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Auteur/autrice : admin_lvdr

La gestion déléguée : une garantie de savoir-faire et de transparence
L’association interprofessionnelle des entreprises délégataires de service public (l’UNSPIC) s’élève contre la création de sociétés publiques locales, qui ont pour effet de réduire le champ de la concurrence. Et rappelle qu’en France 90 % des élus en charge des transports reconnaissent les avantages de la DSP. La SPL échappe à la concurrence
Il paraît important tout d’abord de revenir à la genèse de la création de la société publique locale (SPL). Contrairement à ce qui a été avancé dans l’article (VR&T n° 500, p. 32, ndlr), la création de la SPL répond à la volonté explicite de sortir du marché… ce qui a pour effet de rétrécir le champ concurrentiel. Jusqu’à présent, les seules sociétés anonymes publiques qui existaient en France étaient les sociétés d’économie mixte (SEM), dont le capital est en partie privé. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) dans un célèbre arrêt(1) a décidé que les SEM, en raison de leur actionnariat privé, devaient être mises en concurrence comme, en France, l’avait jugé le Conseil constitutionnel(2). La loi du 28 mai 2010 est directement inspirée du statut des stadtwerke allemandes, qui sont dotées d’un capital entièrement public leur permettant d’échapper à la concurrence…
Comment peut-on dès lors, sans se contredire, prétendre tout à la fois « pallier l’absence de concurrence » entre opérateurs en compétition pour l’obtention de marchés et promouvoir un nouvel outil permettant de lui confier la gestion d’un service public « sans procéder à une mise en concurrence préalable et transparente » ? La concurrence n’est-elle pas le meilleur outil pour obtenir la performance, sauf à faire le choix nécessairement ambigu de l’autoévaluation. A cet égard, les SEM opérant dans le secteur du transport urbain considèrent la concurrence comme un stimulant bénéfique.La gestion déléguée offre de nombreux avantages
90 % élus en charge du transport urbain en France reconnaissent que la DSP présente de nombreux avantages et en portent témoignage en choisissant ce mode de gestion. Le savoir-faire et l’expertise des entreprises délégataires de service public sont reconnus dans le monde entier et sont de plus en plus sollicités : les appels d’offres suscitent en effet la créativité et un besoin d’expertise sans cesse renouvelé. L’exploitation de services publics en France et à l’étranger permet de s’enrichir de nouvelles expériences et de technologies qui peuvent être diffusées. La mutualisation des coûts d’expertise et une gestion dynamique des carrières de l’encadrement sont aussi à mettre au crédit de la gestion déléguée.Un autre grand avantage de la DSP réside dans la clarté et la transparence
Depuis de nombreuses années, des milliers de contrats sont conclus sous la forme de DSP, ce qui oblige à déterminer les obligations et droits de chacune des parties et évite une confusion entre le rôle d’autorité compétente et celui de gestionnaire. A l’inverse, à l’exception des transports publics depuis le règlement OSP, il n’est toujours pas obligatoire de conclure un contrat à durée déterminée avec une régie ou avec une SPL.
Les délégataires de service sont en outre légalement tenus de rendre compte annuellement de leur gestion non seulement sur les éléments comptables, mais également sur les différents aspects de la qualité et la performance du service. Les élus disposent de plus d’un pouvoir de contrôle du service délégué et de nombreuses prérogatives en la matière. Les régies et les SPL quant à elles, à l’exception du secteur des transports publics, où le règlement sur les OSP les oblige maintenant à produire un rapport annuel, n’ont pas cette obligation.
Par ailleurs, le principe d’adaptabilité des services publics et la loi Sapin de 1993 permettent de faire évoluer rapidement le service et de l’adapter aux décisions des autorités décisionnaires et aux besoins du public. Cette souplesse est essentielle en matière de transports urbains en raison de l’accélération des mutations urbaines et des pratiques de mobilité.
Le recours à la DSP n’est plus depuis longtemps une question dogmatique : la DSP a fait ses preuves en France, quelles que soient la taille et la tendance politique des collectivités publiques.La régie est-elle moins chère que la DSP pour les AO et leurs contribuables, ainsi que pour les passagers ?
