Auteur/autrice : admin_lvdr

  • La médiation : un arbitre entre l?opérateur et ses clients

    Grâce à la possibilité qu?ont à présent les clients de saisir directement le médiateur de la République, ceux-ci sont plus nombreux à se tourner vers lui lorsqu?ils n?ont pas obtenu gain de cause auprès de la SNCF D’un côté, il y a les procès-verbaux contestés par des voyageurs : lorsque le contrôleur les a sanctionnés pour une carte 12-25 oubliée à la maison, l’usage injustifié d’un signal d’alarme, l’occupation d’une place par… une planche de surf, etc. De l’autre, les réclamations dites commerciales : des demandes de remboursement de billets Prem’s non utilisés, des clients victimes d’erreurs de dates lors de l’achat de leurs billets, voire des frais de pressing qu’on réclame pour un costume malmené dans un train trop plein… Bref, des clients qui ne sont pas satisfaits et s’adressent au Centre de recouvrement des PV ou au service Relations clients de la SNCF pour adresser une réclamation. Sans obtenir gain de cause.
    C’est alors que peut intervenir la « médiation SNCF » avec à sa tête le médiateur, Bernard Cieutat, magistrat à la Cour des comptes. Une personnalité extérieure et indépendante de l’entreprise. Ici, on fait du « cousu main ». Pour chaque cas : une enquête individuelle que ne peut effectuer le service clientèles de la SNCF, contraint de faire « du volume ». Du cas par cas, avec la garantie d’un examen « actif et personnalisé » du dossier. Et, depuis le 1er janvier 2009, le service de la Médiation a pris une nouvelle dimension avec la possibilité désormais offerte au client de saisir directement le médiateur sans passer, comme c’était impératif auparavant, par une association de consommateurs ou les médiateurs de la République.
    La conséquence de cette possibilité de saisine directe ne s’est pas fait attendre : la Médiation a reçu en 2009 près de 2 500 réclamations, contre 750 l’année précédente. Soit plus de trois fois plus. Une tendance à la hausse qui se confirme en 2010 puisque plus de 1 500 dossiers lui ont été adressés en moins de six mois.
    Cela a entraîné, dans un premier temps, une augmentation sensible du délai de traitement des dossiers. Au premier semestre 2009, 29 % seulement ont été réglés dans les deux mois, délai fixé dans le protocole pour les dossiers « classiques », contre 80 % en 2008. Une mauvaise tendance redressée au second semestre grâce à la mise en place de moyens supplémentaires. Résultat : 44 % de dossiers traités dans les deux mois et 47 % entre deux et quatre mois.
    À la SNCF, la médiation a donc pris une nouvelle dimension. Un chiffre significatif : dès 2009, 83 % des réclamations reçues proviennent directement des particuliers qui ne sont pas passés par le biais d’une association de consommateurs. Ces dernières jouant un rôle de filtre, il n’est pas surprenant de voir que le nombre de dossiers auxquels la Médiation n’a pas donné satisfaction a augmenté sensiblement : 46 % en 2009 contre 38 % en 2008 et 25 % en 2007. Les associations, voire les médiateurs de la République, découragent les plaintes qui ont fort peu de chances d’aboutir ou celles qui sont « hors procédures ». Par exemple, celles de clients qui n’ont pas, au préalable, saisi les services « classiques » de la SNCF et attendu une réponse dans le délai d’un mois. Ou encore celles qui sont dites « hors compétence matérielle », comme les accidents de personne, les usurpations d’identité, les dossiers relatifs à des délits, les litiges faisant l’objet d’une procédure judiciaire…
    Le prochain défi pour les services de la Médiation SNCF, ce sera d’offrir la possibilité de saisie par Internet, comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans la plupart des médiations de services publics et de grandes entreprises. Reste à trouver, en commun avec la SNCF, les moyens techniques d’y parvenir sans prolonger, à nouveau, le temps de traitement des dossiers.
     

