Auteur/autrice : admin_lvdr

  • LGV Poitiers – Limoges déclarée d’utilité publique

    Le Premier ministre, Manuel Valls, et la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, ont signé un décret, paru au Journal officiel, le 11 janvier, « déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation de la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges ». 

    Le décret prévoit que les « expropriations nécessaires devront être réalisées dans un délai de 15 ans à compter" du 11 janvier. 

    Cette ligne avait été pointée du doigt par la Cour des comptes dans un rapport publié en octobre, qui jugeait le réseau ferroviaire français à grande vitesse « peu cohérent » et trop coûteux. 

    « Sur certaines liaisons, les principales conditions de pertinence d'une ligne à grande vitesse (LGV) ne sont pas remplies » et le modèle est « à bout de souffle », son « coût devenu non soutenable », avaient écrit les sages de la rue Cambon. 

     

  • LGV Lyon-Turin : RFF cède ses parts dans LTF à l’Etat

    RFF a cédé ses 50% dans la société par actions simplifiées Lyon Turin ferroviaire (LTF) à l'Etat, dans le cadre de transfert de la responsabilité opérationnelle du projet de LGV Lyon-Turin. Cette opération a été réalisée contre une somme de 433.590 euros, selon un arrêté du 23 décembre publié le 10 janvier au Journal officiel. 

    Un promoteur public, contrôlé à parité par les Etats français et italien, doit succéder à la société Lyon Turin ferroviaire (LTF) et assurer la responsabilité opérationnelle de la ligne à grande vitesse reliant Lyon et Turin. 

    LTF était détenu à parité par RFF et son homologue italien Rete Ferroviaria italiana (Rfi). Elle était chargée des études et du travail de reconnaissance du tunnel transfrontalier, tandis que le Promoteur public lui succédant construira cet ouvrage. 

    Côté italien, la part de Rfi dans Lyon Turin ferroviaire doit être acquise par FS holding, la compagnie nationale des chemins de fer. 

    Dans le projet souhaité par Paris et Rome, qui fait face à des oppositions significatives localement, l'Union européenne doit financer 40% des 8,5 milliards d'euros que coûtera la seule construction du tunnel transalpin de 57 km, soit 3,4 milliards, l'Italie prenant en charge 2,9 milliards et la France 2,2 milliards. 

  • Avignon. Les élus votent un nouveau projet de tram

    La communauté d'agglomération du Grand Avignon a adopté, le 10 janvier, un projet de tramway pour un budget de 135 millions d'euros contre l'avis de la maire d'Avignon, Cécile Helle (PS), qui privilégiait un réseau de bus propres. 

    50 des 72 élus du Grand Avignon, qui regroupe 15 communes du Gard et du Vaucluse ont approuvé le nouveau plan de transport en commun. Ce projet prévoit une ligne de tram de 7 km renforcée par deux lignes de bus à haute fréquence à Avignon et le redéploiement des transports en commun dans les autres communes d'ici fin 2018 pour un budget de 135 millions d'euros. 

    Un projet initial de deux lignes de tramway sur 14,7 km pour un budget de 265 millions d'euros avait été adopté à l'unanimité en 2010 par la mandature précédente, présidée par l'ancienne maire d'Avignon, Marie-Josée Roig (UMP).

    Cécile Helle, dont l'abandon du tram figurait parmi les promesses de campagne, considérait qu'un réseau de bus correspondait davantage aux caractéristiques du territoire, aux capacités d'investissement du Grand Avignon et aux enjeux de mobilité de l'agglomération. 

  • SNCF et les Chemins de fer marocains créent une coentreprise pour la maintenance

    L'Office national des chemins de fer marocain et la SNCF vont créer, au premier semestre 2015, une co-entreprise. La Société marocaine de maintenance des rames à grande vitesse sera détenue à 60% par l'Office national des chemins de fer marocain (ONCF) et à 40% par la SNCF. 