Rien n’est moins sûr. La gestion directe, qu’elle soit effectuée par une régie, prochainement par une SPL, ne constitue pas en elle-même la garantie d’un coût inférieur à une DSP.
Il semblerait au contraire que la DSP soit plus efficiente(3) que la régie. Une étude effectuée dans le cadre du Predit par le Laboratoire d’économie des transports (LET) et l’université de la Sorbonne en 2005 sur l’efficience des opérateurs dans les transports publics urbains selon leur mode de gestion arrivait en effet à la conclusion que « les choix du mode de gestion et du type de contrat de délégation ont un impact décisif sur l’intensité des facteurs de production. Il ressort en effet que les opérateurs privés sont plus efficients techniquement que les régies »(4).
Il convient de relever en outre que les marges effectuées par les opérateurs privés dans les transports urbains français sont généralement faibles (1 à 2 %).
Enfin, un article récent de Mediapart(5) sur les DSP dans le secteur de l’eau conteste également l’assertion selon laquelle les prix des régies seraient inférieurs à ceux des DSP.La SPL devra faire le choix entre marché et attribution directe. La création d’une SPL n’est pas exclusive du strict respect du règlement OSP
Les dispositions de la loi du 28 mai 2010 portant création de la SPL comportent une forte incertitude quant à la nature de leurs activités potentielles.
Il existe en effet une certaine ambiguïté entre l’article premier de la loi, qui prévoit que l’activité de la SPL sera dédiée uniquement à ses actionnaires et son article II qui indique que l’essentiel seulement de son activité devra leur être réservé. Cela leur laisserait donc la possibilité d’intervenir sur le marché en s’appuyant sur le bénéfice de l’attribution directe : ceci créerait une situation totalement discriminatoire par rapport aux délégataires de service public, qui ne bénéficieraient pas d’un tel avantage concurrentiel. Cette possibilité n’est en outre pas conforme au règlement sur les OSP, qui cantonne les opérateurs internes (régies et SPL) au territoire(6) de leur AO.
La Direction juridique des ministères de l’Economie et du Budget précise d’ailleurs que les SPL ne peuvent jamais proposer des prestations à des tiers et que « dès lors, elles ne peuvent jamais exercer une concurrence à l’encontre des entreprises privées du secteur »(7) : un choix clair doit donc être effectué entre le marché et l’attribution directe.La SPL suppose une intégration poussée des services de transport, en tant qu’outil de coopération entre collectivités
Une disposition du règlement sur les OSP semble avoir été oubliée dans l’article sur la SPL. Si cette dernière peut certes être un outil de coopération entre les collectivités, elle n’en doit pas moins respecter le règlement OSP(8) qui prévoit que le groupement d’autorités doit alors fournir des services intégrés de transport public de voyageurs, ce qui implique « des services de transport en correspondance dans une zone géographique déterminée comprenant un service unique d’information, de billetterie et d’horaires »(9). Cette obligation d’intégration des services avait en effet notamment été ajoutée pour éviter un effet d’aubaine des opérateurs bénéficiant d’attributions directes.
Enfin et plus généralement, les opérateurs en situation concurrentielle sur le marché seront attentifs au respect des règles entourant la création de filiales, et au recours annoncé à la mutualisation des services.Par Pierre-François Kuhn, secrétaire général de l’UNSPIC
(1) CJCE, 11 janvier 2005, Stadt Halle.
(2) Décision du 20 janvier 1997.
(3) L’efficience est la qualité d’un rendement permettant de réaliser un objectif avec le minimum de moyens.
(4) Page 5 de l’étude réalisée par Anne Yvrande-Billon et Claude Ménard du laboratoire Atom de l’université Paris I et Luc Baumstark et William Roy du LET.
(5) Article sur le blog de Mediapart le 9 juillet 2010.
(6) Le « territoire » s’entend comme territoire de compétences. Une régie départementale ne pourra plus répondre à un appel d’offres urbain.
