Les espoirs et les pièges de la smart city

Smart City

Dans le milieu des années 2010, de nombreux élus misaient sur l’avènement de la smart city. Dix ans plus tard, les discours ont évolué et des questions se posent sur la pertinence énergétique des solutions connectées.

Les experts estiment que d’ici 2040, 65 % de la population mondiale vivra dans les villes (plus de la moitié de la population vit aujourd’hui dans des zones urbaines). Ce qui veut dire plus d’émissions de gaz à effet de serre, de consommation d’eau, d’énergie, de déchets à gérer pour les villes. L’objectif de la smart city, c’est d’améliorer la qualité des services urbains mais aussi de préserver les ressources naturelles, d’œuvrer aux économies d’énergie et d’eau, enfin de rendre la ville durable.

De ce point de vue, quelles sont les villes les plus « intelligentes » ? Dans le classement 2024, le « smart cities index » réalisé par IMD, l’école de Management et du développement basée à Lausanne, en partenariat avec la Singapore University for Technology and Design, la Suisse tient le haut du pavé avec Zurich au premier rang, Genève sur la troisième marche du podium et Lausanne, septième.

Dans ce classement international réalisé chaque année et qui fait référence sur le sujet, on trouve aussi Oslo, Canberra, Singapour, Copenhague, Londres, Helsinki et Abu Dhabi (encadré). Aucune ville française ne se hisse dans le Top 20. Paris arrive à la 49e place, Lyon à la 61e suivi de Bordeaux (70e) et Lille (85e).

Qu’est-ce qui rend une ville intelligente ? Le fait de combiner des technologies – internet des objets (IoT) et de plus en plus d’intelligence artificielle pour fournir des services urbains plus nombreux et de meilleure qualité aux citoyens. Bardées de capteurs, traversées par les réseaux sans fil et autres dispositifs de communication, les villes connectées développent des systèmes dits intelligents pour automatiser par exemple la gestion du trafic et du stationnement, les transports publics, la qualité de l’air, l’éclairage public, les déchets, les systèmes de recyclage etc. L’intelligence vise in fine à améliorer la durabilité environnementale, la préservation des ressources naturelles, les économies d’énergie et d’eau.

Top 20 smart city

1. Zurich
2. Oslo
3. Canberra
4. Genève
5. Singapore
6. Copenhague
7. Lausanne
8. London
9. Helsinki
10. Abu Dhabi
11. Stockholm
12. Dubaï
13. Pékin
14. Hambourg
15. Prague
16. Taipei
17. Seoul
18. Amsterdam
19. Shanghai
20. Hong Kong
Source : Smart city index 2024 – IMD.

L’impact environnemental

Dans le milieu des années 2010, la smart city est devenue l’alpha et l’oméga des élus locaux . Dix ans plus tard, certains urbanistes, des experts du dérèglement climatique, du numérique énergétique, appellent à plus de sobriété énergétique et numérique. Car les deux vont ensemble.
Pour accompagner la prise de décision, le Shift Projet, think tank créé par Jean-Marc Jancovici, met à disposition des collectivités locales la méthode STERM : Smart technologies every relevance model. Elle permet « d’évaluer la pertinence énergétique nette de solutions connectées pour des cas d’étude définis ».
Dans ce dossier, nous faisons un tour d’horizon des multiples cas d’usage, illustrés par des villes qui se disputent une place au classement international des smart cities, ou bien reviennent sur leurs ambitions initiales. Les écologistes parlent de « gadgets » et interrogent l’impact environnemental du numérique. L’Ademe et l’autorité de régulation des communications numériques (Arcep) s’interrogent sur les effets rebonds, proposent aux collectivités locales des outils de mesure, et forgent des hypothèses sur le développement de l’Internet des objets (IoT) à l’horizon 2050. L’innovation frugale, c’est pour quand ?

Nathalie Arensonas