    Pascal GRASSART

  • Une convention collective pour les nouveaux opérateurs

    L?Union des transports publics a soumis le 8 septembre à 7 syndicats de cheminots un accord visant à donner un cadre social aux salariés du secteur privé du fret ferroviaire Le 8 septembre, seules la CFTC et la CFE-CGC ont approuvé l’accord pour donner un cadre social aux salariés des nouveaux opérateurs ferroviaires de fret qui sont sur le marché français depuis la libéralisation du secteur en 2006. Les autres organisations syndicales n’ont pas signé, mais FO et la CFDT ont déjà décidé qu’elles ne s’y opposeraient pas. « L’Unsa et la Fgaac nous ont fait savoir dans un courrier qu’elles attendaient pour se prononcer que l’ensemble de la convention collective pour le fret soit négocié », explique l’Union des transports publics (UTP), qui a mené les discussions avec les syndicats. Quant à la CGT, elle n’avait pas pris position à l’heure où nous mettions sous presse. Certains observateurs doutaient qu’elle s’y oppose. Ils expliquent l’attitude des syndicats de cheminots par la perspective des futures élections prévues en mars 2011 à la SNCF. « Les élections professionnelles les incitent à afficher une posture revendicative », commentent-ils.
    Jusqu’à présent, les 1 832 salariés du secteur privé de fret ferroviaire (y compris les 389 contractuels de la SNCF) sont régis par le droit commun et certains relèvent de la convention collective des VFLI (voies ferrées secondaires d’intérêt local). S’il ne rencontre pas d’opposition syndicale majoritaire, le nouveau cadre social sera « étendu » par le ministère du Travail à l’ensemble des nouveaux opérateurs de fret ferroviaire et régira de ce fait les conditions de travail de leurs salariés. Mis au point après plus de 18 mois de négociations  entre représentants syndicaux et patronaux, le texte prévoit les classifications professionnelles, définit les contrats de travail et les rémunérations dans le secteur. « Les classifications permettent aux salariés de connaître leurs missions et de savoir à quoi ils ont droit en termes de rémunérations », explique Sylvette Mougey, la directrice des Affaires sociales de l’UTP.
    Le texte prévoit une grille salariale attractive pour les postes sans qualification dont la rémunération doit démarrer à 2 % au-dessus du Smic. « 90 % des conventions collectives en France sont en dessous de ce niveau », souligne Jean-Philippe Catanzaro, le vice-président chargé des négociations de branche relevant de la FGT-CFTC. Quant au statut cadre, il a été placé au plafond de la Sécurité sociale.
    Mais c’est la question de la polyvalence qui a suscité le plus de controverses. Le principe est fortement rejeté par les syndicats de cheminots. « La sécurité de l’exploitation ferroviaire repose sur un métier de base, avec une formation de base et une rémunération attachée à ce métier », explique Dominique Aubry, qui a participé aux négociations pour la Fédération de Transports CFDT. « Dans le privé, on parle emploi. À la SNCF, on parle métier. »
    La convention collective prévoit de limiter la polyvalence à deux postes différents. Un progrès par rapport au code du travail qui ne prévoit pas d’encadrement et qui s’appliquerait faute de convention collective. « D’une manière générale, la polyvalence fait aujourd’hui partie intégrante de l’organisation du travail et de la production dans les entreprises », rappelle la CFTC qui se félicite des limites fixées par la convention collective. En plus de la limitation du nombre de postes, la convention prévoit d’autres garde-fous. Par exemple, « les fonctions de sécurité attachées au poste d’opérateur ferroviaire circulation ne peuvent être cumulées avec l’emploi type conducteur de ligne sur une même journée », cite la CFTC. « Sur la polyvalence, nous sommes vraiment entrés dans le vif du sujet en allant dans les détails et en prévoyant des contreparties, qui ne sont pas seulement financières. Nous avons notamment fixé aussi des limites en termes de sécurité, afin d’éviter les dérives », souligne de son côté Sylvette Mougey.
    Cette convention collective est en train de se constituer morceau par morceau. Après les négociations sur le temps de travail menées en 2008, et désormais les dispositions générales sur le contrat de travail et les classifications, l’UTP considère que le secteur dispose aujourd’hui « d’un cadre qui s’approche vraiment d’une convention collective ». Les négociations entre syndicats et patronat ne devraient pas s’arrêter là. Elles devraient se poursuivre dans les prochains mois sur le thème de la formation professionnelle et de la prévoyance. Ce qui constituera un nouveau morceau de la con-vention collective. À l’avenir, cette même convention s’élargira et servira aussi de cadre pour le transport de voyageurs. Les négociations commenceront le jour où le gouvernement décidera de mettre en place un dispositif d’ouverture du marché à la concurrence. De nouvelles discussions passionnées en perspective…
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Véron présente la double boucle à 22,7 milliards du Grand Paris

