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  • France Autopartage devient Citiz

    France Autopartage devient Citiz

    Le réseau France Autopartage, qui fédère quinze structures locales indépendantes dans une cinquantaine de villes en province et en région parisienne, s'est doté de la marque commerciale unifiée Citiz. Le réseau France Autopartage, qui fédère quinze structures locales indépendantes dans une cinquantaine de villes en province et en région parisienne, s'est doté de la marque commerciale unifiée Citiz. Dévoilée le 17 septembre à Strasbourg, la nouvelle identité illustre une volonté de collaboration renforcée entre les membres du réseau, qui disposeront d'un système de réservation commun et mutualiseront la technologie (boîtiers, serveurs) autorisant l'accès aux voitures partagées. « Strasbourg, Marseille, Toulouse et Cergy-Pontoise sont les premiers réseaux à adopter totalement la nouvelle identité. La prochaine échéance, prévue fin 2014, c’est l'harmonisation de nos tarifs », annonce Jean-Baptiste Schmider, directeur général de Citiz à Strasbourg. Cette collaboration renforcée, qui s'illustrait déjà avec l'interopérabilité des abonnements entre les villes adhérentes du réseau, doit permettre à Citiz de « décupler son offre » au cours des prochaines années. Les opérateurs (700 voitures pour 15 000 abonnés et 5 à 6 millions d'euros de chiffre d'affaires) n'entendent pas pour l'instant fédérer leurs structures locales, pour la plupart coopératives, au sein d'une entité juridique commune.
    La question de l'harmonisation des flottes automobiles, composées de modèles d'une demi-douzaine de grands constructeurs, s'est posée depuis plusieurs années chez France Autopartage, sans solution. Un accord vient d'être passé avec Toyota sur la fourniture de la citadine Yaris, en version hybride, aux réseaux qui souhaiteront la proposer. Les opérateurs expérimentent aussi, depuis 2008, l'utilisation de carburants alternatifs (GNV) ou des véhicules hybrides rechargeables. Le recours à des modèles électriques de Renault (Twizy, Zoé) a été écarté. « La gestion spécifique de l'autopartage électrique rend cette option largement dépendante d'aides extérieures, reconnaît Jean-Baptiste Schmider. L'électrique n'est pas adaptée à notre activité, parce que nos réseaux ont intérêt à enchaîner des courses le plus rapidement possible. Les temps de recharge des voitures actuelles ne le permettent pas ».
      

     Olivier Mirguet
     

  • Réforme ferroviaire : Europa nein danke ?

    Réforme ferroviaire : Europa nein danke ?

