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Grand Prix des Régions 2025 : les lauréats.

La cérémonie de remise des Grands Prix des Régions s’est tenue le 15 mai à l’Espace Saint-Martin à Paris. Elle a été précédée par une table ronde ayant pour thème la transformation du paysage ferroviaire régional avec l’ouverture à la concurrence. Elle a donné lieu à d’intéressants échanges entre les principaux acteurs du secteur et mis en lumière l’accélération de l’ouverture à la concurrence du marché.
Le Grand Prix TER a été remporté par la Nouvelle-Aquitaine pour ses efforts en faveur du report modal et plus particulièrement sa démarche visant à cadencer la fréquence de ses trains (lire ci-contre). Sept prix thématiques ont également récompensé des régions pour leurs politiques en faveur des transports publics. Le jury mis en place par VRT a eu la délicate mission de trancher entre de nombreuses initiatives particulièrement intéressantes que nous avons présentées dans notre numéro de mai. Il s’est montré particulièrement sensible aux politiques d’accroissement de l’offre, d’intermodalité et de simplification de l’usage. Un Grand Prix du Tourisme Ferroviaire a également été décerné par l’Unecto, la fédération des chemins de fer touristiques et des musées à caractère ferroviaire de France, dont l’objectif est notamment de promouvoir la filière.
La cérémonie s’est achevée avec un moment convivial au cours du cocktail qui a suivi.

DÉCERNÉ À LA RÉGION NOUVELLE AQUITAINE
Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué SNCF
Voyageurs a remis le Grand Prix
à Didier Duchier, directeur général adjoint en charge
des mobilités pour la région Nouvelle-Aquitaine.
La Nouvelle-Aquitaine remporte le Grand Prix TER
La Nouvelle-Aquitaine s’est vue décerner le 15 mai à Paris le Grand Prix des Régions. Le jury a particulièrement apprécié la démarche baptisée Optim’TER pour cadencer les trains.
La démarche Optim’TER a été lancée avec SNCF Voyageurs pour améliorer les dessertes et proposer des horaires plus adaptés aux besoins de mobilité, que ce soit pour des déplacements domicile-travail, domicile-étude ou occasionnels.
De 2020 à 2024, un travail de fond a ainsi été mené pour optimiser les moyens existants en programmant plus de fréquences, plus de correspondances et des horaires plus pratiques. La région a cherché à catégoriser les trains en fonction de leur trafic avec l’objectif qu’il n’y ait jamais un « trou » de desserte de plus de deux heures.
De nouvelles circulations ont été créées, notamment depuis le 15 décembre dernier sur certaines lignes régionales et sur celles des RER métropolitain et basco-landais. « Nous avons augmenté l’offre de près de 14 % en l’espace de trois ou quatre ans. Il n’y a pas eu de grand soir mais un travail régulier pour combler les trous d’offres », souligne Renaud Lagrave, le vice-président chargé des transports de la région.
La feuille de route du RER métropolitain 2018-2028 prévoit une densification de l’offre ferroviaire pour atteindre à terme une fréquence systématique à la demi-heure. Pour faire face à l’affluence, la région a aussi engagé un programme de rénovation des trains, ainsi que l’achat de 18 rames neuves Régiolis et Regio2N et la location de rames en renfort.
Les premières rames Regiolis devaient être mises en circulation dès avril 2025 à raison de deux rames par mois. Les Régio2N seront quant à eux livrés à partir d’avril 2026.
Les premières rames TER rénovées ont été inaugurées le 7 février au Technicentre Industriel Charente Périgord à Périgueux. D’ici à 2030, 62 rames – des AGC comme Autorail grande capacité, âgées d’une vingtaine d’années – vont bénéficier du programme OPTER de révision et de rénovation, financé pour près de 180 millions d’euros par la Nouvelle-Aquitaine.
Selon Renaud Lagrave, les résultats de cette politique d’offre, ainsi que les nouvelles rames, le billet unique avec Modalis ou encore l’intermodalité assurée avec les transports urbains et interrégionaux produisent des effets visibles : la fréquentation des trains a augmenté de 16 % en cinq ans. « Les trains sont de plus en plus pleins mais en pleine journée. Plus on ajoute d’offre, plus il y a d’usagers », conclut l’élu régional.
PRIX SERVICE ROUTIER
DÉCERNÉ À LA RÉGION NORMANDIE
Pour les navettes D-Day en Normandie
Frédéric Demarquette a remis le prix à Cécile Rémy Bastit, conseillère régionale Normandie.
PRIX GARE DE L’ANNÉE
DÉCERNÉ À LA RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE ET SNCF GARES & CONNEXIONS
Pour la cure de jouvence réussie pour la gare d’Agen
Renaud Lagrave, vice-président en charge des mobilités pour la région Nouvelle-Aquitaine et Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares parisiennes et régionales à SNCF Gares & Connexions, ont reçu ce prix.

PRIX NOTORIÉTÉ
DÉCERNÉ À CENTRE-VAL DE LOIRE
Pour le guide touristique Remi
Remis par Frédéric Demarquette à Philippe Fournié, vice-président de la région Centre-Val de Loire délégué aux mobilités, aux transports et aux intermodalités.

PRIX DÉVELOPPEMENT DURABLE
DÉCERNÉ À LA RÉGION BRETAGNE
Pour le renfort d’offres TER de l’étoile rennaise
Antonin Roques, directeur d’offres, responsable du développement ferroviaire chez RATP Dev a remis le prix à Marie Lecuit-Proust, directrice générale adjointe Mer, canaux, mobilités à la région Bretagne et à Caroline Kehr, chargée des relations externes et de la concertation Pôle Concertation, Animation, Usagers (POLCAU)

PRIX PÔLE D’ÉCHANGES
DÉCERNÉ À LA RÉGION SUD
Pour la nouvelle gare SNCF à Cagnes-sur-Mer
Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares parisiennes et régionales à SNCF Gares & Connexions a remis le prix à Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports et de la mobilité durable à la région Sud.

PRIX INNOVATION
DÉCERNÉ À LA NOUVELLE-AQUITAINE ET L’OCCITANIE
Qui lèvent 1,1 milliard pour la gestion et l’achat de trains dans leur SPL
Pascal Lemonnier, directeur commercial transport France a remis le prix à Renaud Lagrave, vice-président en charge des mobilités pour la région Nouvelle-Aquitaine et David Taupiac, député de la 1ère circonscription du Gers, conseiller régional, région Occitanie.

PRIX OFFRE INTERMODALE
DÉCERNÉ À LA RÉGION SUD
qui s’entend avec la métropole de Nice pour faciliter l’accès aux transports publics
Remis par Edouard Henaut, directeur général France de Transdev, à Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports et de la mobilité durable à la Région Sud.

PRIX UNECTO DU TRAIN TOURISTIQUE
DÉCERNÉ À LA RÉGION GRAND-EST
Avec association pour la restauration des forts d’Uxegney et de la place d’Epinal (AFURPE)
Remis par Dominique Bussereau, administrateur de l’Unecto et Claude Steinmetz, président de l’Unecto à David Valence, président de la commission Transport, déplacement et infrastructure, région Grand Est et Pascal Durand, président de l’Association pour la Restauration des Forts d’Uxegney et de la Place d’Epinal (AFURPE).

