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Auteur/autrice : admin_lvdr

Annick Lepetit : « Le réseau du Grand Paris est une illusion »
« Depuis le lancement en grande pompe du projet Grand Paris par le président de la République en avril 2009, tout n’est que déconvenues et passages en force », déplore Annick Lepetit, adjointe chargée des déplacements à Paris.
Une preuve de plus avec l’annulation de la réunion commune aux deux débats publics en cours sur les projets du Grand huit et d’Arc Express. Gilles Carrez devait présenter son rapport proposant « des pistes innovantes qui méritent d’être expliquées aux Franciliens », déplore l’élue socialiste, qui conclue que « l’évidence s’impose : l’État n’est pas en mesure de dire comment il peut financer le Grand huit ». Même les 4 milliards d’euros de dotation initiale pour lancer la SGP ne figurent dans aucune loi d’orientation budgétaire. « Pourquoi avoir lancé un débat public sur un projet non financé ? » interroge Annick Lepetit. Et si l’annulation de la réunion montre « l’embarras de l’Etat », elle est persuadée aussi que « le réseau du Grand Paris est une illusion et que sans le projet Arc express et ses financements, il ne pourra pas sortir de terre ».
Jean-Paul Huchon : « Le gouvernement paye les pots cassés de la méthode Blanc »
Suite à l’annulation de la réunion du 8 novembre qui devait être consacrée au financement des projets Arc Express et Grand Paris, la Société du Grand Paris (SGP) ayant refusé d’y participer, le président du Stif, Jean-Paul Huchon, a vivement réagi.
Soulignant que « le financement d’Arc Express a toujours été présenté en toute transparence, comme l’ensemble des projets du plan de mobilisation pour les transports franciliens », alors que plus d’un mois après le début des débats publics la SGP ne se considère toujours pas prête à présenter son plan de financement. Prenant acte de la décision de report, le Stif exige des précisions rapides sur les modalités de financement du Grand Paris, afin de rendre son avis sur le projet dans les temps impartis par la loi. « Après la gestion catastrophique de l’approbation du SDRIF, le gouvernement continue de payer les pots cassés de la méthode Blanc », a conclu Jean-Paul Huchon.
Gérard Lahellec : « Il y a anguille sous roche »
Le vice-président du conseil régional de la Bretagne, chargé des transports, Gérard Lahellec, s’inquiète qu’après « les déclarations, intervenues au début de l’été, pour engager une polémique partisane autour d’un projet faisant jusqu’ici l’unité de toutes les sensibilités républicaines de Bretagne », le groupe UMP ait voté début novembre contre la diffusion de la grande vitesse en Bretagne.
Et ceci sur un avis, qui proposait de prolonger la LGV par des shunts permettant aussi la grande vitesse à l’intérieur de la Bretagne. Un vote qui indique « qu’il y a vraisemblablement anguille sous roche », précise-t-il. « En réalité, ce vote négatif, tendant à rendre la Région responsable de ce qui ne se fait pas ou ne se ferait pas, peut être annonciateur de mauvaises nouvelles ! », s’alarme-t-il, tout en appelant les Bretons au rassemblement sur un projet « stratégique et vital pour toute la région ». « Ensemble, nous devons rester mobilisés pour le respect du calendrier, des délais et des coûts, le développement des dessertes sur tout le territoire et l’engagement de poursuite des travaux entre Rennes-Brest et Rennes-Quimper », écrit-il.
