Auteur/autrice : admin_lvdr

  • L’abonnement Navigo dézoné aussi pendant les « petites » vacances

    Les abonnés Navigo annuel et mensuel pourront désormais circuler librement dans les cinq zones que compte le réseau de transport de l’Ile-de-France pendant les "petites" vacances scolaires, ainsi que l’ont décidé les membres du conseil du Stif le 5 mars 2014. Cette décision, qui s’applique également aux détenteurs de cartes Solidarité Transport mois et Améthyste, prend effet dès les prochaines vacances scolaires de l’Ile-de-France (zone C), du 12 au 27 avril.

    Jusqu’à présent, ce dézonage était limité aux week-ends et jours fériés depuis septembre 2012, et les vacances d’été depuis 2013.

    Ainsi, 3,2 millions de détenteurs d’un forfait ont désormais plus de 170 jours d’accès total aux zones 1-5, inclus dans leur forfait (en année pleine).
     

  • Le trafic fluvial progresse de 1 %.

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    Le transport de marchandises par voie fluviale affiche une croissance de 1% en France pour l’année 2013. Voies Navigables de France l’explique par la progression des filières du charbon et de la métallurgie : le transport de charbon thermique a augmenté de 25%, notamment grâce à l’approvisionnement des centrales électriques. D’autres secteurs sont aussi en progression sur les fleuves, comme la métallurgie (+7,5%), les produits chimiques, les engrais (+5%), et les céréales (+4,6%).

    Le transport fluvial de denrées alimentaires a, lui, diminué de 15%.

    Quant à la répartition géographique de ces échanges, le meilleur taux de croissance se trouve en Moselle, où 18,3% de tonnes/kilomètres en plus ont été transportées sur le Rhin. La Seine, la Saône, ou le Rhône ont quant à eux subi un léger repli, avec des baisses de trafic de 1 à 3%.

    Marc Papinutti, le directeur général de VNF, déduit de ces chiffres une confirmation de l’attractivité du transport fluvial, et affirme continuer les investissements de modernisation du réseau.

  • Ile-de-France. Valérie Pécresse demande un « plan Orsec pour les transports »

    Selon un communiqué de Valérie Pécresse « l’année 2013 aura été une année noire pour les transports en Ile-de-France.   

    Aucune des lignes de RER (A, B, C, D, et même la E) et seules deux lignes de Transilien sur 8 ont rempli leurs objectifs de régularité. » La droite demande donc un « plan Orsec pour les transports. »

    Aussi la présidente du groupe UMP à l’Assemblée régionale a-t-elle organisé, le mercredi 5 mars, jour du conseil du Stif, une opération de tractage dans soixante gares d’Ile-de-France, en, diffusant une « tribune » signée par Valérie Pécresse, trois présidents de conseils généraux (Patrick Devedjian, Hauts-de-Seine, Arnaud Bazin, Val-d’Oise, Alain Schmitz, Yvelines) et 57 parlementaires de droite ou centre droit. Selon les élus de droite, « seuls 40 kilomètres sur les 630 que compte le réseau RER ont été rénovés en 10 ans sous la responsabilité du Stif présidé par Jean-Paul Huchon » De plus, « c’est précisément sur ce tronçon qu’a eu lieu l’incident du 15 janvier qui a paralysé le trafic. En clair, des travaux ont été réalisés mais ils n’ont servi à rien. Et pour cause : au lieu de remplacer les rails et les caténaires, des travaux efficaces, on a préféré réaménager les gares, des travaux qui se voient. » Affirmation outrancière, puisque le plan RER B+ comportait une adaptation complète de la signalisation, l’ajout de voies supplémentaires sur certains tronçons et un nouveau poste d’aiguillage informatisé.