    Devant la commission du Développement durable de l?Assemblée nationale, Marc Véron, futur patron de la Société du Grand Paris, a présenté une facture alourdie pour un réseau de 155 km Cris, insultes dans l’hémicycle, cavalcades dans les couloirs : c’est l’image qu’on retiendra de l’Assemblée nationale, le 15 septembre, jour du vote de la loi sur les retraites. Pourtant, le même jour, au deuxième sous-sol du Palais-Bourbon, c’est dans un climat nettement plus serein, sous la présidence de Christian Jacob (UMP, Seine-et-Marne), que Marc Véron a été entendu à 17 heures par la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. Préfigurateur de la Société du Grand Paris depuis le 2 juillet et jusqu’au 30 septembre, Marc Véron est aussi le président pressenti du directoire de la SGP. Et, alors que le fond du propos (rôle de la SGP, Arc Express contre double boucle) avait fait l’objet d’un débat très tendu au Parlement, le ton, quinze jours avant le lancement du débat public, était plutôt à la conciliation.
    Pour Marc Véron, le débat public qui s’annonce sera « la plus large consultation jamais conduite dans le pays » (pour les deux grands projets et pour Eole). La Commission nationale du débat public, a-t-il précisé, a prévu plus de 10 000 questions. De plus, le débat public, grâce à Internet, va se dérouler quasiment dans le mode entier. Or, souligne-t-il, les visites de délégations japonaises, coréennes, chinoises, brésiliennes, américaines témoignent d’un intérêt énorme dans le monde entier pour la façon dont Paris envisage son avenir. Le futur président du directoire définit face à ces attentes la SGP comme « un intellectuel collectif, auquel nul sujet de Paris, ville monde n’est étranger ».?
    Pourtant, la nature même du débat laisse place aux doutes. Yanick Paternotte, député UMP du Val-d’Oise, rappelle qu’à l’origine du projet de Grand Paris « il n’y avait pas de débat public ». Il craint que le débat reste marqué par cette « ambiguïté de départ », se demande si « tout est ouvert… tout en étant ficelé ». Même question de la part d’Yves Albarello (député UMP de la Seine-et-Marne) qui, se souvient-il, en tant que rapporteur de la loi, avait eu « le plus grand mal à se faire communiquer des éléments cartographiques précis », et semble s’amuser d’en découvrir d’assez complets dans le dossier de débat public. Les dés seraient-ils pipés ?
    Pour Marc Véron, le tracé est « une proposition qui en aucune manière ne peut être considérée comme définitive ». D’autant moins qu’on sait bien qu’Arc Express et Grand Paris vont devoir accorder leurs violons. Déjà, rappelle-t-il, entre les deux projets, « on remarque que dans le sud-sud-est, la communalité est flagrante », sauf sur le point le plus à l’est, où Arc Express privilégie le val de Fontenay, plus proche de Paris, tandis que la SGP privilégie le cluster de la cité Descartes, « le plus prometteur en potentiel de développement ».
    Il remarque aussi « d’étranges similitudes » au nord et au nord-ouest.
    Dans l’état actuel du projet de double boucle, qui a évolué à la suite du discours du 29 avril du président de la République, avec 155 km, et 40 gares, la facture est évaluée à 22,7 milliards d’euros (au lieu des 21 milliards d’abord avancés). C’est sur cette base qu’a été déposé un plan de financement à l’horizon 2025, les travaux devant s’achever en 2023.
    La SGP devra concevoir et construire les gares, qui, précise Marc Véron, présenteront « un ensemble riche de fonctionnalités », conforme aux attentes du rapport Keller. C’est pourquoi, souligne-t-il, alors qu’on construit un métro, on a préféré aux termes de stations celui de gares. Problème : le chiffrage actuel est fait sur la base de « stations de type parisien », avec les quais, les couloirs et sorties.
    Si le travail réalisé par les architectes pour les stations du futur Orbival (branche d’Arc Express) est remarquable, Marc Véron avertit : avec des gares de ce type, on explose… La métamorphose programmée (et non devisée) des stations en gares promet une belle augmentation. Donc, « toutes les fois qu’il y aura une gare riche de fonctionnalités comme des parkings, des activités tertiaires, etc., chacune devra faire l’objet d’un chiffrage spécifique et d’une ingénierie financière spécifique », a-t-il prévenu. Et « il faudra bien tenir compte du fait que des investisseurs privés devront entrer en concours », une fois que l’argent public aura joué son rôle d’enclenchement « d’un cycle vertueux ».?
    Se pose de plus la question du nombre de ces gares. Daniel Goldberg (député socialiste de Seine-Saint-Denis) rappelle que les interstations prévues par Arc Express (1, à 1,5 km) et celles de la double boucle (3 à 4 km) ne sont pas du tout de même longueur : un rapprochement de deux projets devrait se traduire par de plus nombreuses stations de la double boucle… et une autre augmentation, prévient Marc Véron.
    Naturellement, ces stations ont du sens si elles assurent de bonnes correspondances et si les projets divers sont menés en bonne intelligence. Faute de quoi, avertit Marc Véron, chacun poussant son projet, on risque d’avoir d’excellents projets… qui se traduiront par une galère pour les voyageurs. Pour le futur président, la question est résolue : « un primus est confié à la SGP pour accorder les acteurs ». En attendant, il va déjà falloir accorder les projets.
     

    François?DUMONT

  • Neuf prospectives en vue d’une mobilité positive

    Neuf prospectives en vue d’une mobilité positive

    Les villes exercent une attraction toujours plus importante, tant pour des raisons économiques et professionnelles que pour les loisirs ou la culture. Plus de monde, et donc plus de déplacements La mobilité est en difficulté mais reste indissociable de l’activité humaine. Se déplacer est devenu un enjeu majeur pour les villes. Congestion des transports collectifs et bouchons, pollution, incivilités, stress, temps de trajet de plus en plus longs, dessertes insuffisantes, couplées à des distances toujours plus élevées à parcourir, chaînes de déplacement toujours plus complexes (domicile, travail, crèche, école, courses, activités…), toutes ces données sont vécues par les personnes mobiles, que nous avons baptisées « les mobilistes », comme autant de difficultés et de contraintes avec lesquelles ils doivent composer tous les jours.
    Les municipalités ont bien compris l’enjeu inhérent à ces problématiques : faire des cités des lieux d’échanges et d’émulation sociale, culturelle, économique, via un réseau de transport agréable. Elles veulent aider les gens à se déplacer, mieux, plus sereinement, en polluant moins. Comment faciliter le quotidien des milliers de personnes qui se déplacent chaque jour en intégrant les intérêts de tous (que ce soient les mobilistes, mais aussi les collectivités publiques, les gestionnaires de services publics, les industriels, les écologistes…) ?
    Nous partons du postulat que le facteur humain, l’étude de l’homme, peut être source de génie et donc de solutions.
    Faire de la mobilité une mobilité durable (ou positive telle que nous le souhaitons) peut paraître naturel, mais cela implique des bouleversements, une refonte de nos pratiques de mobilité difficilement compatibles avec la façon dont fonctionne l’être humain. C’est pourquoi il est important de comprendre les mécanismes qui guident les décisions humaines en termes de transports. De quoi sommes-nous réellement capables, de quoi avons-nous envie, besoin ? C’est ce que s’attache à comprendre l’observatoire « Les Mobilistes » à travers des études qualitatives portées sur le facteur humain. Etudier la mobilité du point de vue non des techniciens, des penseurs, des politiques, mais du côté de l’humain (que veulent-ils faire, de quoi sont-ils capables réellement) nous donne des pistes pour construire une mobilité du futur qui sera acceptée par tous.
    De ces études ressortent 9 leçons, 9 prospectives qui permettront à terme de mieux penser la mobilité de demain pour s’assurer l’adhésion du plus grand nombre de mobilistes.