Jean Grenet ne veut pas faire de Bayonne « une réserve d’Indiens »
« Aujourd’hui, c’est prouvé, on l’a vu avec la LGV Marseille – Paris en trois heures, les territoires qui ne sont pas irrigués par des infrastructures sont des territoires qui meurent. Donc moi je veux bien qu’on soit contre la LGV, qu’on soit contre les autoroutes, mais à ce moment-là on devient une réserve d’Indiens. »
Dans une interview au Journal du Pays Basque du 3 novembre, Jean Grenet, le député-maire (PR) de Bayonne a justifié ainsi sa position favorable à la LGV dans le Sud-Ouest, un projet très controversé. Qualifiant la LGV d’« outil de désenclavement, de promotion pour un territoire », il reconnaît toutefois tenir un discours « difficile ». « Si j’allais dans le sens de l’opportunisme politique, je dirais que ça n’a pas de sens et qu’on verra plus tard. Sauf qu’on ne verra pas plus tard. Si on ne le fait pas aujourd’hui, on ne le fera pas demain, avance-t-il. J’adore le Pays Basque, c’est mon pays. Mais si la LGV ne s’arrête pas à Bayonne, elle s’arrêtera à Bordeaux, pour des questions de rentabilité. »Perpignan – Figueras pas prêt pour le 12 décembre
Deux ans après la fin des travaux en France, il n’y a toujours pas de trains dans le tunnel du Perthus. Enfin, il y a deux mois, Eiffage, membre de TP Ferro, le concessionnaire de Perpignan – Figueras, annonçait les premiers TGV au service d’hiver du 12 décembre. Mais voilà qu’un nouveau retard s’annonce pour des motifs assez futiles : des problèmes d’agendas ministériels chez nous (remaniement) et de nom de gare côté espagnol – après trois baptêmes, ce sera « Figueras-Vilafant ». L’autorisation de l’Araf devrait tomber peu après le 3e et dernier exercice de sécurité du 23 novembre. Alors, à quand les 2 allers-retours quotidiens (départs Paris 7h20 et 15h20, Figueras 11h09 et 15h05) ? Quant aux voyageurs qui voudront aller jusqu’à Barcelone, ce sera en « teuf-teuf », en attendant la LGV en 2012. La SNCF reste optimiste pour ouvrir les billets à la vente sous peu et voir circuler les trains avant la fin de l’année.
NKM à l’Ecologie, Mariani aux Transports, Leroy au Grand Paris
Nathalie Kosciusko-Morizet (X, 37 ans) devient ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, au quatrième rang dans l’ordre protocolaire du gouvernement. Cette spécialiste de l’environnement fut secrétaire d’Etat à l’Ecologie de 2007 à 2009. Les associations environnementales critiquent le rétrécissement de périmètre du ministère, amputé de la Mer et surtout de l’Energie, rattaché au ministère de l’Industrie. Un transfert de « très mauvais augure », a estimé Nicolas Hulot.
Thierry Mariani (52 ans) est secrétaire d’Etat aux Transports. Jusqu’à présent député (UMP) du Vaucluse, c’est lui qui a affronté en vain, lors des dernières élections régionales en Paca, le président sortant, Michel Vauzelle. Au gouvernement, il sera le seul représentant de la région Paca.
Le dossier du Grand Paris revient au ministre de la Ville, Maurice Leroy (51 ans), jusqu’à présent député (Nouveau Centre) du Loir-et-Cher. Maurice Leroy et Thierry Mariani n’avaient jamais occupé de fonctions gouvernementales.Talgo renouvellera la flotte voyageurs des KTZ
Le constructeur ferroviaire ibérique Talgo et les chemins de fer kazakhs ont conclu fin octobre un accord pour le renouvellement des voitures grandes lignes de ce réseau d’Asie centrale. Hérité de l’ère soviétique, ce parc est constitué de 3 000 unités, et Talgo livrera d’ici 2014 une première tranche de 420 voitures de type Intercity, soit un marché de 300 millions d’euros, auquel s’ajoute la sous-traitance. En 2002, Talgo avait déjà fourni aux KTZ deux rames articulées complètes de 22 voitures chacune pour relier en 14 heures les 1 344 km séparant Alma Ata et Astana. Pour le nouveau marché à plusieurs tranches, une partie du matériel sera construite en Espagne (ce qui vient à point pour équilibrer la charge de travail des usines de Madrid-Las Matas et de Rivabellosa), et le reste sur place : une joint-venture a été constituée, dénommée Tulpar Talgo LLP, qui édifiera en 2011 une usine à Astana.