    Les élus demandent que « les transports franciliens deviennent enfin une vraie priorité du gouvernement et de la région. » Pour cela, la droite demande de renoncer au Pass Navigo unique. Elle demande, s’en prenant à la CMU et à l’Aide médicale d’Etat (AME), que l’on cesse « d’accorder une réduction de 75 % aux étrangers en situation irrégulière sur notre territoire et à leur famille », jugeant que cette réduction « prive les transports franciliens de 60 à 80 millions d’euros par an. » Rappelons que le 30 janvier, Valérie Pécresse, dans une interview au Parisien, avait évalué ce manque de 80 à 100 millions ». Ce qui lui avait attiré une réponse indignée de Piere Serne, vice-président Transports, dénonçant « la course à l’extrême-droitisation de l’UMP régionale », tandis que Jean-Paul Huchon, contestant totalement ce calcul, jugeait « surprenant que Valérie Pécresse demande de remettre en cause le droit à l’accès des personnes défavorisées aux transports, consacré par la loi, ce qui n’est pas sans poser de problème quand cela vient d’une députée et ancienne Ministre. »

    Selon la tribune des élus franciliens de droite, « l’Ile-de-France, c’est 50 % du trafic mais seulement 15 % des investissements au niveau national. Ce déséquilibre n’est plus tenable. » Sur le réseau SNCF, écrivent-ils, « la moitié des rails et des aiguillages a plus de 25 ans. La moitié des appareils de signalisation a plus de 65 ans et une grande partie des caténaires ont plus de 50 ans. ». Les trains aussi font défaut et, « selon la SNCF, il manque 250 trains pour que les transports fonctionnent correctement dans notre région. »

    En demandant qu’on cible les priorités, la droite cite la gare Saint-Lazare. Elle « a été rénovée mais la signalisation de ses voies, qui date des années 50, n’a pas été modernisée. Résultat, malgré ses 100 millions de voyageurs par an, cette gare possède les deux lignes Transilien (J et L) dont la régularité a le plus sévèrement chuté en 2013. » Ce sont justement les travaux qui vont être prochainement entrepris, et qui vont nécessiter la fermeture de la gare Saint-Lazare pendant plusieurs week-ends.

    Enfin, les élus de droite s’étonnent que « alors que pratiquement toutes les régions, sauf l’Ile-de-France, contestent la facture que leur présente la SNCF pour faire circuler les trains sur leur territoire, on peut s’interroger : la SNCF a-t-elle rempli toutes ses obligations vis-à-vis du STIF ? Et dans le cas contraire, qu’attend Jean-Paul Huchon pour saisir l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF) d’éventuels manquements ? ». Un proche du dossier fait remarquer que des mécanismes financiers plus contraignants que ceux mis en place pour les TER régissent les contrats du Stif avec ses opérateurs.

    Le groupe socialiste de l’assemblée régionale a aussitôt réagi en jugeant que « le plan Orsec que réclame la droite francilienne aujourd’hui n’est ni plus ni moins que la prise de conscience de la pertinence du « Plan de mobilisation pour les transports » lancé par la Région en 2008 pour améliorer le réseau de transports existant (RER, métro, bus, tram). Un plan de mobilisation auquel la droite gouvernementale d’alors avait refusé de participer pendant plus de… 3 ans. » Les municipales n’ont pas encore eu lieu que « le bal des régionales a commencé » commente un observateur. Les transports y auront une belle place.

    F. D. 

  • Japon : augmentation de près de 3 % des tarifs des transports en commun

    Les tarifs de plus de 250 compagnies de trains, métros et bus du Japon vont augmenter de près de 3 % à partir du 1er avril, en même temps que la hausse de la taxe sur la consommation, a annoncé le 4 mars le ministère japonais des Transports. Les transports en commun japonais, il est vrai extrêmement ponctuels et propres, sont déjà considérés comme très chers dans l'archipel.

