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Auteur/autrice : admin_lvdr
Ils ont dit…
Jean-Marc Janaillac refuse d’opposer DSP et régie
« Saisir les autorités de Bruxelles pour voir s’il serait possible d'abaisser le taux de TVA uniquement pour les régies de transport, comme l’a proposé le ministre délégué chargé du Budget, Bernard Cazeneuve, c’est inacceptable. Cette démarche, qui consiste à opposer délégation de service public et régie, est totalement inappropriée ». Jean-Marc Janaillac, président de Transdev et président de l'UTP, aux Rencontres nationales du transport public (RNTP) de Bordeaux, à propos de la hausse du taux de TVA sur les transports de 7 à 10 % au 1er janvier et de l’échec de faire reconnaître le statut de service de première nécessité aux transports du quotidien et donc une taxe au taux réduit de 5,5 %.
Daniel Percheron veut en avoir pour son argent
« Supprimer des emplois dans les gares sans demander l’avis de ceux qui financent à 100 % le service, c’est se moquer d’eux, c’est mépriser la représentation régionale.»Daniel Percheron, président (PS) du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, à propos de la décision de la SNCF de réduire le nombre d’agents dans plusieurs gares et donc de fermer des guichets certains jours ou à certaines heures.
Eric Quiquet ne veut pas rempiler
Après plus de dix ans de délégation Transport à Lille Métropole, Eric Quiquet veut passer à autre chose. « Je ne pense pas reprendre les transports si je suis réélu », a-t-il confié fin novembre, lors du « défi métro », qu’il a lancé à Marc-Philippe Daubresse, député UMP, membre de la commission des finances de LMCU. Ce défi consistait simplement à prendre ensemble le métro à l’heure de pointe du matin, dans le but de constater sa saturation… et donc la nécessité de doubler les rames.
Etienne Guyot et Jérôme Coutant préparent la révolution numérique du Grand Paris Express
« Un réseau peut en cacher un autre ! »,a lancé Jérôme Coutant, responsable du Numérique à la Société du Grand Paris (SGP) en présentant l’appel à manifestation d’intérêt lancé le 5 décembre afin de préparer « le métro le plus digital du monde », comme le souhaite Etienne Guyot, président de la SGP. Le système de transport du Nouveau Grand Paris Express sera en effet doté d’un réseau de fibre optique pour son fonctionnement, mais autant prévoir également en amont les fourreaux qui accueilleront un réseau à très haut débit à destination des voyageurs pour des services innovants, comme des territoires traversés et de leur tissu économique. Les gares et le réseau devenant des hubs, des espaces de co-working,etc., et certains espaces pouvant potentiellement héberger des data centerspour les entreprises.
Rachel Picard, l’amoureuse des gares
En guise de conclusion à l’atelier des RNTP de Bordeaux « Comment se dessine la gare de demain ? », la directrice générale de Gares & Connexions a formulé un vœu inattendu: « Que les gares soient toujours le lieu où l’on s’embrasse le plus au monde ». Romantique !

Vossloh Cogifer inaugure son centre technologique à Reichshoffen
Vossloh Cogifer a investi 1,9 million d’euros dans son nouveau « technocentre » de 1 500 m2 qui regroupe ses ateliers, dédiés aux appareils de voie et aux équipements de signalisation associés, son service clients et un centre de formation. Reichshoffen, l’ancien fief De Dietrich, reste un centre majeur de l’industrie ferroviaire française. C’est par exemple dans cette petite ville du nord de l’Alsace que les nouveaux TER Régiolis sont assemblés sur la partie du site reprise par Alstom. Mais ce n’était pas pour rendre visite au constructeur de matériel roulant qu’élus et représentants du secteur ferroviaire ont été invités sur ce site industriel. Ce dernier est également occupé par Vossloh Cogifer, filiale du groupe allemand Vossloh AG depuis 2002, qui y inaugurait son nouveau centre technologique, déjà surnommé « le technocentre » après un chantier mené en un an.
Spécialisé dans les appareils de voie pour chemins de fer et tramways, la signalisation et les équipements associés, Vossloh Cogifer emploie environ 2 300 personnes sur 36 sites industriels implantés dans 21 pays, réalisant en 2012 un chiffre d’affaires de 451,3 millions d’euros. De quoi se permettre un investissement de 1,9 million d’euros dans un nouveau bâtiment qui accueillera entre 25 et 30 ingénieurs et techniciens. Un effectif renforcé pour l’occasion par l’embauche de huit ingénieurs. En outre, un million d’euros ont été investis pour de nouveaux bancs d’essai et moyens de test.