MTR, un Chinois à Stockholm
Depuis un an, MTR, le très rentable opérateur du métro de Hong Kong, est aussi aux commandes de celui de Stockholm. Il y a remplacé Veolia Transport, qui a ainsi perdu une de ses plus belles vitrines et pas mal d’argent. Rencontre avec la nouvelle équipe. La transition est douce dans le métro de Stockholm. C’est à peine si l’usager peut s’apercevoir que l’exploitant a changé, il y a un an. MTR, l’opérateur du réseau de Hong Kong, a alors remplacé Veolia Transport, qui était aux manettes depuis 1999. Pourtant, la révolution est en marche, assure la nouvelle équipe. On nous parle de « révolution culturelle » et de « qualité totale », des concepts très asiatiques. Et même de sondages de satisfaction déjà encourageants, alors que le gros des changements ne devrait être vraiment visible que dans deux ou trois ans.
Long de 106 km avec exactement 100 stations, le métro de Stockholm (appelé Tunnelbana en suédois) est le 22e du monde par son importance, selon les autorités locales. Ce qui est plutôt impressionnant pour une ville de cette taille : la capitale suédoise ne fait après tout que 830 000 habitants, et son agglomération, 1,3 million. Pour l’usager moyen, il y a trois lignes, la verte, la rouge et la bleue (dans l’ordre de leur construction, dans les années 1950, 1960 et 1970). Officiellement, il y en a sept, regroupées dans les trois bouquets traditionnels. Le métro stockholmois transporte 1,1 million de voyageurs par jour.
Petit retour en arrière : en janvier 2009, l’autorité organisatrice Storstockholms Lokaltrafik (SL) annonçait que MTR succéderait à Veolia pour exploiter le métro pendant huit ans – et peut-être même quatorze si tout le monde est content – contre 265 millions d’euros par an. De son avis même, le français n’avait pas démérité, mais le gagnant promettait mieux et moins cher, dans un combat où étaient également présents S-Bahn Berlin – la filiale de la Deutsche Bahn qui exploite le RER berlinois – et un groupement associant Arriva et Keolis. Officiellement, SL n’avait comparé que les performances des différents candidats. Mais Veolia avait été beaucoup attaqué sur place pour sa participation au projet de tramway de Jérusalem, controversé car il doit traverser la partie arabe de la ville sainte et conduire à des quartiers conquis lors de la guerre des Six-Jours, sur lesquels la souveraineté israélienne n’est pas reconnue par la communauté internationale. Et ce en pleine offensive israélienne sur Gaza… De plus, on trouvait à la tête de l’équipe de MTR une certaine Torborg Chetkovich, transfuge de Veolia qui connaissait particulièrement bien le dossier puisqu’elle s’y occupait auparavant du métro !
Après un court passage devant la justice, MTR a comme prévu pris le relais le 2 novembre 2009, reprenant l’essentiel des effectifs de Veolia. Et pour la petite histoire, Torborg Chetkovich n’est pas restée très longtemps à la tête du nouvel exploitant, puisqu’elle a été nommée en mai à la tête de la compagnie publique des aéroports suédois. Elle vient d’être remplacée par un dirigeant de la compagnie aérienne SAS. Qu’est-ce qui a changé depuis un an dans le métro stockholmois ? A vrai dire, pas grand-chose au premier regard… Sur les flancs des voitures, on voit que SL travaille maintenant « en coopération avec MTR », tandis que le logo de l’opérateur chinois s’affiche sur les uniformes des employés. Assez discrètement d’ailleurs. Quant aux affiches et aux prospectus, ils ne mentionnent pas l’exploitant. « SL veut communiquer avec les clients sous la marque SL, nous devons nous effacer », indique Margareta Stefanutti, qui dirige la communication de MTR Stockholm. Si l’on voit ici et là dans ses bureaux quelques prospectus en chinois venus du siège, la filiale de l’opérateur hongkongais est restée très suédoise dans son fonctionnement quotidien, raconte-t-elle. Seuls les rapports à la direction se font en anglais, via Londres.
