Ouigo : pas de manquements sur la sécurité (mais il y en a sur la propreté)

ouigo crédit DR

Problèmes de propreté, de prolifération d’insectes nuisibles, voire risques pour la sécurité… Ces accusations de syndicalistes cheminots visant les conditions d’exploitation des TGV Ouigo ont été largement reprises par la presse il y a quelques jours. Et réfutées hier par la direction de Ouigo qui a jugé « totalement fausses, voire inadmissibles » les propos tenus faisant peser un doute sur la sécurité des TGV à bas coûts de la SNCF.

« Les informations sur des incidents mettant en cause la sécurité me paraissent irresponsables », insiste Jérome Laffon, le directeur général de Ouigo, réagissant en particulier à un incident survenu fin novembre et évoqué le 7 janvier sur RMC par Axel Persson. Le secrétaire général de la CGT Cheminots de Trappes et Rambouillet racontait qu’un cheminot voyageant sur un Ouigo avait signalé à ses collègues des bruits anormaux provenant d’un essieu et permis ainsi d’éviter une rupture d’essieu potentiellement dangereuse.  « Il y a eu des amalgames dans cette histoire. Les boucles de rappel ont fonctionné et la rame n’a pas circulé », a affirmé Jérôme Laffon. « Les règles de maintenance des Ouigo sont les mêmes que celles des TGV Inoui. Et le taux de panne est sensiblement le même », a-t-il ajouté.

Renouvellement du parc

Par ailleurs, l’entreprise a engagé un programme de renouvellement de son parc : les 38 rames utilisées aujourd’hui vont progressivement passer à 50 d’ici le premier semestre 2027. Les 12 rames seront d’anciens TGV Inoui arrivés à mi-vie et qui vont être désossés, révisés et reliftés pour épouser le design de la gamme low cost. La première est attendue ce mois-ci. Et les rames Ouigo actuelles feront l’objet d’une rénovation globale.

Une propreté à renforcer

En revanche, le patron des Ouigo reconnaît un sujet autour de la propreté des rames très remplies (plus de 640 voyageurs par rame) et soumises à une utilisation intense. Les 30 poubelles installées dans les rames ne suffisent pas pour le trafic assuré. « Nous avons prévu de renforcer les opérations de propreté en gare et à bord des trains », souligne Jérôme Laffon. Le temps passé aux opérations de propreté et de confort doit aussi être renforcé dans l’atelier qui assure la maintenance la nuit pour permettre aux rames de rouler le plus possible en journée.

L’entreprise affirme avoir également « beaucoup progressé »  dans le traitement des nuisibles (cafards, punaises de lit…). Il y aurait, selon Jérôme Laffon, un à deux signalements par mois. « Dès qu’il y a un signalement, les rames sont traitées. Un nouveau protocole est en cours depuis trois mois avec un traitement thermique », indique encore le dirigeant, en assurant que les prix bas proposés sur Ouigo ne se font pas au détriment de la qualité. 25 millions de personnes ont voyagé l’an dernier sur Ouigo qui doit continuer à l’avenir à se développer à travers le pays : vers le sud ouest ((Dax, Bayonne, Biarritz…) fin 2025, avant de nouvelles liaisons vers Lyon, Strasbourg ou encore le Languedoc.