« Métro pour tous »: trois scénarios pour la ligne 6 de la RATP

Juste avant le lancement des Jeux paralympiques, le 26 août, et dans un exercice de communication bien huilé, Valérie Pécresse avait lancé un appel pour « rendre le métro accessible à tous ». Dans la foulée, un pacte avait été signé par la présidente de l’Ile-de-France et de son autorité des transports IDFM, la maire de Paris Anne Hidalgo, et l’association APF-France Handicap.

Valérie Pécresse veut prouver sa détermination pour enclencher un « grand plan » qui mettrait à l’étude ce projet très coûteux, évalué entre 16 et 20 milliards d’euros, et qui prendrait une vingtaine d’années pour être réalisé. Un budget très conséquent qu’elle propose de voir cofinancé pour un tiers par la région, l’État et à la Ville de Paris pour les deux autres tiers.

Premières assises

Pour maintenir la pression médiatique, la patronne des transports franciliens a organisé le 10 octobre dernier les premières « Assises du métro pour tous » dans l’hémicycle du Conseil régional, à Saint-Ouen : des tables rondes auxquelles étaient conviées toutes les parties prenantes du dossier de l’accessibilité. Avec, en guest star, le comédien et réalisateur Artus. « Les Jeux paralympiques ont déclenché quelque chose. Il ne faut pas que ce soit un coup d’épée dans l’eau. Je reviendrai dans deux ans. Je ne lâcherai pas le sujet », a lancé l’auteur du film événement sur le handicap « Un p’tit truc en plus » (plus de 10 millions d’entrées). Le projet « Métro pour tous » est aussi parrainé par le producteur Dominique Farrugia, atteint de sclérose en plaques, et par Marie-Amélie Le Fur, athlète handisport paralympique.

Pour enclencher la machine à 20 milliards d’euros, Valérie Pécresse a annoncé « une convention pour financer les études préliminaires sur la ligne 6 du métro parisien », attendues pour fin 2025. Et une autre série d’études (évaluées à 3 M€) pour évaluer la faisabilité des travaux sur les autres lignes du métro. Le tout sera évalué par un « comité de suivi du métro pour tous » créé cette année.

S’appuyant sur l’étude commandée par la RATP qui chiffrait à 700 M€ la mise en accessibilité des 28 stations de la ligne 6 du métro parisien, en partie aérienne où l’installation d’ascenseurs et de refuges anti-incendie semblerait possible, l’élue met un million d’euros sur la table pour affiner les connaissances sur les contraintes techniques et dresser des priorités. « Je retends la main à l’État et à la Ville de Paris » pour financer ces études [2 autres M€], a répété Valérie Pécresse.

Celle de la RATP a déjà repéré six stations où les aménagements s’annoncent complexes : « Nous avons identifié des stations aériennes, des stations semi-enterrées, ainsi que des stations souterraines simples et celles avec correspondances. Trois scénarios ont été identifiés pour l’accessibilité de la ligne 6 : un scénario perlé du tronçon central entre Bercy et Trocadéro de 270 à 350 M€ avec neufs ans minimums d’études et de travaux, un scénario perlé de terminus à terminus de 390 à 500 M€ avec dix ans minimum d’études et de travaux, un scénario tout accessible de 660 à 850 M€ avec 12 à 15 ans d’études et de travaux », a listé Claire-Hélène Coux, directrice de la maîtrise d’ouvrage des projets à la RATP.

La suite ? Comme Artus, Valérie Pécresse semble déterminée à ne rien lâcher pour porter ce dossier très populaire et indispensable, mais qui pour se réaliser, nécessite de voir la ville de Paris et l’Etat délier aussi les cordons de la bourse. Pas sûr que le moment soit le mieux choisi.

N.A