Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Nantes prépare son changement d’horizon

    Nantes confirme sa réputation d’imagination et s’engage dans une vraie offre multimodale, avec en point de mire un tram-train adapté au contexte périurbain La plus grande nouveauté, c’est sans doute son système d’auto-partage. Un choix hardi : pas d’associatif, pas de subvention, que de l’initiative privée. Un service, essentiellement sur Internet, d’abord limité à l’hyper centre-ville (11 stations, 30 voitures). Au bout de six mois, il compte 110 utilisateurs réguliers. Trois stations de plus verront le jour pour la fin de l’année, réclamées par les utilisateurs potentiels sur internet. Rentabilité prévue au mieux dans trois ans, au pire dans sept. Comme c’est de la voiture, le service est confié à un loueur. La voiture trouve une « nouvelle place » dans la ville par une utilisation « raisonnée », louée au lieu d’être achetée, y compris le week-end et pendant les vacances. Autre novation qui ressemble à une normalisation, Nantes, en 2008, s’est mise au vélo en libre service. Il a été confié à JCDecaux, là aussi dans un format limité : 79 stations, 1 326 vélos au départ, rien que dans le centre. Une extension est programmée pour mai prochain, dès le cap des 2 500 utilisations par jour franchi. On en est à 2 200 en moyenne.  La ville a aussi fiabilisé ses navettes fluviales, exploitées cette fois, comme le bus et le tram, par Transdev. En particulier sa traversée de la Loire qui atteint 900 passages par jour.
    Là où les nouveautés, bonnes pour l’image de la ville, rejoignent les progrès massifs du transport public, c’est avec le Busway qui permet à Nantes de voir venir. Fin 2006, Nantes a parié sur cette version, labellisée par Transdev, du bus à haut niveau de service (BHNS). En 2008, cette fausse « ligne 4 » de tramway atteint 25 000 voyageurs par jour en portant ses fréquences à une desserte toutes les 3 minutes aux heures de pointe. « Un succès prometteur, tant est primordial pour l’avenir notre réussite dans le bus. La demande de service de transport augmente partout à l’intérieur de l’agglomération. Les gens veulent du temps de parcours fiable, des départs fréquents et ne plus de soucier de l’heure du départ. Comme nous n’installerons pas du tramway partout, nous le ferons avec du bus. Le Busway, nous permet d’en maîtriser la technologie. En passant, par exemple, à des bus articulés de 24 m au lieu de 18 nous avons de la capacité sous le pied », explique Alain Boeswillwald, le directeur des Transports de l’Agglomération nantaise.
    En 2008, sur 40 lignes de bus, Nantes en possède quatre à plus de 10 000 voyageurs par jour et une dizaine en mesure de les atteindre. Le bus restera donc forcément une priorité à l’intérieur de l’agglomération. Le tramway, lui n’a évolué que par petites touches en 2008, quelques accélérations de fréquence. Malgré cela, le réseau de transport a progressé dans son ensemble. 113 millions de voyageurs. Ce sera 120 en 2010. Nantes aura quand même encore recours au tramway. En fin 2010, entrera en service une première ligne de rocade de tramway, entre les lignes 1 et 2. Une troisième génération de rames arrivera en 2011, puis une cinquième ligne desservira cette « Île de Nantes » dont la ville fait son centre dans 20 ans. Mais dès maintenant, Nantes anticipe un autre changement d’horizon.
    Son avenir est au chemin de fer. Au « réseau express régional » annoncé aux élections municipales, commençant en 2010, par le tram-train vers Châteaubriant. D’autres villes réclament du tram-train. Dès 2010, ce sera aussi Clisson au sud-est. Couëron, Savenay, en veulent un aussi vers Saint-Nazaire. Entre Saint-Nazaire et Nantes, on n’attend plus que le cadencement. Le signe le plus manifeste de cette soif de train est la réfection prévue de la gare de Nantes. « Pour 2015 », réclame Jean-Marc Ayrault. Ses services planchent sur le projet, la SNCF aussi. Mais l’avènement de ce réseau express débordant de l’agglomération nantaise, réclamera de nouvelles coordinations. Des voix s’élèvent, en particulier du département de Loire-Atlantique. Il vient de multiplier par deux la fréquentation de ses bus (3 millions de voyageurs par an hors transport scolaire) grâce à ses tickets à 2 euros. Malgré cela, la demande de transports supplémentaires reste forte. Pour faire plus, les différents acteurs vont devoir davantage coopérer. Sans parler d’insérer dans le système un nouvel aéroport au nord de Nantes, en principe pour 2013.
     

