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Des trains légers pour relancer les petites lignes

Les lignes de desserte fine du territoire représentent 30 % du réseau ferré français. Mais un bon nombre n’est pas en bon état. Face à la demande croissante en voyages ferroviaires, une réflexion est lancée pour les exploiter de façon plus frugale et donc moins chère, avec le train léger.
La question de l’avenir des petites lignes ferroviaires revient régulièrement sur le devant de la scène. Elles constituent en effet 9000 km, soit un tiers du réseau ferré français, un bon nombre en mauvais état. Et représentent un enjeu important pour les régions qui veulent décarboner leurs transports et voient la demande en voyages ferroviaires croître fortement. Sur les trois dernières années, les TER ont enregistré 30 % de trafic en plus.
Les temps ont donc changé depuis le rapport Spinetta de 2018, qui recommandait de fermer les lignes ultra déficitaires et en mauvais état. En plus de la hausse de la demande et la prise en compte accrue des préoccupations environnementales, la montée en puissance des autorités organisatrices régionales les Les temps ont donc changé depuis le rapport Spinetta de 2018, qui recommandait de fermer les lignes ultra déficitaires et en mauvais état. En plus de la hausse de la demande et la prise en compte accrue des préoccupations environnementales, la montée en puissance des autorités organisatrices régionales les relancer.
560 km de lignes ont été fermées
Coût estimé de remise en état sur 10 ans : 7,5 milliards d’euros
Pour Annabelle Ferry, la directrice de la direction Territoires et villes du Cerema, qui s’exprimait le 29 novembre au cours d’un webinaire sur le projet de train léger Telli, il faut d’abord bien identifier les besoins en mobilité pour définir et apporter les services adéquats. « Les lignes de desserte fine du territoire traversent assez souvent des territoires denses. Et contrairement aux idées conçues, elles relient souvent des territoires ruraux à de grandes villes», souligne- t-elle. 85 % d’entre elles rejoignent une agglomération de plus de 50 000 habitants.
Elles peuvent ainsi jouer un rôle clé dans l’aménagement du territoire et pour leur économie. A condition que les fréquences proposées soient suffisamment attractives, estime Annabelle Ferry. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, « Les dessertes ne sont ni rapides, ni fréquentes, ni fiables, donc pas assez compétitives face à la voiture », résume-t-elle. Les X73500 très utilisés sur ces lignes arrivant en fin de vie à partir de 2035, une réflexion est lancée sur leur renouvellement.
« 1000 km de petites lignes (les plus fréquentées) ont été transférées à SNCF Réseau. Depuis le 1er janvier, c’est le gestionnaire des infrastructures nationales qui en porte la charge. Les autres sont cofinancées par l’Etat et les régions. D’autres encore ne sont financées que par les régions »
Des travaux sont menés pour mettre au point un nouveau matériel plus léger, et donc moins cher à l’achat et à maintenir. Des industriels, dont des constructeurs planchent notamment en partenariat avec la SNCF et le Cerema sur le matériel léger Telli qui pourrait circuler sur les petites lignes (lire pages suivantes).
« Pour baisser les coûts et augmenter les fréquences, il faut innover et agir en rupture et repenser tout l’écosystème. Avec un service pensé, cadencé et en relation avec les autres modes », estime Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs. « Les régions ont besoin d’un panel de solutions complémentaires sur la base d’un modèle économique supportable », ajoute-t-il.
Le train n’est en effet pas forcément la bonne réponse partout. Pour mieux répondre à la demande et optimiser les coûts, il faut aussi jouer sur l’intermodalité et prendre en compte non seulement le car et la voiture mais aussi la marche et le vélo.
Et trouver un mode de gouvernance avec les collectivités pour avoir un chef d’orchestre coordonnant ces mobilités.
Des lignes très diverses
Les lignes de desserte fine du territoire présentent des caractéristiques très diverses. Certaines accueillent des voyageurs et changent de fonction au fil de leur tracé, passant de la desserte d’une métropole à la grande ruralité. Leur fréquentation est très variable, allant de quelques milliers de voyageurs par an à près de deux millions. D’autres accueillent aussi du fret et doivent donc être suffisamment robustes pour accueillir des trains lourds. « Il faut savoir si on veut des trains de fret. C’est un choix structurant. Les trains de fret ne circulent pas que sur des lignes de desserte fine du territoire. 90 % des lignes sont en connexion avec le réseau ferré national », rappelle Olivier Bancel le directeur général exécutif Projets, maintenance et exploitation chez SNCF Réseau. Sans fret, les lignes sont beaucoup moins chères à exploiter.