Dans son centre technologique, Vossloh Cogifer a regroupé l’ensemble des ressources de R&D de ses deux ateliers de Reichshoffen, l’un dédié aux appareils de voie et l’autre aux équipements de signalisation associés. Le nouveau bâtiment de 1 500 m2 abrite également le service clients et un centre de formation. Au rez-de-chaussée de l’entrée, qui forme un véritable show-room de la production de Vossloh pour les installations fixes, le visiteur peut aussi bien se familiariser avec les appareils de voie produits ici, manipuler les tirefonds et crapauds élastiques des attaches de rail ou se familiariser avec des innovations comme la traverse d’appareil de voie intégrée (un succès en Suède et en Russie) ou un dispositif de détection des coupures de câbles. A l’étage, un centre de documentation jouxte les bureaux, alors que dans les autres espaces en rez-de-chaussée, de nouveaux équipements sont mis à disposition des ingénieurs. Un atelier permet la réalisation des prototypes, alors que dans un laboratoire de métallurgie sont sélectionnées les nuances d’acier les plus résistantes selon les conditions d’exploitation des appareils. Dans une autre salle, deux nouveaux bancs de test en fatigue et endurance mécanique vont doubler les capacités d’essai de la société. Ils sont destinés aux tests de sous-systèmes des appareils : traverses, composants de cœur, éléments mécano-soudés, pièce de fonderie etc. Enfin une nouvelle cellule de calcul dynamique et modélisation de composants est ajoutée aux moyens déjà existants.
Le centre permettra aussi aux équipes de Vossloh Cogifer Services, chargées de la mise en service des équipements et de l’expertise en voie, de disposer de moyens d’intervention renforcés au service des clients. Et question formation, le personnel s’entraîne à des interventions très rapides sur des appareils de voie… et pas seulement sur les aiguillages à grande vitesse !P. L.

Postpaiement : voyagez d’abord, payez après
Facilité d’utilisation côté voyageurs, facilité d’installation pour les autorités organisatrices
de transports et les opérateurs, on comprend pourquoi les réseaux recourent de plus en plus au paiement différé. Une poignée d’entre eux vient de se convertir dans les derniers six mois. Malgré cet engouement, cette technologie n'est pas une nouveauté partout. Lille fin septembre, Nantes le 1er novembre, Valence-Romans le 5 novembre, mais aussi Nancy, Nîmes ou Dijon. Depuis quelques mois, le nombre d’agglomérations qui proposent le postpaiement à leurs clients ne cesse de croître. « Il y a un véritable engouement des autorités organisatrices pour le paiement différé. On trouve de plus en plus cette demande dans les appels d’offres les plus récents », constate Christophe Badesco, chargé de mission Billettique chez Keolis qui a accompagné le postpaiement à Tours en 2009.
Il faut reconnaître que le postpaiement a de quoi séduire. Les clients en premier lieu car ils paient seulement les voyages qu’ils effectuent. Un effet de la crise ? Elle entre en compte probablement, même si elle est difficile à quantifier.
Le recours au paiement différé n'est pas une nouveauté partout. A Belfort, la demande de postpaiement – même si elle n’était pas formulée ainsi – est assez ancienne. « Au cours d’une de nos enquêtes précédant la mise en place d’Optymo, j’ai été surpris par le nombre d’habitants disposant de revenus modestes qui craignaient de ne pouvoir payer un abonnement en fin de mois », se souvient Christian Proust, président du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC).
Mais ce n'est pas principalement pour cette raison que le SMTC a lancé le postpaiement en 2008. Il a été mis en place pour augmenter la vitesse des bus ! « Quand nous avons pris les rênes des transports dans l’agglomération, nous avons constaté que les bus étaient la moitié du temps à l’arrêt. Soit devant un feu, soit à un arrêt, le temps que le conducteur vende des billets », raconte Christian Proust. Ce dernier préférant que les conducteurs… conduisent, il a été décidé de supprimer la vente à bord. Une très grosse campagne de promotion de la carte de postpaiement a été lancée. Avec l’idée qu’elle s'adresse à tous les voyageurs.
