Auteur/autrice : admin_lvdr

  • La RATP choisit Siemens pour l’automatisation et l’exploitation de la ligne 4 du métro

    Pour son projet d’automatisation de la ligne 4 du métro, la RATP a choisi le Système d’automatisation de l’exploitation des trains (SAET) de Siemens France, déjà déployé sur les lignes 1 et 14. Siemens équipera de ses automatismes et de sa communication radio les voies et les 52 trains qui y circuleront. Les stations seront toutes dotées de façades de quai, comme sur les lignes automatiques 1 et 14. Un nouveau Poste de commande centralisée (PCC) sera également mis en service.

  • Les taxis de nouveau mobilisés contre les VTC

    Les chauffeurs de taxi appellent à une nouvelle mobilisation nationale à partir du 26 janvier, expliquant « ne plus supporter l’insupportable », selon  un communiqué signé par près d’une dizaine d’organisations (AFT, CFDT, CGT, CSAT, CTP, LMTS, UNTP, Taxis de France et SUD).
    Les taxis de Marseille avaient déjà lancé la date du 26 janvier. Ceux de Lille et Bordeaux ont rejoint le mouvement et des taxis espagnols seront présents à Paris, précise le communiqué.
    Les organisations professionnelles de taxi mettent en cause les « dérives » sur le terrain des VTC: « maraude électronique, occupation de la voie publique, racolage » et une utilisation détournée des véhicules LOTI (transport collectif de deux à 10 personnes). VTC et LOTI « ne supportent pas les mêmes devoirs » que les taxis, rappellent-elles.
    Devant l’incapacité de l’Etat à faire appliquer » la loi, et notamment la loi Thévenoud sur le transport de personnes, les organisations professionnelles demandent « la suppression pure et simple » des VTC, ainsi que du transport collectif LOTI. La loi Thévenoud du 1er octobre 2014 a durci l’encadrement des VTC en leur interdisant notamment la « maraude ».
    Elles « exigent » aussi l’abandon de la mise en place de la tarification au forfait entre Paris et les aéroports d’Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle devant être lancée au 1er mars.

  • Alstom livrera dix nouveaux trams à Bordeaux

    Alstom a annoncé le 6 janvier que la ville de Bordeaux lui avait commandé dix rames de tramway Citadis supplémentaires pour un montant de 28 millions d'euros.
    Ces rames seront mises en service en 2018, après avoir été conçues et assemblées sur le site de La Rochelle en France, précise le groupe dans un communiqué. Au total, 115 tramways Citadis – équipés d'un système d'alimentation électrique au sol – ont été commandés depuis 2000 par Bordeaux.

  • Six sites de la SNCF vont accueillir temporairement des projets artistiques

    Sur 81 dossiers déposés dans le cadre d’un appel à projets de la SNCF lancé en mai dernier, 14 projets ont été sélectionnés pour occuper temporairement des sites ferroviaires inutilisés. Un quinzième a reçu la « mention spéciale du jury ». Pour la compagnie ferroviaire, il s’agit de mieux utiliser ses nombreux bâtiments et terrains pendant les quelques mois ou années où ils sont inoccupés.
    Ces spectacles, installations, événements, auront lieu en 2016 sur six sites, cinq en région parisienne, un en Alsace : les cathédrales du rail de Saint-Denis, la Halle Dubois et le bâtiment Les Mines, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, un terrain dans le Xe arrondissement, un jardin du XXe, et le viaduc d’Otterswiller, près de Strasbourg.

     

  • Effia se renforce en Ile-de-France

    La société Effia, numéro deux français du stationnement, a annoncé le 5 janvier l’acquisition du tiers du capital de la société d’économie mixte Saemes, qui gère plus de 30 000 places de parking en Ile-de-France.
    La filiale de Keolis précise qu’elle « devient actionnaire industriel de référence de la Société anonyme d’économie mixte d’exploitation du stationnement de la Ville de Paris, à hauteur de 33,27 % ». La Ville de Paris reste actionnaire majoritaire avec 50,06 % du capital.

