Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Maurice Leroy au Grand Paris

    Maurice Leroy au Grand Paris

    Si on en croit Libération, c’est un peu par hasard que le dossier du Grand Paris est tombé dans l’escarcelle du ministre de la Ville. Il semble bien que le chantier prioritaire du président de la République était passé aux oubliettes.

    De fait, Jean-Paul Huchon, au lendemain du remaniement, ne savait pas quel serait son interlocuteur, et il hésitait entre Bruno Le Maire (au titre de l’Aménagement du territoire) et Nathalie Kosciusko-Morizet, ou son secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani.

    Ce sera donc Maurice Leroy (51 ans), centriste comme Michel Mercier, le précédent titulaire du dossier. Député du Loir-et-Cher, il connaît parfaitement la région parisienne, ayant été successivement directeur de cabinet du maire d’Orly, du président du conseil général du Val-de-Marne, du sénateur maire de Nanterre et du maire de Colombes, avant d’être chargé de mission auprès de Charles Pasqua, alors président du conseil général des Hauts-de-Seine et d’Eric Raoult, ministre de la Ville. On a compris par ce parcours en banlieue rouge que ce centriste fut communiste. On apprend par le Who’s Who qu’il s’intéresse à Stendhal.

  • Selon Annick Lepetit, le gouvernement oublie les transports franciliens

    Selon Annick Lepetit, le gouvernement oublie les transports franciliens

    « Ce rapport confirme les dérives que je dénonce depuis des années et qui se traduisent par une saturation des lignes de métro et en particulier de la ligne 13 ! », a vivement réagi Annick Lepetit, après la publication du rapport de la Cour des comptes.
    « Le choix politique du gouvernement, qui préfère investir massivement dans les lignes à grande vitesse en oubliant les transports publics urbains, particulièrement en Ile-de-France, est en totale contradiction avec l’investissement des collectivités territoriales ces dernières années », écrit l’adjointe au maire chargée des déplacements à Paris sur son blog. Qui conclut que « ce rapport est un soutien au projet Arc Express, puisqu’il met en évidence l’urgence de développer une offre de transport plus importante dans la métropole parisienne. »

  • Alain Le Vern pour une meilleure coordination dans le bassin parisien

    Alain Le Vern pour une meilleure coordination dans le bassin parisien

    Les huit régions du bassin parisien défendront une position commune dans le débat public sur le Grand Paris ont annoncé leurs présidents socialistes à l’issue d’une réunion à Rouen le 22 novembre. Baptisée « C8 », cette conférence permanente créée en 2006 déposera un cahier d’acteurs d’ici au 31 janvier.
    « Nous présenterons un schéma de cohérence face au désordre organisé au plus haut niveau de l’Etat », assure Alain Le Vern, président de la Haute-Normandie, qui a succédé à Jean-Paul Huchon à la tête de la « C8 ». Au cours des prochains mois, la « C8 », qui réunit 25 millions d’habitants, soit 40 % de la population française, doit aussi travailler à « une meilleure coordination » entre schémas régionaux d’aménagement et de développement du territoire et le Sdrif et, à plus long terme, élaborer un contrat de projets interrégional.

  • Pour Patrick Hatzig, la source des financements se tarit

    Pour Patrick Hatzig, la source des financements se tarit

    Au lancement des travaux de la seconde phase de la LGV Est, Patrick Hatzig, vice-président chargé des transports de Lorraine a pointé du doigt la la réforme territoriale.
    « La réforme territoriale ne laissera plus l’opportunité d’une telle réalisation partenariale. Sans fiscalité, sans taxe professionnelle, avec en prime le gel des dotations de l’Etat sur 3 ans, la source se tarit. »

  • Ségolène Royal, fan de la « Mia » électrique

    Ségolène Royal, fan de la « Mia » électrique

    « C’est une voiture très silencieuse et agréable à conduire », a commenté la présidente PS de la région Poitou-Charentes lors de l’inauguration des préséries de voitures électriques « Mia » dans les Deux-Sèvres le 18 novembre.
    Ségolène Royal venait de tester le véhicule qui sera fabriqué à partir de juin 2011 par le consortium allemand repreneur d’Heuliez, Mia Electric SAS, dont la région possède 30 % du capital. Elle a affirmé sa volonté de mettre en place un fonds de 12 millions d’euros pour permettre notamment d’acquérir la voiture de manière associative.