Le SMTC en a profité pour baisser le prix unitaire du ticket. 90 centimes le trajet valable pendant une heure, même en cas de changements de bus et de lignes. Autre avantage, le paiement différé est devenu dégressif et plafonné. Si le voyageur circule peu, il paie chaque trajet 80 centimes. Un plus gros utilisateur ne paiera jamais plus que 31 euros, prix plafonné de l’abonnement mensuel adulte, ou 9 euros pour les enfants et les scolaires.
« Le paiement différé facilite et simplifie l’acte d’achat, explique Christophe Badesco. Mais nous préconisons de le destiner à la seule clientèle occasionnelle. Ne serait-ce que pour conserver sa simplicité. Sinon, le client risque de se perdre s’il doit calculer le nombre de voyage qu’il a effectué, si cela correspond, ou dépasse le montant du carnet, ou du titre mensuel. »
Ce qui n’empêche pas le geste marketing. « C’est arrivé à Tours avec un client qui, un mois, avait largement dépassé le cadre des voyages occasionnels. Nous lui avons signalé, par courrier, qu’il existait des tarifs plus intéressants. Mais il a répondu que cette hausse soudaine était très ponctuelle et ne souhaitait pas changer de formule », poursuit Christophe Badesco.
Une politique tarifaire similaire est appliquée à Valence-Romans, où le réseau Citéa, géré par Transdev, a lancé Cité’zen le 5 novembre dernier. Il ne s’agit pas de proposer un tarif préférentiel, mais de faciliter l’achat de titres à des voyageurs occasionnels : l’étudiant qui rentre un week-end sur quatre, la personne âgée, qui va emprunter le bus une ou deux fois par semaine… Aucune politique tarifaire particulière ne l'accompagne : le titre reste à 1,20 euro. Seuls intérêts : le plafonnement de la carte à 40 euros de dépenses au maximum (soit environ 33 voyages !), et la garantie de ne pas être en fraude.
L’option Cité’zen est gratuite. Il suffit, comme pour tous les voyageurs, de s’inscrire avec une pièce d’identité, et de fournir un RIB pour le prélèvement, qui s’effectue le 10 du mois.
D’un point de vue technique, la mise en place du postpaiement, ne présente pas de difficultés particulières. A deux ou trois détails près. D’abord, il faut que le réseau soit doté d'un système de pass sans contact. Une exigence qui n’en est (presque) pas une, puisque de plus en plus d’agglomérations en ont un. Certaines d’entre elles, s'appuient sur la carte de transport multimodal développée au niveau régional. A l’instar de l’agglomération de Valence-Romans-sur-Isère qui propose Cité’zen sur la carte OùRA de Rhône-Alpes (en service sur le réseau Citéa).
L’autre condition pour le bon fonctionnement du système repose sur la validation. Sans elle, pas de facturation possible au client. Or le client peut facilement oublier, sciemment ou non, de glisser son pass devant le valideur. D’autant plus sur des réseaux ouverts comme les tramways ou pour les bus articulés à multiples entrées. « Dans nos recommandations, nous attirons toujours l’attention des élus sur ce phénomène lorsqu’ils souhaitent mettre en place le postpaiement », précise Christophe Badesco. Si le réseau a déjà un taux de fraude élevé, ce système aura du mal à faire ces preuves. « A Tours par exemple, qui est passé au postpaiement en 2008, le taux était de 2 %, poursuit Christophe Badesco. Et dans tous les cas, le postpaiement doit s’accompagner de campagnes d’informations sur le rôle et l’intérêt de la validation. »
Car, au-delà du postpaiement, la validation est un formidable outil de connaissance du réseau, de sa fréquentation, ligne par ligne, parfois arrêt par arrêt, ou encore de l’occupation des bus et des habitudes des voyageurs. A Belfort, on ne craint pas particulièrement la fraude qui atteint les 5 %. « Les contrôleurs sont équipés de lecteurs de carte qui révèle l’historique des validations. Ils voient si le porteur emprunte souvent le réseau ou une ligne. Cela permet de faire le tri entre un oubli ponctuel et une fraude caractérisée », explique Christian Proust. L’oubli ne sera facturé que 4,50 euros, mais la fraude 45 euros. Cette agglomération, convertie de longue date au postpaiement, l’utilise également pour les autres modes d’Optymo : les vélos en libre service, décompté à la minute. Ce sera aussi le cas pour les futures voitures en libre service qui seront lancées mi-décembre. A la clé aussi, des centaines de données utilisateurs, bien sûr collectées dans le respect de la vie privée, mais qui permettent d’affiner le service.