  • Serge Castello nommé Directeur de la sûreté du groupe Transdev

    Serge Castello nommé Directeur de la sûreté du groupe Transdev

    Le 4 janvier, Serge Castello, contrôleur général de la police nationale est nommé directeur de la sûreté du groupe Transdev.

     

     

     

    Serge Castello aura la responsabilité de définir et de mettre en oeuvre la politique du

    groupe en matière de sureté des biens et des personnes au siège et dans les réseaux. Il

    devra notamment accompagner les responsables des réseaux urbains et interurbains

    pour les aider à anticiper et à prévenir les risques d’atteinte à la sécurité publique.

     

    Agé de 52 ans, Serge Castello a effectué toute sa carrière au sein de la police nationale.

    Elève de l’ENSP de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, il est nommé commissaire de police en

    1990, commissaire principal en 1997, puis commissaire divisionnaire en 2003 et

    contrôleur général de la police nationale en 2011.

  • Première étape pour lancer une formation ferroviaire commune

    Première étape pour lancer une formation ferroviaire commune

    Elle était attendue de longue date, cette Association pour le développement des formations et la promotion des métiers ferroviaires (ADFPMF). Sa naissance, annoncée le 21 décembre…  vise à "construire le système de formation de la branche", a expliqué à l'AFP le président de cette association Claude Faucher, par ailleurs délégué général de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), qui regroupe les entreprises fondatrices de cette association. 

    L'ADFPMF a en effet été créée par la SNCF, ses filiales VFLI, Eurostar et Thalys, ainsi que les entreprises ferroviaires privées de fret Euro Cargo Rail et le groupe Eurotunnel, et de transport de voyageurs Thello et Transdev. Son but est de développer un système de formation commun à l'ensemble du secteur ferroviaire, pour remplacer le système actuel, majoritairement géré en interne par chaque entreprise.
    "Historiquement, notamment au sein de la SNCF, les formations étaient internalisées", explique-t-il, soulignant que depuis l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de marchandises en France en 2006, et l'arrivée de nouveaux opérateurs, chaque entreprise forme ses salariés. Il existe également quelques établissements de formation, et l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a développé une formation pour la maintenance ferroviaire."Or, de plus en plus, (les salariés du secteur ferroviaire) sont amenés à passer d'une entreprise à l'autre", a souligné Claude Faucher, insistant sur la nécessité de "diplômes reconnus par tous, y compris par l'Etat", et "délivrés dans le système commun".
    Le délégué général de l'UTP estime toutefois qu'arriver à un système commun de formation "va prendre des mois, des années".
     
       

  • Grenoble roule à 30 km/h

    Grenoble roule à 30 km/h

    C'est une première en France pour une ville aussi importante : Grenoble a généralisé depuis le 1er janvier la limitation de vitesse à 30 km/h sur son territoire, en ne gardant que quelques grands axes à 50 km/h Les conducteurs dans treize autres communes de la métropole grenobloise (442 000 habitants au total) sont aussi concernés. La limitation de vitesse à 30 km/h doit être étendue à 43 des 49 communes de l'agglomération d'ici à l'été 2016. Baptisée « Métropole apaisée », cette opération a été mise en place aussi bien dans des communes de gauche que de droite.
    « Cela permet de rééquilibrer l'espace public, de donner un nouvel espace aux piétons et aux cyclistes », a plaidé Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, mettant en avant les gains en terme de sécurité permis par cette mesure.
    En France, d'autres villes de plus petite taille, comme Lorient (Morbihan), ont déjà généralisé les zones 30 à l'ensemble de leur territoire. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, s'est engagée à faire de même d'ici à 2020.
    Ailleurs en Europe, Edimbourg doit passer à 30 km/h progressivement à partir d'avril 2016.

     

  • Flixbus revendique la première place sur le marché français de l’autocar longue distance.

    Flixbus revendique la première place sur le marché français de l’autocar longue distance.