« Dans notre offre, nous avons dit que les changements prendraient deux ou trois ans », explique Kimmo Piri, le directeur des stations, qui parle de « révolution culturelle ». « Ce qui nous rend hongkongais, poursuit-il, c’est que nous allons améliorer le service au client, la qualité – ce qui inclut la ponctualité et la propreté, notamment – et aussi la satisfaction du personnel. Nous avons un long chemin à parcourir et personne ne dit que ce sera facile, mais nous sommes sur la bonne voie ! » Il cite dans son domaine la mise à disposition de personnels à toute heure à tous les accès au réseau, et surtout l’embauche de 250 personnes envoyées sur le terrain à la rencontre des voyageurs, en particulier aux heures de pointe. Côté propreté, ajoute-t-il, les 100 stations doivent être nettoyées au moins tous les jours, les graffitis doivent disparaître dans les 24 heures et les vitres cassées être réparées presque aussi vite. En outre, ajoute perfidement M. Piri, « 40 millions de couronnes [4,3 millions d’euros] vont être consacrés à la remise à niveau du métro. Après l’ère Veolia, et il y a beaucoup à faire ! » Un nettoyage de fond, en quelque sorte…
Côté exploitation, MTR a promis une plus grande ponctualité, s’appuyant sur le formidable exemple de Hong Kong. Reste que si des progrès peuvent être faits dans la disponibilité du matériel roulant, l’autorité organisatrice a gardé la gestion de l’infrastructure, pour laquelle elle a fait appel à d’autres sous-traitants. Les gros problèmes rencontrés l’hiver dernier quand des amas de neige ont empêché les métros de rouler n’étaient donc pas de la responsabilité du nouvel opérateur, explique Lena Eriksson, chef de l’exploitation de la ligne verte, la plus importante. Ce qui n’empêche pas d’améliorer la coordination entre les différents intervenants, bien au contraire. « MTR est beaucoup plus proactif, raconte cette ancienne de l’équipe Veolia (comme la plupart de ses collègues). Dès qu’il y a un incident, nous l’analysons afin qu’il ne se reproduise pas. Avant, nous voulions le faire, mais nous ne le faisions pas vraiment, en fait ! »
Dans cet esprit de qualité totale très asiatique, une sorte de téléphone rouge a été mis en place avec SL pour réagir immédiatement en cas de problème. Et, au cas où, cinq bus estampillés MTR stationnent en permanence à des points stratégiques du réseau. Une mesure d’ailleurs plus symbolique qu’autre chose, puisqu’un unique bus ne pourra jamais transporter tous les passagers d’une rame de métro en perdition… « Nous étions déjà sur une bonne tendance du temps de Veolia, estime Mme Eriksson. Mais maintenant nous faisons encore mieux, même si les objectifs du contrat sont plus élevés. Nous sommes au-dessus du contrat, je suis fière ! » La recette ? « Je crois que tout le monde a besoin de stimulation et de défis », estime-t-elle.

Stationnement intelligent : à la bonne place au bon moment
De nouvelles solutions techniques émergent pour optimiser la gestion des places de stationnement, faciliter la vie des automobilistes, qui émettront ainsi moins de CO2. Ces innovations permettant l’identification en temps réel des places de libres sur la voirie et la transmission de l’information sur le smartphone de l’usager. Tour d’horizon. Que de temps perdu à la recherche d’une place de stationnement. Selon l’étude Sareco de 2005, en moyenne 10 % des véhicules en circulation à un instant t cherchent un stationnement. La société d’ingénierie du stationnement avait évalué Grenoble, Lyon et Paris. Et c’est une moyenne. « Cela peut aller jusqu’à 60 % dans des petites rues parisiennes, descendre à 4 ou 5 % sur les axes de transit, précise Eric Gantelet, président de Sareco. La valorisation de la nuisance au niveau national est de l’ordre d’un milliard d’euros par an pour près de 10 millions d’heures perdues par an. » Les automobilistes parisiens le savent tous : passer quinze minutes à chercher une place n’a rien d’extraordinaire. Un cauchemar auquel ils vont peut-être échapper dans quelques années avec le développement de tous nouveaux systèmes de gestion dynamique des places de stationnement sur voirie. Informé en temps réel, l’usager peut se diriger directement vers l’emplacement disponible.
