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Auteur/autrice : admin_lvdr
Chibanis marocains : la SNCF fait appel
La SNCF fait appel de sa condamnation pour discrimination aux prud’hommes envers plusieurs centaines de salariés marocains embauchés comme contractuels dans les années 1970.
Après des années de procédure, plus de 800 cheminots de nationalité ou d’origine marocaines, estimant avoir été lésés dans leur carrière et leur retraite, avaient obtenu gain de cause en première instance le 21 septembre. Le montant de dommages et intérêts s’élève à 170 millions d’euros, selon le calcul de la SNCF.L’Italie lance le processus de privatisation des FS
L’Italie a l’intention de vendre un maximum de 40% de la compagnie ferroviaire publique, Ferrovie dello Stato (FS), selon le ministre des Transports Graziano Delrio, dans le cadre des privatisations destinées à réduire la lourde dette du pays. Le gouvernement a promulgué le 23 novembre un décret qui lance le processus d’introduction en Bourse des FS. Le réseau ferré restera dans la sphère publique, a précisé le ministre à la presse, en ajoutant que les détails de l’opération seraient fixés dans les semaines à venir.
Réouverture de la ligne SNCF Bayonne/Saint-Jean-Pied-de Port
La ligne de train de la SNCF entre Bayonne et Saint-Jean-Pied-de Port (Pyrénées-Atlantiques), particulièrement prisée des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, a rouvert le 22 novembre après près d'un an de travaux nécessaires à sa réhabilitation.
La fin de ce chantier vient boucler un programme de modernisation initié en 2010. Un premier tronçon de 17,4 km entre Bayonne et Cambo-les-Bains avait été rénové en 2010 pour un montant de 18,5 millions d'euros. La deuxième tranche des travaux, qui vient de s'achever sur le tronçon de 32,6 km séparant Cambo-les-Bains de Saint-Jean-Pied-de-Port, a été lancée en décembre 2014 pour un coût de 44 millions d'euros, à la charge, à parts égales, de l'Etat, de la Région Aquitaine et de SNCF Réseau.
Pendant l'interruption du trafic ferroviaire, la SNCF avait mis en place une liaison par cars.L’entrepreneur corse Patrick Rocca reprend la SNCM
L’entrepreneur corse Patrick Rocca a été choisi le 20 novembre pour reprendre la SNCM, une décision qui va entraîner près de 600 suppressions de postes sur un peu plus de 1.400. Et qui a été aussitôt suivi par le vote d’une grève reconductible.

Ile-de-France. Les transports en mode état d’urgence
La France, qui n’avait pas beaucoup dormi, s’est réveillée en état d’urgence le 14 novembre au lendemain des attentats de Paris. Décrétée aussitôt, la mesure, créée en 1955, et inédite en France sur tout le territoire national métropolitain et en Corse, devait être reconduite pour trois mois en urgence aussi par le Parlement… … Avec un impact instantané sur l’un des secteurs cibles de la menace terroriste : les transports. Et particulièrement en Ile-de-France où le dispositif Vigipirate en alerte maximum, déjà en vigueur depuis les attentats de Charlie Hebdo il y a près d’un an, est encore monté de plusieurs crans. Autant pour assurer au mieux la sécurité des millions de voyageurs qui circulent chaque jour sur les réseaux que pour les rassurer.
Les rassurer, c’est à quoi se sont employés Stif, SNCF et RATP qui tenaient conférence de presse commune le 17 novembre dernier. Pour détailler l’ensemble des moyens déployés.
Dès le lendemain des attentats, la préfecture de police multipliait par deux les effectifs en tenue avec 600 agents sur le réseau, le renfort de trois unités de gardes mobiles, 123 agents de police sur les sites sensibles dont les gares, 9 équipes de 27 gendarmes, 80 CRS et enfin 1 000 militaires dans le cadre de la mission Sentinelle qui s’ajoutent aux 3 000 déjà présents sur les pôles multimodaux d’Ile-de-France. Des personnels armés qui viennent appuyer les 1 200 agents de la Suge en place, les 1 000 agents du GPSR, le service de sécurité de la RATP et 500 médiateurs.