     

    1 – Les « mobilistes » n’aiment pas se déplacer
    Dans le trajet qui mène le « mobiliste » de A à B, le A et le B ont leur importance puisqu’ils peuvent conditionner l’état d’esprit du mobiliste : le trajet sera plus ou moins bien vécu suivant que l’on se rend dans un lieu agréable ou non, suivant que le B est perçu comme une contrainte ou comme une récréation.
    Mais ils ne sont pas les seuls critères qui vont le rendre appréciable, ou non… Il faut y ajouter les conditions – le confort, la place, la relation avec les autres, le temps de trajet, les conditions météo… –, mais aussi les interfaces rencontrées, ludiques ou non, l’information utile/inutile, compréhensible ou non.
    Nos travaux sur le terrain le montrent : le déplacement est avant tout une nécessité, un besoin plus qu’un plaisir (les peuples nomades sont rares). Les mobilistes n’aiment pas se déplacer et le disent…
    « J’essaie d’arriver à 8h30, c’est le coup de feu pour tout le monde, je me sens compressée comme dans une boîte de sardines, c’est la bousculade, les gens sont stressés. A l’arrivée, on souffre encore du mauvais moment qu’on vient de passer. Ça me gâche toujours un peu la journée à ce moment-là. Une vraie corvée, et le soir, au retour, c’est pareil : je suis dans les heures de pointe à 4h30, c’est la cohue pour pouvoir sortir du tramway, les gens veulent rentrer au même moment où on sort. Je me sens toujours oppressée car je me dis que si je devais faire ça tous les jours, je prendrais le vélo, c’est vraiment terrible, même si je ne fais pas une grande distance. C’est un côté angoissant et oppressant tout ce monde, et de voir les gens stressés. » Danièle, France.
    « Mon état d’esprit : vivement ce soir… je plaisante. Dès ma voiture, je me projette sur mon lieu de travail, à savoir ce que je vais faire… » Patrick, Suisse.
    « Je n’aime pas me déplacer, donc je sors le moins possible… » Gertrud, Allemagne.
    Des solutions ? Spontanément, les interviewés, quel que soit leur pays d’origine, rêvent de téléportation. Mais les rêves mobilistes ne sont pas toujours à portée de technique…
    Pourtant, les modes de transports associés au plaisir existent. Puisque le déplacement doit être, autant le rendre le plus agréable possible, le faire ressembler à une croisière. Pour cela, il faut travailler sur les conditions de déplacement en songeant à éliminer les « bugs » : place, promiscuité, billet, bruit, dysfonctionnement…, à créer de l’agrément : confort, sécurité, ambiance chaleureuse et occupations (resto, bar, multimédia, interactivité et communications…).

     

    2 – La typologie et le comportement des « mobilistes » devraient être à la base de toute stratégie
    Adapter son discours au public visé, aux caractères des utilisateurs potentiels permet d’offrir des solutions personnalisées que les mobilistes auront plaisir à utiliser. Ils seront donc plus enclins à y avoir recours, d’où un succès plus important. Lors de nos travaux, nous avons défini deux types de comportements principaux, les sereins et les ABistes.
    Les sereins : ils sont majoritaires, ils sont généralement détendus même s’ils n’apprécient pas forcément le trajet. Puisqu’ils doivent se déplacer, ils essayent de le rendre le plus agréable possible. Parmi eux, les actifs (26 % des personnes interrogées) profitent du trajet pour écouter de la musique, lire, ils évoquent les pauses, les repas, les boutiques qu’ils fréquentent en cours de route (kiosques à journaux, etc.). Les contemplatifs (26 %) quant à eux apprécient les paysages, le calme, la liberté procurée par le voyage, ils font des pauses en cas de bouchons. Ce sont les seuls qui apprécient réellement de se déplacer.
    Les ABistes (48 %) eux vivent les trajets de façon moins détendue, les stressés (18 %) parlent de stress, d’excitation, les râleurs (30 %) parlent des problèmes rencontrés, de fatigue, d’ennui, d’impatience, de maux divers. Les ABistes n’aiment pas se déplacer, ils n’y trouvent pas leur compte et n’arrivent pas à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ils ne sont prêts à faire aucune concession et sont donc intransigeants.
    Ces deux groupes de mobilistes auront une relation aux modes de transports très différente : les sereins, fidèles, apprécient le confort que leur procure leur mode préféré, ils sont difficilement délogeables. Les ABistes, au contraire, vivent le trajet comme une contrainte et le moindre bug peut les pousser à modifier leurs comportements de mobilité, à changer de mode de transport.
    A noter, chaque mode de transport peut susciter un comportement différent, et nos études montrent qu’un tiers des mobilistes migrent, c’est-à-dire changent de profil selon les trajets effectués (voyage ou quotidien, connu versus inconnu) et les situations… « Je fais du covoiturage dans le cadre du travail, ça évite pas mal de frais, par contre, pour les vacances, le trajet reste trop long pour le partager avec un inconnu. » Nicolas, éducateur spécialisé, 25 ans.
    Concrètement, la mise en avant de ces typologies permet de proposer du sur-mesure aux mobilistes (voir l’exemple de la SNCF avec les iDTGV Zen (silence et calme) et Zap (convivialité, jeux) et ainsi de favoriser les migrations positives.
    Exemple : les aéroports sont des lieux d’une complexité effrayante : l’intermodalité imposée par le système train/voiture, marche, avion, couplée avec une succession d’étapes vécues comme autant d’obstacles avant l’objectif (check-in, accès bagages volumineux, contrôles sécurité, salle d’attente, embarquement…), nivelle les typologies en faisant de tous les « mobilistes » des ABistes en puissance. Permettre aux sereins d’exprimer leur vraie nature en effaçant ces obstacles, en créant une continuité dans le trajet, rendra l’aéroport plus convivial et moins anxiogène (et donc à terme plus abordable par rapport aux autres modes).