    Jean-Claude Favin Lévêque, consultant et auteur du livre Concurrence ferroviaire. La France peut-elle gagner ?,  revient dans ce numéro sur la réforme ferroviaire annoncée. Selon lui, elle ne laisse actuellement qu’entrevoir une vague orientation qui viserait à un maintien d’un statu quo national qui isolerait à terme la France en Europe. Il revient également sur la réforme de l’infrastructure, la fin du tout-TGV ou encore sur le modèle de service public de transport Le gouvernement a annoncé avec force la nécessité de la réforme du système ferroviaire. Le constat de l’impasse actuelle est effectivement partagé par tous, monde ferroviaire, voyageurs et classe politique. Pour autant, les lignes de cette grande réforme ne sont pas affichées clairement. Elles se laissent deviner dans le patchwork formé par le projet de réintégration de l’infrastructure, les rapports Bianco, Auxiette ou Duron et certaines déclarations-décisions gouvernementales (priorité au transport du quotidien, report de l’ouverture du marché français). L’ensemble laisse entrevoir une vague orientation générale visant à un maintien aussi long que possible d’un statu quo national, qui aurait pour conséquence l’isolement de la France ferroviaire en Europe
    La réforme officiellement lancée, celle de l’infrastructure, donne un premier signe. La réunification des acteurs de l’infrastructure (propriétaire du réseau, maintenance, circulations et sillons) fait consensus. La réforme n’en reste pas moins critiquable sur deux points. Au plan financier, le trou annuel avoué de 1,5 milliard d’euros (il y a trois ans, il était estimé à un milliard !) ne sera pas comblé. Un premier tiers viendrait des synergies créées par le rapprochement. Cela paraît assez optimiste d’autant plus qu’il faudra du temps pour obtenir les gains d’échelle espérés dans la complexité traditionnelle de « l’administreprise » SNCF. Le deuxième tiers proviendrait d’une productivité qui progresserait de 1 % par an. On ne pourrait guère être moins ambitieux, comme si les accoucheurs ne croyaient pas aux qualités de la nouvelle entité. Enfin le dernier tiers consisterait en l’abandon de ses dividendes par l’actionnaire étatique. Hors le fait que le montant sera subordonné à celui des bénéfices futurs, cette mesure ne pourra pas être éternelle sauf à reconnaître que l’équilibre ne peut pas être rétabli.
    Le deuxième aspect critiquable est que cette réforme ignore l’orientation européenne. Comme l’explique M. Rapoport dans ses discours, cette réforme vise à mettre la France en conformité avec la réglementation actuelle, laquelle a maintenant plus de vingt ans, et cela à la veille de l’évolution importante du quatrième paquet. La France donne l’impression qu’elle se donne à nouveau deux décennies pour rejoindre l’Europe ferroviaire alors qu’il était assez facile d’anticiper certains aspects importants de la révision en débat et d’être – pour une fois – en avance sur l’événement.
    Mais cette seule réorganisation de l’infrastructure ne fait pas une politique. Au cœur de celle-là, le gouvernement affiche la priorité donnée aux trains du quotidien et la fin du tout-TGV. Cette annonce est unanimement accueillie par le politiquement correct de notre pays où les malheurs de l’un ont forcément pour cause les abus de l’autre : les TER, RER et TET ne peuvent être que les victimes de leur cousin qui a réussi, le TGV. Ce constat, objet d’un consensus commode pour le politique, est pourtant construit sur une idée fausse et un aveuglement.
    L’idée fausse est que le TGV aurait été un grand projet ruineux. Certes le réseau à grande vitesse a été financé par l’emprunt et on ne peut donc prétendre qu’il n’est pour rien dans la dette de RFF. Mais le TGV a gagné beaucoup d’argent en trente ans de fonctionnement avec une marge opérationnelle qui dépassait les 20 %. Où est passé l’argent ? Il a financé les pertes abyssales du fret, les trous du TER ou de l’infrastructure ainsi que la croissance externe de la SNCF (dont le chiffre d’affaires a crû de 50 % en moins de 10 ans). Il aurait donc pu payer ses infrastructures. Mais il avait été installé dans le rôle de vache à lait de la SNCF. Le voici en bouc émissaire.
    L’aveuglement consiste à se tromper de diagnostic. Est-ce le modèle TGV qui arriverait à bout de souffle ou bien le modèle du service public de transport qui déraille depuis longtemps ? Les trains de proximité sont d’abord la victime de ce qu’en ont fait les politiques dans leur rôle d’autorités organisatrices.
    La crise de la région Ile-de-France illustre parfaitement ce propos. Cette crise, réelle, correspond à un déficit de capacités de transport, lesquelles ne peuvent être restaurées que par des modernisations ou/et des infrastructures nouvelles. Cette dégradation est la conséquence de décisions non prises au début des années 2000. Or je ne garde pas le souvenir de cris d’alarme ou de projets ambitieux rejetés à cette époque. Ces décisions non prises l’ont été moins par manque d’argent que par manque de projets et par l’absence d’une claire anticipation de la croissance des trafics. Saluons le projet du Grand Paris et le consensus politique qu’il semble créer, car mieux vaut tard que jamais. Pour autant, les acteurs reconnaissent que le principal risque de ce projet est maintenant que le financement de son fonctionnement ne serait assuré. Comment en arrive-t-on là ?