    « Dans le cadre de cet accord, un contrat de maintenance va lier l'ONCF et cette joint-venture pour une durée de 15 ans et un montant de 175 millions d'euros », précise le communiqué de la SNCF du 9 janvier. « Un contrat de prestations va également lier la joint-venture et SNCF pour 15 ans et pour un montant de 90 millions d'euros ».

    Les deux opérateurs travaillent depuis 2009 sur le projet de réalisation de la liaison à grande vitesse entre Tanger et Casablanca. 

  • Signalisation. Les grands projets qui marchent… et ceux qui ne marchent pas

    Signalisation. Les grands projets qui marchent… et ceux qui ne marchent pas

    ERTMS, pas vraiment standard, divise toujours l’Europe ferroviaire. Le CBTC, après les métros, s’intéresse aux trains de banlieue. Alors que la commande centralisée s’impose outre-Manche et outre-Rhin. Petit tour d’Europe  

    « Si les Français et les Allemands avaient mis autant de volonté a faire progresser ERTMS qu’à lui mettre des bâtons dans les roues ces quinze dernières années, on n’en serait peut-être pas là ! » Cette remarque récemment émise par un spécialiste de la signalisation venu d’un pays voisin de la France et de l’Allemagne résume la différence de point de vue entre réseaux ferrés s’étant déjà dotés de systèmes performants et réseaux qui auraient tout à gagner en adoptant ERTMS (European Rail Traffic Management System). Ce « système européen de gestion de la circulation ferroviaire », qui est loin d’équiper tous les réseaux ferrés du continent, associe en principe le standard européen de contrôle-commande ETCS (European Train Control System) à la télécommunication ferroviaire GSM-R. « En principe », car le problème d’ERTMS est que certains de ses aspects techniques, formalisés dans la deuxième moitié des années 1990, sont aujourd’hui dépassés. En particulier, le GSM-R ne bénéficie pas de tous les « plus » apportés depuis son adoption par la téléphonie 3G, puis maintenant 4G. Mais est-ce un problème ? Pour les uns, oui, et ceci justifie une certaine réticence à adopter ERTMS (par la SNCF en particulier). Pour les autres, non, car la nature des informations de sécurité à transmettre entre sol et train ne nécessite pas des performances supérieures à celles du GSM-R. D’ailleurs, ce dernier donne globalement satisfaction et son déploiement progresse plus vite qu’ERTMS, en France et dans la plupart des pays européens.

    Côté ERTMS, à côté des réseaux réticents cités plus haut, les « bons élèves » se recrutent surtout parmi les pays « de passage » qui souhaitent basculer intégralement vers le standard européen comme le Luxembourg, la Belgique, la Suisse ou le Danemark. ERTMS est également le bienvenu sur les lignes à grande vitesse en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas ou en Turquie. Mais des applications plus originales sont envisagées sur deux réseaux ni hostiles à ERTMS, ni vraiment enthousiastes pour l’équipement des grands axes.

    Hormis pour les lignes nouvelles dans le grand nord, la Suède s’intéresse surtout à l’application « régionale » du système européen, qui permet de moderniser des lignes à faible trafic à moindre frais (moins d’équipements le long des voies). A ce titre, un équipement « régional », assimilable au niveau 3 d’ERTMS (une première mondiale), a été mis en service entre Borlänge et Malung (129 km) en 2012. Mais avant de généraliser cet équipement, il faudra résoudre le problème de couverture GSM-R ou radio, indispensable au niveau 3.