  • Le Stif signe un partenariat avec mappy.fr

    Grâce à un nouveau partenariat avec le Stif, le site du leader français de services de cartographie et calcul d’itinéraire sur Internet, mappy.fr, propose le calcul d’itinéraire en transports en commun sur l’Ile-de-France. Accessible à la rubrique « itinéraire » en cliquant sur l’onglet transports en commun, le moteur lance le calcul d’un trajet empruntant tous les réseaux franciliens : métro, bus, RER, tramway, réseau Transilien et navettes fluviales Voguéo. Et propose une feuille de route détaillée, puisque figurent même l’itinéraire piéton pour se rendre aux stations et une estimation du temps de trajet. A noter que depuis quatre ans Mappy indiquait les trajets possibles sur les lignes RATP avec laquelle un partenariat avait été signé. Il devient maintenant le seul site offrant un guidage complet de porte à porte en Ile-de-France, quel que soit le mode de transport public utilisé.

  • Quelle mobilité dans une ville au climat dégradé ?

    Quelle mobilité dans une ville au climat dégradé ?

    Le collectif d’architectes « Et alors » a réfléchi à l’adaptation de la ville après une élévation substantielle – et possible – de la température ou du niveau de la mer. Sa réflexion sur les villes qu’il a « étudiées » après Rennes porte sur la mobilité, le nouveau rapport au temps et les modes de vie, la densité urbaine Le collectif Et alors est formé en 2005 par quatre architectes autour du projet fiction « Rennes + 6 °C », imaginé à l’occasion de leur diplôme de fin d’études. L’objet de cette recherche expérimentale est de questionner le rapport de la ville au changement climatique par l’application d’un climat fiction sur une portion de territoire de la métropole rennaise à l’aide d’une méthodologie et d’outils d’analyse spécifiques. Par la suite, le collectif Et alors développe son approche sur d’autres villes : Dunkerque, Avignon, La Nouvelle-Orléans et puis récemment Paris. Chaque projet aborde le thème de la ville et du climat sous un angle particulier pour se poser de nouvelles questions et évoluer dans la réflexion.

    Réfléchir à l’adaptation des villes au bouleversement climatique, c’est aussi imaginer les moyens de minimiser les émissions de gaz à effet de serre. En France, le transport représente environ un tiers des émissions de CO2. Dans les projets du collectif, cet enjeu important entraîne une réflexion globale sur la mobilité, sur les différents modes de transport, sur la temporalité et les modes de vie, sur la densité urbaine…
     

     

    Les projets + 6 °C
    Une adaptation de la ville à un réchauffement extrême

    Le scénario d’un réchauffement de 6 °C du climat terrestre correspond aux prévisions les plus pessimistes du Giec pour 2100. Le climat fiction + 6 °C appliqué sur la ville de Rennes n’est pas une prévision mais un climat possible parmi les fourchettes de probabilités établies par les scientifiques.

    Rennes + 6 °C esquisse une ville n’ayant pas cherché à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et qui s’adapte donc à un climat extrême. Dans le projet, par analogie, les conditions de déplacements des habitants dans la ville sont comparées à celles de ceux vivant dans le désert, où la vie est dictée par la recherche de l’eau et de la fraîcheur, et où les oasis créées et entretenues par l’homme offrent des refuges essentiels ponctuant les trajets. L’espace urbain de Rennes est alors transformé pour apporter une hiérarchie d’espaces protégés appelée « réseau climatique ». Dans ce contexte, le métro devient un moyen de transport privilégié car on y voyage à l’abri de la chaleur et du soleil. Chaque station devient une oasis, créant une transition entre le milieu protégé et le milieu extérieur hostile. Les places les plus attractives et fréquentées deviennent ainsi des refuges frais et protecteurs, collectant les eaux pluviales. Ainsi, en considérant la transformation du climat, c’est l’ensemble des mobilités urbaines qui est complètement revisité.

    Dunkerque + 6 °C est soumis au même scénario climatique. Une ligne de train suspendue connecte la ville à toute l’aire urbaine transfrontalière et participe à un réseau vaste et structurant de transports en commun, prenant le pas sur la voiture. Ce réseau doit être capable de prendre en charge l’arrivée massive de nouvelles populations, forcées de migrer à cause des changements climatiques, la région tempérée devenant climatiquement attractive.  
     