    La filiale française de Flixbus se revendique comme leader sur le territoire français où elle applique les méthodes éprouvées en Allemagne depuis 2013. « Avec nous, les gens n’ont pas besoin de louer leur appart pour voyager ! », lance malicieusement Pierre Gourdain, le directeur général de Flixbus France. La société détenue par Daimler Mobility Services et le fonds d’investissement General Atlantic applique à sa filiale française les méthodes éprouvées depuis 2013 en Allemagne, où Flixbus affirme « détenir 80 % du marché de l’autocar longue distance ». Et en premier lieu, des prix canon, oscillant entre 9 et 49,50 euros le trajet. Avec naturellement un grand nombre d’opérations marketing et de billet à un euro.
    Flixbus France, c’est aussi une équipe très jeune qui fonctionne en mode start-up. Et qui remercie – vénère ? – Emmanuel Macron, au point de bapmtiser sa salle de réunion de on nom ! « La Macronisation de l’économie, ça marche. Avec sa loi, il a créé une industrie en appuyant sur un bouton. Nous avons embauché 30 personnes et créé 300 emplois directs chez nos 26 partenaires actifs », se félicite le patron. Et cela, grâce à son modèle économique présenté comme inédit dans le secteur : pas de sous-traitance comme chez Transdev ou Ouibus, « car cela crée une pression vers le bas pour les prix et la qualité ». Pas de travail avec des indépendants comme chez Megabus, mais un modèle coopératif « dans lequel les deux partenaires sont engagés et intéressés à la réussite », résume-t-il. Le premier partenariat était signé fin juin avec les Cars Robin à Clermont-Ferrand. Deux mois après, la marque avait recruté 100 autocars.
    « Notre modèle est validé en Allemagne », insiste encore Pierre Gourdain. Flixbus revendique aujourd’hui une croissance verticale et une position de leader sur les lignes nationales fin décembre. Critères retenus ? Taille du réseau, nombre d’autocars en circulation et kilomètres roulés par mois. A savoir un réseau de 28 lignes connectant 81 villes, 76 cars sur les routes, 1,8 million de kilomètres roulés par mois. Résultat : 150 000 personnes transportées en quelques mois. De plus le taux de remplissage des véhicules serait de plus de 50 %.
    Pour mémoire, le ministère de l’Economie vient d’annoncer un premier bilan : plus de 1 000 emplois créés, au moins 500 000 passagers transportés dans toute la France, 146 villes et aéroports desservis et plus de 600 autocars. « Plus de 70 dossiers ont été déposés par les autocaristes auprès de l’Arafer », poursuit le communiqué de Bercy. Flixbus annonce en avoir déposé 15. Son ambition pour 2016 : doubler le nombre de cars et de destinations d’ici à l’été… Et mailler le territoire en profitant de l’agilité du mode routier pour desservir les petites villes. « L’idée c’est d’être vraiment partout, dessertes radiales et transversales, de pouvoir aller de partout à partout, s’enflamme Pierre Gourdain. C’est une offre qui génère sa propre demande. » Tandis qu’Yvan Lefranc-Morin, directeur du Développement l’assure : « On garantit aux partenaires une logique de réseau, en Allemagne on n’est jamais à plus de 50 km d’un partenaire Flixbus. » On espère la même chose pour la France.
    Et sur la question des gares routières, les dirigeants de Flixbus France sont catégoriques : « On paye déjà un droit d’entrée, on n’investira pas dans des gares nouvelles. » Mais l’on croit, bien sûr, à la loi du marché. Sûr de lui, le DG affirme : « C’est un secteur hyperrentable, il y aura forcément des opérateurs de gares routières. »

    Cécile NANGERONI

     

  • Sécurité. Ce qui doit changer

    Sécurité. Ce qui doit changer

    Entretien avec Jacques Rapoport, PDG de SNCF Réseau.

    La SNCF a été profondément meurtrie par l’accident d’Eckwersheim, dans lequel 11 personnes ont trouvé la mort le 14 novembre. Très vite, Guillaume Pepy et Jacques Rapoport, les deux patrons du directoire de SNCF, ont décidé de « remettre de la rigueur partout ». Les cadres de proximité doivent être au maximum libérés des tâches administratives pour se consacrer au terrain. Tout incident de sécurité remarquable fera l’objet d’un rapport immédiat au niveau national. Un directeur général Sécurité a été nommé, commun aux trois Epic. Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau, revient pour Ville, Rail & Transports sur les accidents des deux dernières années et sur les mesures arrêtées.