    En Grande-Bretagne, passé un enthousiasme initial à la fin des années 1990, ERTMS a d’abord été testé à petite échelle, sur une petite ligne au Pays-de-Galles. Ainsi, le niveau 2 a été mis en service en 2011 sur la ligne en fourche de Shrewsbury à Aberystwyth et Pwllheli (218 km) : après deux années et demi, l’essai a été jugé concluant. Le standard européen a ainsi été choisi pour la modernisation de Thameslink, une des lignes de banlieue les plus importantes de Londres. Mais côté grandes lignes, on reste prudent. ERTMS doit équiper dans les prochaines années Londres – Peterbrough (au nord), en prolongement de Thameslink, et Londres – Bristol (à l’ouest), tronçon qui sera emprunté par les trains de Crossrail à l’est de Reading. Ceci alors que Crossrail, le futur RER est-ouest de Londres, sera équipé du CBTC sur son tronçon central ! Une décision prise « pour ne pas prendre de risques » avec ERTMS sur la partie la plus critique, mais qui obligera à développer une interface entre ERTMS et CBTC…

    Des problèmes de transition similaires à ceux de Crossrail devraient être rencontrés en région parisienne avec le prolongement d’Eole à l’ouest, pour lequel un équipement type CBTC doit être mis en service. Or cet équipement, qui a fait ses preuves sur de nomdreux réseaux de métro, ne convainc pas tous les spécialistes du trafic banlieue à la SNCF : « Pour 28 trains par heure, il existe déjà d’autres systèmes au moins aussi performants, comme le KCVB ». Un contrôle de vitesse dérivé du Sacem, qui fait ses preuves sur les tronçons centraux du RER exploité par la RATP, mais qui après une trentaine d’années de service est menacé d’obsolescence… Et l’on retrouve le dilemme entre système en place fiable et système plus performant, mais dont l’adoption n’est pas exempte de risques.

    Qui dit performances accrues pense également réduction du rôle du personnel, voire des effectifs. 

    La commande centralisée des grands réseaux illustre ce fait. Sur le réseau britannique de Network Rail, 12 commandes centralisées doivent reprendre l’exploitation de 16 000 km de lignes : la commande d’York, qui gère depuis septembre tout le réseau du nord-est de l’Angleterre, de Londres (Kings Cross) à la frontière écossaise, fournit 400 emplois au lieu des 1 000 dans les postes d’aiguillage qu’elle remplace. Et alors que sur le réseau DB, la centralisation est encore plus poussée (15 commandes pour 33 000 km de lignes), celle du réseau ferré national français progresse à allure modérée vers 17 commandes pour moins de 29 000 km.

    P. L.

     

    France : le cordonnier le plus mal chaussé ?

    Sur la dizaine de grands noms de la signalisation ferroviaire mondiale, la France abrite les sièges d’Alstom et de Thales, mais aussi le site spécialisé Siemens de Châtillon et une grande partie du savoir-faire d’Ansaldo STS, héritage de CSEE. Et pourtant, hormis les métros automatiques, la France ne brille pas par le modernisme de ses systèmes de signalisation.

    Côté commande centralisée, le programme de SNCF Réseau n’est pas extrêmement ambitieux techniquement, avec 17 postes, mais il est socialement délicat à gérer et le serait encore plus avec moins de postes.

    ERTMS a du mal à se déployer ? Cette fois, ce n’est pas pour une raison sociale. D’abord, pour les LGV, la SNCF tient à sa TVM 430 (et les Allemands sont satisfaits de leur LZB). Qui plus est, le niveau tendanciel de cadencement des trains sur les LGV n’est pas propice aux investissements. Un proche du dossier remarque que même sur Paris – Marseille, la SNCF a déjà réduit le nombre de rames par heure. Le parc de diminue également : sur 478 rames, 78 ont déjà été dépréciées et 40 à 50 vont déjà être radiées cette année, puis autant chaque année. Selon ce scénario rapide, sur 4 à 5 ans, le réseau va être compacté et les dessertes TGV ne seront pas très différentes du réseau de LGV. Il y a donc à la fois baisse du cadencement sur les LGV existantes et réduction du périmètre des sillons TGV. Et comme, après les quatre coups partis, on ne voit plus venir de LGV, il n’y a donc plus de raison de dire que l’on va investir.