     

    Les projets + 2 °C
    Une adaptation de la ville pour un réchauffement atténué

    Pour le projet de prospective Paris + 2 °C, l’approche est différente. La commande de la Ville de Paris était d’imaginer une ville qui s’adapte activement pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et contenir le changement climatique dans une fourchette basse. Ce scénario propose donc une ville transformée où l’offre des transports urbains, les habitudes de déplacements des habitants et le transport des marchandises sont modifiés en profondeur.

    Pour accueillir de nouveaux habitants, Paris + 2 °C se densifie et doit proposer plus d’espaces extérieurs à partager, de parcs et de jardins améliorant la qualité de vie en ville. Dans cet exercice, le parti pris est délibérément radical : l’automobile est repoussée de la ville et libère ainsi un potentiel énorme d’espaces redonnés aux habitants. Pour contrebalancer cette proposition, les transports en commun et le vélo deviennent les modes de déplacements densifiés.

    Cette proposition est imaginée car Paris est une ville très dense, avec environ 20 000 habitants au km². Une telle compacité urbaine permet des transports en commun efficaces, largement valorisés dans le projet Paris +2 °C. Ainsi, le métro s’ouvre à la ville pour ne plus être uniquement un lieu de transport souterrain mais également un lieu de vie. On voit donc dans le 5e arrondissement la station de Cluny s’ouvrir directement sur le square et accueillir une bibliothèque universitaire, le métro s’aère et participe à la vie urbaine. De même, au bois de Boulogne, la ligne 2 est prolongée et dessert directement ces espaces de loisirs, frais et ombragés. Le tramway est également valorisé, un nouveau modèle « à impériale » permet de densifier l’offre de transports et participe à l’attrait touristique de la ville.

    Dans Paris + 2 °C, le vélo prend alors toute sa place. Il est d’ailleurs d’autant plus agréable et sécurisant de se déplacer à bicyclette dans une ville sans voitures. A l’image des habitudes des pays nordiques, le vélo organise la ville : le Vélib’ est démultiplié, des parkings à vélos à étages sont proposés, des voies cyclables rapides à hauteur des toits permettent de relier la porte de Clignancourt à la porte d’Orléans en moins de 20 minutes.
    Comme le montrent les illustrations, le transport de marchandises est relayé par le tramway, et densifié sur la Seine. L’image du périphérique devenu parc montre également le souci de développer un nouveau rapport entre Paris et sa périphérie. Enfin, ce projet fiction s’enrichit de nouveaux modes de transport occupant le ciel ; on peut alors voir un téléphérique relier les gares entre elles ou bien une nouvelle génération d’aérostats transporter des voyageurs et des marchandises.

    Au travers de ces différents projets de ville, Et alors propose une fiction d’un urbain accueillant, d’une ville dense où se déplacer devient l’expérience d’une mobilité diversifiée. Cette fiction délibérément utopique participe à la construction d’une représentation collective de la ville de demain. De nombreuses thématiques de recherche sur les mobilités restent à explorer : qu’en est-il du monde rural, comment peut-il s’organiser et développer des alternatives à l’étalement urbain ? Que provoque le rapprochement des villes du monde grâce à l’avion qui réduit les distances et bouleverse complètement le rapport au voyage et au temps ? Le travail est alors un questionnement continu, qui rebondit sur de nouveaux champs de réflexion et cherche à ouvrir les expérimentations et les terrains d’actions à de nouvelles perspectives.
     

     

     

     

    Rennes + 6 °C
     

    Comment nous déplacerons-nous sous un climat parfois ultrachaud ? La voiture individuelle est-elle toujours viable ? Le climat urbain et la qualité de l’air transformeront-ils nos habitudes de déplacements ? Quelle place doit-on accorder à la voiture dans Rennes +6 °C ? Faut-il adapter les espaces de la voiture au nouveau climat en favorisant les parkings couverts protégés des surchauffes ou bien exclure la voiture de la ville ? Doit-on faire confiance à la science et attendre la voiture verte ? Les parkings et les voiries peuvent-ils être investis pour construire la nouvelle ville + 6 °C ?

    Une rue de maisons de ville
    Dans un quartier résidentiel, l’action climatique de base consiste :
    • à augmenter la perméabilité des sols en réduisant la circulation des voitures sur deux bandes bitumées ;
    • à planter des arbres le long des rues pour fournir de l’ombre aux maisons et aux déplacements des piétons ;
    • à drainer l’eau par un système de noues et de végétations filtrantes.