Yann GOUBIN

Passe Navigo à tarif unique, la fin du rêve
Une promesse politique non tenue, ça ne serait pas nouveau. Une promesse politique non tenue, ça ne serait pas nouveau. Ainsi, sachant que le prochain scrutin régional est en 2015 et que le vice-président chargé des Transports en Ile-de-France, Pierre Serne (EELV) venait d’affirmer que le pass Navigo au tarif unique de 65 euros, ça ne sera finalement (toujours) pas pour 2014, notre confrère du Monde, Olivier Razemon, annonçait sur son blog, le 28 novembre, que la région renonçait au dézonage total. Mais comme il n’est pas question de perdre la face sur un sujet aussi porteur de symbole, l’élu corrigeait le tir dès le lendemain, transformant l’abandon en énième report.
Bref, malgré les 400 millions d’euros nécessaires au financement annuel de la mesure, introuvables, malgré la hausse de 3 points de la TVA, qui plombera de 100 millions d’euros le budget du Stif, et qui sert opportunément de goutte d’eau dans cette affaire, Pierre Serne veut garder son optimisme. « On ne peut pas se le permettre dans la situation actuelle », a-t-il d’abord déclaré. De toute façon, l’AO francilienne est coincée puisque l’harmonisation des taux de VT franciliens, mesure supposée financer le dézonage, doit passer par le Parlement.
Et comme on pouvait le craindre, elle ne sera pas votée au PLF 2014. Devant le buzz créé par cette annonce, Pierre Serne tente d’éteindre le feu via Twitter le 30 novembre : « @Denis_Baupin @S2RVNL @franckraleur je confirme : n’ai jamais parlé d’abandon mais de difficulté financière récurrente à faire. On lâche rien ! » Il rappelle tout de même que le dézonage se fait « par morceau » puisqu’il reste valable le week-end et sera réitéré durant 5 semaines d’été, comme cette année. Son coût étant plus raisonnable – quelques dizaines de millions d’euros – il devrait pouvoir être absorbé par le budget.C. N.

La ville de Paris choisit ses futurs Abribus
La commission d’appel d’offres de la ville de Paris a attribué à l’unanimité, le 19 novembre, un nouveau marché à la société Sopact, filiale de JC Decaux. Presque 50 ans après la naissance des premiers Abribus à Paris, en 1964, leur concept est réinventé. La commission d’appel d’offres de la ville de Paris a attribué à l’unanimité, le 19 novembre, un nouveau marché à la société Sopact, filiale de JC Decaux. Les élus du Conseil de Paris doivent encore voter la délibération le 15 décembre.
Les 1 920 abris-voyageurs parisiens seront remplacés par un nouveau modèle, à partir du deuxième semestre 2014, qu’il est prévu d’installer en 2000 exemplaires. Conçus pour Paris par le designer Marc Aurel, concepteur, entre autres, de la station Osmose expérimentée à la gare de Lyon, ces abris présentent une structure simple, épurée et une ligne contemporaine. Une gamme d’abris de tailles variables se décline à partir de la même structure, un toit opaque en résine claire, évoquant une feuille de platane, posé sur 2 poteaux cylindriques.
Un diagnostic urbain de chaque lieu des 2 000 implantations permettra d’adapter l’abri-voyageurs à la rue : on peut ajouter des sièges autour des arbres et des reposoirs pour les voyageurs. Autres atouts : un poteau déporté, qui permet de voir l’information-voyageurs sans avoir à entrer dans l’abribus et un bouton pour demander l’arrêt. De plus, sur 100 abribus, un écran digital diffusera une information municipale. Enfin 2 000 plans de Paris aideront les voyageurs à se repérer. 100 abris auront des panneaux photovoltaïques et 50 autres, un toit végétalisé. Leur consommation électrique est annoncée comme inférieure de 35 % aux modèles actuels. Chaque station sera équipée d’une centrale intelligente qui gère l’éclairage en fonction de l’activité.C. N.
