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Auteur/autrice : admin_lvdr
Quand la crise entre dans les comptes de la SNCF
980 millions d’euros de pertes pour le groupe SNCF en 2009 alors que le cap du milliard d’euros de bénéfices avait été franchi en 2007. Entre-temps, le bénéfice en 2008 s’était limité à 575 millions d’euros. Révélés le 24 mars en conseil d’administration, ces résultats marquent donc en deux années un complet renversement de tendance. A décrypter avec précautions, sur fond de crise. Ce sont essentiellement les dépréciations d’actifs, 720 millions pour Fret SNCF, 245 millions pour SNCF Infra, qui plombent les comptes. Autre élément notable des comptes 2009 : pour la première fois de leur histoire, les TGV ont connu en 2009 « une année blanche », sans croissance de leur trafic. Le chiffre d’affaires de la branche SNCF Voyages est en baisse, de 1,3 % à 85 millions. Pour la première fois, aussi, le parc est estimé en surcapacité, de trois rames. Pas encore de quoi déprécier la valeur des actifs, certes, même si la question a été étudiée. En cause, « la cassure du modèle TGV ».
Une première licence d?entreprise ferroviaire attribuée à un opérateur de proximité
La première licence d’entreprise ferroviaire en vue de la création d’un Opérateur ferroviaire de proximité (OFP) en France vient d’être attribuée à l’entreprise TPCF qui exploite depuis 2001 un train touristique sur la ligne Rivesaltes – Saint-Martin-Lys (Pyrénées-Orientales et Aude). TPCF (Train du Pays Cathare et Fenouillèdes) avait fait sa demande en octobre auprès ministère de l’Ecologie, afin de pouvoir assurer un service de fret de marchandises locales, sur la ligne située entre Rivesaltes et Saint-Martin-Lys, où sont implantés plusieurs carrières et industriels. TPCF doit désormais soumettre à l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) le dossier permettant d’obtenir son certificat de sécurité, dernière étape avant les premières circulations sur la ligne, prévues au deuxième trimestre 2010.
Un nouveau service ferroviaire entre Vesoul et la Russie
Gefco, Captrain Deutschland (SNCF), et Transcontainer Russia viennent de lancer un nouveau service d’acheminement ferroviaire quotidien de pièces automobiles entre Vesoul (Haute-Saône) et Kaluga en Russie. Dans cette ville, située à plus d’une centaine de kilomètres au sud-ouest de Moscou, se trouve le nouveau site de production de PSA Peugeot Citroën et Mitsubishi Motors Corporation. Le premier train est arrivé le 10 mars après avoir parcouru 3 000 km. Il remplace l’équivalent de 36 camions et raccourcit les délais d’acheminement de 8 à 5 jours. « Fruit d’un an d’études des différents partenaires, ce projet de transport multimodal est l’un des plus ambitieux d’Europe en termes de flux transportés », indiquent ses promoteurs.
Nouvelle étape pour faire entrer la SNCF dans le capital de CDG Express
L’hypothèse d’une entrée de la SNCF dans le capital de CDG Express prend corps : le gouvernement vient de déposer le dossier sur la table de la MAPPP (Mission d’appui à la réalisation des contrats de partenariats). A charge pour cet organisme d’évaluer les conditions d’une telle opération. Une participation de la SNCF dans la société chargée de construire et gérer la future liaison ferrée directe et dédiée entre Paris et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle pourrait permettre de débloquer le dossier. Celui-ci bute notamment sur des questions de rémunérations demandées par la SNCF pour la conduite des trains et pour la réalisation de certains travaux.
TGV Paris-Marseille : Alstom reconnaît sa responsabilité dans la panne
Le 10 mars dernier, le TGV reliant Paris à Marseille était tombé en panne, peu après avoir quitté la capitale à 20h14. Côté SNCF, c’était la consternation : pourquoi cet arrêt intempestif, alors que cette rame venait tout juste de lui être livrée par Alstom début mars ? Alerté, le constructeur a procédé à une inspection de la rame. Le président d’Alstom Transport a pris la plume pour écrire personnellement au président de la SNCF et lui présenter ses excuses. Dans une lettre, datée du 15 mars, dont La Vie du Rail a eu connaissance, il explique à Guillaume Pepy que c’est l’endommagement de capteur de vitesse causé par une vis (servant au montage de ce capteur) qui est à l’origine de la panne. « Un non-respect des procédures de montage en phase de production est sans doute à l’origine de cette situation », écrit Philippe Mellier, qui s’engage notamment à présenter à la SNCF les résultats de l’audit qui va être mené.