     

    Ville Rail & Transports. Peu de temps après le terrible accident d’Eckwersheim, Guillaume Pepy et vous avez annoncé des mesures d’urgence, destinées à remettre de la rigueur partout dans l’entreprise. Dans quel état d’esprit avez-vous pris ces mesures ?
    Jacques Rapoport. Nous avons connu trois accidents graves ces trois dernières années, Brétigny, Denguin, Eckwersheim. Ils ont profondément bouleversé la famille cheminote.
    Nous ne sommes malheureusement pas les seuls à connaître ces difficultés et nos confrères suisses, qui ont la réputation d’être les meilleurs, ont connu quatre accidents en deux ans.
    SNCF a vécu pendant près de 25 ans sans accident majeur, ce dont tout le monde se satisfaisait. Au fil du temps, il a pu y avoir un moindre suivi dans l’application, pas seulement de nos référentiels de sécurité mais aussi dans ce qu’on peut appeler nos bonnes pratiques.
    Le drame d’Eckwersheim a fait 11 morts, dont neuf collègues et deux accompagnantes. Dans tous les secteurs de l’entreprise, le bouleversement est considérable. Nous n’oublierons jamais nos collègues disparus dans cet accident.
    Depuis nous avons réuni deux comités directeurs animés par Guillaume Pepy et moi-même. Il en ressort qu’il nous faut garantir en tout temps, en tout lieu et en toutes opérations une complète rigueur dans l’application des principes de sécurité.

    VR&T. Avec sept personnes en cabine de conduite, n’avait-on pas enfreint
    des règles de base ?
    J. R. Cela montre qu’il peut y avoir des situations dans lesquelles on se dit : on connaît notre métier. La clef de voûte de la sécurité, c’est l’humilité. Nous pouvions penser totalement maîtriser le système, compte tenu, je l’ai dit, de l’absence d’événement grave pendant plus de 20 ans.

    VR&T. Vous voulez instaurer de la rigueur partout. Comment cela se traduit-il dans le management ?
    J. R. Nous avons considéré qu’il fallait une sorte d’électrochoc interne. Nous avons déjà lancé et réalisé deux grands plans d’action : Vigirail et Excellence sécurité. Mais, après Eckwersheim, il fallait montrer à toute l’entreprise que nous devons sortir des sentiers battus.
    Nous avons traduit cette exigence en trois mesures qui concernent tout l’encadrement. Lequel, sans aucunement être mis en cause, doit percevoir qu’il se passe quelque chose, que demain est différent d’hier.
    Cela ne veut pas dire : du caporalisme partout. Ce n’est pas parce qu’on se met au garde à vous que tout va aller pour le mieux. Ce n’est pas non plus de la centralisation partout. Mais il faut, partout, une rigueur qui se fonde sur le respect des bonnes pratiques.

    VR&T. La première mesure concerne l’encadrement de proximité…
    J. R. La productivité dans les structures – qui est indispensable –, la multiplication des systèmes d’information et des reportings font que les cadres de proximité sont progressivement transformés en opérateurs de tâches technico-administratives. Je ne jette la pierre à personne. J’en suis à ma troisième entreprise publique et je connais un peu les entreprises privées : c’est une tendance générale, ce n’est pas propre à la SNCF. Nous y avons mis un stop et dit : l’encadrement de proximité doit être sur le terrain. Je sais bien que cette décision, déjà prise sans succès par le passé, suscite le scepticisme. À nous d’assurer son effectivité. On y est totalement déterminé.