    Mais le réseau de LGV ne représente que 2 000 km. Quid des quelque 27 000 autres, où la signalisation est souvent cinquantenaire ? Mais, comme dit le même spécialiste, « Vous vous souvenez du Grand plan de modernisation du réseau annoncé en avril 2013 ? Mais y a-t-il aujourd’hui un plan concret ? Non ».

    Dans l’urbain, les vaches sont moins maigres. La RATP continue à jouer un rôle important, en passant de l’automatisation de la ligne 1 à celle de la ligne 4, et en prolongeant la ligne 14. Les appels d’offres de la SGP, attendus en fin d’année (l’un pour le matériel roulant, l’autre pour les automatismes et le poste de commandement), vont doper le marché et l’innovation. RFF/SNCF n’est pas en reste dans le mass transit, avec les appels d’offres en cours : matériel roulant du RER de nouvelle génération et future signalisation Nexteo. Les industriels font des analyses différentes. Alstom, qui trouve que Nexteo sera trop spécifique, n’a pas remis d’offres. Siemens, au contraire, lui trouve assez d’air de famille avec la ligne 1 ou le futur métro du Grand Paris Express pour avoir remis une offre reposant sur une idée de plate-forme commune.

    Et il n’y a pas que le Grand Paris : pour la modernisation du métro automatique de Lille, Alstom a développé une solution totalement inédite, centrée sur les trains plutôt que sur la voie, qui pourrait bouleverser la philosophie du CBTC dans les années à venir.

    En bref, sur le réseau national, ça stagne, sur le mass transit, ça avance. Le cordonnier français n’est pas le plus mal chaussé, mais il marche à cloche-pied.

    F. D. avec P. L.

  • Créativité automobile versus conservatisme ferroviaire

    Créativité automobile versus conservatisme ferroviaire

    Comment le train peut se réinventer

    Par Jean-Claude Favin-Lévêque  

    La voiture semblait avoir amorcé un déclin historique : ringarde, polluante, meurtrière, embouteillant la cité, énergivore, symbole d’une mondialisation destructrice d’emplois, bref l’exemple même des excès de la société de consommation. Face à cela, le train a été officiellement déclaré ami du citoyen et de la nature, soutenu par tout ce que le monde compte d’associations engagées et de têtes bien pensantes. Mais la réalité ne suit pas le rêve. La voiture affiche une capacité de renouvellement impressionnante alors que le train s’est enlisé dans ses archaïsmes institutionnels.

    Le Mondial 2014 de l’Automobile nous donne en spectacle une voiture phénix. Sa capacité à se réinventer semble sans limites. Dans les trente glorieuses, la voiture était le véhicule de toutes les évasions, balades entre amis, vacances sur la Côte d’Azur ou raids lointains. Un fantasme au masculin et une autonomie nouvelle au féminin. Puis elle dégringola de son piédestal. Juste une machine, guère plus qu’un réfrigérateur ou une machine à laver. Les « jeunes urbains » la boudent. Les bobos la boycottent. La voilà pitoyable vedette de la désindustrialisation.

    Mais quelle capacité d’adaptation ! Pollueuse ? La voici au gaz, au biocarburant, au pétrole vert, hybride, électrique. Elle marche à tout ! Elle est dangereuse ? Elle sera bientôt automatique. Elle consomme du temps ? La voici connectée. Elle est le symbole de l’égoïsme ou de l’individualisme ? Elle se partage avec Autolib ou covoiture avec Blablacar. Où trouve-t-elle ces ressources inépuisables ? Dans l’initiative combinée des entreprises qui font évoluer leurs offres et des « consommateurs » qui se caractérisent par une flexibilité d’attitudes permise par l’individualité. Bref, un ajustement permanent de l’outil aux attentes changeantes du client dans un festival d’inventivité !