Bar-le-Duc choisit Transdev
Les élus de la communauté d’agglomération de Meuse Grand Sud, autour de la ville centre de Bar-le-Duc, ont signé une convention de DSP de sept ans avec Transdev pour l’exploitation du réseau de transport. Le contrat, dont le montant du s’élève à près de 20 M€, prendra effet à compter du 1er janvier 2014. C’est à cette date également que sera créée la nouvelle Communauté d’agglomération de Meuse Grand Sud (37 000 habitants et 27 communes). La nouvelle offre de transport se substituera au réseau urbain de Bar-le-Duc et à l’offre scolaire et interurbaine du Conseil général de la Meuse. Le principe de gratuité sera maintenu dans ce nouveau périmètre.

Transfert modal : la fin des ambitions européennes ?
Le transfert modal était une des grandes ambitions de la Commission européenne. Entre le lancement des « gigaliners », ces mastodontes de la route, et le renoncement à l’Ecotaxe européenne, les signaux montrent que ce n’est pas la direction prise. La Commission européenne actuelle terminera son mandat à l’été 2014 avec les élections européennes. Et déjà sonne l’heure des bilans. L’une de ses grandes ambitions pour le transport était le transfert modal : « une partie du transport routier de fret sur plus de 300 km devrait se reporter sur d’autres modes de transport, à hauteur de 30 % d’ici à 2030 et au-delà de 50 % d’ici à 2050 », escomptait-elle en 2011 dans son livre blanc sur les transports. Une gageure puisque le ferroviaire assure actuellement 16 % du fret en Europe.
Trop de « concepts »
La Commission européenne a-t-elle fait ce qu’il fallait pendant son mandat pour y arriver ? Les experts sont partagés. Pour le président du groupe suisse de transports BLS, Bernard Guillelmon, l’affaire est entendue : il y a « beaucoup de concepts mais le taux de mise en œuvre et de succès est très bas », a-t-il remarqué, lors d’une conférence sur le transfert modal à Bruxelles en septembre dernier.
Premier facteur déterminant le manque de compétitivité du rail : la qualité du service. Le transport combiné représente actuellement 10 % du fret mais « nous pourrions offrir beaucoup plus de services si la qualité des sillons était meilleure, remarque Martin Burkhardt, directeur général de l’Union internationale du transport combinée, l’UIRR. Avec 20 % de nos trains en retard de plus de 3 heures et 5 % plus de 24 heures, impossible de faire des offres pour des produits frais », constate-t-il.
Le sous-investissement chronique dans le réseau est pointé partout du doigt. Or, du point de vue financier, « la Commission européenne est cohérente avec les priorités du livre blanc Transports », reconnaît Libor Lochman, directeur exécutif de la Communauté européenne du rail, la CER. De fait, le rail est le premier bénéficiaire des 26 milliards destinés aux Réseaux transeuropéens de transports sur 2014-2020.
Le problème vient des Etats membres, souligne Libor Lochman, et « le pire a lieu dans les nouveaux Etats membres de l’Union Européenne, où 85 % des fonds vont vers la route. Or, nous aurons besoin de ces réseaux pour développer le trafic vers l’Asie ».Pollueurs-payeurs : « pas le bon moment »
Sur le plan financier, la balle n’est donc pas dans le camp de Bruxelles… Quoique : depuis une décennie, le rail plaide pour une tarification de l’infrastructure « équitable » avec la route. Dans leur viseur : une nouvelle génération d’eurovignette. D’abord pour que la route soit davantage taxée en fonction du kilométrage parcouru et des émissions de CO2. Ensuite pour que la route finance le rail.
Alors que l’Eurovignette III doit entrer en vigueur cet automne, des consultations ont déjà été lancées à l’été 2012 sur une future Eurovignette IV. Cette nouvelle mouture devait s’attaquer entre autres au principe du « pollueur-payeur » pour les voitures individuelles.
De quoi faire rugir les incendiaires des bornes écotaxe… mais « avec des budgets publics restreints, nous sommes convaincus que le financement futur de l’infrastructure passe par la taxation des utilisateurs de la route, tout comme les trains paient l’accès aux infrastructures », assurait encore en septembre le commissaire aux Transports, Siim Kallas lors d’un congrès de l’IRU. Même si le sujet est « sensible », « nous devons agir rapidement pour mettre fin à des années de sous-investissement », précisait-il.