    VR&T. Mais Gilbert Garrel, le secrétaire général de la CGT Cheminots nous dit : l’encadrement sur le terrain, cela avait déjà été annoncé après Brétigny !
    J. R. En fait, cela a été annoncé il y a plus longtemps encore, il y a une quinzaine d’années. C’était dans le cadre de 20 ou 30 mesures. Les Dirigeants de proximité sur le terrain était l’une d’entre elles. Mais cette fois, nous ne prenons pas 20 ou 30 mesures, nous n’en prenons que trois. Toute l’entreprise sait qu’il faut que ça change.
    Il faut une continuité entre l’entreprise qui décide et l’entreprise qui produit. S’il y a une coupure entre les deux, on peut lancer tous les plans d’actions les plus parfaits, ils n’iront pas jusqu’au bout. Nous ne prenons donc pas une mesure comme une autre. C’est un élément vital, pour que cette logique de rigueur s’impose dans toute l’entreprise. Cela implique que l’encadrement soit avec les opérateurs sur le terrain, que l’encadrement supérieur soit auprès de l’encadrement de proximité, pour l’assister, pas uniquement, ni même principalement, pour le contrôler.
    Chaque niveau d’encadrement fait l’objet d’une décision qui traduit un changement effectif pour lui. Ce sont des décisions qui frappent les esprits. La plus importante et la plus difficile, c’est celle-ci, l’encadrement de proximité libéré de toute une série de tâches. Elle rencontre à la fois l’adhésion et le scepticisme des syndicats, et de l’encadrement lui-même. Les cheminots sont tout à fait d’accord… mais sceptiques. Les cheminots se demandent : que vont-ils faire là-haut, pour que ce ne soit pas que du discours ? Nous sommes conscients de ces difficultés, Guillaume Pepy et moi. Il va falloir être au front tous les jours. Nous y sommes déterminés.

    VR&T. En deuxième lieu, vous demandez un rapport sur les incidents les plus sérieux. Cela ne va-t-il pas de soi ?
    J. R. Cette décision vise à montrer que tout incident de sécurité est grave. Certes, on le sait déjà dans l’entreprise. On ne change donc pas de nature, mais on change d’intensité. Quand il y a un incident de sécurité important, on en rend compte le lendemain matin à un directeur général. Il faut montrer à toute l’entreprise qu’un tel incident doit être traité toutes affaires cessantes.

    VR&T. Troisième mesure, cette fois pour les dirigeants…
    J. R. Elle est conjoncturelle, mais très importante. Les dirigeants des branches et métiers n’auront en 2016 que des objectifs de sécurité.

    VR&T. Vous avez complété vos mesures en annonçant la nomination de Frédéric Delorme au poste de directeur général Sécurité. Pourquoi créer ce poste ?
    J. R. C’est la conséquence de ces mesures. Les mesures d’organisation sont subséquentes aux mesures de fond. La réforme ferroviaire est excellente, mais elle peut nécessiter des adaptations bien naturelles. Or à ce jour les responsabilités de sécurité sont encore éclatées. En fonction des règles européennes et nationales, les certificats de sécurité sont donnés pour les deux sociétés filles, Mobilités et Réseau. La société mère, elle, n’a pas de responsabilité en matière de sécurité. Elle n’a qu’une responsabilité en matière de coordination et d’animation.
    Dans ce contexte, nous avons trois dirigeants de très haut niveau, Barbara Dalibard pour Mobilités, Claude Solard pour Réseau et Pierre Izard à l’Epic de tête, qui chacun sont en charge de sécurité, mais aucun à temps plein, tant ils exercent par ailleurs des responsabilités essentielles et lourdes.
    Pour pallier cela, nous nommons un directeur général, à temps plein sur la sécurité, qui assure la coordination, parce qu’il est présent dans chacun des trois établissements. Nous ne changeons pas les règles juridiques. Quand nous en avons débattu entre nous, Frédéric Delorme s’est imposé, comme l’homme de la situation qui, à la fois, connaît très bien la maison, a des expériences à l’extérieur et a une réputation d’homme d’écoute et de dialogue. Il sera le délégué Sécurité du président de Mobilités, ainsi que celui du président de Réseau et le délégué Sécurité du directoire de l’Epic de tête. Il va aussi bénéficier de la grande expertise d’Yves Ramette, directeur général de SNCF Réseau Île-de-France.

