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Auteur/autrice : admin_lvdr
Île de France : un coordinateur interministériel pour CDG Express
Le Premier Ministre a nommé, Vincent Pourquery de Boisserin, ingénieur général des Ponts, des Eaux et forêts, coordonnateur interministériel, chargé du projet de liaison ferroviaire express entre Paris et l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, qui doit être mise en service en 2023. L’annonce a été faite, le 8 novembre, par les services du Premier ministre.
Vincent Pourquery de Boisserin « devra veiller au bon déroulement du projet, en lien avec les collectivités locales et les opérateurs concernés » comme Aéroports de Paris et Réseau ferré de France.
Evoqué dès 1998, CDG Express avait été déclaré d'utilité publique dix ans plus tard avant d'être attribué en concession au groupe français de BTP Vinci. L'entrée en service était alors programmée pour 2014. Mais Vinci avait jeté l'éponge fin 2011 faute de financements. Le gouvernement Ayrault avait relancé ce projet en janvier 2014.
Mexique : l’appel d’offres pour la LGV relancé
Le gouvernement mexicain a défendu, le 7 novembre, l'annulation abrupte de l'attribution de la construction de la première LGV du pays, 210 km devant relier Mexico à Queretaro, au centre, afin de « donner plus de temps » au processus et « permettre la possible participation d'un plus grand nombre de fabricants de trains », a expliqué Gerardo Ruiz Esparza, ministre des Communications et des Transports.
Le 3 novembre, le gouvernement mexicain avait annoncé qu'un consortium mené par le groupe chinois China Railway Construction, associé à quatre sociétés mexicaines et une française, Systra, filiale de la SNCF et de la RATP, réaliserait cette LGV, la première en Amérique latine.
Trois jours après, le 6 novembre au soir, le président a fait annoncer par son ministre, Gerardo Ruiz Esparza qu'il annulait cette décision « en raison des doutes et des inquiétudes surgies dans l'opinion publique ».
L'appel d'offres initial avait été lancé, le 15 août, pour une durée de 60 jours. Le contrat, d'une valeur de 50,8 milliards de pesos (3 milliards d'euros), portait sur la construction de la voie ferrée, l'achat d'équipements et de voitures, ainsi que l'entretien du train.
Seize entreprises étrangères avaient renoncé à présenter leur offre à la date butoir du 15 octobre en raison de la brièveté des délais, parmi lesquelles Mitsubishi, Alstom, Bombardier et Siemens.
Manchester : la RATP inaugure la ligne de tramway vers l’aéroport
RATP Dev, filiale de la RATP dédiée aux marchés étrangers, a inauguré, le 7 novembre, la ligne de tramway reliant le centre de Manchester à son aéroport, un an avant la date initialement prévue.
Metrolink RATP Dev Limited, filiale à 100% de RATP Dev, assurera l'exploitation de la ligne longue de 14,5 kilomètres et jalonnée de 15 stations jusqu'en 2017 pour un coût de 500 millions d'euros.
Ce contrat signé avec Transport for Greater Manchester (TfGM), l'autorité organisatrice des transports de Manchester, comprend aussi la formation de conducteurs par simulateur et le développement d'un système de billetterie sans contact, par carte à puce.
Le réseau de tramway de Manchester, exploité par le groupe français, long de 92 kilomètres pour 7 lignes, est « le plus grand du Royaume-Uni » et l'un « des plus importants d'Europe ». Il transporte environ 30 millions de passagers par an.
L’ARAF pourrait voir ses compétences étendues aux autoroutes
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a annoncé, le 13 novembre, devant le Sénat vouloir « étendre les compétences de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) aux transports routiers ».
Emmanuel Macron fera cette proposition « dans le cadre du projet de loi pour la croissance et l'activité », et a précisé qu'il s'agira pour l'Araf de « créer les conditions de la transparence pour l'exercice des contrats, pour les tarifs d'une part mais aussi pour les travaux faits d'autre part ».
Dans un entretien diffusé sur M6, le 8 novembre, le ministre de l'Economie avait déjà pointé du doigt la situation de "rente" des sociétés autoroutières, dénoncée par l'Autorité de la concurrence. "Nous allons mettre beaucoup plus de pression sur les sociétés d'autoroutes. Ce ne sont pas des mots. Une autorité de régulation, un gendarme, qui agit déjà sur certains transports va étendre ses compétences ».

Vincent Pourquery de Boisserin nommé coordinateur interministériel de CDG Express
Le Premier Ministre a nommé, Vincent Pourquery de Boisserin, ingénieur général des Ponts, des Eaux et forêts, coordonnateur interministériel, chargé du projet de liaison ferroviaire express entre Paris et l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, qui doit être mise en service en 2023.