Las ! « Nous ne ferons pas de proposition sur ce sujet cette année parce que nous pensons que ce n’est pas le bon moment », indique quelques semaines plus tard Olivier Onidi, directeur Mobilité à la Commission européenne. Autrement dit, l’actuelle Commission n’a pas l’intention de présenter maintenant une nouvelle taxe qui a toutes les chances d’être retoquée par les gouvernements nationaux. A la prochaine Commission de choisir les risques qu’elle voudra prendre.
La Commission européenne ne joue pas non plus les va-t-en-guerre en matière de mobilité urbaine. Dans des propositions qui devraient sortir prochainement, elle va renoncer à rendre les plans de mobilité urbaine obligatoires, reconnaît Olivier Onidi. Des plans que la France applique en général mais pas toujours et qui sont essentiels pour faciliter les connexions intermodales pendant le dernier kilomètre des livraisons. Or l’amélioration de ce dernier kilomètre était aussi une priorité du livre blanc.Mauvais signaux
Aux yeux des opérateurs historiques, la Commission européenne a surtout envoyé un « mauvais signal » avec son quatrième paquet ferroviaire. Selon Libor Lochman de la CER, « la libéralisation n’est pas suffisante pour favoriser le transfert vers le ferroviaire ». La preuve ? La Roumanie a totalement ouvert son marché, séparé l’infra des opérateurs exactement comme le demande la Commission… pour arriver « à des pertes de marché record, parce qu’il n’y a pas eu d’investissements dans le rail similaires à la route », fait-il valoir.
Autre mauvais signal : un encadrement inégal des droits des passagers selon les modes de transports. La Cour de justice a enfoncé le clou récemment en confirmant que les opérateurs ferroviaires doivent dédommager leurs passagers en cas de retards dus à des intempéries, « alors que les compagnies aériennes ou d’autobus n’y sont pas astreintes », s’insurge Libor Lochman.
Tout ceci à un moment où le programme qui finançait des projets d’intermodalité, Marco Polo, est abandonné par manque de « projet sérieux ».
Bref, le transfert modal : « parole, parole » comme chantait Dalida ? Les termes du débat sont surtout mal posés, tranche Paola Lancellotti, secrétaire générale de l’association européenne des chargeurs. « La direction générale Transport de la Commission a probablement fait tout ce qu’elle devait faire », estime-t-elle, « le problème est qu’il n’y a pas de vision d’ensemble sur toute la chaîne logistique ». En clair : la Commission travaille uniquement sur l’offre de transports et non sur la demande. Or, les deux sont liés, fait-elle valoir : par exemple, « en Suède, le wagon isolé continu à fonctionner parce qu’il y a une demande des industries du bois/papier ». L’échec du transfert modal, finalement, serait moins le fait d’un manque de politique européenne des transports que de politique industrielle.Nathalie Steiwer

LGV Est : la bataille des dessertes est lancée
Le comité des dessertes de la deuxième phase de la LGV Est, qui a tenu sa première réunion le 8 novembre à Strasbourg, se donne un an pour déterminer les gares desservies, les trajets et la fréquence des arrêts sur la nouvelle infrastructure qui placera Strasbourg à 1 heure 50 de Paris en 2016, contre 2 heures 20 actuellement Le comité des dessertes de la deuxième phase de la LGV Est, qui a tenu sa première réunion le 8 novembre à Strasbourg, se donne un an pour déterminer les gares desservies, les trajets et la fréquence des arrêts sur la nouvelle infrastructure qui placera Strasbourg à 1 heure 50 de Paris en 2016, contre 2 heures 20 actuellement. Les négociations mobilisent l'Etat, RFF, la SNCF et les représentants des collectivités (Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace) cofinanceurs de ce tronçon de 106 kilomètres entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim (Bas-Rhin). Les élus de Saverne, Sarrebourg et Lunéville, villes moyennes contournées par la nouvelle ligne, insistent déjà sur la nécessité de maintenir « au moins deux arrêts par jour » dans leurs gares respectives.
Limitée à la partie française de la ligne, la concertation n'occulte pas sa dimension internationale, portée par le maire de Strasbourg Roland Ries. « Nous devons veiller à l'équilibre entre les dessertes de Francfort par Forbach, Sarrebruck et Mannheim, et au sud via Strasbourg », a-t-il rappelé, pariant sur l'amélioration de la desserte ferroviaire de l'aéroport international de Francfort depuis la capitale européenne.
