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Le retour des trains de nuit Paris – Aurillac et Paris – Berlin

La restauration progressive d’un réseau de trains de nuit se poursuit sur le réseau ferré français et européen, avec le retour des liaisons Paris – Aurillac et Paris – Berlin. Par ailleurs, les travaux nocturnes entraînent une modification des parcours entre Paris et le sud de la France.
Deux relances coup sur coup ! Un train est parti de la gare de l’Est pour Aurillac, la nuit du 10 décembre, et le lendemain un autre est parti de Berlin pour rejoindre Paris, le matin du 12 décembre. Dans les deux cas, la relance de ces trains de nuit est symbolique, vu qu’il s’agit d’ajouter de nouvelles tranches à des trains déjà en service, et ce, un nombre de jours limité par semaine. Le progrès n’en est pas moins réel. Déjà, le spectre du Covid-19 ne plane plus avec la même intensité que fin 2021 et les restrictions ne sont plus qu’un souvenir. Ensuite, ces deux nouvelles relations confirment la relance des trains de nuit amorcée au début de la décennie. Enfin, ces offres devraient passer à un rythme quotidien à partir de 2025 pour Paris – Aurillac, voire en octobre 2024 pour Paris – Berlin.
La relance des trains de nuit en Europe à l’agenda
Lors de l’inauguration, le vice-Premier ministre belge, et ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet, a annoncé que la relance des trains de nuit en Europe serait à l’agenda de la présidence belge du Conseil de l’Union européenne. En Belgique, une loi a déjà été votée, prévoyant que les redevances d’utilisation du réseau et les frais d’énergie de traction des trains de nuit sont pris en charge par l’État fédéral.
129 voitures rénovées pour 152 millions d’euros
Pour ce qui est de la relation Intercités de nuit Paris – Aurillac, la desserte de base est de deux départs par semaine, en dehors des périodes de vacances des zones A et C, les vendredis et dimanches soir dans chaque sens. Cette desserte sera en revanche d’un aller-retour quotidien pendant les périodes de vacances. En principe, les trois voitures de la tranche Paris – Aurillac seront couplées avec celles du train pour Rodez, le départ de Paris-Austerlitz ayant lieu à 19 h 27, pour une arrivée à Aurillac à 7 h 30, après des arrêts à Saint-Denis-près-Martel, Bretenoux-Biars et Laroquebrou. Dans l’autre sens, le départ d’Aurillac aura lieu à 22 h 42, pour une arrivée à Paris à 8 h 31. Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, a souligné, le jour de l’inauguration du Paris-Aurillac, le volontarisme de l’État, autorité organisatrice des trains Intercités, après la relance de Paris – Nice et Paris – Lourdes en 2021 et la rénovation de 129 voitures de nuit pour 152 millions d’euros.
Les débuts difficiles du Paris-Aurillac
Moins d’un mois après sa relance, plusieurs pannes ont perturbé l’exploitation du train de nuit Paris-Aurillac. Dès le 15 décembre, raconte le quotidien La Montagne, l’Intercités Paris-Aurillac est tombé en panne à La Souterraine, en Creuse, contraignant les voyageurs « à monter dans un autocar pour Brive et à passer une nuit de galère ». Le 2 janvier, le train a été supprimé dans les deux sens, un autocar étant toutefois proposé partant d’Aurillac pour rejoindre Brive. En cause, selon la SNCF, des « tensions » sur le matériel roulant qui devraient se desserrer prochainement, affirme-t-elle. Selon la compagnie, « le Paris-Aurillac a trouvé son public avec six places sur dix occupées en moyenne, ce qui est une bonne performance pour une jeune offre. »
750 000 voyageurs espérés
« Le train de nuit n’est pas un effet de mode, mais une tendance solide et durable, une réponse à l’envie de voyager loin et à petit prix, tout en préservant la planète », a déclaré Christophe Fanichet, ajoutant que la fréquentation des Intercités de nuit est passée de 400 000 voyageurs en 2019 (avec deux lignes seulement) à près de 700 000 à la fin de l’année dernière, tout en espérant 750 000 voyageurs fin 2023. Dans le même temps, le taux de remplissage a « bondi », passant de 40 % à plus de 65 % actuellement. De son côté, Clément Beaune, ministre chargé des Transports, a annoncé le retour des trains Intercités « au cœur de la politique ferroviaire ». En matière de trains de nuit, le changement d’horaire du 10 décembre est également marqué par une modification des dessertes en raison de travaux autour de Bordeaux et de Toulouse pour les Intercités de nuit Paris – Tarbes et Paris – Cerbère. En effet, le premier dessert désormais Dax, Bayonne, Orthez, Pau et Lourdes, alors que le deuxième passe par le golfe du Lion au lieu de Toulouse, via Nîmes Centre, Montpellier Saint-Roch, Sète, Agde et Béziers, qui bénéficieront ainsi d’une nouvelle desserte. En revanche, les gares de Saint-Gaudens, Carcassonne, Castelnaudary, Lézignan ainsi que Saint-Jean-de-Luz – Ciboure, Biarritz et Hendaye sont désormais desservies par correspondance TER. Et à l’international, le grand événement est la relance du Paris-Berlin de nuit, par adjonction d’une tranche de six voitures Nightjet (deux offrant 132 places assises au total, deux équipées de 108 couchettes au total et deux voitures-lits pour 72 personnes au total) au Paris – Vienne relancé il y a deux ans. Jusqu’en octobre prochain, les départs seront proposés trois fois par semaine : les mardis, jeudis et samedis dans le sens Paris – Berlin et les lundis, mercredis et vendredis dans le sens Berlin – Paris. C’est ainsi que le premier départ de Berlin Hbf a été fixé à 20 h 18 le 11 décembre, pour une arrivée à 5 h 50 à Strasbourg et à 10 h 24 à Paris-Est le lendemain matin. Et en soirée de même jour, le premier départ de Paris-Est était prévu à 19 h 12, pour quitter Strasbourg à 23 h 42 et arriver à Berlin Hbf à 8 h 26 le 13 au matin.
Patrick LAVAL