    Hubert  HEULOT

  • Trophées du vélo 2008

    Une trentaine de vélos ont récompensé les lauréats du palmarès Les trophées 2007 célébraient l’action des villes et l’essor du VLS, à Paris, Orléans ou Montpellier. Rien de tel pour l’édition 2008, qui n’a primé aucune ville. Rien sur la dynamique toujours forte des « bicyclettes publiques », rien non plus sur les aménagements dans l’esprit « code de la rue », le stationnement ou encore la cohabitation tram/vélo ou bus/vélo, pourtant des dossiers clés dans l’action pro-vélo. Il est vrai que la période post-électorale est plus propice au travail de fond qu’aux inaugurations. Ce palmarès, organisé par le Comité de promotion du vélo avec le parrainage du ministère de l’Ecologie, a peut-être aussi souffert de délais très serrés.
    Pour autant, les heureux élus n’ont pas démérité ; les trophées, remis le 26 novembre dans le cadre du Salon des maires à Paris, leur donneront une reconnaissance officielle, toujours utile. Plus une trentaine de vélos à se partager, offerts par Tous à vélo ! Parmi les lauréats, on notera un grand nombre de conseils généraux, manière de souligner l’importance de leur action auprès des collégiens ou dans la réalisation d’axes structurants hors agglomération, utiles pour les touristes comme pour les habitants. On regrettera, à l’inverse, la toujours faible représentation des entreprises.
    Dans la catégorie collectivités locales, le premier trophée est décerné au conseil général du Val-de-Marne, pour son Plan de déplacements d’établissements scolaires (PDES). Ce projet ambitieux et exemplaire à plus d’un titre, porte sur 11 collèges pilotes. Il rentre dans sa phase opérationnelle après des années de travail de fond et d’études. Le volet réalisation est doté d’un budget de 400 000 euros HT.
    Le conseil général de Loire-Atlantique, reçoit le second trophée, pour ses itinéraires de randonnée. Le département a lancé une politique visant à relier entre eux les axes existants. Il a notamment transformé l’ancienne voie ferrée Carquefou/Saint-Mars-la-Jaille en un itinéraire multi-randonnées de 36 km, également utilisable pour les trajets domicile-travail ou domicile-école. Coût de l’opération : 1,35 million d’euros.
    Trois autres collectivités sont « mentionnées » : le conseil régional Midi-Pyrénées, pour son plan de déplacement d’entreprises (PDE) ; l’office de tourisme de Bayonne, pour ses visites de la ville à vélo ; et enfin le conseil général de la Haute-Savoie, pour son opération « A vélo du Léman à la mer ».
    Une mention est attribuée à l’association Vélo-Service à Amiens, pour sa vélo-école. Ce n’est pas une première mais l’expérience, menée avec un grand professionnalisme, fonctionne efficacement, sur un modèle reproductible.
    Dans la catégorie entreprises, un trophée est remis aux NMPP, pour l’opération Vélopresse. Cet été, 26 triporteurs ont sillonné les plages et lieux de tourisme, proposant une sélection de presse. Un succès d’image et commercial. L’opération a été renouvelée à Paris cet automne.
    Un coup de cœur enfin (une mention) pour le travail du photographe Jean-Claude Martinez pour son projet « les cycles de l’amour ». Ce chasseur d’images – des amoureux à vélo, des familles… – travaille sur commande pour les collectivités locales.
     