(7) Note de la DAJ sur les SPL, téléchargeable sur le site du ministère des Finances, espace Marchés publics.
(8) Article 5§2 du règlement.
(9) Article 2 m) du règlement.
La compétition entre les modes de gestion des réseaux est stimulante pour tous
« L’UTP est favorable à une vraie compétition entre les modes de gestion d’une part, et à une véritable concurrence entre les entreprises d’autre part si le choix de l’AO est celui de la délégation de service public (DSP). Elle estime en effet que cette compétition est stimulante pour les opérateurs et qu’elle s’effectue au bénéfice des clients : AO et passagers. » L’UTP représente à la fois les délégataires de service public (90 % de ses réseaux adhérents(1)) et les régies gérant les réseaux de transport public (10 % de ses réseaux). La gestion déléguée peut être confiée à des opérateurs privés ou à des partenaires de l’économie mixte, la gestion directe peut être effectuée par des régies directes ou sous forme d’établissement public et plus récemment par des SPL.
L’UTP est particulièrement attachée au principe constitutionnel de « libre administration des collectivités locales ». Elle s’était d’ailleurs battue aux côtés de Gilles Savary, alors parlementaire européen, pour que les autorités organisatrices (AO) continuent d’avoir le droit de choisir le mode de gestion de leurs transports publics lors des discussions sur le règlement européen sur les obligations de service public (OSP)(2).
L’UTP est favorable à une vraie compétition entre les modes de gestion d’une part, et à une véritable concurrence entre les entreprises d’autre part si le choix de l’AO est celui de la délégation de service public (DSP). Elle estime en effet que cette compétition est stimulante pour les opérateurs et qu’elle s’effectue au bénéfice des clients : AO et passagers.Il existe une vraie concurrence dans les transports publics
Contrairement à ce qui a pu être indiqué ici ou là, il existe une vive concurrence sur le marché des transports urbains. L’enquête annuelle réalisée par l’UTP en 2009 montre en effet que plus de 40 % des réseaux adhérents de l’UTP mis en concurrence entre juillet 2005 et juillet 2009 ont changé d’opérateur(3) (toutes classes confondues) ; six réseaux entre septembre 2009 et août 2010(4). La mise en concurrence n’implique toutefois pas forcément un changement d’opérateur et donne lieu, fréquemment, à de « sévères batailles » entre les candidats, ce qui a un impact significatif sur le niveau des offres de transport et/ou sur la prise en charge par l’opérateur de prestations ou d’investissements supplémentaires, notamment en matière de qualité ou de développement durable. Bernard Rivalta, président du Sytral, a d’ailleurs indiqué lors du dernier appel d’offres à Lyon que « le choix du délégataire avait été une épreuve cruelle au regard de la qualité des réponses ».
Rappelons en outre que les entreprises françaises sont certes bien représentées sur le territoire hexagonal, mais qu’il existe également d’autres opérateurs européens tels que CarPostal, filiale de la poste suisse, et Vectalia, filiale du groupe espagnol Siberbus, qui exploitent un nombre significatif de réseaux, notamment grâce aux succès qu’elles ont remportés en 2009… Sans compter la nouvelle entité « Arriva-DB », qui suit avec attention depuis plusieurs années les évolutions du marché français(5), les entreprises britanniques telles que First Group et bien sûr le Hongkongais MTR, déjà présent sur le marché européen…
La loi SRU de décembre 2000, puis plus récemment l’Autorité de la concurrence confirment par ailleurs la RATP comme un opérateur à part entière(6). Le Gart reconnaît également dans son communiqué de presse de juillet 2010 que « la concurrence s’est largement développée entre les différents groupes, comme en témoigne le changement d’opérateur dans un certain nombre d’agglomérations ».
Enfin, il convient de relever qu’aucune des enquêtes effectuées par l’Autorité de la concurrence en 2009 n’a abouti à l’observation de pratiques irrégulières, que ce soit dans l’urbain, dans l’interurbain ou dans le ferroviaire. Les récentes condamnations qui ont été prononcées en matière de concurrence ne sont d’ailleurs pas toutes définitives et concernent des faits anciens de plus de douze années.La compétition entre les modes de gestion doit être équitable et transparente
L’enquête de l’UTP citée ci-dessus relève que cinq réseaux ont changé de mode de gestion de 2004 à 2009.
