Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’ingénierie pour Brest et Dijon

    La judicieuse commande groupée de Brest et Dijon est payante LE LAURÉAT

    Brest et Dijon : une commande groupée, des économies à la clé
    L’idée était innovante. Même si elle peut sonner comme une évidence : commander 52 rames ensemble revient moins cher que d’en commander 32 d’un côté et 20 de l’autre… Fortes de ce constat, les agglomérations de Brest et de Dijon ont décidé d’unir leur force pour lancer leur appel d’offres matériel pour leurs futures lignes de tramway, avec un budget estimé à 120 millions d’euros. Une chance, le timing des deux projets était en phase. En préalable, les AO se sont mises d’accord sur les caractéristiques techniques, et même sur le design. A l’arrivée, le marché signé avec Alstom en septembre dernier porte sur 106,5 millions d’euros (dont 42,7 à Brest pour 20 rames et 63,8 à Dijon pour 32 trams). Et pour François Rebsamen, président du Grand Dijon, « il allie performances et maîtrise des coûts ». Alstom n’était toutefois pas le moins-disant, c’était CAF, et, avec Bombardier, les offres étaient dans un mouchoir de poche, la proposition de Stadler, bien au-dessus. Les élus précisent que ce choix est le fruit « d’une analyse globale ». Avec un coût de 2,05 millions d’euros par rame, la commande groupée permet de réaliser « une économie d’environ 500 000 euros par rame », estime François Cuillandre, président de Brest Métropole océane. Comparée aux sommes déboursées par les autres agglos françaises ayant commandé le Citadis, l’économie en euros constants est de l’ordre de 25 à 30 %. Pas négligeable en temps de crise.
    Le détail qui change tout : un look commun. Brest Métropole océane a mis en place un concours remporté par Eric Rhinn, du cabinet Avant-Première. Séduit par le design brestois suggérant une onde, le Grand Dijon ne changera que les couleurs.

     

    LES NOMINÉS

    Ile-de-France : la livraison avancée du Francilien
    En Ile-de-France, il faut des trains neufs, et vite ! Le conseil d’administration du Stif a approuvé le 8 juillet un avenant à la convention conclue avec la SNCF pour accélérer la livraison du nouveau train Francilien. Le constructeur Bombardier a accepté de modifier son organisation industrielle pour livrer 40 rames en 2011 et 2012 au lieu de 30, ce qui permettra d’introduire plus rapidement le Francilien sur les dessertes Paris-Est – Meaux et Paris-Est – Coulommiers sans pénaliser son arrivée sur les lignes des réseaux Paris-Nord-Ouest et Paris-Saint-Lazare. Le calendrier des livraisons, moins serré pour le constructeur que celui de sa commande précédente, portant sur l’AGC, a pu être resserré. On gagnera ainsi huit mois par rapport au calendrier initial de livraison des 172 rames. L’équipement du réseau Paris-Est serait ainsi achevé en avril 2015 au lieu de décembre 2015. Une option pourrait être levée sur 70 rames supplémentaires sur les 200 prévues en tranche conditionnelle.
    Le détail qui change tout : livrées en temps et en heure, les deux premières rames du Francilien devraient être mises en service sur la ligne H le 13 décembre 2009.

    Agglomération rouennaise : un pont mobile de contournement routier
    Voilà un pont qui évite le passage des camions par le centre-ville. Le pont Flaubert, plus haut pont mobile d’Europe (86 m) ouvert depuis le 25 septembre 2008, relie l’autoroute A150 à la rocade sud III (A13 et A28) de Rouen. Son objectif est de faire en sorte que 55 000 véhicules par jour contournent le centre-ville de Rouen par l’ouest. Ce pont permet également à l’agglomération de faciliter les échanges interrégionaux autour de son port. Avant tout routier, le pont Flaubert est également accessible aux piétons dans sa partie centrale : une voie protégée leur est réservée sur chacun des deux tabliers du pont. Chaque tablier comprend en outre trois voies de circulation et une bande d’arrêt d’urgence. De 30 à 40 levages sont prévus chaque année afin de laisser passer les paquebots de croisière, mais aussi les navires participant à l’Armada. En 12 minutes, les tabliers de 2 600 t se lèvent à 55 m de hauteur, mais chaque opération de levage interrompt la circulation pendant 1 heure 30.
    Le détail qui change tout : le pont qui a coûté 60 millions d’euros est gratuit car l’ouvrage a été réalisé par l’Etat avec le concours financier de la région Haute-Normandie, du département de la Seine-Maritime et de l’agglomération de Rouen.