  • Bombardier remporte la commande Crossrail

    Bombardier remporte la commande Crossrail

    C'est Bombardier qui a remporté la commande de matériel roulant gigantesque de Crossrail, pour le futur « RER » est-ouest londonnien  

    Le 6 février, l'autorité organisatrice londonienne Transport for London (TfL) et le ministère britannique des Transports (DfT) ont annoncé que Bombardier avait remporté le marché du matériel roulant de Crossrail, le futur « RER » est-ouest londonien. Chiffré à « environ un milliard de livres » (1,2 milliard d'euros), le contrat, qui comprend une option sur 18 rames supplémentaires, porte sur la fourniture, la livraison et la maintenance de 65 nouvelles rames automotrices de neuf voitures, ainsi que sur un dépôt. 

    Le choix du constructeur rentenu était très attendu car l'avenir de l'usine Bombardier de Derby – dernier site industriel ferroviaire britannique regroupant conception, ingénierie et production – en dépendait. Ce site, qui compte 1 600 salariés, a connu une phase difficile en 2011, après la perte par Bombardier de deux grands marchés : les trains intercités IEP et les automotrices Thameslink. La perte de ce dernier, ayant entraîné la suppression de 1 500 postes, a pesé lourd sur la rédaction de l'appel d'offres du matériel Crossrail, favorisant les intérêts de l’industrie britannique.

    Après le retrait d’Alstom, quatre soumissionnaires ont été short-listés en mars 2012 : Bombardier Transport, Caf, Hitachi Rail Europe et Siemens. Déjà occupé par le marché Thameslink, ce dernier s’est retiré début juillet et les trois offres définitives ont été remises le 12 août suivant.

    Avec les exigences en matière de localisation de l’assemblage des trains, les « intérêts stratégiques du Royaume-Uni » et le soutien des élus locaux, des syndicats et du prince Charles à l'usine de Derby, Bombardier était le mieux placé. Et depuis décembre circulaient dans la presse britannique des visuels du nouveau train Aventra de Bombardier, dont les caractéristiques répondaient exactement au cahier des charges de Crossrail : 200 m de long, accueil de 1 500 voyageurs, intercirculations, climatisation…

    Toutefois, le DfT nie tout favoritisme et précise que c'est sur le principe du « bon train au meilleur prix » que Bombardier a été sélectionné. Ce dernier a aussitôt confirmé que les trains seraient construits et assemblés à Derby, où 760 emplois et 80 postes d’apprentis seront créés. Environ 74 % de la valeur du contrat devraient « rester dans l'économie du Royaume-Uni ». 

    Les premières rames Crossrail, désignées Class 345, doivent entrer en service en mai 2017 entre la gare de Liverpool Street et Shenfield. Cette relation constituera fin 2018 une des branches du réseau Crossrail, dont l'exploitant doit être choisi d'ici la fin 2014. Patrick LAVAL

  • Hongrie : Caf va fournir les tramways de Budapest

    L'entreprise espagnole CAF a remporté l'appel d'offres pour le renouvellement des tramways… L'entreprise espagnole Caf a remporté l'appel d'offres pour le renouvellement des tramways de Budapest, pour un contrat de 44,1 milliards de forints, soit 147 millions d'euros. « Les premiers trams d'un parc de 37 engins du constructeur espagnol Caf arriveront à Budapest en 2015 », a précisé la ville le 3 mars. Les trams actuels de la capitale hongroise remontent aux années 1970. Douze rames seront longues de 56 mètres, alors que les 25 autres seront plus courtes (34 m), a ajouté la municipalité.

  • Autoroutes ferroviaires européennes : un nouveau wagon Lohr UIC

    Autoroutes ferroviaires européennes : un nouveau wagon Lohr UIC

     

    Voici le prototype du wagon Lohr UIC présenté fin janvier par Lohr Industrie dans son usine de Duppigheim (Bas-Rhin)  Il permet de transporter des semi-remorques standard de 4 m de haut aux coins – y compris les non-préhensibles et les MegaTrailer, qui échappent au transport combiné classique – sur les grands axes du continent européen. A condition toutefois que ces axes soient à un gabarit égal ou supérieur au GB1 et que les terminaux desservis soient équipés du système Lohr.   P. L.

