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L’avenir incertain des navettes autonomes

Moins de deux ans après le dépôt de bilan de Navya, le constructeur lyonnais de navettes autonomes et électriques repris par les industriels Gaussin et Macnica en avril 2023, c’est au tour d’EasyMile d’être en difficulté. Le Toulousain a été placé en redressement judiciaire au milieu de l’été.
Fondée en 2014, Easymile emploie près de 300 salariés, principalement à Toulouse, mais aussi à l’international. Depuis sa création, le constructeur a réalisé des essais sur 180 navettes autonomes de passagers ainsi que sur des tracteurs à bagages d’aéroport et de manutention. Mais les ventes ne suivent pas. Le dernier chiffre d’affaires publié par l’entreprise, en 2020, fait état de 16 millions d’euros. Aucune information financière depuis.
EasyMile explique ses difficultés par les conditions de financement devenues plus difficiles pour les start-up. L’entreprise espère un plan de continuation avec le soutien de ses actionnaires, Mais les actionnaires n’ont pas voulu renflouer la société dans son périmètre actuel. L’entreprise avait déjà levé 55 millions d’euros en 2021 auprès des fonds d’investissements, d’Alstom, de Continental et de Bpifrance, qui avaient apporté 34 millions en 2017 et 2018.
EasyMile conçoit les logiciels de conduite autonome, les systèmes de capteurs (caméras, lidars, GPS, etc.), et s’appuie sur les constructeurs de véhicules pour fabriquer les navettes. En 2022, Transdev avait renoncé à exploiter la navette sans conducteur à bord (niveau 4 d’autonomie) mise au point par Navya et ses partenaires industriels, La même année, l’équipementier signait toutefois un premier contrat commercial, de 4 millions d’euros, avec un parc touristique en Belgique sur un circuit fermé.
Mais c’est vers la logistique que les débouchés des véhicules autonomes semblent trouver une voie d’avenir et Easymile a conçu un tracteur autonome de chariots à bagages d’aéroport et de manutention dans les usines. Une coentreprise a vu le jour en juin dernier, TractEasy, avec l’Américain constructeur TLD, spécialiste d’équipements d’assistance en escale pour l’aviation.
Si ce marché est prometteur, on ne peut pas en dire de même de celui des navettes autonomes de passagers qui peine à arriver à maturité.
N.A