    Face à ce « Transformer », le train chemine comme un vieillard perclus de rhumatismes. Alors qu’il est capable de rouler à la vitesse d’un avion, il donne l’impression d’être à la traîne technologique. Face à la voiture connectée, la prise électrique pour le mobile ou le portable apparaît comme un luxe ou une exception. Alors que la voiture vous emmène partout en Europe, le Thello de Milan à Marseille s’annonce comme une première inespérée. Le bilan CO2 est même contesté par les écologistes qui s’opposent à toute nouvelle ligne et qui accusent les TER d’être plus souvent diesel qu’électrique. Pire et paradoxal, les Français sont persuadés que le train est trop cher. Bref le ferroviaire est en train de perdre la bataille de l’opinion ! Doit-il rester ce mal aimé, le « dur » dans l’argot de Frédéric Dard ?

    Pourquoi et comment ? Certes le ferroviaire a des contraintes structurelles fortes qui lui sont propres. Et les excuses sont faciles à trouver. En tant qu’ancien cheminot, je suis certain de pouvoir en remplir une page dans la catégorie « c’est la faute à… ». Mais au final, je suis persuadé que c’est la faute au train, ou plus exactement à l’incapacité du système à se renouveler. La principale raison de cette incapacité est institutionnelle : le train aujourd’hui en France, c’est l’Etat plus l’Administration plus 80 ans de monopole. 

    La SNCF et son grand tuteur viennent de nous donner quelques exemples révélateurs d’un esprit plus tourné vers la conservation de l’existant que vers l’innovation. En voici quelques indices. Le nouvel organigramme du Groupe SNCF avec ses trois Epic et les responsabilités entremêlées des titulaires détient un potentiel infini d’indécisions et demi-tours bureaucratiques. En son sein, on découvre une direction générale SNCF Voyageurs en charge de toutes les « mobilités » (vocable actuel), TGV, TER et Transilien. L’autonomie qui était celle de ces opérateurs ces dix dernières années correspondait à une logique de marchés, d’usages et de clients. Nous voilà revenus à l’usager unique et la grande « administration des déplacements » à la vision commerciale universelle. Le nombre de niveaux hiérarchiques entre l’agent et le sommet est difficile à compter, entre 7 et 10. Toujours dans la culture du monopole, les gares relèvent des opérateurs de transport. Un peu comme si Aéroport de Paris était une filiale d’Air France. Evidemment Bruxelles ne manquera pas d’épingler une nouvelle fois la France. 

    Le débat sur les trains Intercités est révélateur d’attitudes qui ne sont que politiciennes. Ces trains regroupent dans une même direction opérationnelle des choses aussi différentes que des liaisons longue distance comme Marseille – Bordeaux (qui demanderait un service type TGV), des trains de nuit et des relations régionales ou interrégionales. Intercités perd beaucoup d’argent. Solutions proposées et par qui ? Le politique qui répond qu’il faut « acheter des trains ». Intercités existant il faut donc « mettre les moyens » pour sa pérennité. Dans la machine politico-bureaucratique, l’existence précède l’essence ! Or la question première est celle du service attendu, par quels clients et dans quel modèle économique. La question du matériel est seconde. Il en existera forcément un (sans doute plusieurs) qui sera en mesure d’y satisfaire sous réserve de savoir à quoi. Nul doute que la réforme des Régions, si elle a lieu, va modifier la donne des Intercités.

    Bref le système ferroviaire est paralysé par ses institutions, ses modes de pensée et ses structures qui sont tournés vers la conservation, au mieux la continuité de l’existant. L’innovation y est naturellement bloquée puisque contrainte par tout un ensemble de préalables et freinée par les lourdeurs de la machinerie et ses byzantinismes. Le monde ferroviaire est un système descendant du politique vers l’administratif conformément à l’ordre des choses républicain. L’innovation y est « décidée » par le sommet. A contrario, l’automobile donne l’exemple d’un système où l’innovation peut provenir de partout tant les acteurs sont diversifiés et animés par l’esprit d’entreprendre. Il en résulte une démarche créatrice collective plus efficace que toutes les planifications étatiques. Dans la compétition Initiative versus Directive, la deuxième a toujours deux temps de retard.