    Hélène GIRAUD

  • La prime transport étendue au vélo

    Ca y est, le vélo a un début de reconnaissance légale comme moyen de transport quotidien ! Dans le cadre du vote du projet de loi de financement de sécurité sociale, achevé le 20 novembre au Sénat, les parlementaires ont généralisé à l’ensemble de la France l’obligation, pour les employeurs, de financer 50 % des titres de transport collectif de leurs salariés, déjà en vigueur en Ile-de-France. Le dispositif est en outre étendu aux « services publics de location de vélo », en vertu d’un amendement proposé par le député UMP de Paris, Philippe Goujon. Autrement dit, les utilisateurs de systèmes type Vélib’ mais aussi de location classique dans le cadre de déplacements domicile-travail pourront se faire rembourser par leurs employeurs. Ce remboursement n’est pas cumulable avec le remboursement du transport public.
    La prime transport (qui prévoit aussi le remboursement des frais d’essence, dans la limite de 200 euros par an et à la discrétion des entreprises) avait été supprimée dans un premier temps par la commission des affaires sociales de l’assemblée, sous prétexte qu’elle ne se justifiait plus. Ce qui avait provoqué un tollé général. La prime vélo a été votée dans la foulée de son rétablissement, dans la nuit du 30 au 31 octobre, à l’assemblée nationale, droite et gauche confondues. Martine Billard, députée verte de la capitale, qui proposait un dispositif similaire, l’a d’ailleurs soutenu. Le Sénat a suivi.
    Philippe Goujon, député et nouveau maire UMP du XVe arrondissement, n’est pas réputé pour son action pro-vélo. Et il n’est pas lui-même cycliste. Mais cet « élu urbain » se dit sensible au développement durable et s’est beaucoup mobilisé pour que les voitures de petite taille (moins de 3 m) soient favorisées, via une tarification différente du stationnement. En vain jusqu’ici. Contacté, comme d’autres parlementaires, par le lobby du Comité de promotion du vélo, il se dit « favorable » à des actions encourageant le développement de la bicyclette en ville.
    En fait, ce sont quatre amendements différents que l’élu a soutenu, concernant aussi bien les vélos en location que les vélos particuliers (avec une aide aux frais d’entretien, chiffrés entre 150 et 200 euros par an), initialement dans le cadre du vote du projet de Grenelle de l’environnement. « Le problème, c’est que 20 000 amendements avaient été déposés, raconte-t-il. En accord avec les groupes parlementaire, ces points ont été reportés au vote d’autres lois. Cela m’a handicapé, car les élus présents lors du vote du financement de la sécurité sociale n’ont pas une sensibilité environnementaliste. J’ai du affronter un environnement quasi-hostile ! » Dans les débats, Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des affaires culturelles, a particulièrement raillé l’amendement, proposant d’ « adopter un amendement qui prenne en compte l’usure des chaussures »… « C’est un truc de bobos ! » a-t-il ajouté.
    « Ce qui m’importe, intellectuellement, c’est la reconnaissance du vélo comme moyen de transport, l’institution d’un principe nouveau d’égalité entre les différents modes », explique Philippe Goujon. Il regrette ce vote inachevé, qui ne tient compte ni des vélos personnels ni de la combinaison vélo/TC. « Dans mon esprit, il faut bien sûr que les aides au vélo et aux TC soient cumulables. J’ai vu qu’il fallait procéder par étapes, mais ne n’ai pas renoncé à aller plus loin. »
    Cet esprit se retrouve dans l’exposé des motifs. On peut y lire qu’ « en zone urbaine et périurbaine, le vélo représente un appui majeur aux transports en commun dont il augmente fortement la clientèle potentielle par sa fonction de rabattement, mais dont il peut également alléger le trafic en cas de congestion. De ce fait, il représente une alternative aux déplacements en véhicules motorisés personnels (…) mais aucune disposition n’existe aujourd’hui pour encourager sa pratique. Actuellement, la part des déplacements à vélo concerne 2 millions de personnes en France, soit 3,5 % de la population (…) ».
    Le Club des villes cyclables a applaudi cet amendement, indiquant qu’il fallait « aller plus loin ». Par exemple en prévoyant le versement d’indemnités kilométriques aux cyclistes. Sur France Info, le président de la Fubicy Christophe Raverdy a souligné que la mesure allait « dans le bon sens ». Il plaide pour un système qui concerne tous les cyclistes, et pas seulement ceux qui louent un vélo, de type « chèque transport ».
     