    Lors d’un Club VRT récent, un intervenant répondait ainsi à la question du financement des grands projets de transport en Asie : « ils ne considèrent pas cela comme un coût ». En raccourci, les projets ont un modèle économique sain. Pour ma part, je pense qu’il est grand temps de réformer notre modèle du service public de transport dont les coûts ne sont pas maîtrisés et les recettes ne reposent que sur l’Etat.
    En effet notre système ferroviaire bénéficie chaque année de 12,5 millions d'euros de contributions publiques. Pour sa part, la SNCF reçoit au nom du transport ferroviaire du quotidien plus de 4 milliards de deniers publics par an. Ces chiffres relativisent le discours récurrent sur le désengagement de l’Etat. Hélas, les collectivités locales ont une faible culture économique et une créativité forte pour trouver de ressources nouvelles (élégant euphémisme officiel) pour couvrir une dépense établie comme préalable. La remettre en cause serait interprété comme une atteinte au service public. Un président de région valorise son action en ne communiquant que sur ses dépenses, dont seule l’augmentation apporte la preuve de son engagement. Un conseil régional s’est-il jamais vanté d’une baisse de son budget ou mis en avant des gains de productivité ? Faire autant pour moins d’argent ou mieux pour le même argent n’est guère politiquement porteur. Voilà pourquoi la production des TER coûte 30 % plus cher en France qu’en Allemagne.
    Si la dépense ne connaît qu’une variation à la hausse, l’utilisateur du service public doit payer de moins en moins cher. Le voyageur ne paie en France que 20 à 30 % du coût complet de son transport alors que cette contribution se situe entre 40 et 50 % en Allemagne ou en Angleterre.
    Il est grand temps de remplacer le modèle budgétaire par celui du compte d’exploitation où les décideurs seraient jugés sur leurs performances. De même qu’une entreprise ne doit pas être évaluée sur la seule croissance de son chiffre d’affaires (dont la hausse non maîtrisée peut entraîner la faillite de la société), les politiques de transport régionales devraient s’apprécier sur un certain nombre d’indicateurs pertinents au triple plan socio-économico-écologique : nombre de voyageurs transportés, coût unitaire complet du voyageur, coûts externes, ratio de CO2, régularité, etc. Les voyageurs et contribuables, correctement informés de la performance de leur région en matière de transports, devraient être intéressés aux résultats par l’obligation de lier le tarif voyageur et la contribution fiscale du contribuable local au coût unitaire. La baisse du coût unitaire aurait donc un effet favorable pour le citoyen. Enfin la publication des résultats à l’échelle nationale permettrait aux citoyens de faire un benchmark pédagogique. Alors des choix aujourd’hui tabous deviendraient raisonnables : abandon de voies obsolètes, transfert de liaisons désertes vers des bus, mise en concurrence des opérateurs, optimisation des flottes de matériel, etc.
    En résumé, la priorité donnée aux trains du quotidien devrait aller de pair avec l’exigence de l’assainissement de leurs finances. Sinon, cela consisterait à alimenter un tonneau des Danaïdes.
    Un actionnaire recapitalisant une entreprise en faillite conditionne son apport aux mesures permettant le retour à l’équilibre du compte d’exploitation. L’effort de la France n’aura de sens économique que s’il permet un fonctionnement durable de ces services publics et que le maintien de l’équilibre de leurs comptes se fait naturellement sans appels récurrents à l’intervention généreuse de l’Etat.
    Quant au rapport Duron, il fournit une des meilleures analyses faites sur le système ferroviaire français depuis longtemps, même s’il faut parfois le lire entre les lignes. Malheureusement, les commentateurs n’en ont retenu que les deux scénarios proposés faisant l’impasse sur l’analyse et certaines recommandations pleines de sens comme la « juste place de la route » ou l’interrogation (euphémisme) sur « le partage des charges entre contribuable national, contribuable local et bénéficiaire direct (utilisateur) ». Les deux scénarios ont été élaborés dans la continuité du système et en respectant l’équation économique actuelle, en évitant d’en envisager un troisième, celui qui serait rendu possible par une réforme profonde du modèle ferroviaire. Naturellement le gouvernement ne pouvait que rejeter le scénario 1 repoussoir pour approuver le scénario 2. Cette lecture réductrice jette un éclairage cru sur les conséquences d’une priorité-couperet donnée aux trains du quotidien sur le prétendu tout-TGV. Toutes les liaisons nouvelles avec les pays limitrophes Italie et Espagne sont abandonnées. Seule la LGV Bordeaux – Toulouse serait sauvegardée à une échéance plus ou moins lointaine.