    Le parking « éponge » Alma
    Le parking de ce centre commercial est un lieu très critique climatiquement de par sa surface bitumée, l’absence d’eau et de végétation. Dans Rennes + 6 °C, la présence de l’automobile n’est pas remise en question. L’intervention consiste à adapter le parking et à le convertir en une surface éponge filtrante et récupérant l’eau. Tout le parking est végétalisé, investi d’arbres créant de l’ombre, et le sol perméabilisé par un système de gazon armé.
     

     

     

     

    Dunkerque + 6 °C
     

    Le panorama de Dunkerque se transforme progressivement. La place de la voiture est minimisée pour permettre la perméabilisation des sols et lutter contre le phénomène de l'« îlot de chaleur urbain ». Un train suspendu relie Dunkerque à Lille et à Bruxelles. C’est un axe support à une nouvelle urbanisation qui structure la métropole transfrontalière.
     

     

     

     

    La Nouvelle-Orléans + 1 m
     

    Ce projet, lauréat de la bourse de la fondation EDF Diversiterre en 2009, est une recherche sur l’évolution d’un territoire urbain menacé par l’augmentation des risques cycloniques. Dans un scénario désirable, la ville coexiste avec son environnement, les autoroutes surélevées sont utilisées pour le passage des tramways et habitées par une nouvelle typologie d’habitats plus denses, une alternative à l’étalement urbain participant à la vulnérabilité de la ville face aux inondations.
     

     

     

     

    Paris + 2 °C
     

    9e arrondissement
    Le carrefour du boulevard Haussmann et de la rue du Havre. Livraison matinale des Grands Magasins.
    Pendant la nuit, lorsque le transport des passagers est réduit, les lignes de tramway sont utilisées pour les livraisons de marchandises. Les palettes sont déposées sur le trottoir, où une équipe logistique prend le relais et achemine les marchandises dans les zones de stockage en sous-sol. Les petits commerces et les particuliers utilisent ce service de livraison grâce aux différentes places relais parsemées dans tout Paris. La rue est aménagée pour permettre le déplacement des vélos sur des voies rapides. Au petit matin, le bd Haussmann est animé par le ballet des cyclistes parisiens se rendant sur leur lieu de travail.

    1er arrondissement
    La Seine et le pont Neuf depuis le pont des Arts.
    La Seine redynamisée.
    La Seine accueille de nombreux usages : déplacements, loisirs et production d’énergie. Se côtoient les transports de marchandises locales comme le bois pour la construction et les récoltes des maraîchers locaux se rendant au marché flottant, les sites de loisirs (baignade, activités nautiques, etc.), ou encore les hydroliennes submergées exploitant la force du courant pour produire de l’énergie. Les navettes fluviales et les bateaux taxis transportent les voyageurs quotidiennement. Chaque station d’embarquement est directement connectée à la ville et au réseau de transport terrestre. Une ligne de téléphérique relie la station Montparnasse aux stations Gare-du-Nord et Gare-de-l’Est.

    17e arrondissement
    Le boulevard périphérique depuis la porte Maillot.
    Le parc périphérique.
    Le boulevard périphérique est une emprise stratégique de 35 km de long n’ayant plus de vocation routière. Il devient un parc circulaire aux multiples fonctions, intégrant de nouveaux modes de transport et reconnectant Paris à sa banlieue. Une double voie de tramway, une voie cyclable rapide et une promenade piétonne occupent le « lit » du parc périphérique sur toute sa circonférence. A chaque porte, des pôles multimodaux mettent en relation ces transports circulaires avec les transports pénétrant dans la capitale. Les connexions sont repensées pour passer simplement d’un transport à l’autre. Le vélo a, par exemple, sa place dans tous les wagons.

    7e arrondissement
    Les toits de Paris, rue de Grenelle. Paris sur les toits.
    Au-dessus des toits, un réseau de circulation permet aux Parisiens de se déplacer sur la ville. Ces grandes traversées permettent aux cyclistes de rejoindre, par exemple, la porte d’Orléans à la porte de Clichy en moins de 25 minutes.