  • Bus électrique : la nouvelle stratégie de la RATP

    Bus électrique : la nouvelle stratégie de la RATP

    Après avoir mis en service ses premiers autobus hybrides de série en fin d’année dernière sur la ligne 21, Paris veut désormais passer très vite à la traction 100 % électrique. Mais à la différence de Londres ou Barcelone qui ont opté pour des bus chinois, la Ville lumière préfère laisser le temps aux constructeurs européens de fourbir leurs armes  

    « C’est un choix volontaire de la RATP : nous allons passer aux bus électriques, car nous sommes convaincus qu’ils représentent la voie d’avenir. » Pierre Mongin, qui présentait en janvier ses vœux à la presse, n’a jamais été aussi catégorique. Le président de la Régie ne veut pas encore révéler dans le détail les prochaines étapes de sa stratégie de transition énergétique qu’il aurait déjà préparée de longue date avec son équipe. En revanche, il insiste sur le caractère définitif de la décision prise. Et le virage doit même s’amorcer dès cette année, d’autant que la RATP dispose justement d’un « bon budget dynamique », comme le qualifie Pierre Mongin, avec 1,6 milliard d’euros d’investissement, soit un niveau encore jamais atteint…

    Les quinze autobus hybrides Man Lion’s City mis en circulation sur la ligne 21 à partir de décembre dernier participent pleinement de cette démarche. Ils seront d’ailleurs rejoints par quinze Iveco Citelis sur la 147 et quinze Heuliez GX 427 sur la 91. Certes, la RATP doit aussi réceptionner cette année 147 autobus diesel Euro 6 (Iveco Urbanway, Man Lion’s City et Mercedes Citaro), mais il ne faut voir dans ces différentes commandes aucune contradiction : « En tant qu’opérateur, rappelle Pierre Mongin, je mets en œuvre les décisions des élus, et il nous faut gérer cette nouvelle transition énergétique en faisant appel au diesel et à l’hybride. »

     

    A PARIS, L’HYBRIDE EST LE PASSAGE OBLIGÉ

    Comme la plupart des constructeurs et opérateurs le reconnaissent, l’hybridation est effectivement le passage technique obligé pour mieux accéder à l’autobus 100 % électrique. A cela rien d’étonnant : si l’hybride conserve bien son groupe thermique, il utilise justement les mêmes moteurs de traction pour la transmission de l’effort, ainsi que les mêmes supercondensateurs et batteries pour la récupération d’énergie que ceux équipant les véhicules tout électriques. Nombre d’experts s’accordent aussi à dire aujourd’hui que, dans les années à venir, 10 % des bus vendus rouleront directement à l’électricité, sans groupe thermique. Ils pronostiquent même que la totalité des véhicules commercialisés à terme feront appel à la traction électrique intégrale. La RATP ne compte toutefois pas mettre tous ses œufs (en l’occurrence les quelque 4 500 autobus de son parc) dans le même panier : « Je fais une exception avec le biogaz, que nous garderons comme une alternative à terme », précise Pierre Mongin. Le centre bus de Créteil doit être dédié, de façon pérenne, à l’utilisation du gaz de méthane recyclé provenant de l’usine de traitement des eaux de Valenton. On se souvient qu’il y a une quinzaine d’années, Créteil avait accueilli les premiers autobus RATP fonctionnant au GNV (Gaz naturel pour véhicule), et Aubervilliers ceux au GPL (Gaz de pétrole liquéfié). Depuis, la Régie a définitivement abandonné ledit GPL, le constructeur Daf (seul fournisseur européen de motorisation GPL avec Man) ayant suspendu la fabrication de ses moteurs adaptés à cette filière. En revanche, les Agora GNV d’Irisbus, affectés au centre-bus de Créteil, y demeurent toujours bien actifs…