L’annonce a été faite, le 8 novembre, par les services du Premier ministre. Vincent Pourquery de Boisserin « devra veiller au bon déroulement du projet, en lien avec les collectivités locales et les opérateurs concernés » comme Aéroports de Paris et Réseau ferré de France.
Evoqué dès 1998, CDG Express avait été déclaré d'utilité publique dix ans plus tard avant d'être attribué en concession au groupe français de BTP Vinci. L'entrée en service était alors programmée pour 2014. Mais Vinci avait jeté l'éponge fin 2011 faute de financements. Le gouvernement Ayrault avait relancé ce projet en janvier 2014.
Eurostar fête ses 20 ans et s’offre de nouvelles rames
La compagnie ferroviaire Eurostar a annoncé, le 13 novembre, la commande de sept trains supplémentaires à l'allemand Siemens, alors qu'elle présentait à la gare St-Pancras à Londres ses nouvelles rames, à l'occasion des 20 ans de la ligne transmanche.
Ces trains, dont la mise en circulation commerciale est prévue fin 2015, pourront accueillir 900 passagers, soit 20 % de plus que les trains actuels, a expliqué Eurostar, qui a transporté quelque 150 millions de voyageurs depuis le 14 novembre 1994.
La commande initiale, passée en 2010, portait sur dix trains. Ce chiffre est donc porté à 17. Il s'agit du modèle Velaro du constructeur allemand, rebaptisé, pour Eurostar, e320 en référence à sa vitesse de 320 kilomètres par heure.
La décision d'Eurostar d'acquérir des rames auprès d'un autre constructeur qu’Alstom avait beaucoup fait couler d’encre. Alstom avait même porté l'affaire devant les tribunaux avant d'abandonner ses poursuites en 2012, après une commande géante de la SNCF qui détient 55% d'Eurostar.Dubaï. Inauguration du tramway construit par Alstom et Besix
Le premier tronçon du tramway de Dubaï a été inauguré le 11 novembre. Très moderne avec ses rames et ses stations climatisées, alors que la température peut monter jusqu'à 50 degrés Celsius, ce tramway a été construit par le français Alstom avec le belge Besix. Sur ce projet d'un milliard d'euros, qui a connu un important retard en raison de la crise financière, la part du marché pour Alstom s'élève à 450 millions d'euros et celle de Besix à 300 millions. D'autres entreprises ont été associées aux travaux de construction, exécutés au profit de l'Autorité de transport de Dubaï (RTA).
La ligne s'étend aujourd'hui sur 10,6 km le long de la façade maritime de New Dubaï, une zone résidentielle et touristique proche de l'île artificielle de "Palm Jumeirah".
Une deuxième phase devrait être lancée l'année prochaine pour prolonger la ligne vers d'autres quartiers. La part d'Alstom dans le budget de cette phase est estimée à 150 millions d'euros. L'objectif est d'achever les travaux avant l'Exposition universelle prévue à Dubaï en 2020.

Caen : un tramway fer pour remplacer le TVR
Le 5 novembre, les élus de Caen ont présenté le nouveau projet de transport en commun en site propre et ont décidé le remplacement du TVR, l'actuel tramway sur pneus, par un tramway fer pour 2019… Le TVR, jugé peu fiable et trop coûteux à entretenir sera remplacé par un tramway fer. Le nouveau tramway circulera sur l'actuel tracé de la ligne 1. Le projet prévoit le prolongement de la ligne vers Fleury-sur-Orne où un SMR ( site de maintenance et remisage) sera construit et la création d'une ligne Presqu'île pour desservir les nouveaux équipements publics.
Au total, la ligne s'étendra sur 17,1 km et disposera de 37 stations dont 4 seront communes aux deux lignes. Dès 2019, 24 rames de 32 mètres seront mises en circulation et offriront 210 places au lieu de 128 pour le TVR. Les travaux devraient débuter à l'automne 2017, les essais sont prévus au printemps 2019 et la mise en service en septembre de la même année. Le coût est estimé à 229,8 millions d'euros.
Tram low cost. Nextram : une offre globale pour un tramway abordable
Les agglomérations françaises moyennes ont les moyens d’avoir un tram ! Tel est le postulat de l’offre Nextram, dévoilée l’an dernier au salon de l’UITP à Genève par Vinci et Caf. Un an plus tard, lors du salon Transports Publics 2014 à Paris, les visiteurs ont pu découvrir ce concept plus en détail.