  • 89 % des habitants du Sud-Ouest favorables aux LGV vers l’Espagne et Toulouse

    Selon un sondage Ifop commandé par RFF publié le 1er décembre, une grande majorité des habitants du Sud-Ouest sont favorables aux LGV prévues entre Bordeaux et l’Espagne et Bordeaux et Toulouse. Le grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) recueille 41 % d’avis très favorables, 48 % de plutôt favorables, tandis que les opposants sont minoritaires avec 11 % dont 5 % de très défavorables. Les raisons d’adhésion spontanément citées sont l’amélioration et la modernisation du réseau ferroviaire (34 %) ainsi que le gain de temps (30 %), tandis que l’impact sur les zones habitées (9 %) et sur les paysages (6 %) est plus critiqué. « La très large adhésion au projet ne doit pas masquer la nécessité de lever les inquiétudes restantes dans certaines communes traversées », commente toutefois RFF. Soutenu par les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, le GPSO se heurte à de fortes oppositions locales, notamment dans la vallée de la Garonne et au Pays basque, principalement à cause des nuisances environnementales.

  • Dominique Bussereau, l’entretien bilan : « Je n’abandonne pas les transports »

    Dominique Bussereau, l’entretien bilan : « Je n’abandonne pas les transports »

    Quelques jours avant de quitter son poste, l’ancien secrétaire d’Etat  aux Transports Dominique Bussereau nous a confié son regard sur ces années qu’il a passées au ministère, ainsi que ses projets pour l’avenir. Ville, Rail & Transports. Vous avez quitté de votre propre chef le gouvernement à l’occasion du remaniement. Pour quelles raisons ? Quels sont vos projets pour les années à venir ?

    Dominique Bussereau. Ma décision de quitter le gouvernement date du printemps 2009. Elle a été prise après les élections européennes. J’avais indiqué que je souhaitais retourner à l’Assemblée nationale, où je vais siéger à compter du 15 décembre. Il y a par ailleurs le conseil général de Charente-Maritime où je vais poursuivre et intensifier mon action comme président, avec pour enjeu politique immédiat les élections cantonales du premier trimestre 2011. Au deuxième semestre 2011, je compte également réaliser un projet qui date d’avant 2002, celui de m’inscrire au barreau. Et puis je vais donner des cours à Sciences Po.

    Mais je n’abandonne surtout pas le domaine des transports. Je vais le suivre localement à travers le projet de LGV SEA, le plus grand chantier d’Europe, ou les projets d’amélioration de la desserte du port de La Rochelle, même si, avec la création d’un opérateur de proximité, le train y siffle en allemand ! Au plan national, je serai le représentant de mon département au Gart, à l’Association des départements de France et je compte bien me réinvestir dans Avenir Transports auprès de François-Michel Gonnot.
     

     

    VR&T. Vous mettez un terme à une très longue période ministérielle, huit ans et sept mois en tout dont plus de la moitié aux transports. Au bout de ces années en poste, comment jugez-vous l’évolution du monde ferroviaire et des transports publics ?

    D. B. J’ai « fait » en tout cinq ans et demi aux transports, plus que Jean-Claude Gayssot ! Je crois que la formule de Louis Armand, selon laquelle le train sera le moyen de transport du XXIe siècle est en train de se vérifier. Voyez tous ces pays qui veulent s’équiper, qu’il s’agisse du Kazakhstan, de la Tunisie, de la Libye, ou du Maroc avec son TGV. L’Espagne va si vite en grande vitesse qu’elle nous dépasse. On voit aussi que la Chine ou les Etats-Unis sont en train de s’ouvrir au tramway. Ce siècle sera décidément très transport public, très rail. En France, jamais autant de projets de LGV n’ont été lancés de manière simultanée, avec, en 2011, les débuts de SEA, de la ligne Le Mans – Rennes, du contournement de Nîmes – Montpellier, sans oublier la mise en service du premier tronçon, de la LGV Rhin-Rhône en fin d’année.

    Or, au niveau industriel, la France peut se targuer d’avoir en 2010 toute la palette du secteur transport. Trois opérateurs de niveau mondial avec Veolia-Transdev, la SNCF-Keolis et la RATP, trois majors du BTP avec Bouygues, Eiffage et Vinci, ce dernier étant très spécialisé dans les concessions. De belles entreprises de réseaux comme Thales ou Safran. Des ingénieries avec Systra ou Egis. Et des industriels de premier rang comme Faiveley et bien entendu Alstom ou les activités françaises de Bombardier.
     