     

    LONDRES ET BARCELONE CHOISISSENT LE CHINOIS BYD

    A Londres, comme à Berlin, Vienne, Stockholm ou encore Barcelone, la révolution du bus électrique pointe déjà le bout de son nez. Paris ne doit donc pas être en reste, mais ne veut toutefois nullement se précipiter : « Il faut laisser le temps aux constructeurs français et européens de se préparer, tempère Pierre Mongin. On ne va pas se mettre à acheter aux Chinois ! » C’est pourtant ce que vient de faire TfL (Transport for London), l’autorité organisatrice des transports londoniens, mais aussi Barcelone. La capitale de la Catalogne aurait même indirectement facilité au constructeur chinois Byd son entrée sur le marché, en lui assurant sur place une homologation de son véhicule pour l’Europe. La jeune entreprise, fondée en 1995 dans l’empire du Milieu, n’a pas choisi sa raison sociale au hasard : elle a tout simplement voulu adopter les initiales de Build Your Dreams (« Construisez vos rêves »). Ayant lancé son activité avec seulement vingt collaborateurs, elle en compte aujourd’hui plus de 150 000 ! Et à l’évidence, ses rêves de croissance sont déjà devenus réalité… 

    A Londres, deux autobus standard de 12 m à traction 100 % électrique, fournis par Byd, ont été mis en service commercial, le 19 décembre dernier, par l’opérateur Go-Ahead. Ils roulent à titre probatoire sur les lignes à fort trafic 507 et 521, encore bien connues sous leur ancien nom de « Red Arrows », et qui assurent une relation plus spécialement dédiée aux voyageurs transitant entre les gares de Victoria, Waterloo et London Bridge. 

    Les véhicules sont rechargés quatre à cinq heures par nuit au dépôt de Waterloo, ce qui leur confère une autonomie d’environ 250 km, a priori suffisante pour assurer une journée de service (les parcours journaliers moyens pratiqués à la RATP, qui considère avoir un fort taux d’utilisation de son matériel roulant, oscillent autour de 180 km). Le constructeur Byd, qui entend concevoir ses autobus électriques ex nihilo et non comme la simple « électrification » d’un véhicule diesel ou hybride, a choisi la solution « batteries+moteurs de roue », qu’il estime être la plus pertinente sur le plan technique. Les essais préliminaires menés par Byd démontrent une économie potentielle d’exploitation de 75 % par rapport à un véhicule diesel équivalent, ce qui, compte tenu de l’inévitable surcoût à l’achat, devrait permettre à l’opérateur de dégager ladite économie avant la dixième année de possession. 

    Six autobus électriques supplémentaires vont incessamment rejoindre Londres déjà fort du plus grand parc européen d’hybrides, avec quelque 600 véhicules aujourd’hui et plus de 1 700 prévus en 2016 ! Compte tenu de l’engagement du maire de Londres, Boris Johnson, en faveur du développement d’autobus propres dans sa ville, le constructeur Byd pourrait trouver sur les rives de la Tamise un juteux marché. Mais rien, du côté de la RATP, ne laisse pour le moment penser qu’il va aussi « construire ses rêves » en bord de Seine…

    Philippe Hérissé

     

  • Le maire du Blanc-Mesnil accuse SNCF, RATP et RFF de discrimination

    Le maire du Blanc-Mesnil accuse SNCF, RATP et RFF de discrimination

    Qu’est-ce qui ne va toujours pas sur le RER B ? Trains en retard, thrombose du réseau, installations électriques au bord du pétage de plomb malgré la mise en place en septembre dernier du plan RER B Nord+, soit 250 millions d’euros de travaux réalisés pour améliorer le trafic et la fiabilité de la ligne, des usagers se plaignent encore d’incidents répétés Arguant de la reconnaissance par l’Etat de la notion de discrimination territoriale, le maire du Blanc-Mesnil remonte au créneau au nom de ses administrés.