    Cela va sans dire, donc disons le côté absurde d’un trop long report voire d’une suppression de ce tronçon. Celui de Tours à Bordeaux n’a de véritable sens que par la suite qu’il préfigure. Il fait gagner 50 minutes sur Paris – Bordeaux au voyageur (gain à faible valeur sur ce trajet par rapport aux 3 heures actuelles), une meilleure productivité des rames et des sillons pour le fret. Bref ce projet ne se justifie qu’à moitié pour lui-même. Le tronçon Bordeaux – Toulouse est bien plus riche de potentialités. Il permet une relation à forte cadence entre ces deux grandes métropoles régionales ; dans la suite du tronçon précédent, il rend Toulouse accessible depuis la moitié nord de la France (qui ne se résume pas à Paris) ; il rapproche Bordeaux de Montpellier et Marseille, axe majeur où les temps actuels (environ 6 heures sur Bordeaux – Marseille pour 650 km !) sont presque identiques à ceux d’il y a un demi-siècle. Enfin il sera l’un des tronçons de la future relation à fort potentiel Bordeaux – Barcelone. La valeur ajoutée d’un tronçon réside dans sa contribution au réseau, c’est-à-dire les dessertes amont et aval qu’il promet. La promesse du Tours – Bordeaux concerne toute l’Aquitaine et l’Espagne et conditionne en partie celle du Bordeaux – Toulouse qui ouvre toute la région Paca et l’Espagne. La vraie finalité de la grande vitesse n’est pas de relier Paris à la province mais de relier les régions entre elles, régions françaises et régions européennes. La France ferroviaire a du mal à sortir de ce parisianisme complètement décalé à l’heure de l’Europe.
    Le coût est-il tel qu’il faille renvoyer cette ambition au-delà de 2030 ? Non, car avec une mise raisonnable, l’Etat français peut gagner gros. Sur Tours – Bordeaux, la subvention (c'est-à-dire la partie d’argent public ne bénéficiant pas de retour financier direct) se monte à environ 50 % d’un projet de 7,8 milliards financés par PPP (partenariat public-privé), soit 650 millions d’euros par an pour l’Etat. Avec cet engagement, il bénéficie d’un effet de levier qui permet un grand chantier générateur de 4 500 emplois sur 6 ans. A l’issue du chantier lui-même, la ligne trouve son équilibre économique en exploitation avec des TGV s’acquittant de leurs péages au coût complet (hors subvention). L’Etat a donc créé avec un investissement maîtrisé une dynamique favorable au développement économique et à la croissance des trafics fret qui bénéficieront enfin de bons sillons sur le réseau classique. Il deviendra de plus propriétaire d’une infrastructure à gros débit au bout de la concession (environ 50 ans). Si on ajoute que la contribution européenne pour les lignes participant au RTE peut être très significative, la France doit-elle se mettre à l’écart d’un tel processus ?
    En conclusion, la politique qui se dessine progressivement au travers des différentes prises de position a une certaine cohérence : esquive du quatrième paquet, report de l’appel d’offres pour les TET, TER, RER, règles de cabotage protectrices, renoncement aux tronçons transfrontières. Cohérence mais dans la mauvaise direction, celle qui consiste à tourner le dos à l’Europe, à ne pas voir que l’avenir du ferroviaire passe par l’espace européen, espace géographique du réseau et espace réglementaire d’une ouverture régulée à la concurrence.
    Les réalités françaises ne peuvent évidemment pas être oubliées, comme la crise de certains (pas tous) trains du quotidien dont l’Ile-de-France est l’exemple le plus marquant. Toutefois le ferroviaire français ne sera pas sauvé par l’abandon d’un prétendu tout-TGV qui n’a existé que dans les discours moralisateurs. C’est un écran de fumée politique pour camoufler les déficits de stratégie ferroviaire qui ont conduit à certaines impasses bien réelles, notamment financières. Le TGV a donné une nouvelle ambition au chemin de fer français. Sur le moyen et long terme, il est fondé sur un modèle économique sain sous réserve de ne pas se lancer dans des projets politiciens. Son dynamisme a relancé le trafic régional. Il dispose avec l’Europe d’un immense domaine de développement. En revanche, les transports de proximité n’ont toujours pas su faire leur révolution car enfermés dans un modèle budgétaire étroit qui est celui d’un certain service public aux principes dépassés. Ils ne peuvent effectivement plus compter sur la manne du TGV à l’heure de la concurrence. Ils doivent se réformer pour abandonner un modèle où seule la dépense est célébrée et la vraie performance ignorée. Ils peuvent le faire facilement car leurs marges de productivité sont énormes et qu’ils bénéficient d’une croissance durable devant eux.
    La bonne politique serait donc de remettre à plat le modèle économique des trains du quotidien d’ici 2019 (date clé). Pendant cette période, leur donner une priorité peut être une démarche légitime. Mais en aucun cas, ce redressement ne nécessite de bloquer définitivement le futur de la grande vitesse qui est porteuse d’un développement européen dont les entreprises françaises manufacturières ou de services pourraient largement profiter. Pourquoi passer à coté de cette opportunité et laisser la politique ferroviaire allemande se déployer sans concurrence ?   
     

  • Grande-Bretagne : Eurostar et Keolis candidats sur la côte Est

    Grande-Bretagne : Eurostar et Keolis candidats sur la côte Est

    Eurostar au nord de Londres ? Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle tentative de prolonger les dessertes transmanche vers le nord de l’Angleterre ou l’Ecosse (ce qui était pourtant prévu il y a vingt ans), mais d’une candidature conjointe d’Eurostar et de Keolis sur la franchise East Coast Main Line (ECML, ligne de la côte Est). Eurostar au nord de Londres ? Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle tentative de prolonger les dessertes transmanche vers le nord de l’Angleterre ou l’Ecosse (ce qui était pourtant prévu il y a vingt ans), mais d’une candidature conjointe d’Eurostar et de Keolis sur la franchise East Coast Main Line (ECML, ligne de la côte Est). Suite à la défaillance des anciens exploitants GNER puis National Express, les trains grandes lignes de l’ECML, entre Londres, le nord-est de l’Angleterre et l’est de l’Ecosse sont exploités « directement » par le ministère britannique des Transports (DfT) depuis novembre 2009. Mais pour clore cette parenthèse « publique », le DfT souhaite faire à nouveau appel à un exploitant privé en lançant un nouvel appel d’offres ce mois d’octobre. Non par pure idéologie, mais parce que les contrats de franchise stipulent qu’en fin de période, les exploitants paient au gouvernement britannique le droit d’exploiter les lignes concernées plutôt que de recevoir des subventions.
    Ligne de prestige reliant Londres à Leeds, Newcastle et Edimbourg côté pile, l’ECML présente un risque du point de vue économique côté face, comme l’ont montré les abandons des deux premiers exploitants privés. Mais elle attire déjà Stagecoach, FirstGroup, Abellio, Arriva et le groupement Keolis-Eurostar. Deux groupes privés britanniques et trois groupements de filiales des chemins de fer nationaux néerlandais, allemands et français. Soit cinq candidats déjà présents sur le marché des franchises britanniques. Du moins si l’on considère que dans le groupement Keolis-Eurostar, le premier des deux est le chef de file. Outre-Manche, Keolis exploite en effet quatre franchises (Southern, Southeastern, London Midland et TransPennine Express) dans le cadre de groupements. Et la filiale de la SNCF est également candidate, avec le britannique Go Ahead, à l’exploitation de Crossrail, le futur RER londonien.
    Pour ce qui est de l’ECML, les candidatures seront sans doute observées avec une attention particulière par le DfT, qui doit redorer son blason après sa gestion très critiquée de la franchise West Coast Main Line l’an passé. Pas de panique, donc : les résultats seront connus en octobre 2014, pour une reprise par le nouvel exploitant en février 2015.  

     P. L.

  • GPSO : le ministre arrête un tracé

    A la suite des recommandations de la Commission « Mobilité 21 », Frédéric Cuvillier a arrêté le 23 octobre le tracé définitif du Grand projet du Sud-Ouest (GPSO) et défini un schéma de réalisation en deux phases. La première comprenant deux lignes nouvelles : d’une part, entre Bordeaux et Toulouse, avec l’objectif d’une mise en service à l’horizon 2024 – Toulouse sera alors à 3 h 10 de Paris – pour un coût évalué à 5,9 milliards d’euros ; d’autre part, entre le Sud-Gironde et le raccordement nord de Dax, mettant Bayonne à 3 h 25 de Paris pour une mise en service à l’horizon 2027 et un coût de 3,2 milliards d’euros. La seconde phase sera constituée de la LGV entre Dax et la frontière espagnole envisagée au plus tard en 2032. Le ministère ajoute que la première phase fera l’objet d’une enquête préalable à la DUP au premier semestre 2014 et que les aménagements des lignes existantes aux abords des agglomérations toulousaine et bordelaise seront présentés à des enquêtes publiques spécifiques concomitamment. Quant à la seconde phase, elle fera l’objet d’un approfondissement des études. Immédiatement, les deux présidents de région concernés, Alain Rousset en Aquitaine, et Martin Malvy en Midi-Pyrénées, se sont réjouis de ces « arbitrages positifs », d’un choix qui « démontre pleinement la pertinence du combat mené » par ces deux régions, louant un gouvernement qui « refuse le fatalisme ».

  • Grande-Bretagne : Crossrail, forage à mi-parcours, contrats pour Vinci et Balfour Beatty

    Pour le projet du RER londonien Crossrail, le mois d’octobre est déjà riche en événements. Pour commencer, le tunnelier Phyllis est arrivé à destination 17 mois après son départ, au terme d’un parcours de 6,8 km sous Londres entre Royal Oak (à l’ouest) et Farringdon (centre-nord). En même temps, le forage cumulé des sept tunneliers en activité sur le chantier Crossrail a dépassé la barre des 21 km, c’est-à-dire la mi-parcours. Puis le 18, Network Rail a annoncé l’attribution de deux contrats sur la section ouest du futur RER, c’est-à-dire la section de la Great Western Main Line sur laquelle circuleront les rames Crossrail. D’une part, Vinci Construction UK a été chargé de moderniser les 13 gares entre Acton Main Line et Maidenhead (nouveaux bâtiments voyageurs et ascenseurs pour les PMR, allongement des quais pour recevoir les nouvelles rames). D’autre part, Balfour Beatty posera la caténaire sur les 19 km entre la bifurcation vers Heathrow (limite actuelle de l’électrification) et Maidenhead (terminus prévu pour Crossrail). Cette électrification bénéficiera également aux futurs trains grandes lignes Intercity Express commandés à Hitachi. A noter que Balfour Beatty avait déjà remporté le contrat pour les travaux préparatoires à cette électrification.

     

  • RER B : ponctualité et satisfaction en forte hausse

    Le nouveau RER B lancé le 2 septembre, et exploité par la SNCF et la RATP, est un succès aux yeux des transporteurs. Sur le seul mois de septembre, le taux de ponctualité est passé à 86,5 % (il était de 82,2 % en septembre 2012) tandis que la satisfaction des clients a fait un bond de 18 points (de 46 % à 64 %). Quasiment du jamais vu sur une si courte période !
    Rappelons que cinq années de travaux d’amélioration de cette ligne, la deuxième plus fréquentée d’Europe, permettent désormais d’offrir plus de services et de faire circuler plus de trains : 25 % de RER en plus avec en heure de pointe, un train toutes les trois minutes entre Paris et Aulnay-sous-Bois (l’offre est passée de 8 à 20 trains à l’heure) et toutes les six minutes entre Aulnay-sous-Bois et Mitry-Claye/Aéroport-Charles-de-Gaulle.

  • La SNCF réclame l’ouverture des commerces le dimanche

    Alors que Jean-Paul Bailly, l’ancien président de la RATP puis de La Poste, a entamé une mission de concertation sur l’ouverture des commerces le dimanche, la SNCF prend position. Fin octobre, Guillaume Pepy a demandé que les commerces installés dans des gares « nationales » puissent bénéficier d’une dérogation les autorisant à ouvrir ce jour-là. C’est déjà le cas pour les aéroports, rappelle le président de la SNCF qui estime que lorsque les commerces sont ouverts, le sentiment de sécurité se renforce.

  • Interurbain : la Loire-Atlantique lance aussi un BHNS

    Interurbain : la Loire-Atlantique lance aussi un BHNS

    C’est quasiment devenu la norme dans les villes. Presque toutes les communautés d’agglomération ont récemment lancé des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS). C’est quasiment devenu la norme dans les villes. Presque toutes les communautés d’agglomération ont récemment lancé des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS). Et si ce n’est pas le cas, au moins y réflechissent. En revanche, c’est plus rare dans les réseaux de transports interurbains des départements. On connaissait l’exemple du conseil général du Tarn et de sa SPL qui avait lancé une flotte de 74 bus confortables sur les lignes départementales du réseau refondu en septembre 2012.
    Dans la Loire-Atlantique, il ne s’agit que d’une seule ligne, celle qui relie Grandchamp-des-Fontaines, dans le nord-ouest de l’agglomération nantaise, à la gare sud de Nantes. Nommée Lila Premier, elle possède toutes les caractéristiques habituelles d’un BHNS. D’abord une forte amplitude. Les bus de la ligne Lila Premier circulent entre 6h20 et 20h30, avec 27 allers et 30 retours chaque jour de semaine. Et le service fonctionne aussi les samedis et les dimanches, ainsi qu’en soirée les vendredis et samedis soir. Deuxième critère, la fréquence. Sur cette ligne interurbaine, on compte un bus toutes les quinze minutes, le matin, entre 6h20 et 9h20, en direction de la gare sud. Et idem, le soir, au retour, entre 15h34 à 19h32.
    Pour garantir fréquence et desserte, des aménagements de voiries ont été effectués sur le trajet. Ainsi, une voie réservée de 700 m a été notamment aménagée sur la RD 537 en amont du giratoire de Ragon, sujet aux embouteillages aux heures de pointe. Quant au nombre d’arrêts, il a été limité à 22. Le trajet dure ainsi entre 43 à 48 minutes. Mais les voyageurs bénéficient de bus confortables, à plancher bas pour en faciliter l’accès aux jeunes enfants et aux handicapés, et de flashcodes à chaque arrêt pour connaître les heures de passage en temps réels. Mais surtout, les véhicules sont équipés d’un accès wi-fi 4G, de surcroît gratuit. De quoi faire passer le temps, plus vite.
    Autres avantages, la ligne dessert trois parcs-relais, et trois de ces arrêts disposent d’abri vélos gratuits.
    « Maintenant que la ligne est lancée, le défi c’est que les habitants des communes s’approprient », indiquait Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique, au mois de septembre, ajoutant, « même si je n’ai pas de doute ». En effet, face au succès de Lila Premier, le conseil général a ajouté, le 23 septembre, un bus le matin, dans le sens banlieue – Nantes, un bus le soir dans le sens retour, et avancé l’horaire d’un bus scolaire pour alléger la ligne, en attendant une remise à plat du service après les vacances de la Toussaint.

    Yann GOUBIN

  • Tramway : à Toulouse, de la ligne Garonne à la ligne Canal

    Le tramway s’étend au cœur de Toulouse. Les études commencent pour la ligne Canal, alors que les essais de la ligne Garonne viennent de démarrer. Ce tronçon de 3,4 km des Arènes au palais de justice, qui a coûté 115 millions d’euros et devrait transporter 30 000 voyageurs par jour à 20 km/h de moyenne, doit être mis en service le 20 décembre… Sauf si Sud transports urbains, qui a bloqué le premier roulage le 17 octobre et déposé avec FO un préavis de grève lié à des questions salariales, en empêche l’inauguration, comme en décembre 2010 pour la première ligne de tram toulousaine.
    La ligne Canal devrait relier le palais de Justice à la gare Matabiau (qui se prépare pour le TGV à l’horizon 2020) le long du canal du Midi, puis se prolonger vers l’aéroport. Pour l’instant, il s’agit d’analyser les itinéraires des automobiles le long du trajet de la future ligne. L’enquête publique est annoncée pour 2016 et les travaux à partir de 2017. 

     

  • Thionville : un projet de deux lignes de BHNS en 2018

    Le maire de Thionville, Bernard Mertz, a dévoilé un projet de TCSP dans sa ville et dans l’agglomération de Porte de France Thionville (80 000 habitants et 13 communes). Deux lignes de BHNS passant par la gare SNCF, sont prévues, (25 km au total) et adoptées, en juillet 2012, par le conseil du Syndicat mixte des transports urbains, présidé par Bernard Mertz, qui gère les transports dans l’agglomération et au-delà. Le chantier devrait débuter en 2015 pour une mise en service en 2018. Le coût, estimé à 60 millions d’euros, serait financé par le VT dont le taux a été relevé l’année dernière à 1,75 %.