    VR&T. Que cela change-t-il pour les trois dirigeants que vous avez cités ?
    J. R. Claude Solard – je commence par parler de Réseau que je connais le mieux – a une mission fondatrice : définir et déployer notre politique industrielle. De cela dépend l’accélération du renouvellement du réseau, l’industrialisation des travaux, les relations avec l’industrie, le déploiement des innovations, de l’Internet des objets, du numérique… J’ai besoin d’un directeur général à mes côtés totalement centré sur la politique industrielle.
    Pierre Izard se centre sur l’international, sur Systra et sur la prospective technologique. Comment fonctionnera le chemin de fer en 2030, en 2040 ? Nous voyons arriver de grandes ruptures. Le développement de l’automatisation, la disparition progressive des équipements sol, etc. Tout cela fait que demain les trains dialogueront avec des centres de calcul via des liaisons radio. Barbara Dalibard, DG Voyageurs, veille à accélérer le développement des solutions de mobilité partagée pour nos clients, avec le train pour colonne vertébrale. La nomination d’un directeur général Sécurité va permettre à ces trois dirigeants de se centrer sur leur mission propre, spécifique et indispensable à la réussite de SNCF.

    VR&T. Ces mesures sont d’ordre général. Sont-elles adaptées à l’accident tout à fait particulier survenu, lors des essais, à Eckwersheim ?
    J. R. Deux décisions sur les conditions de réalisation des essais sur ligne à grande vitesse ont immédiatement été prises :
    l première mesure : geler les marches d’essais à grande vitesse jusqu’à l’intégration des premiers enseignements des enquêtes dans les processus d’essais ;
    l seconde mesure prise : un Comité d’expertise est confié à André Claude Lacoste entouré de plusieurs experts. Il est en charge d’approfondir les conditions d’organisation et les facteurs humains ayant pu concourir aux conditions de l’accident. Il s’attachera notamment à revisiter les procédures et leur application dans le cadre des essais.

    VR&T. L’accident d’Eckwersheim est dû à une vitesse excessive. N’est-il pas possible, plutôt que de neutraliser les dispositifs de sécurité pendant les essais, de les paramétrer autrement, à V + 10 % par exemple ?
    J. R. Il y a probablement plusieurs solutions possibles pour améliorer le niveau de sécurité des essais. Mais nous devons attendre les recommandations du comité d’experts piloté par André-Claude Lacoste. Un rapport intermédiaire nous sera rendu dans 3 mois et le rapport final est attendu dans 6 mois.

    VR&T. Du fait de l’accident d’Eckwersheim, la mise en service de la LVG Est est-elle reportée, comme vous l’avez laissé entendre ?
    J. R. Au lendemain de l’accident, j’ai dit qu’il était peu probable de penser qu’on tiendrait les délais. Aujourd’hui nous n’avons pas encore défini les solutions possibles. Nous y verrons clair avant la fin de l’année. Nous pourrons alors établir des scénarios, en discuter avec les financeurs et avec l’EPSF. Nous devrions prendre une décision début janvier. C’est l’objectif que nous nous fixons.
        Propos recueillis par
        François DUMONT

     

     

    « Notre budget nous permet de fournir vraiment un très gros effort »

    A l’occasion de l’entretien que nous a accordé Jacques Rapoport sur la sécurité après l’accident d’Eckwersheim, le PDG de SNCF Réseau nous a également donné des précisions sur le budget de l’Epic. Il reconnaît que la dette de l’infrastructure continue de croître et que le résultat financier se dégrade. Mais il souligne que les investissements de maintenance et de renouvellement du réseau augmentent nettement.

     

    Ville, Rail & Transports. Dans un avis du 30 novembre portant sur le budget 2016 de SNCF Réseau, l'Arafer déclare que, faute de contrat conclu avec l’Etat, elle n'est pas en mesure de vérifier le respect de la trajectoire financière du gestionnaire d'infrastructure. Qu'en est-il ?
    Jacques Rapoport. En effet, l'Arafer constate que le contrat de performance n’est pas finalisé. Le régulateur souligne aussi que la situation n'est pas totalement clarifiée sur les péages fret, et que SNCF Réseau a des créances sur l’Etat.
    Je le souligne à chaque conseil d'administration de SNCF Réseau : il est difficile de gérer une entreprise d’infrastructures lourdes sans visibilité pluriannuelle. Le processus d’établissement de ce contrat de performance prévu par la loi est en cours. Je souhaite évidemment qu’il puisse aboutir au plus vite, dans l’intérêt du service public.