Une invention qui n’a rien de saugrenu car bien sûr ces véhicules qui tournent en rond polluent copieusement. Mais aussi parce qu’elle permet une gestion fine du stationnement, par catégorie d’usagers, et une optimisation de l’utilisation des places. D’autant que, paradoxalement, plus les voitures bougent, moins il y a de circulation ! C’est la démonstration qu’a faite en 2003 JMJ Conseil dans une étude sur l’impact des politiques de stationnement sur la circulation et l’environnement, pour le Prédit. « Le critère le plus important est celui de la rotation rapide des voitures, y est-il précisé. Si l’on admet que l’essentiel de la consommation de carburant dans les centres-villes, se fait dans les derniers mètres, lorsque le conducteur tourne à la recherche d’une place, plus le taux de rotation des véhicules est rapide, moins cette distance est longue et donc moins forte est la pollution de l’air. » Avec une bonne rotation, la distance finale est en effet ramenée de 1 600 à 400 mètres, soit une différence de 6 300 véhicules par km et une économie d’énergie de 180 tonnes de pétrole par an, la pollution étant elle aussi divisée par quatre.
La première motivation des villes sera peut-être de mieux faire rentrer l’argent du stationnement dans les caisses. Ainsi ce n’est sans doute pas un hasard si le premier système déployé à grande échelle, celui de Streetline à San Francisco (voir page suivante) est proposé par un fabricant d’horodateurs. L’orientation de la surveillance est en effet un autre des atouts des systèmes de suivi en temps réel de l’occupation de l’espace. En France, la première expérimentation s’est déroulée à Lyon début 2009, sous l’égide du Prédit (Optisur : optimisation de la surveillance et du contrôle du stationnement de voirie), en partenariat avec Parkéon et Lyon Parc Auto. Un système d’analyse de présence des véhicules et de calcul de la durée du stationnement grâce à des capteurs (fabriqués par C-Zam) noyés dans la chaussée tous les 2,5 mètres sur quelques dizaines de mètres. Libre à l’exploitant ensuite de transmettre ou non l’information via Internet, panneaux d’affichages en ville ou smartphones aux automobilistes pour les guider ou bien aux services de contrôle pour les PV…
« Le système a montré qu’il était opérationnel. C’est très utile pour garantir la rotation des véhicules sur les places à durée limitée, type stationnement minute ou emplacement de livraison », raconte Lionel Vernerie responsable marketing parkings France de Parkeon. Par ondes radio, le capteur transmet en effet l’information à une borne sur laquelle un voyant vert ou rouge indique à l’automobiliste s’il a dépassé la durée autorisée et « c’est très dissuasif », estime-t-il (voir encadré). Suite au pilote lyonnais, Parkeon développe un produit qu’il espère commercialiser en 2011, dont le concept a été présenté au dernier salon Intertraffic d’Amsterdam. « Les capteurs ont atteint un faible coût, poursuit-il. La technologie a de l’avenir car on a de plus en plus besoin de gérer l’usager et son véhicule de façon individuelle. »
Depuis juin, la société toulousaine Lyberta expérimente sa solution développée fin 2009 sur 4 places d’une rue de Toulouse. « Le plus de notre produit, c’est son capteur différentiel développé par le CNES qui détecte les variations de champs magnétiques avec une grande finesse, explicite Patrick Givanovitch, son directeur général. La 2e innovation, c’est le protocole de rang : tous les capteurs communiquent entre eux par RFID et si l’un tombe en panne, il est remplacé automatiquement par le suivant. » L’information est réactualisée toutes les 10 secondes et diffusée aux clients sur leurs smartphones ou par SMS pour les possesseurs de mobiles plus classiques.