« Les villes qui ont les moyens de se payer un tramway se le sont déjà payé et si les villes moyennes vont vers le BHNS, c’est avant tout pour des raisons économiques. » Emis il y a trois ans, ce constat a été à la base d’une réflexion tant chez Vinci, spécialiste des travaux publics mais aussi des concessions, que chez Caf, qui avait remporté l’appel d’offres du matériel roulant destiné au tram de Besançon. Cette agglomération de taille moyenne, qui est à l’origine du concept de tram « compact » de trois modules (au lieu de cinq classiquement), a également « optimisé » son tram dans les autres domaines, ce qui a permis de ramener le coût de son nouveau réseau à 17 millions d’euros au lieu de 22 à 25 millions d’euros par km, matériel compris. « Besançon a vu ce sur quoi on pouvait faire des économies, mais on aurait pu aller plus loin », pense Francis Nakache, directeur général de Caf France. Pour « repousser à fond les tendances de Besançon », il a fallu « repartir d’une feuille blanche, oublier ce qui a été fait, apporter des idées nouvelles ». En étudiant une ligne structurante caractéristique d’un réseau de ville moyenne, Vinci et Caf ont re-créé un cahier des charges pour un « vrai TCSP à haut niveau de service, sans compromis sur la sécurité et les performances » nommé Nextram, dans les limites d’un budget tout en restant évolutif.
Première idée : Nextram est une offre globale, afin de limiter les interfaces entre corps de métiers, sources possibles de risques et de délais. Ainsi, il est possible d’avoir un chantier « glissant », permettant de limiter les effets négatifs des travaux dans l’agglomération. De plus, en fonction du choix des collectivités, l’offre est modulable : elle peut comprendre le financement du projet, voire l’exploitation (par un partenaire) et la maintenance du réseau une fois celui-ci en service. Bref, Nextram propose un « engagement global prix et délais garantis, y compris sur la maintenance pendant 30 ans ».
Deuxième idée : « un cumul de bonnes idées pour réduire les prix plutôt que des innovations » selon Francis Nakache. Par exemple, « un tramway compact unidirectionnel dont l’emprise au sol est réduite ».
Un tram unidirectionnel n’est effectivement pas une innovation : tous les bus (y compris les BHNS) sont unidirectionnels et le tram de Saint-Etienne, le plus ancien de France, l’est aussi tout comme de nombreux réseaux classiques d’Europe. Mais on peut constater que tous les nouveaux réseaux français développés depuis 1985 sont bidirectionnels, même s’il est assez évident que moitié moins de portes et de cabines de conduite réduisent le prix des véhicules !
Quant à l’emprise au sol réduite, elle est obtenue grâce au choix de l’écartement métrique pour la voie, qui permet des rayons de courbure réduits. L’idée est une fois de plus tout sauf révolutionnaire, en particulier en France où l’écartement métrique garde une connotation « petit train » et ne se retrouve côté tram que sur deux anciens réseaux (Saint-Etienne, encore, et le Mongy entre Lille, Roubaix et Tourcoing). Ceci alors que cet écartement est présent sur de nombreux réseaux en Europe, pour des raisons historiques.
Nextram propose toutefois de véritables innovations, que présente Cécile Cambier, directrice de zone France au développement de Vinci Concessions. Côté voie, le rail bas développé par ETF (Eurovia Travaux Ferroviaires, groupe Vinci) nécessite 20 cm de profondeur en moins que le classique rail à gorge Broca. Les poteaux portant la ligne aérienne de contact, plus légers, sont en implantation centrale plutôt que latérale. De plus, le stockage d’énergie ACR de Caf (qui a fait ses preuves en Espagne) est possible, d’origine ou avec provisions. Bref, un vrai tram, mais dont les choix techniques diffèrent de ceux mis en œuvre en France depuis 25 ans.
Nextram est ainsi « un tram pas aussi cher que ce que l’on peut craindre, avec tout ce que le tram apporte comme services » selon ses promoteurs. Séduisante, mais n’existant actuellement que sur le papier, cette offre se situe « dans la zone grise entre le BHNS et le tram de Besançon », plus précisément entre 11 et 13 millions d’euros par km, matériel compris. Nextram se destine aux villes « qui hésitent depuis longtemps, qui se sont déjà décidées pour le BHNS, mais pourrait revenir sur leur décision, ou qui ont remis en cause le tram suite aux dernières élections ». Bref, « des agglomérations qui voudraient bien un tram, mais ont dans l’idée que c’est trop cher et que le BHNS offre la même chose ».
Mais encore faut-il comparer ce qui est comparable, en dissociant dans le prix les aspects « transport » et « aménagement urbain ». Politiquement difficile, car jusqu’à présent, la spécificité du tram à la française est justement d’associer ces deux aspects, alors que l’ambition de Nextram est « une meilleure intégration dans le paysage urbain ».