Première levée d?option pour le Régio2N
Le 24 mars, Bombardier Transport a annoncé avoir reçu une commande de 49 rames de TER à deux niveaux Régio2N, chiffrée à environ 350 millions d’euros. Avec cette première levée d’option depuis la signature du contrat par Bombardier Transport et la SNCF pour le compte des régions, le 24 février dernier, un total de 129 Régio2N sont en commande. Soit 24 rames pour l’Aquitaine, 17 pour la Bretagne, 14 pour le Centre, 18 pour le Nord-Pas-de-Calais, 16 pour Paca et 40 pour Rhône-Alpes. Ce qui nécessite déjà une augmentation de la cadence sur le site de Crespin, portée à 60 rames par an. Aux termes du contrat, un maximum de 860 Régio2N pourront être commandés.
La DB dans le vert malgré la crise
Malgré la crise, la Deutsche Bahn boucle son exercice 2009 sur un bénéfice de 830 millions d’euros, un résultat meilleur qu’attendu, mais tout de même en chute de plus d’un tiers par rapport à 2008. Plombé par les mauvais résultats de ses activités de fret et de logistique, le chiffre d’affaires recule de 12,3 % à 29,3 milliards d’euros. Une baisse que la compagnie allemande parvient néanmoins à compenser grâce au sévère plan d’austérité mis en place l’an dernier et surtout à des recettes exceptionnelles, notamment une juteuse opération immobilière réalisée à Stuttgart, autour de la nouvelle gare. Déjouant les prévisions les plus pessimistes, l’opérateur se maintient ainsi dans le vert. La DB, qui affirme « traverser la récession avec moins de dommage que ses concurrents », estime que le plus dur est désormais derrière : elle table sur une progression de ses recettes de 5 % en 2010.
Violence dans les transports : maintenant, que fait-on ?
Pour les élections régionales, les candidats de droite ont beaucoup insisté sur la mise en place de la vidéosurveillance, avec le résultat que l?on connaît. Les conseils régionaux élus vont-ils s?emparer de cette problématique ? Maintenant que les présidents de conseils régionaux sont élus et bien élus, que va-t-il advenir de cette préoccupation lancinante exprimée par les candidats de droite aux élections régionales : sécuriser les transports ? Passera-t-elle aux oubliettes ? Durant la campagne, le triptyque « vidéosurveillance devant tous les lycées, dans toutes les gares et dans les transports » était à la mode, notamment à droite, et tout particulièrement entre les deux tours de scrutin, pour séduire l’électorat du Front national. Chez les élus de gauche, on n’en fait moins une panacée, la position est plutôt « oui à la vidéosurveillance, mais l’essentiel est de donner plus de moyens à la police ». «Personnellement, je ne me sens pas protégée par une caméra de vidéosurveillance. A Paris, ce système coûte très cher et il n’empêche pas les délits de survenir. […] La solution, c’est de remettre de l’humain », a indiqué Cécile Duflot (Europe Ecologie) au quotidien Métro. Le 9 mars, un sondage Sofres/Logica paru dans ce même quotidien révélait que 82 % des Franciliens étaient favorables à la vidéosurveillance dans les transports en commun, les couloirs du métro et les gares.
Cette attente est-elle partagée en province, où la question sécuritaire semble moins prégnante ? Sous une forme plus ou moins exacerbée, il semble que la question se pose partout.
Le 3 mars, la SNCF a d’ailleurs présenté en toute discrétion aux préfets un plan de développement dans les gares et les trains de caméras de « vidéoprotection ». La nuance sémantique est importante, elle vise à installer l’idée que si « flicage » il y a, c’est bien d’un « flicage » vertueux qu’il s’agit.