En y associant des badges dans les voitures, une option non indispensable mais bien pratique, il est possible de dématérialiser totalement le paiement, de faire payer à la minute et de débiter l’utilisateur en fin de mois. La fonctionnalité du système étant avérée, il sera déployé sur une cinquantaine de places et avec 100 badges fin novembre. L’aéroport de Blagnac serait également intéressé, ainsi que Nice, qui projette d’instaurer le stationnement intelligent « afin de fluidifier la circulation » précise-t-on à la communication de la ville. Le coût ? Environ 100 euros le capteur, mais le modèle économique reste à préciser : il est probable que les collectivités demandent un prix du km linéaire. Le système de Lyberta est filaire, il faut donc une fine saignée de 6 cm de profondeur dans la chaussée, mais les capteurs sont ensuite alimentés par l’électricité de la ville. Un système « préféré au Wifi car il n’a pas besoin de piles qui sont polluantes », poursuit Patrick Givanovitch. Thierry Cotelle, vice-président de la commission Développement économique à Toulouse espère lui aussi « fluidifier la circulation et faciliter le stationnement aux résidents ou aux livreurs notamment. L’important, c’est aussi l’usage social que l’on fait de la technologie ». Technologie émergente oblige, aucune recherche n’a été faite sur le sujet. Mais « d’une façon générale, elle est intéressante si elle apporte un vrai service à l’usager sans porter atteinte à l’équité spatiale et sociale, note Danièle Vulliet, chargée d’études stationnement au Certu. Attention par exemple au fait qu’à peine 20 % de la population détient un smartphone. »
De son côté, SmartGrains est une start-up parisienne qui démarre fort. Sa solution repose sur des capteurs électroniques autonomes en forme de mini-soucoupes. « Sans fil, sans travaux, fixés à la colle chimique, on peut équiper 1 000 places en une semaine » détaille Cédric Gepner, l’un des trois cofondateurs. Ils détectent eux aussi les variations de champs magnétiques en 3 D et communiquent l’information « libre/occupé » à une console de gestion. Premier marché visé, celui des parkings publics, de centres commerciaux et d’hypermarchés. Après un démonstrateur aux Halles et à Levallois-Perret, début 2011, SmartGrains équipera 50 allées et 3 000 places de surface du parc de Vélizy 2 « dans lequel il n’est pas rare de tourner 30 minutes », et l’information sera donnée dès la bretelle d’autoroute. Sur la voie publique, c’est à Issy-les-Moulineaux que le pilote de 300 places sera opérationnel le 25 novembre, avec Vinci Park, exploitant des parcmètres isséens et SFR (SmartGrains ayant remporté le concours SFR Jeunes talents Innovation 2010). « L’application est uniquement centrée sur le guidage sur iPhone, même si elle permet aussi de cibler le contrôle et d’exploiter les données des historiques pour les PDU », commente Cédric Gepner. Côté tarif, les associés restent discrets, mais envisagent de cofinancer l’installation en échange d’un partage des revenus d’exploitation.
Bien que prometteurs, ces systèmes « ne doivent pas se substituer à une politique de stationnement réglementé », souligne Danièle Vulliet. Et il faudra rechercher le bon équilibre sous peine d’un résultat contre-productif. « En diminuant le nombre de voitures qui cherchent une place, on réduit les émissions de gaz à effet de serre. Mais savoir qu’il va trouver facilement à se garer peut encourager l’usager à utiliser sa voiture… » Quoi qu’il en soit, il est parti pour se développer. Le secrétaire général de la FNMS, Edouard Lecomte, relève que l’adoption, cet été, de la directive ITS par le parlement européen, « obligera à terme à mettre des systèmes d’information à disposition des utilisateurs des services de la mobilité ». La Commission doit, dans les sept ans, adopter des spécifications fonctionnelles et techniques, qui permettront l’interopérabilité et la continuité des solutions ITS en Europe. Il est également temps pour ces systèmes de s’interfacer plaide Edouard Lecomte. « On ne peut plus concevoir que chacun fasse son truc dans son coin : il y a les services à la mobilité des transports publics, ceux des automobilistes, du stationnement… L’enjeu pour tous les acteurs de la mobilité, c’est qu’ils communiquent tous entre eux. »
Le métro de Montréal envisage de vendre le nom de ses lignes
Après celui de New York qui vend les droits sur les noms de ses stations, le métro de Montréal envisage lui aussi de renflouer ses caisses ainsi. Même si ce ne sont pas les stations mais les lignes qui seraient mises en ventes au Québec, le principe reste le même : proposer à des sociétés publiques ou privées d’associer leur nom à celui de la Société de transport de Montréal (STM), moyennant finances. Au lieu de la « ligne verte », les Montréalais prendraient par exemple la ligne « Virgin Mobile ». La STM a en tout cas mandaté une entreprise spécialisée (Transgeco) pour trouver des stratégies permettant de doubler ses revenus tirés de la publicité et de la location d’espaces commerciaux sous trois à quatre ans.