     

    3 – Du déplaisir au plaisir des transports, jouer sur la vie à bord
    Une petite minorité de « mobilistes » (une partie des sereins) prendra plaisir aux trajets occasionnels… et réguliers ! Ils y arriveront d’autant plus facilement s’ils sont motivés par ce qui les attend en B, si les conditions sont agréables (A, et entre A et B), s’ils ne perdent pas leur temps, ils trouvent une utilité pendant le trajet.
    Contraints ou motivés, on n’appréhende pas de la même façon un trajet. « Je pars au sport en vélo. Plutôt enjoué, ça change tout, car c’est un loisir que j’aime bien. Et retour encore plus enthousiaste et essoufflé du trajet. » Régis, ingénieur, France.
    « Le départ se fait toujours d’Alfortville, avec toujours une bonne humeur, comme si j’allais me balader car mon boulot me plaît. Je n’aime pas trop faire les courses, pendant le trajet, j’ai envie de repartir le plus vite possible, une contrainte pour moi… » Gilles, imprimeur, France.
    Parmi les trois conditions évoquées, les conditions de vie à bord touchent tout le monde et sont directement influençables par les gestionnaires et les pouvoirs publics. Qualité de vie à bord, c’est le point fort de l’automobile actuellement, c’est aussi pour cette raison qu’encore maintenant elle est le mode de transport privilégié de la plupart des mobilistes malgré des nuisances associées de plus en plus importantes, surtout en ville (pollution, bouchons, parking…). Un habitacle qui permet de personnaliser son voyage à son image : musique, climatisation, compagnie ou non, liberté d’action… autant de choses qui sont reproductibles aux autres modes. Demain, les transports en commun pourraient supplanter l’automobile pour peu qu’on s’attache à améliorer les conditions de vie à bord.«Je comprends les personnes qui prennent une voiture car plus propre, moins d’odeurs et plus confortable. » Philippe, France. « (…) voir des transports en commun beaucoup plus adaptés, fréquents et qui aillent dans toutes les directions. On ne trouve ces transports que dans les pays en voie de développement, pourquoi pas chez nous ? » Michèle, 51, France. « [Le covoiturage], pas pour moi, je ne suis pas assez sociable pour transpirer huit heures avec un inconnu. » Amélie, France. «Le covoiturage me revient a peu près au même prix que le bus mais avec un confort plus grand. » Pauline, 23, France.

     

    4 – L’enfer de l’intermodalité
    Au-delà de la vie à bord, l’environnement des modes et leurs relations les uns par rapport aux autres sont également source d’angoisses pour les mobilistes. Passer d’un mode à l’autre, trouver son chemin, cohabiter entre vélos et autos sur la voirie, autant de situations qui compliquent les relations entre les usagers de la route.
    Pourtant, elles pourraient être simples puisque le mobiliste peut être tour à tour piéton, automobiliste, usager des transports en commun etc., mais l’empathie semble être compliquée. Le mobiliste veut se sentir bien au moment avec le mode qu’il utilise, peu importe si cela doit compliquer la vie des autres usagers de la ville.
    En parallèle, l’intermodalité est également vécue comme anxiogène car perçue comme une coupure non maîtrisable dans une chaîne de mobilité bien huilée. « Quand je prends le bus en descendant de mon train, je n’ai qu’une crainte, c’est de voir le cul du bus, de devoir attendre un autre bus, avec aucun endroit pour s’asseoir et se protéger. Et les bus ne viennent pas forcément de suite, car bloqués ou en retard. » Mathilde, Lyon. La peur de se perdre, de louper son prochain transport, de l’insécurité renforce ce sentiment qui vient assombrir le tableau de la mobilité dans son ensemble. On se rappelle d’un trajet comme un parcours de A à B, un tout, et si dans ce tout une partie s’est mal déroulée, cela peut influencer la perception globale que l’on a des transports, d’autant plus si la vie à bord laisse à désirer.
    Plusieurs pistes permettraient d’améliorer cela :
    Le mobilisateur : la mise en place d’un mobilisateur, un interlocuteur unique pour lier les différents opérateurs de la mobilité entre eux et donner une cohérence aux actions menées. Un mobilisateur sans parti pris réel pour un mode : meneur, porte-parole/médiateur et facilitateur de mobilité, est le facteur clé pour une meilleure intermodalité.
    Le paradis intermodal. Lieu de vie sans incertitude, « zen » (archi, design, paysagisme, interfaces, signalisation), pour éliminer ce moment anxiogène, source d’angoisses. Un lieu de vie à dimension et visage humain : services, rencontres, animations, arts…

     