    Hélène GIRAUD

  • Lille, deuxième réseau de province

    Lille Métropole Communauté urbaine, 1,1 million d’habitants, 87 communes et deuxième réseau urbain de province après Lyon Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU), ou plus simplement « la Métropole », est une vaste entité peuplée de 1,1 million d’habitants qui fédère 87 communes autour de la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing. Elle est depuis les dernières élections présidée par la maire de Lille Martine Aubry (PS), qui a succédé à Pierre Mauroy (PS). Eric Quiquet (Verts) en est le vice-président chargé des transports. LMCU, l’autorité organisatrice, concède son pouvoir en matière de transports au Syndicat mixte des transports de Lille Métropole (SMT), cogéré avec le conseil général du Nord. Eric Quiquet en est également le président.
    Le réseau urbain est le deuxième de province, après Lyon. Il est exploité par Transpole, société du groupe Keolis. Il a transporté 124 millions de personnes en 2005, 132 millions en 2006, 136 millions en 2007… Fin août, on en était à 142 millions sur douze mois.
    L’agglomération comprend deux lignes de métro automatique (Val) : la ligne 1, ouverte en 1983-84, fait 13,5 km de long. Elle relie Villeneuve-d’Ascq au centre hospitalier régional, via le centre de Lille. La ligne 2, ouverte par étapes entre 1989 et 2000 est beaucoup plus longue : 32 km ! Elle va de Lomme – commune annexée par Lille – à Lille, Roubaix et Tourcoing. Selon les derniers chiffres de Transpole, la ligne 1 transporte en moyenne 150 000 passagers par jour ouvrable, et la 2, 160 000.
    Le réseau comprend aussi un tramway, que les habitants appellent toujours Mongy. Ouvert en 1909, il a été modernisé en 1994 et doté d’un matériel plus moderne ressemblant au métro – qui vieillit plutôt mal. Longues de 22 km, dont 4 km de tronc commun, ses deux lignes relient les gares de Lille-Flandres et Lille-Europe à Marcq-en-Barœul et Roubaix d’un côté, Tourcoing de l’autre. Elles transportent 35 000 personnes par jour.
    Le réseau de bus est en pleine expansion. Parmi ses 42 lignes urbaines, une première ligne à haut niveau de service baptisée Liane 1 a été inaugurée en janvier. A noter également la ligne Citadine : à l’origine ligne d’accès au centre de Lille depuis des parkings de dissuasion, elle s’est transformée en circulaire intérieure, plutôt rapide. Et très fréquentée.
     

    François ENVER

  • TER : Paca au pas cadencé

    Un an après Rhône-Alpes, la région lance le cadencement des horaires sur ses principales lignes Le 14 décembre sera un « moment historique » pour le TER en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. C’est Michel Vauzelle, président du conseil régional qui le dit. Et il y a de quoi. Ce jour-là seront simultanément lancés la ligne Marseille – Gardanne – Aix, fermée depuis deux ans pour d’importants travaux de modernisation, le cadencement, d’abord sur les grands axes, et le pôle multimodal de Vitrolles.
    98 TER circuleront sur la ligne Aix – Marseille, contre 48 il y a deux ans, notamment grâce au doublement de la voie sur 12 km. Le coût des travaux aura été de 160 millions d’euros pour l’infrastructure et 20 pour la création de trois nouvelles gares dans les quartiers nord de Marseille et la rénovation de quatre autres. L’objectif de la région et de la SNCF est de doubler le nombre de voyageurs dès l’ouverture de la ligne, le portant rapidement à 10 000 par jour.
    Un an après Rhône-Alpes, la région lance aussi le cadencement des horaires sur ses principales lignes. L’offre de 545 TER par jour devrait être augmentée de 20 %.
    Et pour compléter cette date « historique », le nouveau pôle multimodal de Vitrolles sur la ligne Marseille – Miramas entrera aussi en service le même jour. Une quarantaine de trains quotidiens, contre 7 jusqu’à présent, desserviront une zone industrielle et commerciale de 800 entreprises et l’aéroport de Marseille Provence. De quoi mettre élus de la région et dirigeants de la SNCF sur les dents à quelques jours de ce « moment historique ».
     