Un déploiement humain que Jean-Paul Huchon, le président du Stif, estimait « à son niveau maximum », assurant, confiant, qu’on allait « pouvoir rapidement juger de son efficacité ».
« Chacun est à son travail . Chacun est à sa mission. On est en guerre mais pendant la guerre on vit aussi », ajoutait de son côté Jean-François Carenco, le préfet de région, se voulant tout aussi rassurant.
Et pour ce qui est de l’interface entre pouvoirs publics et SNCF, elle est assurée par Christian Lambert, l’ancien patron du Raid devenu celui de la sûreté de l’entreprise, rappelait Guillaume Pepy.
Le président de la SNCF attendait impatiemment que soit voté le projet de loi du député (PS) Savary d’ici cette fin novembre. De quoi« permettre aux agents de la Suge déjà armés d’exercer en civil, de contrôler les bagages et de fouiller les personnes. »
Du côté des renforts encore, le nouveau contrat que la SNCF vient de signer pour 2016-2020 avec le Stif prévoyait par ailleurs, on le sait, la création de 250 postes supplémentaires d’agents de présence et de sécurité et 50 médiateurs de plus. Guillaume Pepy a annoncé, qu’en raison des circonstances, leur recrutement « parmi le vivier de candidatures dont dispose la SNCF » allait être accéléré avant la fin de l’année et leur indispensable formation à la sécurité spécifique des transports également.
Il rappelait aussi le déploiement, dès le lendemain des attentats, d’Unir, une Unité nationale d’intervention rapide mobilisant spécifiquement 80 agents de la Suge.
« Les gares sont aujourd’hui toutes équipées de caméras de vidéosurveillance et l’équipement des trains continue », détaillait-il encore. Et certaines grandes gares parisiennes expérimentent des « vidéos patrouilles, des patrouilles déclenchées pour pister aussitôt tel ou tel individu dont les caméras ont permis de repérer le comportement suspect. »
Une mobilisation qui ne doit pas faire oublier que la sécurité est l’affaire de tous les citoyens. Annonces d’information réitérées en boucle, consignes multipliées aux voyageurs : toutes les 10 minutes en banlieue, ils doivent entendre l’un de ces rappels. Dans les trains, sur les quais, partout les voyageurs sont invités à ouvrir l’œil.
A la suite du drame évité du Thalys, la SNCF avait relancé et généralisé à tout le territoire son numéro d’appel d’urgence, le 3117 que le voyageur témoin du moindre problème ou saisi du moindre doute est invité à appeler 24 heures sur 24 pour le signaler. Elle y ajoute à partir du 14 décembre un numéro d’alerte par SMS le 31177. Les deux numéros assurent en permanence le relais vers les services de secours : pompiers, police, Samu, démineurs… En temps réel. Grâce à la géolocalisation de l’appel et en fournissant la connaissance des gares et de la circulation des trains aux services d’intervention. Les opérateurs qui sont au bout de fil ont suivi une formation spéciale « alerte attentats ».
Quant à généraliser les portiques de contrôle pour filtrer tout le monde, comme le réclamait au même moment Ségolène Royal sur iTélé, Jean-Paul Huchon précisait que la préfecture de police estime que « ce serait dangereux ».En créant des poches de rétention de voyageurs, ces barrages empêcheraient au contraire le trafic qui, pour se faire en toute sécurité, doit s’écouler régulièrement.
Reste qu’effet pervers de toutes ces mesures, les fausses alertes aussi se multiplient compliquant encore la tâche des forces mobilisées et s’ajoutant pour les Franciliens aux difficultés habituelles. En état d’urgence, c’est sûr la vie continue mais elle se complique.
Chantal BLANDIN
Bombardier trouve un investisseur
Le groupe canadien d’aéronautique et de matériels de transports Bombardier a annoncé le 19 novembre l’entrée d’un grand fonds de pension canadien au capital de sa division Transports, une opération qui sonne le glas d’un projet d’entrée en bourse de cette filiale en Allemagne.
La Caisse de dépôt et placement du Québec, investisseur institutionnel qui gère notamment les fonds de retraites du secteur public et parapublic de la province canadienne, va prendre une part de 30% dans le capital d’une nouvelle holding qui chapeautera les activités de Bombardier Transport, selon un communiqué.