    VR&T. L'Arafer relève aussi l'aggravation du déséquilibre financier.
    J. R. Sur le fond du budget 2016, on peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. L'Arafer voit le verre à moitié vide et c’est bien logique du fait de ses missions. De fait, le résultat financier se dégrade, la perte comptable augmente. La dette étant pour l’essentiel liée au financement des LGV et, comme il y a moins de LGV, on pensait qu'à partir de 2016 il y aurait moins de dette nouvelle… Mais il y en a toujours autant. Pourquoi ? Parce que les investissements ne sont pratiquement pas autofinancés, parce que les créances sur les collectivités publiques augmentent. Tout cela fabrique de la dette. C'est ce que constate l'Arafer et c’est exact.
    Mais, en tant que gestionnaire d'infrastructure, je vois aussi le verre à moitié plein. La maintenance courante augmente de 3,6 %. C'est une croissance importante des budgets consacrés à l'entretien, dans le droit fil de ce que nous disons depuis des années et de ce que demande le ministre. Un budget de dépenses courantes qui augmente de près de 4 %, je ne sais pas où cela peut aujourd'hui se trouver dans le secteur public, et ce serait plus difficile encore à trouver dans le privé.
    D'autre part, les investissements de renouvellement, avec 2,6 milliards, augmentent en réalité de près de 100 millions d'euros. C'est dû, d’une part, au fait que le programme GSMR touche à sa fin, ce qui nous permet de redéployer près de 120 millions d'euros.
    De plus, la réforme ferroviaire, avec la création du gestionnaire d'infrastructure unifié, nous permet d’engager sans délai une performance achat bien meilleure. Nous faisons une économie de près de 150 millions par rapport à nos estimations résultant de la situation antérieure de séparation. Et, comme les budgets ne baissent pas, toute la productivité ainsi mobilisée est réinjectée en production de renouvellement, laquelle est orientée vers la partie la plus circulée du réseau.
    Ainsi, avec 3,6 % de croissance de la maintenance courante, et 5 % de croissance de la maintenance patrimoniale (régénération du réseau), nous disposons d'un budget qui nous permet vraiment de fournir un très gros effort pour maintenir et renouveler le réseau existant. C’est évidemment considérable quoiqu’encore insuffisant puisque l’âge moyen du réseau va encore croître, à un rythme certes ralenti, mais croître tout de même. Rappelons qu’en Grande-Bretagne 3,5 millions d’euros annuels sont consacrés au renouvellement et 4 milliards d’euros en Allemagne.
    La conséquence de cette indispensable croissance de l’activité, c'est que la situation financière se dégrade. Car nos recettes, elles, sont stables à près de 6,46 milliards d’euros. Les recettes péages n'augmentent quasiment plus. Comment pourraient-elles augmenter ? La situation du fret est difficile, et la marge du TGV baisse. Quant aux recettes des péages TER, eux aussi précédemment en hausse continue, c’est à présent terminé puisque les régions ne peuvent plus augmenter leurs financements. Il en résulte un léger tassement du trafic ferroviaire, qui, combiné avec une très légère hausse des péages, se traduit par une stabilité des recettes. Mais, comme les charges augmentent de plus de 4 % du fait de l’accélération de la maintenance et du renouvellement, il y a mécaniquement une dégradation du résultat.

    VR&T. L'Arafer rappelle la promesse de 500 millions de productivité en cinq ans et semble ne pas les voir venir…
    J. R. La création du GIU permet effectivement de mobiliser 500 millions de productivité en cinq ans. Nous l'avons dit et je le confirme pleinement. Et cette productivité est engagée sans délai. Dans un premier temps c'est la productivité sur les achats qui est mobilisée, grâce à l'unification des pratiques d'achat et l’allongement de la durée des marchés, comme par exemple l’accord-cadre d’un milliard d’euros pour la fourniture de 750 000 tonnes de rail signé en octobre dernier pour cinq ans assortis de quatre années optionnelles. Les gains sur les dépenses de fonctionnement sont engagés mais sont constatés plus progressivement. Ce qui importe dès aujourd'hui c'est que la productivité réalisée, avec les achats pour commencer, est conservée par l’entreprise pour accélérer maintenance et renouvellement plutôt que de le restituer aux financeurs. C’est là un effort de l’Etat à souligner.
        Propos recueillis par F. D.