    Il est urgent d’introduire ce pouvoir d’innovation et cette flexibilité dans le ferroviaire. Arrêtons de surprotéger la SNCF. Des concurrents la stimuleront et elle a les moyens de les affronter. Nous sortirons enfin de ce monde de la solution unique et politiquement correcte, où le ministre des Transports vient expliquer en temps réel chaque problème de quai ou retard de trains. Les acteurs du train, redevenus responsables, reprendront l’initiative sur les terrains qui leur sont favorables et dans un modèle économique sain et vertueux. L’automobile trouvera alors un challengeur sérieux et n’aura plus une autoroute devant elle.

  • Le face-à-face Bussereau/Savary. Faut-il renationaliser les autoroutes

    Le face-à-face Bussereau/Savary. Faut-il renationaliser les autoroutes

    Nos deux députés experts ont accepté de se livrer à un exercice particulièrement difficile : une réaction à chaud sur un dossier qui évolue quotidiennement. Quelle qu’en soit l’évolution, leur analyse n’en est pas moins pertinente.  

    Sur l’autoroute de la démagogie 

    Par Dominique Bussereau 

    Député UMP de Charente-Maritime, président du conseil général de la Charente-Maritime, vice-président du Gart.

     

    Un peu d’histoire : en 2005-2006, le Gouvernement de Dominique de Villepin vend les parts de l’Etat dans les sociétés concessionnaires d’autoroutes. Ministre de l’Agriculture à l’époque, je n’ai pas été associé à cette décision que je juge aujourd’hui trop rapide et sans vision à long terme (14,8 milliards d’euros de recettes, mais une fois pour toutes). Mais, par ailleurs, l’Etat dont les missions doivent être avant tout régaliennes a-t-il sa place, apporte-t-il une utilité et une expertise dans la gestion d’un réseau autoroutier ?

    En vendant aujourd’hui la part publique de l’aéroport de Toulouse, le Gouvernement Valls est dans cette même logique, libérale, mais dans ce cas précis elle est peu contestée.

    Récemment la Cour des comptes, a critiqué les sociétés d’autoroutes, constatant des hausses tarifaires systématiquement supérieures à l’inflation (4 % par an de 2006 à 2011 contre 1,85 % en moyenne pour l’indice des prix Insee) et une insuffisante tutelle du ministère des Transports. Les sociétés d’autoroutes sont également accusées de profits excessifs et de ne pas suffisamment investir dans leur réseau.

    De même, l’Autorité de la concurrence (agissant à la demande de la Commission des finances de l’Assemblée nationale) a rendu elle aussi des conclusions accablantes, fustigeant  la rente des sociétés concessionnaires et proposant d’élargir le champ d’intervention de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) à tous les transports, dont le réseau autoroutier. 

    En réponse, l’AFSA (Association française des sociétés d’autoroutes) a répondu que les bénéfices dégagés sont à l’aune « d’une dette cumulée de près de 40 milliards d’euros et d’un risque lié aux investissements supplémentaires décidés par le concédant entièrement supporté par le délégataire. »

    Parallèlement les pouvoirs publics – qui ne sont pas à une contradiction près – ont notifié à Bruxelles une prolongation des concessions autoroutières en échange de 3,6 milliards de travaux nouveaux sur le réseau. 

    Le débat sur la renationalisation éventuelle des sociétés d’autoroutes n’est donc pas d’actualité, car chacun reconnait la qualité des autoroutes françaises et sait que leur renationalisation coûterait au bas mot 20 milliards d’euros, plus la prise en charge de 31 milliards de dettes. 

    Survient alors la funeste décision de Ségolène Royal mettant fin à l’écotaxe. Cet ukase scandaleux va coûter à l’Etat 1,2 milliard de recettes destinées à l’amélioration de nos infrastructures (en réalité déjà ramenées à 450 millions après la première attaque de Madame Royal contre ce dispositif), sans compter la somme de 1 à 1,5 milliard d’euros qui devrait être déboursé pour indemniser Ecomouv (dont fait partie la SNCF).