Pour ce qui est du strict aspect « transport », Nextram s’attaque au marché des lignes structurantes, également visé par le BHNS. « Si l’on veut vraiment faire un BHNS, des travaux sont nécessaires, y compris au niveau de la plateforme et des réseaux, ce qui fait que le coût d’un BHNS est souvent supérieur à ce qu’on peut croire au premier abord », insiste Francis Nakache, rappelant qu’un véhicule non guidé nécessitera toujours une emprise au sol supérieure pour permettre des croisements en toute sécurité. Et à plus long terme, le matériel roulant Nextram a une durée de vie au moins double de celle d’un BHNS, tout en étant évolutif : le passage de 3 à 5 modules par rame, tel celui envisageable à Besançon, peut se faire « en une dizaine de jours ». Sans oublier que quelques minutes suffisent pour doubler la capacité en faisant circuler les trams en unités multiples : encore une idée pas si neuve mais jusqu’à présent – sauf T2 francilien et tram-train – rarement mise en œuvre en France !
Dossier réalisé par Patrick LAVAL

Tram low cost. Est-ce vraiment moins cher ailleurs ?
Quelques exemples de ces trois dernières années en France et ailleurs montrent que de nouvelles lignes de tram, même sans traitement « de façade à façade », ne sont pas toujours bon marché
• Pour information, le record de France est détenu par le prolongement du T3 dans l’est de Paris : 14,5 km pour 887 millions d’euros (matériel roulant compris), soit 61,2 millions d’euros par km, qui s’explique notamment par de nombreux ouvrages d’art (traversée de la Seine, viaduc de l’Ourcq…) et des aménagements largement dimensionnés. Le prolongement du T2 francilien en 2012 est sur la deuxième marche avec 53 millions par km tout compris et Nice est sur la troisième avec 39 millions (en 2007 déjà).
• La Suisse n’est pas bon marché, y compris pour ses trams. A Genève, le projet TCMC (tram Cornavin – Meyrin – CERN, ligne 14) est revenu à 420 millions de francs suisses pour 9 km, soit 38,4 millions d’euros par km. Toutefois, sans compter le troisième tronçon de 2,5 km, renchéri par une tranchée couverte chiffrée à 70 millions de francs sur un total de 170 millions, on retombe à 31,7 millions d’euros par km pour les deux premiers tronçons. Ce qui, pour un tram classique en centre-ville sur voie métrique, reste plus cher qu’un tram français moyen.
• Le contre-exemple absolu de gestion de projet est le nouveau tram d’Edimbourg, très en retard, moins étendu que prévu… et revenu à 776 millions de livres pour 14 km, soit 69,8 millions d’euros par km. Plus cher que le T3 parisien !
• A Saragosse, le nouveau tram a entraîné une rénovation urbaine conséquente – y compris la couverture complète d'une rivière ! – d’où un montant de 400 millions d’euros pour 12,8 km, soit 31,25 millions d’euros par km, stockage d’énergie compris. Un projet dans l’esprit du tram à la française, dans la fourchette haute des trams français hors Ile-de-France.
• Casablanca est aussi un exemple de « tram à la française » hors de France. Ses 31 km sont revenus à 6 milliards de dirhams, soit 17,8 millions d’euros par km : à peine plus cher que Besançon !
• A Oran, le nouveau tram est techniquement français mais pas « à la française » : l’aménagement ne va pas « de façade à façade » mais se limite au couloir du tram. Les 19 km ouverts en 2013 sont revenus à 54 milliards de dinars, soit 26,5 millions d’euros par km. Le prix d’un tram français moyen, quand même.
Les prolongements, qui ne comportent pas le poste « matériel roulant et dépôt », sont naturellement moins chers de l’ordre de 20 %. Mais ces trois exemples récents vont encore plus loin :
• Anvers : prolongement de 3 km de la ligne 15 vers Boechout pour 44,5 millions d’euros, soit un montant raisonnable de 14,8 millions d’euros par km pour une ligne classique hors centre-ville.
• Berlin : petit prolongement de 1,5 km à Adlershof pour 13 millions d’euros, soit 8,7 millions d’euros par km, trois stations comprises.
• Norrköping : le prolongement de 3,9 km en banlieue vers Hageby et Navestad n’est revenu qu’à 185 millions de couronnes, aménagement urbain compris. Un tram suédois « à la française » pour 5,2 millions d’euros par km (3,1 millions d’euros par km pour la voie et la LAC).
Patrick LAVAL
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Tram low cost. Nextram : une offre globale pour un tramway abordable