     

    VR&T. Dans le domaine de la grande vitesse, vous avez évoqué la nécessité d’un Airbus ferroviaire, sans grand succès jusqu’à présent…

    D. B. Avec l’arrivée des groupes chinois, je crois que les rapprochements entre industriels européens seront de plus en plus nécessaires. Je continue de penser qu’il faudra un jour créer un Airbus du ferroviaire, même si je sais que Patrick Kron n’est pas encore de mon avis ! Si on veut avoir accès aux marchés mondiaux, il faudra y aller groupés. Il en va de même pour les opérateurs. Dans divers secteurs. A terme, la SNCF devra s’interroger sur son fret qui est mal en point. Je ne sais pas si ce doit être avec les Luxembourgeois des CFL, les Suisses des CFF ou les Allemands de la DB, mais n’est-il pas nécessaire d’aller chercher des alliances ?
     

     

    VR&T. Le cadre juridique et concurrentiel a presque autant évolué dans le ferroviaire entre 2002 et 2010 que depuis les origines du secteur. Quel regard portez-vous sur cette mutation ?

    D. B. Même si certains jugent que cela n’est pas allé assez vite, je pense que le sujet a énormément évolué en quelques années. On a créé un cadre juridique qui va donner des résultats progressivement. Cependant que RFF grandissait et affirmait son rôle, on a créé de nouvelles structures comme l’EPSF, la direction de la Circulation ferroviaire au sein de la SNCF, ou l’Araf. Je suis, soit dit en passant, ravi du choix de Pierre Cardo en tant que président, je ne voulais pas d’un haut fonctionnaire à ce poste, je voulais un élu libre et indépendant. On a lancé la contractualisation des trains d’aménagement du territoire, qui sont aujourd’hui dans un état peu satisfaisant, cela me semble un bon moyen de les rendre plus attractifs. Concernant les TER, le sénateur Grignon va continuer son travail, faire le tour des régions, il faut que la discussion s’engage sur l’ouverture à la concurrence au sein de l’ARF. Je pense que l’ouverture ne pourra pas immédiatement être expérimentée à l’échelle d’une région, mais plutôt à celle d’une étoile ferroviaire. Je crois en la méthode alsacienne de l’expérimentation.

    Dans le fret, dont de très nombreux trains ont été calés lors du dernier conflit sur les retraites, je pense qu’on va bientôt voir fleurir de nombreuses initiatives parlementaires demandant l’instauration d’un service minimum sur le fret.

    Concernant l’économie du système, le sujet le plus délicat a été de trouver le point d’équilibre sur les péages. Heureusement qu’on a augmenté ces péages, sans cela, beaucoup d’opérateurs étrangers viendraient butiner sur nos lignes ! Et puis, si l’on veut rénover le réseau, il faut bien trouver des ressources. A ce sujet, il me semble que les régions doivent veiller à ne pas surcharger la barque en commandes de matériels TER. Je suis ravi de voir tous ces beaux matériels régionaux créés par Alstom ou Bombardier. Mais il ne faut pas créer des kilomètres-trains pour se faire plaisir. Je pense qu’il faut analyser les choses avec pragmatisme et admettre que dans certains cas et à certains moments de la journée un car peut avantageusement remplacer un TER.
     

     

    VR&T. En parlant de financement, la France n’a jamais lancé autant de projets, et les ressources, en particulier des collectivités locales, semblent incertaines. Comment trouver de nouvelles ressources ?

    D. B. Le problème du financement sera un sujet important pour le nouveau gouvernement. L’usage du versement transport a été étendu dans les agglomérations, je pense que c’est suffisant. Je ne suis pas favorable à un VT régional. Si on ouvre cette porte, alors, pourquoi ne pas autoriser un VT départemental ? Au plan local, nous avons dans le cadre du Grenelle ouvert de nouvelles possibilités, notamment celle du péage urbain. A l’avenir, il faudra également réfléchir à la dépénalisation des amendes de stationnement. Il faudra également reposer la question de ce que payent les clients, car je suis assez dubitatif sur le principe du transport gratuit. Il faudra trouver une meilleure péréquation. Dans le ferroviaire, j’ai souhaité que les opérateurs jouissent de la plus grande liberté en matière tarifaire. Leur donner la liberté de gestion, et la capacité d’aller chercher de nouvelles ressources. On doit être plus inventifs : si l’on s’inspirait mieux du Japon, la SNCF, par exemple, pourrait gagner beaucoup plus d’argent avec ses gares, et pas seulement avec les grandes gares. Il y a des choses extraordinaires à faire !
     

     

    VR&T. Au terme de ce mandat, quels sont vos regrets ?