    Pour compenser ce manque à gagner, Ségolène Royal et son collègue Emmanuel Macron ont leur petite idée : taxer les si rentables sociétés d’autoroutes.

    Mais le ministre de l’Economie, Michel Sapin a déjà répondu par des arguments que Madame Royal aurait dû connaître : au vu des contrats liant les sociétés concessionnaires à l’Etat, ce processus – s’il aboutissait réellement – serait compliqué, très long et se traduirait in fine, soit par une augmentation de la durée des concessions, soit par une nouvelle augmentation des péages. Cette taxation supplémentaire des ménages s’ajouterait à celle sur le gazole, l’impôt sur les moins aisés, que le Gouvernement est obligé d’instaurer afin de financer un programme minimum d’investissements dans les transports ! 

    In fine, voici des autoroutes qui heureusement ne seront pas renationalisées, des syndicats de transporteurs qui se complaisent dans leurs privilèges et égoïsmes, un Gouvernement qui godille et des citoyens qui vont payer toujours plus pour de moins bonnes infrastructures et moins de progrès dans leurs transports du quotidien dans nos agglomérations. 

    Qui a dit démagogie ?

     

    Les autoroutes : obscur objet de désir

    Par Gilles Savary 

    Député PS de la Gironde et ancien vice-président de la commission Transport du Parlement européen.

     

    Heureusement que ce pays dispose d’Autorités indépendantes qui dévoilent en toute liberté, ce que la petite gentry publique-privée qui gouverne la France, cache pudiquement au peuple. 

    Après la Cour des comptes en juillet 2013, l’Autorité de la concurrence vient de publier un avis édifiant sur les conditions dans lesquelles les sociétés d’économie mixte de construction d’autoroutes (SEMCA) ont été privatisées par le Gouvernement Villepin en 2005, « au détriment de l’Etat et de l’usager », y est-il écrit. 

    Ce qui est sûr c’est que dans un océan de marasme économique, les sociétés d’autoroutes font figure d’inépuisables cornes d’abondance, de sources miraculeuses.

    En 2013, elles ont distribué quelque deux milliards de dividendes à leurs actionnaires tout en continuant à s’endetter opportunément pour bénéficier de la déductibilité fiscale des intérêts d’emprunt. 

    Par ailleurs, les contrats de concession stipulent que les contrats de plan conclus tous les cinq ans entre l’Etat et les sociétés d’autoroutes leur permettent de compenser leurs investissements d’entretien du réseau par des augmentations de péages. 

    Ces derniers augmentent d’ailleurs constamment au-delà de l’inflation, malgré une croissance appréciable du volume de trafic. 

    Enfin, l’Autorité de la concurrence pointe des marchés de travaux en circuit fermé entre filiales autoroutières et filiales de travaux publics des mêmes groupes. 

    Tout ceci est ficelé serré jusqu’aux années 2029 à 2037, termes des contrats de concession des 18 sociétés autoroutières françaises, parmi lesquelles figurent Vinci Autoroutes, le groupe Abertis et le groupe APRR détenu à 95 % par Eiffage et Area. 

    Si ces dernières récusent le qualificatif de rente, disons que ce modèle économique a toutes les apparences d’une manne céleste ! 

    Fortes de ce rapport de force financier face à un Etat et à des collectivités locales exsangues, les sociétés d’autoroutes ont habilement proposé à l’Etat de financer 3,5 milliards d’euros de travaux de développements routiers et autoroutiers en contrepartie… d’un allongement de trois à six ans de la durée de leurs concessions. 

    Après les précédents de 2001 et de 2009, cet astucieux subterfuge, sans cesse renouvelé, tend à la concession perpétuelle. 

    Le Gouvernement trouve évidemment dans ce plan de relance autoroutier qui n’est plus dans ses moyens, l’aubaine immédiate d’une contribution majeure à la relance de l’économie et de l’emploi ; et les sociétés d’autoroutes, pour une « mise » initiale de 3,5 milliards d’euros, celle de 6 à 12 milliards de dividendes supplémentaires selon les durées de prorogation contractuelle qui seront acceptées par Bruxelles. 