Comme il a déjà été indiqué, cette compétition entre les modes de gestion est fondamentale pour l’UTP, encore faut-il toutefois qu’elle soit équitable et transparente.
Le rapport réalisé en 2005 pour l’Institut de la gestion déléguée (IGD) par Christian Babusiaux, président de la première chambre de la Cour des comptes, a ainsi relevé plusieurs domaines dans lesquels les « différences injustifiées sont nombreuses » entre les modes de gestion.
Pour n’en citer que quelques-unes, le mode de récupération de la TVA afférente aux biens d’investissement diffère entre modes de gestion dans certaines hypothèses ; le Fonds de compensation de la TVA (FCTVA) bénéficie aux collectivités publiques lorsqu’un service non soumis à TVA est exploité en gestion directe, alors qu’il n’en est pas de même en cas de DSP, les exonérations de taxe professionnelle et de l´impôt foncier sont très larges pour les AO, contrairement aux délégataires…
L’UTP compte donc sur l’IGD pour poursuivre ces travaux pour que des règles du jeu saines et impartiales soient établies pour permettre aux élus de comparer en toute transparence les modes de gestion et de prendre leurs décisions en connaissance de cause, le choix des autorités organisatrices devant toujours être motivé et demeurer réversible. Ces mesures sont d’autant plus urgentes que la compétition entre les modes de gestion s’intensifie en Europe.Le contrat, l’audit et l’évaluation sont nécessaires à la bonne gestion de tous les réseaux sans distinction de leur gestion, ce qui n’est pas sans coûts…
L’UTP se félicite que le règlement précité sur les OSP oblige désormais toute AO à passer un contrat pour une durée limitée avec son opérateur, sans distinction entre les modes de gestion.
La fin d’un contrat est en effet un moment privilégié pour la collectivité pour tirer le bilan de la gestion qui s’achève et pour mesurer si les résultats correspondent aux moyens engagés. La fin d’un contrat implique par ailleurs pour elle de s’interroger sur ses ambitions pour les années à venir et de lancer des débats approfondis sur l’organisation des transports et de la mobilité, dans le but de répondre le mieux possible aux besoins des passagers. Ces rendez-vous réguliers obligent fréquemment les collectivités publiques à débattre des options en matière de priorité pour les transports publics, concernant le partage de la voirie, le stationnement… qu’elles n’auraient pas forcément envisagées préalablement, ce qui est essentiel dans le cadre de la concurrence avec la voiture.
Par ailleurs, comme il a été indiqué, une réflexion approfondie préalable doit également être menée sur le choix du mode de gestion, d’autant que le règlement sur les OSP oblige les collectivités publiques, une année avant le lancement de la procédure de mise en concurrence ou l’attribution directe du contrat, à publier un avis indiquant le mode d’exploitation du nouveau contrat.
La prise de décision en matière de politique des transports publics oblige donc toute collectivité publique à procéder à des évaluations, ainsi qu’à réaliser des études et des benchmark, quel que soit le mode de gestion. Cela a forcément un coût non négligeable que les collectivités doivent dans la plupart des cas supporter.
Par ailleurs, rien n’empêche une AO qui aurait confié l’exploitation de son contrat à une régie ou à une SPL de s’appuyer ensuite sur un prestataire pour l’aider à piloter son contrat et vérifier que le coût et les performances de son service public se situent bien dans le marché des opérations similaires.
Une autre grande vertu des contrats est de permettre une séparation claire et équilibrée des rôles et des compétences de chacune des parties, ce qui facilite la prise de responsabilités. La rédaction d’un cahier des charges avec la fixation d’objectifs, de critères… est un gage pour les deux parties d’un meilleur respect des obligations de chacune et surtout la condition pour qu’une véritable évaluation puisse être effectuée chaque année. La distinction claire des obligations à la charge des deux parties est également une source de réflexions et d’initiatives plus intenses, le dialogue étant toujours plus riche et approfondi que le soliloque.