    José SOTO

  • Les Espagnols visent aussi le nord

    La CFT bat Keolis à Sète, devrait ravir Amiens à Veolia, et lorgne sur La Roche-sur-Yon Sa dénomination légèrement surannée n’empêche pas la Corporation française de transport (CFT) d’être le petit transporteur urbain qui monte en ce moment. Entre 2008 et 2009, cette entreprise au capital détenu par le groupe familial espagnol Subus – qui exploite les transports d’Alicante, fait dans le cinéma, le vin et les stations service – auquel se sont alliées les Caisses d’épargnes ibériques, aura doublé son chiffre d’affaires à 65 millions d’euros et ses effectifs à 900 salariés. Dirigé par Philippe Delrue, ancien patron du réseau niçois exploité par Veolia, la CFT s’est vue attribuer le 26 novembre l’exploitation du réseau sétois de Thau agglomération (Totem), soit 13 lignes, 23 véhicules, 1,1 million de kilomètres parcourus par an, 1,9 million de voyages, 70 salariés et 4,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Une affaire enlevée à Keolis. Installée en France à Perpignan où elle a débuté en 1998 en reprenant le réseau urbain (CTPM, Compagnie des transports Perpignan Méditerranée), la CFT a d’abord joué régional. En association, elle obtient en 2004 la délégation de service public du petit réseau voisin de Narbonne (NTU, Narbonnaise de transports urbains) qu’elle gardera quatre ans avant de le perdre en septembre dernier au profit de Keolis. Elle passe en Provence en 2005 en engrangeant le contrat d’Antibes-Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes), qui pèse quelque 15 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. En ce mois de décembre, elle espère se développer vers le nord en visant Amiens. Le sortant, Veolia, n’a pas été retenu par le conseil d’agglomération Amiens métropole et la CFT reste seule en lice. « L’assemblée générale des élus se décidera le 15 décembre, nous sommes fortement pressentis », glisse Philippe Delrue, qui reste prudent. Cette année, la CFT a perdu au dernier moment, sur une question de procédure, le réseau Biarritz-Anglet-Bayonne qu’elle devait ravir à Transdev. Mais ce n’est que partie remise, Philippe Delrue comptant bien être présent au « second tour ». Avec Amiens, la CFT effectuerait un saut quantitatif puisque le réseau de la capitale picarde est environ 25 % plus important que celui de Perpignan : 11,2 millions de voyages annuels au lieu de 8,3 millions, 30 lignes soit 4 de plus, et un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’euros (20 millions à Perpignan). « Après avoir doublé notre chiffre d’affaires de 2008 à 2009, nous avons l’ambition de nous développer suivant deux axes, nord et sud », explique Philippe Delrue. « Il y a pas mal d’appels d’offres en vue pour 2009. Nous avons quatre cibles dans le Midi et cinq dans le Nord », dit-il, sans préciser lesquelles. Mais on sait que La Roche-sur-Yon est sur la liste.
     

    Michel Gabriel LEON

  • Tramway de Nice : un an et 20 millions de voyageurs

    Le tramway de Nice a atteint les 20 millions de passagers le 22 novembre, soit deux jours avant son premier anniversaire d’exploitation 20 millions de passagers au 22 novembre. Un résultat qui va « au-delà des prévisions », comme le reconnaît Yannick Laurens, directeur de ST2N (Veolia Transport), exploitant du réseau de l’agglomération niçoise Ligne d’Azur. « Le tramway transporte 70 à 75 000 voyageurs par jour et parfois plus. C’est un résultat que nous pensions atteindre en deux ans… ou plus », ajoute-t-il. Plusieurs explications à ce succès : le tramway était très attendu après plus de quatre ans de travaux qui ont mis Nice sens dessus dessous. De plus, la ligne de 8,7 km trace un V du nord au sud de la ville à travers des zones très denses d’habitations, de commerces et d’emplois. A cela s’ajoute le passage du ticket de transport à 1 euro, d’abord instauré par le conseil général des Alpes-Maritimes pour les lignes départementales, et étendu cette année à l’agglomération niçoise. Sans oublier la hausse du prix des carburants qui a détourné bien des automobilistes vers le tramway. Autre raison du succès, le tramway n’a pas connu de grands problèmes d’exploitation. Les batteries embarquées qui permettent aux rames de traverser les places Masséna et Garibaldi se sont révélées parfaitement fiables depuis un an. Le seul problème technique aura touché la climatisation, réparée par le fournisseur mais marquante car survenue en plein été. Le succès du tramway a profité à l’ensemble du réseau de transports urbains. Ainsi, un usager du tramway sur quatre serait un nouveau client des transports en commun, selon les enquêtes de l’exploitant. Jusqu’en août, l’augmentation du trafic a été de 25 à 30 %, selon ST2N. « Depuis septembre l’offre a été augmentée de 15 % et sur un an nous avons eu une augmentation du trafic de 40 à 45 % » ajoute Yannick Laurens. Il reste que le tramway est aujourd’hui victime de son succès. Les commerçants de l’avenue de la République, une artère particulièrement animée… avant l’arrivée du tram et la piétonisation, déplorent le manque de clients qui ne font plus que passer… en tram. Surtout, aux heures de pointe, les rames sont bondées et les Niçois ne sont pas loin de pester contre ce tramway qu’ils plébiscitent par ailleurs. La communauté d’agglomération devrait donc commander de nouvelles rames (cinq à sept peut-être) et rallonger à 44 mètres les vingt rames en circulation depuis un an, augmentant ainsi la capacité d’environ 25 %. Autre solution : améliorer les temps de parcours et donc augmenter les fréquences de passage aux arrêts. « Passer de 5 minutes 30 à 5 minutes en moyenne début 2009, c’est jouable, estime Yannick Laurens ; mais 4 minutes à moyens constants, c’est difficile. » Avec les fêtes de fin d’année, les places assises devraient être encore plus rares à bord. On attend 80 000 voyageurs par jour.
     