    Ségolène Royal a certes envisagé de leur faire rendre gorge, mais dans un Etat de droit, la signature de l’Etat, fût-elle de complaisance ou d’incompétence, ne peut s’affranchir des conditions qu’il a acceptées sans s’exposer au discrédit international de sa signature ou à des recours judiciaires. 

    C’est d’ailleurs ce qui lui est arrivé devant le Conseil d’Etat en décembre 2012 quand il a voulu brutalement doubler la redevance domaniale que lui acquittent les autoroutiers. Ces derniers versent tout de même quelque 800 millions d’euros annuels de taxe d’aménagement du territoire et de redevance domaniale à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France, en plus des impôts généraux. Avec les impôts qu’elles acquittent par ailleurs, 38 % de leurs recettes de péage reviennent à l’Etat.  

    Une mission parlementaire présidée par le député UDI de la Meuse, Bertrand Pancher, s’est créée à l’initiative du rapporteur Jean-Paul Chanteguet, député PS de l’Indre et président de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, avec l’idée qu’une renationalisation, même coûteuse, d’une source de profit aussi profuse, mérite d’être étudiée. 

    Après tout, si les indemnités de rupture contractuelle peuvent être financées aujourd’hui par un emprunt public non maastrichien, pourquoi priver l’Etat de leurs promesses de profit futur ? Encore faut-il que l’Etat soit aussi avisé que le secteur privé dans la gestion de ces objets complexes, qui, pour la plupart des autoroutes françaises, n’ont pas encore atteint leur retour d’investissement initial ! Mais alors faudrait-il renoncer au plan de relance en plein marasme économique ?

    L’équation est diabolique pour le Gouvernement Valls ! 

    On retiendra de cette histoire que Dominique de Villepin est plus brillant en péroraisons onusiennes qu’en négociations autoroutières…

  • Japon : Le premier train grandes lignes Hitachi pour la Grande-Bretagne prend la mer

    Japon : Le premier train grandes lignes Hitachi pour la Grande-Bretagne prend la mer

    C’est au port de Kobe que la première rame Class 800 de présérie, construite au Japon par Hitachi, a été chargée pour être expédiée par la mer à la mi-janvier vers la Grande-Bretagne…  class= »x_MsoNormal » style= »margin: 0cm 0cm 0.0001pt; padding: 0px; font-family: arial; line-height: 20px; font-size: 12pt; background-color: rgb(255, 255, 255); »>
    Présentée en novembre dernier par son constructeur, cette rame destinée aux grandes lignes britanniques (programme IEP) doit être instrumentée en mars, une fois arrivée à bon port, puis entamer une série d’essais en avril.

    Les rames de série devraient, quant à elles, être assemblées dans l’usine Hitachi Rail Europe, qui doit ouvrir l’été prochain à Newton Aycliffe, dans le nord de l’Angleterre, où environ 730 personnes pourraient être embauchées.

  • Avant Première signe le design du tramway de Liège

    Avant Première signe le design du tramway de Liège

    A la mi décembre, la Société régionale wallonne du transport (SRWT) a engagé des discussions exclusives avec le consortium Mobiliège, qui regroupe Alstom et ses partenaires, pour construire le futur tramway de Liège…  Le tracé du futur tramway, divisé en 21 stations réparties sur une distance de 11,5 km, permettra de relier le site du Standard au quartier Coronmeuse en passant par le centre-ville et les quais.

    Dessiné par Eric Rihnn de l'agence Avant-Première, le tram liégeois a été choisi par les habitants et un comité de décideurs parmi trois autres modèles. Il présentera "un nez aux lignes courbes et une silhouette qui évoque les méandres de la Meuse".

     

    La signature du contrat avec Mobiliège est prévue au printemps et la mise en service du tram pour 2018