Si la définition du service public appartient à l’AO qui en définit les grands principes – politique des transports, tarification, notamment sociale… – et si les investissements sont réalisés par la collectivité, toute entreprise, quel que soit son statut, doit avoir des objectifs d’équilibre économique et doit être jugée pour les résultats qu’elle obtient. Ce sont en effet les obligations de service public qui sont compensées et non pas l’entreprise.Par Cyrille du Peloux, président de l’UTP
(1) Réseaux compris en dehors de l’Ile-de-France.
(2) Règlement 1370/2007 du 23 octobre 2007 sur les services publics de transport.
(3) Soit 21 réseaux sur 51 qui ont été mis en concurrence.
(4) Les réseaux de : Bayonne, Besançon, Chaumont, Obernai, La Roche-sur-Yon, Valenciennes.
(5) La DB a contesté les conditions de l’appel d’offres du réseau de Bordeaux.
(6) Elle a remporté l’appel d’offres de La Roche-sur-Yon en octobre 2009.Hong Kong : l?express link plus cher que prévu
MTR, l’exploitant du réseau ferré de Hong Kong, vient d’annoncer que le coût probable des 26 km du tronçon hongkongais, entièrement en tunnel, de la ligne express dite XRL, qui devrait mettre d’ici 2014 l’ex-colonie britannique à 48 minutes de la gare grande vitesse de Canton, à Shibi – un parcours d’environ 150 km au total –, coûtera probablement 55 % de plus qu’initialement prévu, soit 10,8 milliards de HKD (1,04 milliard d’euros) contre 7 milliards de HKD (670 millions d’euros.) Le budget initial a été calculé en 2006, et le prix des matériaux de construction a considérablement augmenté depuis, plaide MTR. Sans remettre le projet en cause (les travaux ont déjà commencé), une telle réévaluation n’est pas sans poser des problèmes, en particulier celui du partage de la note entre l’exploitant et les pouvoirs publics. Le Legco, le parlement local, a d’ores et déjà fait savoir qu’il demanderait à MTR de s’expliquer en détail sur son incapacité à prévoir ces surcoûts.
Fin du percement du tunnel du Saint-Gothard
Sauf imprévu, le percement principal des derniers mètres du tunnel du Saint-Gothard aura lieu le vendredi 15 octobre, à 14h, en présence de Moritz Leuenberger, conseiller fédéral chargé des Transports et vice-président de la Confédération. Avec ses 57 km entre Erstfeld (canton d’Uri) et Bodio (canton du Tessin), ce tunnel de base bitube sera alors le plus long du monde. Deuxième « nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes » réalisée en Suisse après le Lötschberg (2007), le tunnel du Saint-Gothard doit être ouvert fin 2017 (voire un an plus tôt) par AlpTransit Gotthard, filiale des CFF, avant d’être complété, plus au sud, par le tunnel de base du Ceneri (15,4 km, dont 24 % sont percés). Ces deux tunnels sont respectivement chiffrés à 9,8 milliards et 2,4 milliards de francs suisses (7,3 milliards et 1,8 milliard d’euros).
Première remise du certificat de qualification professionnelle « poseur de voies ferrées »
Le 27 septembre, le Syndicat des entrepreneurs de travaux de voies ferrées de France a remis pour la première fois le nouveau certificat de qualification professionnelle (CQP) « poseur de voies ferrées ». Pour cette première session, 10 des 11 candidats ont été reçus. Ce diplôme national reconnu par la convention collective des travaux publics valide, à l’issue d’un examen, les compétences des salariés ou nouveaux entrants participant à la réalisation de travaux d’installation, de renouvellement et de maintenance des voies ferrées. Aux moins deux sessions par an sont prévues, la prochaine devant se dérouler dès novembre.