    José SOTO

  • Système ferroviaire : le ministre avance, RFF cadence

    Dominique Bussereau a annoncé la mise en place à la SNCF d’une direction de l’exploitation du réseau, direction séparée du reste de l’entreprise Le ministre a tranché. Dans un entretien accordé à notre confrère Les Echos, Dominique Bussereau avance « la mise en place à la SNCF d’une direction de l’exploitation du réseau, direction séparée du reste de l’entreprise. Y seraient affectés les 14 400 agents de la SNCF en charge de la production et de la gestion des sillons. » C’est une réponse claire aux propositions du sénateur Haenel qui souhaitait la création d’un Etablissement national des circulations ferroviaires sous contrôle de la SNCF : RFF gardera bien le contrôle effectif de l’exploitation. Le gestionnaire de l’infrastructure est d’ailleurs appelé à mettre rapidement en place une plate-forme commerciale forte d’une centaine de personnes afin de garantir la non-discrimination envers les opérateurs. « Notre réforme est une solution qui donne satisfaction à la Commission européenne », a précisé Dominique Bussereau. Les 14 400 cheminots (agents de circulation, horairistes, régulateurs…) chargés de l’exploitation ne changeront pas de statut ; leur directeur sera « nommé de manière indépendante, en lien avec le président de RFF ».
    On comprend le souci du ministre : rassurer les nouveaux opérateurs sans mettre le feu à la SNCF. Mais le résultat est très hybride ; on imagine déjà la posture difficile du directeur de la structure exploitation…
    Car RFF, fort du contrat de performances signé avec l’Etat, entend bien continuer à réformer le système ferroviaire. Son président Hubert du Mesnil a présenté jeudi 4 décembre son projet de cadencement intégral du réseau hexagonal à l’échéance de 2012. Plus question d’expérimenter ici ou là, l’objectif est bien d’organiser différemment la circulation des trains sur l’ensemble du territoire, à l’exemple de la Suisse, de l’Allemagne ou de l’Autriche. Mais la vraie révolution consistera à intégrer les horaires de la grande vitesse dans ce cadencement général. « Aujourd’hui nous avons un empilement de cas particuliers, constate Hubert du Mesnil ; nous devrons cristalliser le brouillard des horaires d’arrivée des TGV. » Le cadencement de certaines lignes TGV ne concerne en effet aujourd’hui que les horaires de départ : impossible, ensuite, pour les régions, de cadencer leurs TER puisqu’il n’y a pas de stabilité des horaires d’arrivée…
    Sous la pression des élus régionaux, qui voient là une manière d’accroître l’offre et sa lisibilité à peu de frais, Jean-Pierre Farandou, directeur de SNCF Proximités, va inaugurer le 14 décembre prochain de nouveaux cadencements : en Normandie, en Nord-Bourgogne, en Paca, en Sud-Aquitaine, en Ile-de-France. Ça n’est pas une mince affaire, aussi bien en termes d’exploitation ferroviaire et d’adaptation de l’outil industriel que pour l’accompagnement envers les voyageurs. « Il faudra solliciter les comités de ligne pour harmoniser les horaires de la vie quotidienne », explique Hubert du Mesnil, convaincu qu’il faut mettre de l’ordre dans le système, y compris pour améliorer l’exploitation du fret. « Nous devons augmenter le nombre de trains qui circulent », répète-t-il.
    L’objectif est donc tracé. Les spécialistes du graphique vont travailler d’arrache-pied, pendant que les discussions devront se multiplier avec les autorités organisatrices. « Jean-Pierre [Farandou] a compris, mais ce sera dur de convaincre Mireille [Faugère] », soupire un expert du réseau. L’utilisateur final, lui, s’il ne se crispe pas sur les bouleversements d’horaires consécutifs aux mises en place, devrait ensuite y trouver de nombreux avantages.
     