Basé en Allemagne, Bombardier Transport, qui fabrique des trains et des métros, essayait depuis longtemps de trouver un modèle qui lui permettre de prendre de la distance avec la maison mère, empêtrée dans les difficultés de la branche aéronautique à cause de son avion CSeries.La France se dote de « budgets carbone » pour réduire ses émissions de CO2
Le décret fixant les premiers « budgets carbone » de la France à horizon 2028 et demandant un effort important aux secteurs du bâtiment, aux transports ou au secteur des déchets, a été présenté le 18 novembre en Conseil des ministres.
Le décret arrête ainsi les trois premiers « budgets carbone », c’est-à-dire les plafonds nationaux d’émissions de gaz à effet de serre (GES), pour les périodes 2015-2018, 2019-2023 et 2024-2028. Alors que les émissions de GES ont atteint 492 millions de tonnes équivalent CO2 en 2013, le texte prévoit de les ramener à 358 millions de tonnes en moyenne par an pour la période 2024-2028.
Pour l’année 2028, les émissions devront être tombées à 343 millions de tonnes d’équivalent CO2, selon la stratégie nationale bas carbone adoptée lors de ce Conseil des ministres. Le transport en particulier, actuellement le plus gros contributeur aux émissions de GES, devra réduire ses émissions de 29 % à l’horizon du troisième budget carbone. Pour cela le gouvernement table sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, l’évolution des habitudes de mobilité et le développement du fret ferroviaire.Sophie Boissard quitte la SNCF pour le groupe Korian
Le numéro un européen des maisons de retraite Korian a annoncé le 18 novembre la nomination au poste de directrice générale de Sophie Boissard, actuelle directrice générale de SNCF Immobilier.
Sophie Boissard, 45 ans, prendra ses fonctions le 26 janvier 2016. Elle remplacera Yann Coléou. Sophie Boissard est membre du Comité exécutif du groupe SNCF depuis 2008. Elle dirigeait SNCF Immobilier, branche créée en 2014 pour gérer le patrimoine immobilier de l’entreprise ferroviaire.
Déraillement d’un TGV d’essai sur la LGV Est-européenne entre Baudrecourt et Vendenheim
Le 14 novembre, une rame TGV de mesures et d’essais a déraillé à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin, à 12 km de Strasbourg. Le TGV circulait sur une partie de la ligne à grande vitesse Est-européenne non encore ouverte aux circulations commerciales … Il a percuté un pont, quitté la voie puis est tombé dans le canal en contrebas. Une cinquantaine de personnes se trouvait à bord, techniciens, cheminots et membres de leurs familles. Le bilan établi par la préfecture est de 11 morts et de 37 blessés. Trois enquêtes sont en cours : l’enquête judiciaire, celle du Bureau enquête accident et celle interne à SNCF.
Guillaume Pepy, le président de la SNCF a annoncé que ce déraillement sans « précédent », le plus grave depuis la mise en service du TGV en 1981, reste encore « inexpliqué ».11 morts dans le premier accident de la grande vitesse en France
En d’autres temps, cela aurait fait la Une des journaux. Et les éditions spéciales permanentes des chaînes d’info continue. Il y avait de quoi. Avec 11 morts, 42 blessés, dont quatre toujours entre la vie et la mort le déraillement survenu en Alsace le 14 novembre est sans précédent. C’est le premier accident mortel sur LGV française enregistré en 34 ans d’existence. Ce qui semblait impensable est arrivé : une rame TGV entièrement disloquée, les motrices couchées…
On pense aux pires images des accidents de trains à grande vitesse : l’accident d’Eschede en Allemagne (1998, 101 morts), celui de Wenzhou en Chine (2011, 40 morts), l’accident de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne (2013, 79 morts). Alors que ces trains étaient en circulation commerciale, l’accident d’Eckwersheim est survenu lors d’une campagne d’essais ayant pour objet de valider la phase 2 de la LGV Est-européenne avant sa mise en exploitation, prévue en avril 2016. Une date qui sera « très probablement reportée » a dit Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau, lors d’une conférence de presse au lendemain de l’accident. SNCF Réseau a en effet interrompu la campagne d’essai, le temps que soient connues les raisons de l’accident.
