totalement et 7 km partiellement dans la Drôme, plus 1,7 km dans les Hautes-Alpes), 30 ouvrages d’art ou en terre (viaducs, ponts-rails, tunnels ou tranchées) ont été confortés, alors que 18 tranchées et parois rocheuses ont été sécurisées par la mise en place de grillages plaqués ancrés ou d’écrans protecteurs afin de supprimer les risques de chutes de blocs rocheux, précise SNCF Réseau. En outre, les installations de signalisation ont été en partie modernisées.
Désormais, quatre à cinq fois par jour (voire six, en comptant les correspondances), les TER relient Grenoble à Gap par Veynes en 2 heures 34 à 2 heures 57. Un temps de parcours élevé pour 136 km, qui laisse augurer, après cette « phase 1 » de 2022, de futurs travaux pour relever les vitesses sur l’ensemble des branches de l’étoile de Veynes (lignes reliant ce nœud à Grenoble au nord, Gap et Briançon à l’est, Aix et Marseille au sud et Valence à l’ouest). Cette « phase 2 » des travaux est en cours d’étude et représente 180 millions d’euros à l’horizon 2032, selon la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui annonce qu’elle en financera 50 %. En attendant, l’offre a été renforcée entre Veynes et Grenoble, avec correspondance TGV vers Paris, notamment, alors que sur l’offre TER entre Marseille, Gap et Briançon, un nouvel aller-retour est proposé entre ces deux dernières gares.
P. L.