    5 – Les modes ont une âme…
    Cette intermodalité est d’autant plus mal vécue que le changement de mode signifie aussi un changement d’univers. Au-delà des typologies de mobilistes, le fait d’aller d’un point A à un point B génère des impressions très différentes en fonction des modes, nous le découvrons avec surprise. Nous entrons dans un monde très éloigné de la logique cartésienne, mathématique.
    Chaque mode a une âme, c’est-à-dire qu’il génère un perçu (image) et un vécu (pratique) mobiliste différent… comme s’il avait des traits de caractère propres étroitement liés à ses contraintes (souvent) et à ses agréments.
    Illustrations : à vélo, c’est le point B qui compte (où vais-je pouvoir attacher mon vélo ?), en covoiturage, c’est la concordance de lieu et de temps entre les passagers qui va primer, en avion, l’important est de passer de A à B avec le moins d’étapes possibles. Le moyen de transport influence donc fortement la façon dont le mobiliste va appréhender et vivre le déplacement, en donnant une dominante soit au trajet, soit au départ, soit à l’arrivée, soit à une combinaison des trois. « Quand on fait du vélo, ça permet de prendre les chemins de traverse, vous découvrez des quartiers, des endroits que vous ne découvririez pas en voiture. Je fais le même trajet depuis 10 ans et ça fait 2 ans que je le fais à vélo, au hasard du chemin emprunté, j’ai découvert un petit square que je ne connaissais pas. Le matin, en arrivant au boulot, vous êtes de bonne humeur parce que vous avez pu prendre le frais, pour peu que vous n’ayez pas pris une saucée. » Michel, 60 ans, Mulhouse.
    Le trajet le plus court vers le plaisir de la mobilité n’est donc pas forcément le plus rapide. « Avant, je passais 40 minutes par jour dans ma voiture, aujourd’hui, je prends le train. J’y passe plus de temps (environ 1 heure), mais j’ai l’impression de gagner du temps, puisque je peux y lire, corriger des copies, etc. » Monsieur E., 59 ans, Strasbourg.
    Au-delà des considérations matérielles d’infrastructure, de place laissée aux transports dans une ville, d’intermodalité, il est donc important d’imaginer à quoi pourrait ressembler une ville où le mode dominant serait le vélo, le bus ou autre. Au-delà de la pollution, du stress généré, du bruit, de la vitesse et de l’aisance de déplacement, les modes influencent donc l’image que l’on a de la ville. Une ville comme Fribourg, réputée dans toute l’Allemagne pour sa douceur de vivre et son soleil, le doit aussi à un centre-ville piéton qui invite à la flânerie, aux rencontres, aux discussions sur les bancs.
    En étudiant la psychologie des modes et en les combinant intelligemment au sein d’un même territoire, on peut ainsi faire d’une ville à forte densité, bouillonnante, active et stressante une ville où il fait bon vivre. Constat simple qui demande une réelle stratégie, car les mobilistes changent difficilement de modes dominants, c’est un travail de longue haleine.

     

    6 – Le changement de comportements
    La majorité des personnes interviewées, dans les dires, se déclarent prêtes à tester les nouveautés, les nouveaux modes de mobilité. Par expérience, nous nous méfions des dires et préférons observer les faits. D’où le lancement en début d’année de l’expérience mobiliste qui consiste en une expérience empirique de mobilité, provoquée en vue d’observer les résultats et conditions d’un changement de comportement.
    L’idée, cibler des jeunes (ils sont salariés en formation en alternance en master au Cnam) supposés plus perméables au changement, leur fixer un point de rencontre inhabituel (rurbain) et leur donner pour consigne de s’y rendre autrement qu’en voiture.
    Résultat des courses, sur 10 cobayes, un seul a modifié son comportement. Et 3 mois après, 2 d’entre eux ont utilisé les transports en commun de façon très ponctuelle et uniquement dans un contexte particulier. Force est donc de constater qu’il faut du temps pour opérer un changement de mobilité durable. L’habitude constitue un confort que les mobilistes ne sont pas prêts à perdre au quotidien. Les automatismes de mobilité permettent de gagner du temps. « Le temps de comprendre le nouveau système, les horaires, les itinéraires, j’aurais eu le temps de prendre 10 fois le métro. Donc, au final, je ne change jamais, par habitude. » Hervé, 32 ans, Paris. Les bénéfices de l’habitude (automatismes rassurants) combinés aux avantages perçus des modes utilisés rendent le changement très difficile.
    Pour faire changer les mobilistes pétris d’habitudes, plusieurs stratégies doivent être menées de concert : il faut leur donner les clefs pratiques à la connaissance d’un nouveau mode (signalisation, informations, infrastructures, A/B, horaires…), ainsi que les clefs mentales pour aller au-delà des craintes (le déclic révélateur, ex-péage urbain pour enlever le réflexe « tout auto » ou prévisualisation du parcours « live », évaluation trajet…).
    En amont, décortiquer les habitudes mobilistes (psychologie – perception, cognition, influences) permet d’adapter son discours et d’accompagner le mobiliste dans sa volonté/sa capacité de changement.
    Aujourd’hui, en ville, la concurrence des modes est inévitable, le mobiliste aura tendance à faire un premier arbitrage qui sera par la suite difficilement remis en cause. Face à cela, rendre visible les modes privilégiés prend tout son sens. La sociodynamique d’un territoire, à l’échelle mondiale, puis européenne et finalement à l’échelle locale, montre l’importance de l’exemple : les villes innovantes servent d’exemple aux villes moins dynamiques, qui finissent par intégrer les nouvelles tendances grâce aux visiteurs étrangers qui apportent sur le territoire une nouvelle forme de mobilité.