La proposition de Valérie Pécresse d’installer systématiquement des systèmes de vidéo dans la première rame de chaque métro, RER et trains de banlieue fait la synthèse entre les deux écoles. Ceux qui ne se sentent pas en sécurité pourraient trouver un espace de vidéoprotection facilement identifiable. Ceux qui ne veulent pas de big brother pourraient échapper à la vidéosurveillance en voyageant dans le reste du train. Encore faudra-t-il prouver que la vidéo a une incidence sur la violence.
Interrogé dans le cadre d’un récent dossier de VR&T (n° 486 du 30 décembre 2009) sur le sujet, le sociologue Tanguy Le Goff, chargé d’études à la mission études sécurité de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme Ile-de-France (Iaurif), nous faisait part de son scepticisme : « L’efficacité de la vidéosurveillance varie selon le type de délit. Sur des cambriolages, des vols de voitures, elle peut parfois se révéler efficace, mais sur des atteintes à la personne – agressions, bagarres –, il n’y a clairement pas d’effet. Et cela est systématiquement démontré à la fois sur des études statistiques et des études auprès de délinquants. […] Ils expliquent que la vidéosurveillance les oblige à se déplacer mais qu’en aucun cas cela ne les empêche de passer à l’acte. » Il n’existe pas aujourd’hui en France d’évaluation sérieuse qui fasse autorité sur le sujet.
Guillaume LEBORGNE
Le bout du tunnel proche pour Heuliez ?
L?homme d?affaires turc Alphan Manas a réaffirmé son intérêt pour le constructeur des Deux-Sèvres Placé depuis presque un an en redressement judiciaire, Heuliez n’est pas encore au bout de ses peines. Un montant de15 millions d’euros a été promis par le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et la présidente de la région Poitou-Charentes, mais il reste 30 millions à trouver pour atteindre la somme nécessaire à la construction de sa voiture électrique. Christian Estrosi a annoncé, le 16 mars, la signature d’un protocole d’accord – tombant à point nommé en période électorale – pour le rachat d’Heuliez par le fonds d’investissement Brightwell de l’homme d’affaires turc Alphan Manas. Cependant, à l’issue de la période de négociation exclusive qui venait de s’achever, rien n’était encore scellé. Le Turc a néanmoins réaffirmé son intérêt pour le constructeur des Deux-Sèvres : « Si nous sommes satisfaits des résultats de l’examen approfondi, nous serons prêts à racheter. Je continue à discuter avec des partenaires industriels potentiels en Turquie qui pourraient investir. » Il a par ailleurs déjà provisionné 3 millions d’euros pour apporter la preuve de sa solvabilité.
Le ministre de l’Industrie voit dans cette décision « une très belle nouvelle pour Heuliez et ses 600 salariés ». Si le rachat a lieu, il s’agira pour Alphan Manas d’injecter 30 millions d’euros au capital d’Heuliez, et ce au plus tard le 31 mars prochain. Mais le ministre ajoute qu’« il importe malgré tout, compte tenu de l’historique du dossier, de rester prudent tant que l’opération n’est pas finalisée en totalité sur le plan juridique ». Cet historique n’a effectivement pas joué en faveur du constructeur qui, en janvier dernier, attendait 16 millions d’euros promis par le fonds français BKC (Bernard Krief Consultants), qui ne sont jamais arrivés…
Marion BONNET
SNCF : 2 500 retards de trains en 2009 causés par les vols de métaux
C’est devenu un véritable fléau : le vol de métaux. L’an passé, on en a recensé près de 2 000, dont 900 commis en ligne sur les installations en exploitation. Conséquence directe, puisque cela entraîne dans tous les cas une interruption totale des circulations, plus ou moins temporaire : plus de 2 500 trains touchés et près de 30 000 minutes perdues. Depuis la mise en place, en 2007, d’un plan spécifique par la gendarmerie nationale, plus de 3 000 personnes ont été interpellées et une soixantaine d’opérations de police judiciaire menées. Sur l’année 2009, près de 650 interpellations ont permis de résoudre quelque 350 méfaits. Pour mieux remonter les filières, point essentiel pour ce type de délinquance, la coopération va être renforcée entre la gendarmerie nationale et la sûreté ferroviaire, en lien avec l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante.