Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Alain-Henri Bertrand, directeur de la Direction des Circulations Ferroviaires : « Nous travaillons au rapprochement de nos 150 horairistes avec RFF »

    Alain-Henri Bertrand, directeur de la Direction des Circulations Ferroviaires : « Nous travaillons au rapprochement de nos 150 horairistes avec RFF »

    La direction des circulations ferroviaires a vu le jour le 1er janvier 2010. Regroupant près de 14 400 agents, essentiellement des aiguilleurs, régulateurs, horairistes, elle n’a pas de liens hiérarchiques avec la SNCF. Un gage d’indépendance vis-à-vis de la SNCF et de ses concurrents potentiels, dans le cadre de la libéralisation du marché ferroviaire. Ville, Rail & Transports. Qu’est-ce qui a fondamentalement changé avec la création de la DCF ?

    Alain-Henri Bertrand. La DCF a un peu plus d’un an et fonctionne maintenant sur un rythme de croisière. Elle regroupe à la fois une structure de direction, composée d’environ 350 personnes, et 21 Etablissements Infrastructwure Circulation. Ces EIC regroupent les fonctions opérationnelles territoriales qui étaient auparavant disséminées dans les directions régionales de la SNCF. Avant, le chef des aiguilleurs, si l’on peut dire, c’était chaque directeur régional. Désormais, les 14 000 cheminots de la DCF (c’est-à-dire les aiguilleurs, régulateurs et horairistes) dépendent de son directeur, c’est-à-dire de moi-même, qui n’ait aucun lien hiérarchique avec la SNCF, à part avec son président mais selon des modalités particulières définies par la loi. C’est cela qui a principalement changé : la frontière hiérarchique a été modifiée. La loi du 12 décembre 2009 nous a invités à regrouper toutes les unités dans une structure homogène, coupée de la SNCF. Ainsi, il n’y a plus d’ambiguïtés sur le fait que les agents travaillent en toute équité et confidentialité. C’était déjà le cas avant, mais il était plus difficile pour la SNCF de le démontrer.
     

     

    VR&T. Comment avez-vous organisé vos relations avec Réseau Ferré de France ?

    A.-H. B. Auparavant, RFF finançait les activités des agents dans le cadre d’une convention forfaitaire. Chacun faisait son métier, une fois que les budgets avaient été fixés.
    Désormais, nous travaillons quasiment en régie. RFF fixe nos missions avec des objectifs, par exemple de régularité. Et nous donne les moyens de les réaliser en finançant notre budget à l’euro. Nous définissions nos budgets de façon très transparente. RFF finance donc nos éventuels dépassements. Au total, notre budget tourne autour du milliard d’euros. Il couvre essentiellement les frais de personnel. Nous avons des relations très proches avec l’équipe de pilotage de RFF. RFF fait les arbitrages pour attribuer les sillons. Nous sommes les petites mains. Cette année par exemple, RFF nous a demandé de privilégier les trains de fret longs parcours dans le cadre de l’engagement national pour le fret. Nous avons donc tracé leurs sillons sur un cadre vide, rendant plus difficiles les passages de trains venant après.
     

     

    VR&T. On entend de nombreuses critiques au sein de la SNCF expliquant que la création de DCF entrave la réactivité en cas de retard de trains. Qu’en pensez-vous ?

    A.-H. B. Vis-à-vis de la SNCF, il a fallu créer de la distance. Nous avons passé l’année 2010 à construire cela pour prendre en compte ce que nous dit la loi, tout en l’appliquant de façon intelligente. Nous devons traiter tous les clients de façon équitable. Mais il est bien évident qu’un client pesant 99 % des sillons voyageurs est un client important. Il faut trouver l’équilibre subtil souhaité par la loi.

    En cas de retard, la communication opérationnelle entre l’aiguilleur et l’agent qui répartit les conducteurs sur les trains continue à se faire comme avant. Ils se trouvent tous sur un même plateau. Il n’y a pas de barrières opérationnelles.

    La communication entre les équipes de management est articulée différemment. Dans les situations perturbées, le choix des décisions part de la DCF qui évalue la situation et préconise des solutions à un directeur de crise qui appartient à la SNCF. Ces préconisations visent à donner leurs chances à tous les convois, trains de fret et de concurrents. On ne peut pas faire table rase pour faire passer à tout prix les TGV. Cela peut être perçu défavorablement à la SNCF sur le thème : « Cela marchait mieux avant. »
     

     

    VR&T. D’autres critiques portent sur le thème d’une dégradation de la sécurité avec la multiplication des acteurs dans le paysage ferroviaire…

    A.-H. B. Conséquence des paquets ferroviaires européens, l’entreprise ferroviaire unique qui assurait la qualité et la sécurité au sol et à bord a été décomposée en plusieurs entités. Des interfaces ont été créées, opérationnelles et institutionnelles comme l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF, ndlr), l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF)… Le diable se cache dans les détails, il faut absolument cadrer les détails du processus. Mais inversement, ces évolutions permettent de poser et d’éclaircir la question : qui est responsable de quoi ? A chaque fois, il faut définir l’entité responsable de la sécurité. A ce stade de construction, on a peut-être l’impression que le système n’est pas aussi stable qu’avant. Pourtant, au niveau de la DCF, nous avons mis en place un circuit extrêmement court pour être efficace. Entre l’aiguilleur qui ferait une erreur et moi, il n’y a qu’un dirigeant de proximité, un dirigeant de zone (DUO) et le directeur d’établissement. Cela permet d’être très réactif.
     

     

    VR&T. Récemment, l’ARAF a estimé qu’il serait souhaitable de rapprocher la DCF de RFF. Avez-vous commencé à travailler dans cette direction ?

    A.-H. B. Pierre Cardo, le président de l’ARAF, a par la suite précisé ses propos en expliquant qu’il fallait un rapprochement fonctionnel pour améliorer la qualité. RFF est responsable de la stratégie, nous de l’exécution. Il faut rapprocher la stratégie de l’exécution avec un collectif opérationnel. Nous travaillons donc à rapprocher les 150 horairistes de la DCF avec RFF. Nous voulons que le management soit plus opérationnel. Dans le cadre du cadencement, qui va se traduire par une profonde réorganisation horaire, on se donne plus de chances de réussir.

    Pour les autres, c’est-à-dire les aiguilleurs et les régulateurs qui sont dans les EIC, il n’y a pas de volonté ni de la part du gouvernement ni de la part des deux EPIC, la SNCF et RFF, de modifier les équilibres.
     

     

    VR&T. Avez-vous maintenu des passerelles avec la SNCF pour favoriser la mobilité des agents ?

    A.-H. B. Rien n’a changé dans le statut des agents qui travaillent à la DCF ni dans le temps de travail. De même, nous tenons à organiser des passerelles car cela fait partie de la richesse de nos métiers. Il faut que les aiguilleurs sachent comment fonctionne un train pour qu’ils comprennent les enjeux. Nous organisons donc les formations en conséquence, avec des troncs communs et des spécialisations. Nous assurons aussi la fluidité des passerelles dans une logique de construction de carrière et de renforcement des compétences.

  • Robert Joyeux passe la main chez Faiveley

    Après 12 ans passés chez Faiveley, le président du directoire de l’équipementier ferroviaire, Robert Joyeux, passe la main à Thierry Barel. Très accessible, peu versé dans la langue de bois (ce qui lui vaudra beaucoup d’estime et quelques déboires) Robert Joyeux est le dirigeant qui aura fait passer Faiveley de la position de grand équipementier national à celle de leader mondial de l’équipement ferroviaire. En gérant notamment le rachat et l’intégration de Sab Wabco, Robert Joyeux a dirigé Faiveley en visionnaire, positionnant le groupe comme l’un des fleurons de l’industrie française à l’international. Il a au passage assuré – en douceur – la complexe transition entre la gestion familiale d’un groupe français (avant lui, la famille Faiveley dirigeait en direct le groupe éponyme) et le management mondial d’un groupe de 5 000 salariés implanté dans 24 pays.

  • La Renfe aimerait un Madrid – Barcelone plus rapide

    L’opérateur Renfe a publiquement demandé en mars au gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire Adif une augmentation des vitesses maximales possibles sur la ligne à grande vitesse Madrid – Barcelone. S’appuyant sur l’implantation en cours de la signalisation ERTMS 2, le président Teófilo Serrano souhaite 10 % de mieux quand la vitesse moyenne actuelle est de 235 km/h pour les trajets directs, et de 192,9 km/h quand il y a des arrêts intermédiaires. A l’appui, le dirigeant de la Renfe cite Madrid – Valence où les trains roulent depuis décembre 2010 à 238,8 km/h de moyenne. Aujourd’hui la distance Madrid – Barcelone est parcourue sans arrêt en 2 h 38 par les rames S 103 de Siemens. A terme, le seuil des 2 heures serait un atout commercial évident face au pont aérien.

  • Le lancement Citadis Dualis est reporté au 15 juin

    Le nouveau matériel ne pose plus de problème mais les essais prennent plus de temps que prévu. Alstom et la SNCF ont annoncé un nouveau report du lancement du tram-train Citadis Dualis d’Alstom. « Après les soucis avec la pièce qui tenait le boggie trop fragile pour subir pendant trente ans les accélérations auxquelles est soumis le matériel, nous avons été retardés par la difficulté à obtenir les sillons sur le réseau pour acheminer les rames et effectuer les essais », ont expliqué Claude Solard, directeur général de Régions et Intercités pour la SNCF et Jérôme Wallut, directeur général Alstom Transport France, le 29 mars à Nantes. Contrairement à Bondy et Mulhouse, le tram-train d’Alstom devrait donc entrer en service le 15 juin prochain entre Nantes et Clisson sur un réseau qui ne lui est pas dédié. Mais il le fera avec un an de retard sur le calendrier initial. La région Pays de la Loire se verra offrir une rame (4 millions d’euros) par la SNCF et Alstom en guise de dédommagement, sur les 24 qu’elle a commandées.

  • Le Gart, 30 ans d’action en faveur de transports vertueux

    Il n’y a pas que le TGV qui souffle ses 30 bougies cette année. Le Gart (Groupement des autorités responsables des transports) a lui aussi été fondé en 1981. Lors d’un colloque au Sénat, l’association d’élus a rappelé les grands progrès effectués dans la prise de conscience de la nécessité de transports publics vertueux. « Il y a 30 ans, les transports publics étaient une cause perdue, ringarde », a indiqué le président du Gart, Roland Ries. Après avoir contribué à redonner aux élus « le réflexe transports publics », le Gart estime qu’il faut maintenant se pencher sur l’offre de transports collectifs, qui doit être pensée de manière plus systémique (en coordonnant le travail des AOT, les politiques de stationnement et d’urbanisme), plus pragmatique et en mettant l’accent sur la maîtrise des coûts.

  • Feu vert du gouvernement pour la gare de Vandières

    Quelques semaines après le feu vert du Conseil d’Etat, les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani ont signé le décret paru le 29 mars portant sur la création de la gare d’interconnexion TGV-TER à Vandières (Lorraine). Serpent de mer depuis fin 2000, cette gare devrait donc finalement voir le jour dans quelques années. Il s’agissait d’une vieille revendication de la Lorraine. En 2000, la convention de financement de la LGV Est la prévoyait noir sur blanc en tant que gare d’interconnexion, mais dans un premier temps c’est à Louvigny qu’on installe la gare Lorraine-TGV. Que deviendrait cette dernière ? « Une gare fret express dotée d’une connexion directe à l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine », précise le conseil régional dans un communiqué. Du côté du conseil général de Moselle, on parle de « gaspillage », car il faut 110 millions d’euros pour construire une gare à quelques kilomètres de l’existante.

  • Bientôt un bus de quartier électrique à Paris dans les 17e et 18e

    La RATP a remporté le premier appel d’offres lancé par la Ville de Paris (AOT de proximité par délégation du Stif pour les bus de quartier), le premier depuis la mise en concurrence pour l’exploitation des nouvelles lignes, début 2010. Cette cinquième « traverse » de la capitale (8 km et 27 arrêts) desservira l’ouest du 18e et l’est du 17e arrondissement. Originalité : elle sera exploitée par six minibus électriques, des Oréos de 20 places, comme le Montmartrobus, jusqu’à présent seule ligne 100 % électrique à Paris. Le contrat avec la RATP court sur six ans, l’exploitation débutant fin 2011. 110 000 riverains seront directement concernés par ce bus de quartier complémentaire aux 6 lignes de bus desservant le secteur.

  • Recours contre l’annulation de l’appel d’offres sur l’écotaxe poids lourds

    La France s’est pourvue en cassation auprès du Conseil d’Etat contre la décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’appel d’offres remporté par l’italien Autostrade (auquel s’est associée la SNCF à hauteur de 10 %) pour la mise en place d’une écotaxe poids lourds. « Je tenais à vous faire part de notre détermination à mener ce projet à son terme », a déclaré le 29 mars Thierry Mariani, lors de l’Assemblée générale de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Le secrétaire d’Etat aux Transports espère que cette taxe perçue sur les poids lourds empruntant une partie du réseau national et départemental pourra être mise en place en 2013 pour contribuer au financement des infrastructures.

  • LGV Nîmes – Montpellier : l’attributaire pressenti désigné d’ici la fin de l’année

    Le secrétaire d’Etat aux Transports Thierry Mariani a indiqué le 29 mars que son objectif est de désigner « l’attributaire pressenti » pour la ligne à grande vitesse (LGV) Nîmes – Montpellier « d’ici la fin de l’année 2011 ». Réseau ferré de France a engagé début février la phase de dialogue compétitif approfondi avec les trois candidats Bouygues, Eiffage et Vinci. Le groupe retenu se verra confier le financement, les études, la construction et la maintenance de la ligne nouvelle à grande vitesse mixte (voyageurs, fret) du contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier, en contrepartie de financements publics et de loyers versés par RFF. Cette nouvelle ligne, longue de 80 km (60 km de LGV et 20 km de raccordements), s’inscrit dans le prolongement de la LGV Méditerranée et de la concession franco-espagnole Perpignan – Figueras assurée par Eiffage.

  • Grand Paris : décret sur le tracé et les gares en juillet

    Le ministre chargé du Grand Paris, Maurice Leroy, a annoncé le 22 mars au Sénat que le décret en Conseil d’État sur le tracé et l’emplacement des gares du futur réseau de transports du Grand Paris serait publié en juillet. Devant la commission des Affaires économiques, il a aussi affirmé que le Syndicat des transports d’Île-de-France se verrait « confier l’extension de la ligne 14 entre Saint-Lazare et Saint-Ouen » pour la maîtrise d’ouvrage et que « l’accord devrait être conclu sous peu ».