     

    7 – Le poids des habitudes, le choc de l’inconnu
    En plus d’apporter des nouveautés sur un territoire, les visiteurs sont aussi de bons relais des politiques locales. Contrairement aux commuteurs (les habitants d’un territoire qui reproduisent tous les jours les mêmes schémas de mobilité), les visiteurs sont des relais de changement car ils sont plus à l’écoute de la nouveauté. Face à l’inconnu en général, on reproduit ses habitudes, puis on s’adapte, pour optimiser la mobilité et faire le meilleur arbitrage possible.
    Suivant les circonstances, le changement sera plus ou moins facile pour les visiteurs : l’adaptation se fera plus ou moins rapidement suivant la typologie des personnes (au moindre bug, le mobiliste stressé va se détourner de l’offre proposée) ; suivant la présentation de l’offre, clarté, intuitivité, prix, attentes, infrastructures. Par exemple, à Genève, l’offre proposée est facilement accessible et bien organisée grâce à une communauté des transports et de tarifs qui facilite la lecture ou la compréhension. Enfin, l’offre de transport multimodale ne suffit pas (condition nécessaire mais non suffisante), elle doit être associée à une carte de la mobilité de la ville pour que le mobiliste se sente chez lui.
    Le process en mode « terrain inconnu » est d’abord un mode de « déshabituation » qui est stressant… et ensuite fatiguant quand on passe au mode réflexion/appropriation/
    0action.

     

    8 – « L’immobilisme »,  nouvelle forme de mobilité ?
    Les changements de mobilité sont difficiles à adopter, sauf quand ils se démarquent clairement des modes traditionnels et que les avantages liés sont clairement appréciables. C’est ce que l’on constate avec une tendance lourde qui est amenée à progresser. « Deux jours le week-end, ça passe trop vite. S’il faut aller faire des courses en ville, le temps de se garer, de faire son chemin dans la foule, on perd vite un après-midi. Je préfère passer 1 heure sur le site de la Fnac pour acheter mes bouquins et profiter du temps restant pour aller me promener en forêt. » Kevin, 29 ans.
    Aujourd’hui, « l’immobilisme » est pratiqué par tous, mais sa « publicité » est assurée par ceux qui le défendent, qui l’apprécient, c’est-à-dire les opportunistes/précurseurs (ils choisissent « l’immobilisme »), tout comme par les casaniers/conservateurs qui sont immobiles par nature. Ces deux typologies suivent la même tendance et visent à se rejoindre. Ce double moteur est un facteur annonciateur de succès… «L’immobilisme » va croître non pas parce que plus de gens le pratiqueront (nous sommes déjà tous immobilistes), mais parce que les gens seront de plus en plus immobiles (déplacements moins nombreux), mais à des niveaux variables selon des types de trajet, l’âge, les revenus… Un développement qui va bouleverser considérablement notre manière de nous déplacer et notre rapport aux autres.
    Une croissance de « l’immobilisme » passera forcément par un bouleversement de nos pratiques habituelles, les remises en question se feront dans tous les secteurs, avec plus ou moins d’incidence sur les entreprises de la mobilité. Les déplacements pour achats utiles (courses, journaux…) vont diminuer, notamment via l’essor des boutiques en ligne et des solutions de livraison… contrairement aux déplacements pour achats plaisirs, dans lesquels les contacts humains et l’émotionnel ont une importance (lèche-vitrine entre amies, achats coup de cœur…). Les bénéfices du télétravail ou des vidéoconférences ne sont plus à démontrer. De nombreuses solutions pour palier les différents problèmes en découlant sont développées (notamment pour éviter toute rupture de lien entre collègues…) et viendront à bout des dernières réticences. Les avantages prendront le pas sur les inconvénients.
    Les déplacements loisirs et voyages seront peu/pas touchés car l’émotion y tient un rôle crucial. C’est peut-être le domaine dans lequel l’immobilisme est le moins pertinent car l’interface qui permet d’accéder au loisir n’est pas suffisamment humaine, émotive. Les relations humaines, les spectacles, le sport… Rien ne remplace les vibrations d’une salle de spectacle, le toucher, l’odorat…
    Dans un premier temps, cette nouvelle approche de la mobilité doit inciter ceux qui gèrent les transports à des ajustements et à une mise à niveau de tous les modes de transport, notamment en termes de vie à bord et d’intermodalité.
    Puisque le mobiliste peut faire le choix de ne plus se déplacer, le côté humain, convivial doit être mis en avant afin de l’inciter à sortir de chez lui et à continuer de se déplacer.
    Le besoin de lien social, de sensations se fera sentir plus ou moins fortement suivant les domaines, il faut donc le valoriser.

     

    9 – Au-delà du durable, la mobilité doit être positive
    Tous nos travaux de 2009 le (dé)montrent de manière de plus en plus nette. Les mobilistes sont prêts à franchir le pas de la mobilité durable, mais pas à n’importe quel prix, pas dans n’importe quelles conditions. Aujourd’hui, les mobilistes sont attentistes car les discours sont prometteurs alors que les offres actuelles sont insuffisantes, inégales, peu crédibles et attractives à leurs yeux.
    Si la mobilité durable revient à rendre les modes de transport plus contraignants, moins confortables, plus chers…, les mobilistes n’y adhéreront pas sauf à utiliser des moyens coercitifs (lois, règlements…), ou à accepter de perdre beaucoup de temps (au moins 15 ans pour arriver à un changement de mentalité et d’habitudes).
    D’où l’intérêt de penser la mobilité de façon positive, c’est-à-dire durable, sociétale et agréable pour les humains (mobilistes, citoyens, individus…). Au-delà de l’intérêt premier qui est de faciliter la mobilité, il faut tendre vers des modes, des médias qui améliorent leur environnement, grâce à l’art, la convivialité, la culture, tout en considérant les enjeux écologiques, économiques, technologiques et sociaux comme y étant clairement associés. La mobilité durable doit être positive pour passer dans les faits et comportements. Si la mobilité n’est que durable, cela ne fonctionnera pas.    

