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Espagne : le ministre des Transports pointe les limites de la concurrence

« Les seuls acquis positifs de la concurrence entre les trains se résument aux prix et aux fréquences » : c’est le constat du ministre espagnol des Transports et de la mobilité, qui s’expliquait le 10 septembre devant le Congrès des députés sur la situation du chemin de fer en Espagne. Si Oscar Puente défend la libéralisation de la grande vitesse ferroviaire, il déplore des pertes financières. Ce sont, selon lui, autant de ressources perdues pour aider les lignes déficitaires.
Ainsi, rappelle-t-il, avant l’ouverture à la concurrence, le secteur de la grande vitesse ferroviaire affichait un bénéfice annuel de 150 millions d’euros. Aujourd’hui, les trois opérateurs de la grande vitesse sur le marché (en plus de la Renfe, les concurrents Iryo et Ouigo), accumulent des pertes de 230 millions d’euros en 2024.
« Nous avons trois compagnies publiques issues de trois pays : l’État italien qui partage, certes, le capital de Iryo avec des actionnaires privés espagnols, l’État français avec Ouigo et l’État espagnol avec l’opérateur Renfe. Ce n’est pas une vraie concurrence. La preuve en est que cette situation n’a guère suscité de l’enthousiasme ailleurs en Europe. Au contraire, les autres pays résistent à cette libéralisation que, nous, nous avons engagée », commente-t-il.
Dans ce contexte, Madrid continue de subventionner des lignes déficitaires comme l’axe Huelva-Zafra qui va rouvrir ce 15 septembre. Cette ligne très déficitaire des confins de l’Andalousie et ses 181 km viennent de bénéficier de 250 millions de gros travaux financés par l’État espagnol avec le renfort des fonds européens dits « Next Generation ».