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Les transports publics cherchent à recruter jusqu’à 100 000 personnes d’ici à 2030

On connaissait les « Bus Tour » pour faire découvrir les métiers du transport urbain et susciter des vocations. Le secteur embraye avec un programme ultra ambitieux qui prévoit entre 82 000 et 106 000 recrutements d’ici à 2030. Et 50 000 personnes formées d’ici à 2027. L’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF) présentait le 12 septembre le programme Transformeurs : 12 millions d’euros, financés principalement par France 2030, le plan d’investissement de l’Etat. « La ligne budgétaire est sécurisée », assure Marie-Ange Debon, présidente de l’organisation professionnelle et de Keolis, filiale de la SNCF. Une bonne nouvelle à quelques semaines de la bataille du budget 2025 qui s’annonce difficile.
Construire une offre de formation estampillée transport public
Lauréat de l’appel à projets France 2030, volet compétences, le programme Transformeurs réunit un collectif de 28 acteurs du secteur : les deux fédérations professionnelles (UTPF et FNTV), des entreprises du transport et leurs centres de formation internes (SNCF, RATP, DB Cargo, Keolis, Transdev, Régie des transports marseillais etc.), des organismes de formation, six régions pilote, la filière industrielle etc. Objectif, construire en trois ans une offre de formation estampillée transports publics et ferroviaires. Un bac + 1 spécialisé sera créé par le Cnam, un titre de conducteur de fret ferroviaire aussi. Un module d’e learning en une heure sera proposé, et un chapiteau ambulant va tourner dans la région Centre-Val- de-Loire, pour présenter le transport public. Des pages consacrées au secteur et à ses métiers devraient faire leur apparition dans un manuel scolaire de 5e, indique Marie-Ange Debon, sans dévoiler l’éditeur.
Tous les métiers sont concernés, beaucoup de conducteurs et de conductrices, mais aussi des agents de maintenance ou encore des ingénieurs. Et contrairement à l’aéronautique, l’automobile ou le BTP, le secteur n’a pas ses propres centres de formation, ce qui, selon l’UTPF, participe à un déficit d’attractivité. Les postes de conducteur de bus, tram ou de métro peine à séduire. Ceux de la maintenance et de l’exploitation aussi.
Pour les JO 2024, la SNCF a réussi à recruter 17 000 CDI en deux ans, sur des métiers-clés, et 4 000 intérimaires chargés d’orienter les passagers, « un vivier qui servira à l’ensemble du groupe« , calcule Philippe Bru, DRH de l’entreprise ferroviaire. Dans le même temps, la RATP annonçait le recrutement de 250 conducteurs et de 14 000 saisonniers, plus un millier d’intérimaires, les « helpers », sur des missions d’orientation.
Préqualifier les candidats à la formation de conducteur
Après avoir relevé l’immense défi des JO, le transport public a plutôt bien négocié la rentrée scolaire 2024, « qui s’est nettement mieux passé que les précédentes, avec 3 000 conducteurs de cars interurbains et scolaires manquant à l’appel dans toute la France, 70% de moins qu’en 2023″, se félicite Edouard Hénaut, directeur général France du groupe Transdev. Maintenant, il s’agit de préparer les cinq prochaines années, attirer des candidats, les former, et ne pas les perdre au passage. Dans le ferroviaire, le taux de réussite de la formation est d’environ 70%, selon la SNCF. « On va faire des actions de parcours de préqualification pour limiter le taux d’échec », précise Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF.
L’enjeu pour ce secteur confronté à une pénurie de main d’œuvre endémique, c’est de fidéliser, mener les candidats au terme de leur formation, et inverser la pyramide des âges : dans l’urbain, plus de 17% des salariés ont entre 55 et 59 ans, et plus de 10% ont plus de 59 ans. Dans le fret ferroviaire, ils sont plus jeunes, « 32 ans en moyenne chez DB Cargo« , indique par exemple Alexandre Gallo, pdg de la filiale du transporteur allemand.
Nathalie Arensonas