     

    Par Aurélie Lagneaux et Christian Werderer, du lab’observatoire de la personne mobile « Les mobilistes », porté par le pôle Véhicule du futur.

  • L?ex-chef de mission du tram de Bordeaux relaxé en appel

    L’ancien chef de la mission « tramway » de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB), ainsi que deux autres cadres de la collectivité ont été relaxés mardi 28 septembre par la cour d’appel dans un dossier de favoritisme pour l’attribution du marché du tram à Alstom. François Saglier, aujourd’hui directeur du métro à la RATP, avait été condamné en première instance devant le TGI de Bordeaux à 6 mois de prison avec sursis et à verser 10 000 euros de provision à chacune des parties civiles, Bombardier, repreneur de Adtranz, et Seco-DGC. Dans son arrêt la cour d’appel indique qu’ « il n’est pas justifié que François Saglier ait volontairement procédé le 14 avril 2000 à une présentation inégalitaire des offres en vue de favoriser Alstom ». Bombardier et Seco-DGC ont entamé en outre une procédure pour être indemnisées devant les juridictions administratives. Déboutés en première instance, elles ont fait appel et l’affaire doit être prochainement jugée par la cour administrative d’appel de Bordeaux.

  • Le tramway de Hong Kong va être rénové

    Véolia-RATP vient d’annoncer une série de mesures, d’un coût global de 100 millions de HKD (environ 10 millions d’euros) en vue d’améliorer le fonctionnement du tramway de Hong Kong, dont il est exploitant depuis avril 2009. Il s’agira tout d’abord de doter les 161 véhicules de la flotte d’un nouveau système de freinage électromagnétique, plus performant et donc plus sûr, en vue de réduire le nombre des accidents de circulation. Toujours au titre de la sécurité, les rails usés seront remplacés. L’information des voyageurs enfin, quasi inexistante actuellement, constituera un troisième axe d’action, tant dans les 118 arrêts du réseau, qui tous se verront dotés d’un nom et d’un numéro, qu’à bord des voitures.

  • Essais sur la ligne Changping du métro de Pékin

    Une série d’essais sur la ligne Changping du métro de Beijing (Pékin) a été effectuée dimanche 19 septembre, avant son lancement prévu pour la fin de l’année 2010. Selon Chine Nouvelle, la ligne Changping ainsi que quatre autres lignes seront mises en service fin 2010, ce qui permettra de prolonger la longueur totale du réseau à 300 km. D’une longueur de 22 km, comportant 7 arrêts, la ligne Changping reliera la station Xi’erqi sur la ligne 13 à la station Chengnan, dans le district de Changping. Le train pourra atteindre 100 km/h. Beijing projette de prolonger son réseau ferré pour atteindre les 561 km d’ici 2015.

  • La SNCF renforce son dispositif d’information-voyageurs

    Sous une seule appellation, « SNCF Direct », la SNCF entend regrouper son information-voyageurs en temps réel, « une palette d’outils pour apporter des réponses adaptées et fiables à chaque situation et à chaque type de client », décrit-elle. C’est ce qu’elle a précisé le 14 septembre, en même temps qu’elle lançait sur ce sujet la campagne de communication « Quand nous avons, vous savez ». D’ores et déjà dans la palette : un lien sur le site voyages-sncf.com et une application qui transforme l’écran d’un smartphone (iPhone, Blackberry et Android) en tableau des départs et arrivées et donne les horaires des trains dans 600 gares de France. Le site infolignes.com devrait être bientôt rebaptisé et les outils d’information des TER (site ter-sncf.com), de Transilien et des Corail Intercités seront aussi connectés au système. Guillaume Pepy a précisé à l’AFP que les contrôleurs seraient progressivement équipés de smartphones, histoire qu’ils ne soient pas moins bien informés que les voyageurs !

  • Alençon lance des études de réaménagement de sa gare

    Le maire socialiste d’Alençon, Joaquim Pueyo, a annoncé le 17 septembre le lancement des études pour le réaménagement de la gare. Un projet de l’ancienne municipalité, mais qui était « au point mort ». Pour mettre la gare aux normes, qu’il s’agisse de l’accessibilité PMR ou de la sécurité en général, trois chantiers seront nécessaires : le rehaussement des quais, la construction d’une passerelle au-dessus des voies permettant d’atteindre le quai central et aussi de rejoindre le parking à l’est de la gare, et bien sûr la rénovation du bâtiment. Mené conjointement par la ville, RFF, la SNCF, la région et le conseil général, le chantier est estimé à 10 millions d’euros. La ville, qui mettrait environ un quart de l’enveloppe, espère un achèvement en 2013.

  • Luc Nadal, nouveau directeur Transport et Logistique Industriels de Gefco

    Luc Nadal va rejoindre le 4 octobre le groupe Gefco, filiale de PSA Peugeot Citroën, en tant que directeur Transport et Logistique Industriels. Agé de 47 ans, l’ancien directeur général adjoint de la branche SNCF Geodis, qui a aussi été président du directoire de Naviland Cargo entre 2005 et 2007, remplace Michel Saywell, qui devient secrétaire général de Gefco.