Corail : l?Etat reprend la main
Une convention va bientôt être signée entre la SNCF et l’Etat sur les trains d’équilibre du territoire (les Corail, Téoz, Intercités et les trains de nuit Lunéa). Elle devrait être approuvée lors du conseil d’administration de la SNCF, le 27 octobre, afin de pouvoir être appliqué à partir de janvier. Pour la période 2011-2013, les pouvoirs publics ont prévu 210 millions d’euros annuels pour le fonctionnement de ces dessertes. 35 millions viendront d’une taxe sur les autoroutes, 75 millions d’une taxe perçue sur les trains non conventionnés, 60 millions de l’économie réalisée par la SNCF grâce à la suppression de la taxe professionnelle, et 40 millions de gains de productivité de la société nationale. En contrepartie, la SNCF va bénéficier d’une plus grande souplesse tarifaire, a précisé le secrétariat d’Etat aux Transports, confirmant une information des Echos du 30 septembre.
Les régions sollicitent Matignon pour les TER
Après avoir auditionné mi-septembre Guillaume Pepy, puis agité la menace de ne plus pouvoir assumer financièrement les TER, les régions en appellent désormais au Premier ministre. Le 29 septembre, Alain Rousset, président de l’Association des régions de France (ARF), et Jacques Auxiette, président de la commission infrastructures et transports de l’association, ont écrit à François Fillon pour solliciter un rendez-vous. Les deux présidents PS veulent évoquer avec lui la question de la baisse des ressources financières des collectivités locales. Le but est de « trouver ensemble les solutions crédibles permettant d’éviter qu’à terme la dynamique de développement du service public régional de transport de voyageurs ne soit durablement brisée ».
Eurostar préfère Siemens
Selon plusieurs sources confirmant une information parue dans le Financial Times, le board d’Eurostar s’apprête à commander une dizaine de rames de train à grande vitesse Velaro à Siemens. Le 1er mai, Siemens aurait été désigné candidat préféré, aboutissement d’une consultation dont nous avions révélé l’existence en mars 2009. Il ne s’agit pas d’appel d’offres, mais d’une procédure d’ITN (Invitation to Negociate). Cette procédure réservée aux sociétés de droit privé (dont fait partie Eurostar malgré son capital public) permet de s’affranchir de contraintes pesant sur les marchés publics, notamment l’obligation de publicité. Le choix de Siemens témoigne des ambitions d’Eurostar sur le marché allemand. Le choix de l’AGV revenait à s’interdire l’entrée en Allemagne, le fleuron d’Alstom n’étant pas conçu pour circuler outre-Rhin.
Ouverture mi-décembre de LGV Madrid – Valence
La liaison ferroviaire à grande vitesse entre Madrid et Valence sera mise en service en décembre, a annoncé le ministère des Transports espagnols. La nouvelle ligne, de 438 km, réduira le trajet Madrid – Valence à 90 minutes environ, au lieu de 4 heures actuellement. Elle sera ouverte en deux étapes : la première section, de Madrid à Cuenca et Albacete, démarrera le 15 décembre, et la ligne de Cuenca à Valence trois jours plus tard Ce nouveau service permettra de relier aux lignes grande vitesse 21 villes espagnoles.
Francilien : le retard est de trois mois
C’est avec un retard de trois mois sur le calendrier initial que les rames Francilien entrent en service sur la ligne H, et non d’un an comme nous l’avions écrit dans notre dernière édition. 16 rames devaient être en service fin septembre, or 7 seulement avaient été livrées. Bombardier nous précise que le constructeur « livrera les 16 Francilien attendus en septembre avant la fin décembre ». A la SNCF, on confirme qu’il y a « actuellement trois mois de retard ». Une seconde chaîne vient d’être mise en service à l’usine de Crespin de Bombardier, ce qui doit porter la capacité de production de 3 à 6 rames par mois. Cela dit, comme les retards se décalent, le calendrier initial de livraison ne pourra pas être retrouvé avant mars ou avril 2011. Par ailleurs, pour améliorer la formation des conducteurs, un « simulateur dynamique » vient d’arriver, avec une cabine en grandeur réelle, à Saint-Ouen.