Trop tôt aujourd’hui pour les avancer. L’accident est « à l’heure actuelle inexpliqué », a dit Guillaume Pepy lors de cette même conférence de presse. Façon de répondre à une déclaration du directeur du cabinet du préfet du Bas-Rhin, qui avait évoqué un « dépassement de vitesse ». Hypothèse certes envisageable, mais qui n’est pas avérée à cette heure. Celle d’un attentat, venant forcément à l’esprit, semble hautement improbable.
L’accident sidère tous les observateurs. C’était, sur cette voie, la dernière étape d’une campagne d’essais dynamiques, de montée en vitesse progressive, par palier de 30 km/h. Sur l’autre voie, la campagne venait de s’achever. Il s’agissait de valider ce jour-là la vitesse maximale commerciale de 320 km/h, en la poussant à 10 % au-delà de la vitesse nominale, donc à 352 km/h pour les parties les plus rapides de la ligne. Sur la portion de voie sur laquelle les motrices et les voitures sont sorties de la voie, qui constitue l’approche du raccordement entre la LGV et la ligne classique Paris – Strasbourg, la vitesse nominale était de 160 km/h maximum (et donc 176 km/h en essais). Le déraillement, dont le lieu exact n’est pas connu, a pu survenir en amont, sur une portion autorisée à une vitesse nominale de 200 km (220 km/h lors de l’essai). La sortie de voie de la rame a eu lieu à l’entrée d’une courbe avant un saut-de-mouton et le raccordement avec la voie classique. Ce qui est certain c’est que le train, la rame à deux niveaux Dasye 744, désignée « rame d’essai de la LGV Est Européenne deuxième phase », roulait à contresens, ce qui est assez naturel sur une LGV dont les voies sont comme on dit banalisées.
Cette fois, ce ne sont pas des infrastructures anciennes qui sont mises en cause comme à Brétigny (2013, 7 morts) ou à Denguin (2014). Mais c’est un nouveau coup porté au système ferroviaire français, là où on ne l’attendait pas. Il concerne la technologie à la fois la plus moderne, qui est aussi une technologie éprouvée : c’est la huitième mise en service d’une LGV que fait la SNCF. Et cette ligne a été comme les autres construites sous la maîtrise d’ouvrage de l’entreprise publique, à la différence des futures LGV SEA, BPL ou CNM, construites en concession pour la première, en PPP pour les deux autres.
Guillaume Pepy a voulu rassurer les voyageurs : l’accident, assure-t-il, n’aurait pas pu avoir lieu sur une ligne en exploitation. Les systèmes de contrôle de vitesse prennent alors la main sur la conduite de la rame. En effet, lors des essais, le Covit (ou contrôle de vitesse) est par définition neutralisé, puisqu’il s’agit de dépasser pour des raisons d’essais la vitesse maximale autorisée. La mission est de ce fait confiée à des conducteurs fort expérimentés. L’accident est d’autant plus stupéfiant. Les conducteurs, qui ne font pas partie des victimes, ont aussitôt été entendus dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours, et devaient ensuite l’être dans le cadre de l’enquête interne à la SNCF, dont les conclusions devraient être connues dans les prochains jours. Elles vont s’appuyer sur les données enregistrées par les ATESS, l’équivalent des célèbres boîtes noires de l’aéronautique, qui donneront la vitesse précise de la rame. Une troisième enquête est en cours, menée par le BEA-TT du ministère des Transports. Il faudra de toute façon éclaircir un point embarrassant. 49 personnes, cheminots de SNCF Réseau ou de la direction du Matériel, techniciens de Systra, étaient autorisées à prendre place à bord, pour des raisons liées aux essais. Mais au total, selon le procureeur-adjoint de Strasbourg, cité par les DNA, 53 personnes se trouvaient à bord. Paremi elles, plusieurs « invités » dont « quatre mineurs entre 10 et 15 ans » qui « fort heureusement n’ont été blessés que légèrement ». L’enquête, a précise le magistrat « devra déterminer les raisons de leur présence. » A notre connaissance, il n’est pas rare que certaines personnes puissent prendre place dans de telles circulations. Reste que, dans un contexte où toutes les procédures de sécurité vont être interrogées, c’est assez gênant. D’autant qu’ils auraient pu y perdre la vie.
F. D., avec P. L.