L’Association pour la Restauration du Fort d’Uxegney et de la Place d’Epinal (AFURPE) œuvre depuis 1989 pour la remise en état d’ouvrages dans la région d’Epinal.
Après le départ des militaires dans les années 60, le fort d’Uxegney est abandonné. L’association a débuté les travaux de remise en état du site d’Uxegney dans les années 1990. Après de gros travaux de nettoyage et de recherche, les pièces d’artillerie retrouvent leur place. Les locaux de vie et de casernement sont restaurés. Le Fort d’Uxegney a été construit de 1882 à 1884 dans le cadre de la constitution de la place forte d’Epinal. Son implantation permettait la protection de la ligne ferroviaire Epinal Mirecourt.
Du fait des progrès de l’artillerie, le fort fut modifié de 1910 à 1914. Durant la première guerre mondiale, les pièces d’artillerie sont transférées vers les forts du front. Le site est prévu pour accueillir des militaires en cas de repli et pour stocker des munitions. Durant le conflit de 39-45, le site conserve cette fonction d’appui et les forces d’occupation laissent le fort intact. Puis, l’armée française quitte le site dans les années 1960.
En complément de la restauration du Fort d’Uxegney, l’AFURPE procède à la restauration du Fort de Bois l’Abbé se trouvant à proximité. Sur le second site, les visiteurs peuvent découvrir les évolutions de la conception des forts. Lors de la construction de la Place fortifiée d’Epinal, un réseau de 120 kilomètres de voies ferrées (écartement de 60 cm) avait été construit et permettait les transports de munitions et de marchandises entre les forts.
En 2009 après 18 ans de travaux, l’AFURPE a remis en service la voie ferrée de liaison entre les deux forts afin de permettre la visite des deux sites. Cette nouvelle activité ferroviaire permet la circulation des trains transportant des voyageurs en traction diesel ou vapeur. Le Train des Forts est membre de l’UNECTO et accueillera son congrès annuel en novembre prochain.
ILS ONT DIT
Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares régionales & parisiennes chez SNCF Gares & Connexions, lors de la remise du Prix Gare de l’année…
La gare d’Agen a reçu le prix de la « gare de l’année », récompensant un chantier « complexe et sur lequel Gares & Connexions a travaillé avec la Ville et la Région », indique Éliane Barbosa.
« Il s’agissait de re-toiletter une vieille dame de plus de 150 ans, la Grande Halle voyageurs, en travaillant à 7 mètres de hauteur, tout en maintenant l’exploitation de la gare qui accueille 4 000 voyageurs par jour ».
Gares & Connexions a investi 9 millions d’euros dans ce projet, en parallèle des 40 millions d’euros annuels engagés par la Région pour régénérer son patrimoine ferroviaire.
…puis lors de la remise du Prix Pôle d’échange intermodal à la gare de Cagnes-sur-Mer
« Depuis 2019, Gares & Connexions n’a pas arrêté de transformer cette gare », souligne Eliane Barbosa.
Tout a commencé par la création d’un parking-relais, puis d’une gare routière, avant l’aménagement d’un parvis végétalisé de 2 000 m². Mais l’évolution majeure reste la reconstruction complète de la gare, qui a été « désenclavée du viaduc » et repensée pour devenir plus intermodale.
Un nouveau bâtiment voyageurs plus accueillant a été créé, intégrant des services et un espace de vente. Des travaux sont en cours pour rendre l’ensemble pleinement accessible, notamment les quais. « Tout cela n’aurait pas été possible sans le financement de l’Union européenne, de l’État, de la région, de la métropole et du département », ajoute-t-elle.
Pascal Lemonnier, directeur commercial Transport France d’EGIS pour le Prix Innovation
« L’innovation constitue le cœur de notre métier d’ingénieriste, rappelle Pascal Lemonnier, directeur commercial Transport France d’Egis. Le groupe consacre chaque année 75 millions d’euros à la recherche et développement, avec une volonté très forte d’accompagner les territoires, les collectivités locales et l’État dans la mise en œuvre de solutions innovantes. Ces innovations visent autant la transition digitale que la transition climatique, tout en préparant les transports de demain ».
Édouard Hénaut, directeur général France, Transdev pour le Prix Offre intermodale
« En tant qu’opérateur et acteur des mobilités du quotidien sur les territoires, notre premier souci, c’est la simplicité du voyage pour l’usager : passer d’un mode à l’autre le plus simplement et efficacement possible.
C’est ce que nous avons mis en œuvre sur la ligne régulière intermodale Caen–Valognes, où nous avons multiplié par huit la fréquentation », explique Édouard Hénaut.
Le dirigeant souligne que l’intermodalité englobe les cars express, les lignes régulières, le transport à la demande ou encore l’autopartage.
« Ce qui est important, c’est de comprendre la demande de l’usager, de s’aligner sur ses besoins et de créer l’offre nécessaire, en développant un service de qualité », insiste-t-il.
Antonin Roques, directeur d’offres, responsable du développement ferroviaire chez RATP Dev pour le Prix Développement durable
« Le transport ferroviaire contribue au développement durable et permet de décarboner massivement la mobilité. Les régions doivent prendre ce sujet à bras-le-corps pour renforcer l’offre. Pas seulement durant les heures de pointe, mais aussi tout au long de la journée. Cette approche globale permet de conquérir durablement les voyageurs et peut les inciter à délaisser la voiture. »
Jean-Aimé Mougenot, Directeur TER délégué, SNCF Voyageurs pour la remise du Grand Prix TER
« C’est l’occasion de saluer les efforts réalisés en matière de report modal.
La région Nouvelle-Aquitaine a enregistré une hausse de fréquentation de 30 %, dans la moyenne des régions, et surtout de plus de 60 % sur les huit dernières années grâce au programme Optim’TER.
C’est une approche pragmatique qui a été valorisée, et pour laquelle SNCF Voyageurs a apporté son appui technique afin de maîtriser les coûts. »