    D. B. J’aurais souhaité que l’on aille plus loin dans la réforme des TER. Si on la regarde avec du recul, la réforme Thatcher aura permis le renouveau du rail britannique. La concurrence aura finalement permis d’apporter un meilleur service aux citoyens. La SNCF a encore beaucoup d’efforts à faire dans ce domaine du service. Je pense que Guillaume Pepy a insufflé un nouvel esprit, il faut continuer. Sur le plan de notre relation avec l’Allemagne, qui, dans le secteur, n’est pas très bonne ou en tous les cas trop heurtée, j’aurais aimé pouvoir faire encore plus. On a mis en place un groupe de haut niveau avec les principaux partenaires. Il faudrait maintenant quelques expériences concrètes, des projets communs : pourquoi la SNCF et la DB ne rachèteraient pas un réseau en Europe ou ailleurs qu’elles exploiteraient ensemble ?

  • S-Bahn berlinois : un an après, de nombreux problèmes persistent

    S-Bahn berlinois : un an après, de nombreux problèmes persistent

    Malgré ses promesses, la DB n’est pas parvenue à rétablir un trafic régulier. Le retour à la normale n’est pas prévu avant l’année prochaine. La compagnie s’expose à de nouvelles sanctions. Du provisoire qui dure : un an après la plus grave crise qu’aient jamais connu les transports urbains berlinois, la Bahn n’a toujours pas réussi à rétablir son plan de circulation habituel, malgré ses promesses.

    Le mois dernier, Rüdiger Grube a bien été obligé de se rendre à l’évidence : « nous ne sommes pas en mesure de remettre en service un nombre suffisant de rames », a reconnu le chef de la compagnie devant le Sénat de Berlin. Certes, la DB a fait des progrès : plus de 420 rames sont désormais en état de circuler et répondent aux normes de sécurité, contre 183 au plus fort de la crise. Mais cela reste très insuffisant : il en faudrait au moins 501 pour assurer un service régulier.

    Conséquence, les usagers vont devoir continuer à s’armer de patience : rames bondées aux heures de pointe, fréquences en baisse ou trains plus court seront la règle pendant encore de longs mois. Le retour à la normale n’est pas prévu avant « le courant de l’année prochaine ». « Nous y croirons, lorsque nous le verrons », commente avec méfiance le porte-parole de Ingeborg Junge-Reyer, la Sénatrice socialiste en charge des transports. En réalité, il faudra peut-être attendre jusqu’à fin 2011, affirment plusieurs observateurs.

    Car pour ne rien arranger, la compagnie a d’autres problèmes plus immédiats en vue : l’arrivée de l’hiver et le risque que ses trains ne supportent pas les températures négatives. Une mésaventure que la DB a déjà connue l’an dernier : le froid polaire qui s’était abattu sur la capitale allemande avait mis 300 rames hors-service et perturbé le trafic encore davantage. La DB, qui veut à tout prix éviter ces déboires, très coûteux en terme d’image, entend cette fois-ci constituer une réserve de voitures, afin de parer à toute nouvelle défaillance.

    Pour autant, Rüdiger Grube affiche une sérénité à toute épreuve, malgré la perspective d’un mois de novembre de tous les dangers : le SPD, majoritaire au Sénat de Berlin doit décider s’il retire à la Bahn son monopole d’exploitation. « En 2011, nous assurerons un service régulier et plus sûr, car toutes les rames seront équipées de nouveaux systèmes de freins et d’essieux. Je suis donc convaincu que nous aurons une bonne chance de conserver notre contrat », affirme le patron de la DB. Des propos qui ulcèrent une partie des élus berlinois : « Étant donné les circonstances, ne pas faire jouer la concurrence serait irresponsable vis-à-vis des contribuables et des usagers », s’indigne Claudia Hämmerling, la porte-parole du groupe Verts au Sénat. Une sortie qui pèse lourd alors que les écologistes sont désormais en mesure de s’emparer de la capitale lors des élections l’année prochaine : les sondages les placent devant les sociaux-démocrates.

    En attendant, la DB ne va pas échapper à une nouvelle amende : 1,35 million d’euros supplémentaires, qui seront soustraits aux subventions d’exploitation versées par les pouvoirs publics. La facture ne cesse donc de s’alourdir. Au total, la compagnie a été privée de 20 millions d’euros cette année, soit environ un dixième des subsides qu’elle perçoit.