    Il compte bien avoir la (nouvelle) loi pour lui. Ne pas bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens parce qu’on vit dans une banlieue populaire peut désormais relever de ce qu’on appelle la discrimination territoriale. Et les auteurs de cette sorte de ségrégation peuvent être poursuivis à ce titre. Estimant que les 52 000 habitants de sa commune sont particulièrement victimes des dysfonctionnements répétés du RER B, le maire du Blanc-Mesnil, Didier Mignot, vient de réactiver – et de réactualiser – à ce titre, la plainte qu’il avait déjà portée le 14 décembre 2012. Une plainte auprès du tribunal administratif. Où il met dans le même sac la SNCF, la RATP, coexploitantes de la ligne, et RFF, le gestionnaire d’infrastructure. Les accusant de porter « atteinte à l’image de sa ville ». Le maire (Front de gauche), candidat à sa réélection aux prochaines municipales de mars dans cette commune du 9-3, la Seine-Saint-Denis, demande « qu’un jugement les condamne à réparer le préjudice subi par la ville », précise son cabinet. Considérant que le transport ne remplit pas, au sens propre, son rôle de véhicule d’intégration, il réclame un dédommagement d’un euro par habitant.

    Dans son premier état de 2012, la plainte de l’élu attaquait déjà les trois entreprises pour « rupture de l’égalité de traitement entre les usagers du service public ». Notamment parce que certains trains de la ligne, alors qu’ils étaient omnibus jusqu’à Aulnay, filaient sans s’arrêter dans sa gare. Ni, soit dit au passage, dans celle de Drancy. Les Blancmesnilois se plaignaient, rappelle la mairie qui à l’époque a ouvert pour recueillir leurs témoignages un site de doléances, d’avoir droit à 20 minutes d’attente systématique. Et ceci quand leur train n’était pas en retard, voire tout simplement supprimé en cas d’incident.

    Depuis la mise en place du plan RER B Nord+, le 2 septembre dernier – un programme d’amélioration de la qualité du service de 250 millions d’euros – tous les trains desservent désormais toutes les gares de la ligne B.

    « Ça va mieux, concède le cabinet du maire, mais les retards et les incidents à répétition continuent. » Et la véritable série noire vécue par les banlieusards en janvier est encore venue apporter de l’eau à son moulin.

    Le 9 janvier, à la suite d’un problème d’alimentation électrique gare du Nord, le RER B (mais aussi le D) avait dû se contenter toute la journée d’une de ces circulations dites pudiquement « allégées » qui valent leur pesant de problèmes à résoudre pour le banlieusard.

    Quelques jours plus tard, le 15, près de 50 000 personnes se retrouvaient embarquées dans une nouvelle galère. Une journée mal partie dès le matin. Un RER stoppait à 8h en gare d’Auvervilliers à la découverte d’un paquet suspect oublié par un voyageur dans son train. L’intervention des services de déminage s’impose dans ces cas-là en vertu du plan Vigipirate. A 9h, l’incident est clos. Sauf que 14 autres trains s’étaient empilés dans les gares. Et sauf que l’un d’eux, stoppant pile à Aulnay sous un point fragile de la caténaire, capte au redémarrage une intensité équivalente à celle de toutes les rames présentes sur la zone. Et fait, selon les conclusions de l’enquête interne, « fondre » les fils. Paralysant toute reprise du trafic. « Un phénomène rarissime », jure Jérôme Lefebvre, directeur de la ligne B. Reste que tous les voyageurs, bloqués parfois dans leur rame pendant plus d’une heure, ont dû finalement descendre sur le ballast pour être évacués. La situation ne devait reprendre normalement que dans la soirée. Et ce ne sont pas les « 26 bus de substitution qu’on a pu mettre en place qui, Jérôme Lefebvre le reconnaît volontiers, pouvaient, à raison de 50 personnes par bus, suffire à acheminer une moyenne de quelque 1 500 voyageurs par train… »

    Enfin, comme si cela n’était pas assez, le lendemain les usagers avaient droit cette fois à un dégagement de fumée en gare RER de Châtelet-les-Halles. Propagée dans le tunnel par des conduits d’aération vers 18h30, elle provenait d’un feu dans les cuisines du Novotel du quartier. Par mesure de sécurité, les quais et toute une rame étaient évacués. Effet domino : le tableau horaire dégringolait. L’incendie du Novotel entraînait des répercussions jusque tard dans la soirée.