Interrogé par Ville Rail & Transports, Guillaume Pepy, président de la SNCF, s'est déclaré « déçu par l'Allemagne, qui n'a pas respecté ses engagements et n'a pas aménagé le raccordement de son réseau ferroviaire à la LGV Est au-delà du pont de Kehl ». La deuxième phase de la LGV Est, qui assurera des circulations TGV en 1 heure 25 entre Strasbourg et Luxembourg, pourrait également relancer le projet de raccordement ferroviaire EuroCap-Rail entre Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg, éventuellement prolongé jusqu'en Suisse, mais dont le tronçon belge reste à imaginer.
Olivier MIRGUET

Des médiateurs dans les bus de Montargis
L’agglomération montargoise et rives du Loing (10 communes et 60 000 habitants), autour de Montargis, dans le Loiret, a recruté afin d’assurer des missions de médiations dans le réseau Amélys, qui transporte près de 2,2 millions de personnes par an. L’agglomération montargoise et rives du Loing (10 communes et 60 000 habitants), autour de Montargis, dans le Loiret, a recruté trois jeunes hommes et une jeune fille en contrat emploi-avenir, afin d’assurer des missions de médiations dans le réseau Amélys, qui transporte près de 2,2 millions de personnes par an.
« Nous avons beaucoup de petites incivilités. Pour garantir le calme, la sécurité et la sérénité, nous comptons sur les médiateurs », a expliqué Pierre-Marie Ditte, le directeur de Keolis Montargis. S’ils ne verbaliseront pas – ce ne sont pas des contrôleurs –, ils veilleront à la tranquillité des voyageurs et à la prévention de la délinquance dans les bus. Leur service, en binôme, fonctionnera du lundi au samedi, de 10h30 à 19h, avec des interventions ponctuelles à certaines heures et sur certaines lignes.
Au printemps, les médiateurs participeront également à des actions de prévention dans les écoles primaires.Y. G.

Stationnement : le paiement par téléphone se développe
A Saint-Nazaire, le service PayByPhone de Vinci est en service depuis le 7 octobre. A Saumur, Whoosh de Parkéon a été officiellement lancé le 23 octobre dernier. Dans les deux cas, c’est un complément des horodateurs, « décorés » tout d’un coup d’un énorme numéro de téléphone à appeler ou d’un QRCode à flasher avec son smartphone pour accéder au site web et donc au service. A Saint-Nazaire, le service PayByPhone de Vinci est en service depuis le 7 octobre. A Saumur, Whoosh de Parkéon a été officiellement lancé le 23 octobre dernier. Dans les deux cas, c’est un complément des horodateurs, « décorés » tout d’un coup d’un énorme numéro de téléphone à appeler ou d’un QRCode à flasher avec son smartphone pour accéder au site web et donc au service.
Comme n’importe quelle application numérique payante, elle nécessite les coordonnées d’une carte de paiement. Celle-ci demande, en plus le numéro d’immatriculation de l’automobile. Tout peut se faire aussi par système vocal sur un téléphone ordinaire. Ensuite il n’y a plus qu’à acheter des minutes de stationnement pour sa voiture. On peut rappeler plus tard pour en rajouter au besoin. Sans importuner les commerçants environnants en leur demandant de la monnaie.
Le système permet d’appliquer la politique de stationnement municipal. Dans les deux villes, il n’est mis en œuvre que pour les places disponibles en voirie, pas dans les parkings fermés. « Mais dans huit ans, si le téléphone est beaucoup utilisé, nous ne remplacerons peut-être pas tous nos horodateurs », précise Jean-Jacques Lumeau, l’adjoint aux Espaces publics de Saint-Nazaire.
En attendant, l’installation du système, qui a « coûté moins de 10 000 euros à Saint-Nazaire », va essentiellement occasionner des frais de transaction bancaire. « Mais nous éliminons une grande part de la fraude existant jusqu’ici », ajoute Jean-Jacques Lumeau.
A Saumur, Thierry Haudry, adjoint au maire de Saumur, chargé des Aménagements urbains et de la voirie voit l’utilisation exploser depuis le lancement officiel. Elle dépasse les 500 transactions, en octobre, pour les 879 places disponibles autour des 44 horodateurs de la ville. Satisfaction totale : « Un service simple, rapide, efficace aussi bien pour les utilisateurs que pour les contrôleurs municipaux qui n’ont besoin eux aussi, qu’à se connecter au site ! »Hubert Heulot