Auteur/autrice : admin_lvdr

  • COP21. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ?

    COP21. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ?

    A l’heure où Paris programme l’éradication du diesel à l’horizon 2020, d’autres collectivités sont-elles prêtes à suivre le mouvement ? La loi sur la transition énergétique donne de nouveaux outils. Comment les élus peuvent-ils s’en emparer ? Matériels roulants dits « propres », bornes de recharge électrique, zones à circulation restreinte, politique de stationnement dissuasive Autant de sujets qui  ont été abordés lors de la table ronde ronde organisée par VR&T à l’occasion de la remise des prix du 24e Palmarès des mobilités, le 9 décembre dernier, à Paris.

     

    Ce n'est pas parce qu’ils ne rejettent que quelques pour-cent de gaz à effet de serre sur le total des émissions dans l’atmosphère que les bus ne doivent pas être exemplaires. Mais c’est parce qu'ils sont particulièrement visibles en ville qu’ils se doivent de ne pas laisser de panache noir derrière eux ! « Un tiers de l'énergie en France, c'est le transport, a assuré Xavier Hubert, DGA industriel de Keolis. Dans ce tiers, les voitures représentent 50 % et les transports publics 2 %. Donc les transports en commun ne sont pas le problème, mais la solution ! »
    « Les Etats sont trop souvent à la traîne pour imposer une dynamique de changement. Heureusement qu'il y a les villes, qui sont à l'avant-garde ! », s'est exclamée la députée européenne EELV Karima Delli, qui cite pêle-mêle Amsterdam et Copenhague pour leur politique en faveur du vélo, Nantes pour son PDU, Lyon pour ses efforts en matière de développement des véhicules électriques, ou encore Turin pour son « mix énergétique ».
    Mais jusqu'où élus et opérateurs sont-ils prêts à aller ? C'est la principale question qui a été mise sur la table lors de ce débat. « Les trois quarts des déplacements en Europe se font en voiture, et la moitié font moins de 5 km », a encore rappelé la rapporteure sur la mobilité urbaine et durable qui fait partie de la commission Transport au Parlement européen. « Les transports représentent 70 % des gaz à effet de serre avec un impact économique énorme : en un an, c'est 80 milliards d'euros pour l'ensemble des villes européennes », selon ses évaluations.
    Pour Alain Pittavino, directeur Métiers France de Transdev, aujourd’hui, « l’enjeu collectif, c'est de combattre l'autosolisme ». Dans la bataille des chiffres, il cite 27 % des GES dus aux transports avec une « part des transports publics de 22 % maximum ». Selon lui, pour faciliter l'accès au transport public, il faut notamment développer le numérique lors de l'achat des titres. Et de se référer au système autoroutier : « Que diriez-vous si à l'entrée de l'autoroute, on vous disait qu'il faut aller acheter votre ticket ailleurs ? Pourtant en transport public c'est ce qu'on fait… », s'amuse Alain Pittavino. Et, pour favoriser la sortie du diesel pour les bus, il rappelle que son rôle d'opérateur est d'accompagner la collectivité « de façon à ce que l'évolution ne vienne pas pénaliser les conditions d'exploitation et renchérir le coût du transport ».
    De son côté, CarPostal, qui est l'un des premiers opérateurs à avoir utilisé des bus hybrides, a lancé il y a quatre ans, un groupe pilote de véhicules à hydrogène. « Cinq bus roulent actuellement à l'hydrogène », a expliqué Beat Muller, directeur du Marché international chez CarPostal Suisse SA. Tout en apportant « un petit bémol : un surcoût assez important, aussi bien pour les hybrides que les véhicules à hydrogène, que l'électrique à batterie, alors qu'on nous demande de faire des économies… »
    Et si en Suisse CarPostal a pu s'offrir à l'époque un véhicule à hydrogène à près de deux millions d'euros pièce, c'est uniquement grâce aux subsides de l’Etat, et de l'Europe… « Aujourd'hui c'est 600 000 euros, c'est déjà mieux. Et avec la deuxième phase du projet européen, les coûts unitaires devraient baisser puisqu'on parle de 400 ou 500 bus en Europe. Donc si aujourd'hui l'hydrogène n'est pas une alternative économiquement viable, ça peut le devenir », estime Beat Muller. Quant au surcoût de l'exploitation, il n'en dira pas grand-chose pour ne pas « faire peur, mais c'est un multiple d'un bus normal ! »
    Pour « donner envie » et attirer des passagers, Xavier Hubert mise lui aussi sur le digital. Parce que, pour ce qui est des nouvelles formes de motorisations, « on est encore beaucoup en phase d'expérimentation, c'est compliqué, il ne faut pas se tromper ». Il préfère les envisager en « bon père de famille » en évaluant précisément la performance, les coûts et risques. Et « pour l'instant, il y a pas mal d'incertitudes sur la performance, beaucoup d'incertitudes sur les coûts… », a-t-il bien souligné.
    Du côté des industriels, on met en avant les progrès : « Avec le gaz naturel on n'a aucune particule, et si c'est du biogaz, on traite aussi le CO2. C'est une technologie sur laquelle on a 25 ans de recul », a voulu rappeler Philippe Grand, directeur des affaires institutionnelles d'Iveco Bus.
    Et si 80 % de la flotte de bus européenne roule au gazole, cela signifie avant tout qu'il y a beaucoup de véhicules à remplacer, notamment les plus vieux. Philippe Grand propose de raisonner en « total cost of ownership » (TCO), « et dans ce cas, un bus hybride ou au gaz est amorti en 10, 12 ou 15 ans ». Selon lui, la transition est enclenchée puisque « quatre bus sur dix sortant de nos usines d'Annonay ne sont pas des diesels. Et je pense qu'en 2016, on aura un tiers de gaz, un tiers d'hybrides et un tiers de diesel ». Il recommande donc de « changer de modèle », c'est-à-dire de ne pas en rester au prix facial des véhicules, d'autant qu'on peut encore en trouver de nouveaux, tels que la location des batteries par exemple.
    Tout en regrettant amèrement l'absence de fiscalité écologique et surtout d'écotaxe en France, la députée européenne Karima Delli propose aux autorités organisatrices des transports et aux opérateurs d'exploiter toutes les possibilités de financements européens, y compris le Feder pour reconvertir les flottes de bus. « Avec le programme horizon 2020, il y a une manne financière énorme, estime-t-elle. C'est une fausse réponse que de dire “nous n'avons pas d'argent“. Les moyens, on peut les avoir si on a du courage politique ! » Une déclaration accueillie d'une salve d'applaudissements…
    Mais pendant que nos élus, opérateurs et industriels tergiversent, s'interrogent – « on est encore à chercher la bonne idée, notamment pour savoir comment recharger », explique ainsi Xavier Hubert de Keolis – en Chine, des milliers de bus électriques roulent déjà… « Ils sont beaucoup aidés par l’Etat, rétorque Philippe Grand d'Iveco. Leur échelle est différente : quand une expérimentation se fait avec 10 bus chez nous, c'est avec 100 ou 1 000 bus en Chine. Mais leurs projets ne sont pas plus aboutis en termes de technologie de batterie : la chimie reste la même ! »
    On pointe aussi les risques, comme celui « d'être pieds et poings liés avec un constructeur » après avoir choisi un type de batterie et son standard de système de charge. Donc « tant qu'on n'aura pas standardisé, les opérateurs hésiteront à se lancer », estime encore Philippe Grand. Et puis il y a « les incertitudes sur les consommations d'énergie, poursuit Xavier Hubert. En gros, un véhicule consomme 5 kilowattheures par kilomètre, ce qu'on sait peut-être moins c'est que les auxiliaires, donc le chauffage ou la clim peuvent la faire doubler voire tripler. » D'où le besoin d'expérimentation en conditions réelles.
    Et quid des biocarburants de seconde génération issus des déchets ou résidus végétaux, comme le HVO ou le GTL ? Relativement nouveaux, ils ne sont pas encore distribués à grande échelle, mais ils sont très populaires en Europe du Nord. « Ils feront peut-être partie des solutions à terme, notamment dans l'autocar », pense Xavier Hubert.
    « On a inscrit un peu vite que “le XXIe siècle, ce sera l’électrique“, sans se poser la question des déchets : qu'est-ce qu'on fait des batteries ? demande de son côté Karima Delli. On avance tête baissée… Attention parce que la technologie n'a pas non plus toutes les réponses. Il ne faut pas se focaliser sur une seule des énergies ». Reste une seule certitude, « il faut sortir de la dépendance du pétrole ! », rappelle l'élue.    

    C. N.
     

  • New Delhi teste la circulation alternée

     Les rues de New Delhi étaient interdites le 1er janvier à plus d'un million de véhicules privés, au premier jour de l'expérimentation de la circulation alternée dans l'une des capitales les plus polluées au monde. Jusqu'au 15 janvier, les véhicules privés dotés de plaques d'immatriculation impaires rouleront les jour impairs et les autres les jours pairs.L'initiative a été prise pour répondre à l'inquiétude grandissante face à des niveaux de pollution 10 fois plus élevés que les normes fixées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

  • Grand Paris Express : DUP pour le second tronçon

    Publié au JO du 29 décembre 2015, le décret déclarant d’utilité publique les travaux conduits par la Société du Grand Paris (SGP) pour la réalisation du second tronçon du Grand Paris Express (GPE) a été salué par le secrétaire d’Etat aux Transports. La DUP concerne les lignes 14 Nord, 16 et 17 Sud reliant Mairie-de-Saint-Ouen à Saint-Denis-Pleyel et Saint-Denis-Pleyel à Noisy-Champs. Alain Vidalies rappelle que la SGP peut ainsi démarrer les travaux : « Déplacement des réseaux concessionnaires, particulièrement nombreux pour un projet essentiellement souterrain ; libération des emprises (démolitions, fouilles archéologiques préalables) et réalisation de puits d’essai pour le creusement des tunnels. »

  • Carlib prend 30 % du capital de Starshipper

    La holding Carlib, détenue à près de 50 % par l’entrepreneur Charles Beigbeder, a pris 30 % du capital de l’autocariste Starshipper, l’un des acteurs de ce marché récemment libéralisé, a indiqué Charles Beigbeder à l’AFP, confirmant une information des Echos.
    Il n’a pas dévoilé le montant de l’investissement, évoquant simplement « plusieurs millions d’euros », mais a précisé que « Starshipper va être doté de cinq millions d’euros au départ ».
    Charles Beigbeder a expliqué avoir créé Carlib avec deux « entrepreneurs, […] qui connaissent bien le secteur du transport par autocar, et aussi le transport ferroviaire », a-t-il ajouté, sans indiquer leur identité.
    Les investisseurs visent pour Starshipper, regroupement de PME françaises, l’équilibre « dans les trois ans qui viennent », a souligné Charles Beigbeder. La « première phase du réseau » devrait être en place en février, a-t-il ajouté.

  • Alstom va fournir des voitures en plus pour le métro de Panamá

    A la tête d’un consortium composé de Thales, Sofratesa, CIM et TSO, Alstom a remporté fin 2015 le contrat pour la fourniture de 70 voitures supplémentaires destinées à la ligne 1 du métro de Panama. Dans un communiqué, le groupe indique qu’il « actualisera également la solution de signalisation et le système d'alimentation électrique existants et agrandira le dépôt ». Sa part s'élève à près de 130 millions d’euros. La livraison de ces nouvelles voitures commencera début 2017.

  • Egis remporte la maîtrise d’ouvrage de la future liaison par câble orléanaise

    Egis a annoncé fin 2015 avoir remporté, avec son partenaire Semdo, le mandat de maîtrise d’ouvrage pour la création d’une liaison par câble au-dessus de la gare de Fleury-les-Aubrais rejoignant la future place Danton à Orléans. Cette ligne s’inscrit dans le projet de réhabilitation de la zone Interives.

  • Paca et Limousin saisissent le régulateur sur huit projets de lignes de Flixbus

    Les régions Limousin et Provence-Alpes-Côte-d'Azur ont saisi le 23 décembre la nouvelle Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), reprochant à huit lignes d'autocar prévues par l'opérateur allemand Flixbus de porter atteinte à l'équilibre économique de leurs lignes conventionnées.
    La région Limousin a déposé une première saisine concernant la liaison entre Limoges et Brive-la-Gaillarde, dans les deux sens, indique l'Arafer sur son site Internet.
    La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca) a également saisi l'Arafer sur deux projets de liaison aller-retour Marseille – Hyères et Aubagne – Toulon. Cette saisine, en attente de documents avant d'être validée, concerne également des projets déclarés par Flixbus le 29 octobre.
    L'Autorité a désormais un délai de deux à trois mois pour rendre son avis. Les régions devront alors s'y conformer.

     

  • RATP Dev va exploiter le réseau de transport de Laon

    La communauté d’agglomération du Pays de Laon, autorité organisatrice du réseau de transport de Laon (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), confie à partir du 1er janvier et pour sept ans à RATP Dev le contrat d’exploitation du réseau TUL. « Pour exploiter ce réseau, RATP Dev et Comag (filiale de Poma) ont créé une filiale d’exploitation, CTPL (Compagnie de transports urbains du Pays de Laon), explique RATP Dev. Le réseau TUL exploité par CTPL sera optimisé tout en maintenant un même niveau d’offre. Il sera constitué de deux lignes de bus structurantes, des lignes de bus de proximité dont une navette de centre-ville, des renforts scolaires et le funiculaire Poma. »

    1,5 million de voyageurs empruntent chaque année ce réseau.

  • Belgique – La SNCB commande jusqu’à 1 362 voitures deux niveaux au consortium Bombardier-Alstom

    Belgique – La SNCB commande jusqu’à 1 362 voitures deux niveaux au consortium Bombardier-Alstom

    Le 18 décembre, le consortium regroupant Bombardier Transport et Alstom Transport a signé un contrat cadre portant sur la fourniture à la SNCB d’un maximum de 1 362 voitures à deux niveaux du nouveau type M7… La valeur totale de ce contrat s’élève à environ 3,3 milliards d’euros, dont 2,1 milliards pour Bombardier et 1,2 milliard pour Alstom. La commande ferme prévoit 445 voitures, chiffrées à 1,3 milliard d’euros (787 millions pour Bombardier, environ 471 millions pour Alstom), à livrer entre septembre 2018 et 2021.

    Cette commande par la SNCB d’un nouveau matériel à deux niveaux apte à 200 km/h sur les lignes principales belges, ainsi que sur les liaisons avec les réseaux néerlandais et luxembourgeois « y compris certaines lignes à grande vitesse » a été passée au terme d’un processus de sélection rigoureux, qui aura duré trois ans. La SNCB a finalement renouvelé sa confiance au consortium Bombardier-Alstom, qui lui avait déjà livré 492 voitures M6 et qui présente en outre l’avantage de faire travailler des sites belges ou à proximité (Valenciennes). Ainsi, le site de Bombardier de Bruges fournira 65 voitures-pilotes « multifonctionnelles » (PMR, espaces spécialisés) et 290 remorques intermédiaires. De son côté, Alstom construira 90 motrices (BMX) de conception nouvelle à Valenciennes, où cette commande est la bienvenue. Le Centre d’excellence électrique et signalisation d’Alstom à Charleroi sera également mis à contribution pour les équipements de traction et les auxiliaires, ainsi que pour le développement et la production des équipements ETCS niveau 2 pour ce parc. Les sites français du Creusot, d’Ornans, de Villeurbanne et de Tarbes seront également concernés par le projet. Le consortium devra aussi assurer un support technique pour la maintenance des véhicules, qui bénéficieront d’un système de diagnostic préventif.

    Nouveauté : par rapport aux voitures M6, dont elles sont dérivées, les voitures M7 pourront aussi circuler sous forme de rames automotrices (de trois à cinq voitures), avec possibilité de mise en unités multiples. Mais les voitures M7 pourront toujours être tractées par des locomotives, y compris attelées à des voitures M6.

  • Election des premiers VP Transports en régions

    Joint quelques minutes après son élection, vendredi 18 décembre, Stéphane Beaudet, 43 ans, 3e vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, chargé des Transports, se refuse à jouer au petit jeu des priorités. « Tout est prioritaire », dit le nouvel élu, que ce soit le renouvellement des RER, l'achat des bus ou les investissements routiers pour faire sauter les bouchons. Cela dit, il refuse tout catastrophisme, et rappelle que nous avons un « bon réseau » de transports « trop souvent décrié ». Mais un réseau « sursollicité quatre heures par jour ». En dehors des solutions lourdes, relevant du transport lui-même, Stéphane Beaudet croit beaucoup à l'apport des nouvelles technologies, qui permettent, par le télétravail entre autres, de lisser dans le temps la demande de transport. L'élection de Stéphane Beaudet, maire LR de Courcouronnes, premier vice-président de la communauté d'agglomération d'Evry Centre Essonne, bon connaisseur, des transports était attendue. Il est aussi président de l'Association de maires d'Ile-de-France. Il remplace aux Transports Pierre Serne, EELV qui a été réélu au conseil régional sur la liste de gauche unie au deuxième tour. Et qui a été réélu à la commission permanente du conseil régional et au conseil du Stif. Un Stif que va désormais présider Valérie Pécresse. Relevons aussi l'élection de Didier Bariani, 72 ans, UDI, comme vice-président chargé du Grand Paris.

    En Paca, Chistian Estrosi s'est entouré de 14 vice-présidents, dont les attributions doivent être précisées dans les prochains jours. Le responsable des transports remplacera Jean-Yves Petit, EELV. Même cas de figure en Pays de la Loire auprès du Bruno Retailleau, LR, nouveau président, ou en Centre-Val de Loire, auprès de François Bonneau, PS, reconduit président de la région. En Bretagne, Gérard Lahellec, 61 ans, 3e vice-président, a été reconduit aux Transports et à la Mobilité, poste qu'il occupe depuis 2004. Dans les autres régions métropolitaines, qui sont, elles, touchées par la recomposition territoriale, c'est le 4 janvier que doivent être installés les exécutifs régionaux.

    F. D.