    On le sait, sur cette ligne intensément fréquentée où le trafic pendant la dernière décennie a augmenté en moyenne de 3 % par an, le moindre grain de sable dans les rouages enclenche des conséquences en cascade. Tous les problèmes, loin de là, ne sont pas imputables à l’infrastructure ou aux opérateurs. Mais la caténaire qui lâche ? Le moteur d’une machine qui flanche ? Les vieux matériels sales encore en service ?

    Pour aller en justice, le maire s’appuie sur « l’obligation légale et contractuelle » qu’a chacune de ces entreprises, rappelle-t-il, « d’exploiter et d’entretenir la ligne par tous les moyens en sa possession pour garantir un service de transport répondant à des normes de continuité, de régularité, d’amplitude, de sécurité et de qualité ». Certes, depuis 2009 déjà, les conducteurs, qu’ils soient SNCF ou RATP, assurent la ligne de bout en bout évitant les précieuses minutes perdues auparavant pour se passer les commandes gare du Nord. Certes la ligne est désormais sous commandement unique d’un seul PC depuis novembre dernier pour plus de réactivité. Mais l’opération RER B Nord+ n’a apporté des améliorations qu’en « utilisant mieux l’infrastructure existante ». Et c’est bien là un des gros problèmes. 

    Avant même la mise en place de ce plan, les collectifs d’usagers prévenaient déjà que la ligne, qui accuse trente ans de retard d’investissements, aurait sans doute bien du mal à ingérer un tel renforcement des circulations. Et qu’on risquait fort la « surchauffe » ? Voire le pétage de plomb côté caténaires et installations électriques.

    Sans parler du véritable entonnoir que constitue sur la ligne ce fameux tunnel entre Gare-du-Nord et Châtelet où les voies passent de quatre voies à deux. Deux voies que le RER B doit partager avec le D où circulent encore des Z 2N moins performants que les MI 79. Sachant aussi que le malheureux tunnel doit absorber l’injection supplémentaire de quatre RER D de plus par jour depuis décembre 2012. Ce qui n’a rien arrangé dans ce souterrain parisien au bord de la thrombose soir et matin.

    Quant au futur métro Grand Paris Express, même si Didier Mignot réclame pour 2018-2020 les lignes 16 et 17, la mise en service de la première n’est annoncée que pour 2023 et celle de la seconde pour 2025. La construction des deux tronçons Le Bourget – Noisy-le-Grand (2016) et Le Bourget – Roissy (ligne 17) devraient, selon les estimations, soulager la ligne B de 30 % de son trafic. Un usager hausse les épaules : « Quand on en sera là, je serai en retraite. On fait quoi en attendant ? »

    En attendant, les usagers essuient fatigue et stress, retards répétés au travail, crèche qui ferme ou enfants qui attendent chez la gardienne et autres rendez-vous manqués… Sans parler, selon la mairie, des personnes exclues de l’emploi parce qu’elles « n’habitent pas au bon endroit », ou des entreprises qui refusent de s’installer sur la commune en raison des problèmes de transports. Quelles que soient les différentes causes des incidents, c’est leur accumulation qui fait mal. La plainte déposée par le maire du Blanc-Mesnil est-elle recevable ? C’est à la justice de le dire. Mais si c’est le cas, d’autres villes de banlieue pourraient bien être tentées de suivre son exemple.

    Chantal BLANDIN