    Gilles DANSART

  • Strasbourg prolonge son tramway à l’ouest

    Neuf mois après son élection, le maire de Strasbourg, a obtenu l’accord pour lancer son projet d’extension de la ligne A du tramway Neuf mois après son élection, Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, a obtenu l’accord du Conseil de communauté urbaine pour lancer son projet d’extension de la ligne A du tramway. Le coût de l’infrastructure à construire en banlieue Ouest est estimé à 47 millions d’euros, sur une longueur de 3,1 à 3,4 kilomètres autour du quartier de Hautepierre. Esquissée depuis un an dans son programme d’action municipale, la desserte de la salle de spectacles du Zénith (10 000 places) est jugée indispensable les soirs de concerts, où l’offre de navettes autobus de la Compagnie des transports strasbourgeois ne donne pas satisfaction. Deux motivations supplémentaires se greffent au projet de Roland Ries : la branche nord de la ligne A sera prolongée jusqu’à Oberhausbergen, où un parking-relais est prévu à proximité de la VLIO, la future rocade routière de liaison intercommunale Ouest. Elle comptera trois nouvelles stations, et son aménagement entraînera la démantèlement de 300 mètres d’infrastructures au terminus actuel de Hautepierre-Maillon (photo). La branche sud, appelée ligne A2, franchira l’autoroute A351, a priori par un pont routier existant. Elle desservira le nouveau quartier d’habitat mixte des Poteries (7 000 habitants) par trois nouvelles stations. La desserte du Zénith ne sera assurée qu’épisodiquement par débranchement sur voie unique. « Le projet doit être bouclé avant la fin du mois de janvier 2009 », annonce Roland Ries. « Le développement du réseau sur le secteur de Hautepierre répond à l’appel à projets lancé par l’Etat suite au Grenelle de l’environnement. Un quart de l’investissement en infrastructures est subventionnable, voire davantage si Hautepierre est reconnu comme un quartier à désenclaver prioritairement dans le plan banlieue. »     
     

    Olivier MIRGUET

  • Nouveaux bureaux en Australie et contrat avec Bombardier pour Faiveley

    Faiveley Transport vient d’ouvrir de nouveaux locaux à Port Melbourne, en Australie. Regroupant bureaux, ateliers de réparation et entrepôts, ce site va abriter les activités de l´ancienne équipe d´Innovonics, ainsi que celles des ateliers de réparation et de remise à neuf des systèmes de freinage de l´unité de Hallam. Ce site stratégique permet à cette branche de Faiveley Transport Australie d´asseoir un peu plus sa position de centre mondial de compétences techniques dans les systèmes PIS (systèmes d´informations passagers). Cette ouverture coïncide à un an près avec le début des négociations de Faiveley avec Innovonics pour l´acquisition des actifs de ce dernier. L’inauguration a été marquée par une Porte ouverte à laquelle ont assisté des clients clés comme le ministère victorien du transport, Connex et United Group Rail. La journée s´est conclue par la signature officielle d´un contrat entre Faiveley Transport et Bombardier pour la mise à niveau des PIS, CCTV (matériel de vidéo surveillance) et des portes des trains TransAdélaïde opérés par Bombardier Australie dans leur atelier de maintenance d´Adélaïde. Au titre de ce contrat de trois ans, d´un montant de plus de 7 millions de dollars australiens, Faiveley va assurer la conception, le développement et la fourniture de solutions techniques de pointe pour le matériel des PIS et CCTV devant être installés sur la flotte existante de trains.