     

    Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE

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  • Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’accessibilité pour Grenoble

    Le tramway grenoblois 100 % accessible sort vainqueur LE LAURÉAT

    Grenoble : la ville qui a inventé le tramway 100 % accessible
    Avant-gardiste, la ville de Grenoble a commencé à mener une politique d’accessibilité de l’espace public dès 1975. Sous la houlette de son maire, Hubert Dudebout, le chef-lieu de l’Isère réintroduit le tramway en 1987, mais pas n’importe lequel ! Un tramway accessible bien sûr, concocté par un groupe de travail ad hoc autour du SMTC, d’Alstom et des associations. « Une innovation telle que la ville recevait chaque semaine trois ou quatre délégations étrangères… », relate Yannick Belle, conseiller délégué à l’accessibilité au SMTC de Grenoble (26 communes, près de 400 000 habitants). Sur la ligne B du tram, les dispositifs d’annonces sonores et visuelles sont améliorés ; sur la C, le véhicule devient accessible par chacune de ses portes et en toute autonomie. Dans la foulée, les trottoirs sont rehaussés et les premiers trams modifiés afin de s’affranchir de la palette rétractable grâce à une lacune entre le quai et le véhicule de seulement 2 cm. Les mêmes recettes sont appliquées au bus, dont 80 % des arrêts sont accessibles. Si bien que l’élaboration du schéma directeur d’accessibilité 2009-2012 n’a pas posé problème. Voté à l’unanimité en juin, il vise trois objectifs : étendre l’accessibilité à 95 % du réseau bus, perfectionner les dispositifs d’information, de signalisation sonore, visuelle et podotactile, enfin, confirmer le service de porte à porte PMR qui transporte quelque 125 personnes chaque jour. Soit une dépense de 17 millions d’euros sur 4 ans. Le prix à payer pour être l’agglomération la plus accessible de France.
    Le détail qui change tout : en 2012, avec un réseau urbain presque 100 % accessible, l’agglomération aurait pu prévoir de supprimer le transport spécifique, elle a choisi de le conserver.

     

    LES NOMINÉS

    Agglomération rennaise : le mobilier urbain pour tous
    Le mobilier urbain de l’agglomération rennaise est en cours de renouvellement, quartier par quartier, jusqu’en 2010. Pour la ville de Rennes, le marché a été attribué à Clear Channel. Pour les autres communes, le marché est revenu à la société Abris Service, qui remplacera progressivement les abris des 36 communes d’ici 2013. Ces nouveaux abris voyageurs, installés en cohérence avec la loi sur l’accessibilité des transports publics, offrent une lisibilité adaptée aux personnes handicapées. La dénomination de l’arrêt de bus est inscrite en grosses lettres blanches et le numéro de ligne est grossi pour être repéré par les malvoyants, le panneau d’information est abaissé pour que les personnes en fauteuil roulant puissent y accéder, la largeur de trottoir permet aux fauteuils de tourner et de se croiser. Ce mobilier pourra également être équipé d’un boîtier électronique et d’une antenne qui permettront le temps venu de diffuser de l’information en temps réel aux voyageurs (temps d’attente jusqu’au prochain bus, encombrement imprévu ou autre information municipale…).
    Le détail qui change tout : dans sa démarche de rendre son réseau entièrement accessible à l’horizon 2015, Rennes a mis en place un système de dépôt de plainte pour les usagers qui rencontreraient un obstacle dans leur chaîne des déplacements.

    Basse-Normandie : pionnière dans l’adaptation de ses TER
    Une porte centrale assez large pour donner accès aux fauteuils roulants, un espace dédié avec trois places réservées, dont deux en vis-à-vis, et quatre pour les accompagnateurs, des toilettes aménagées et des installations de sécurité… La toute première voiture TER Corail Intercités conçue pour les personnes à mobilité réduite est entrée en service en Basse-Normandie le 16 mars dernier. Sur la ligne Paris – Caen – Cherbourg, l’accès au train se fait à partir d’une plateforme élévatrice déployée par un agent de gare. A l’intérieur, un couloir mieux éclairé, des barres de maintien rouges, deux boutons d’appel SOS, une signalétique renforcée par deux bandes jaunes sur les marches des portes d’accès. Autre innovation : des toilettes adaptées. Elles sont dotées d’une large ouverture électrique et tout y a été calculé pour être à bonne hauteur : lavabo, miroir, savon et sèche-mains. Seize voitures de ce type doivent circuler sur le réseau Basse-Normandie, la région ayant investi à 50 % avec la SNCF dans ces aménagements à 500 000 euros pièce. Une première qui devrait être déclinée dans d’autres régions.
    Le détail qui change tout : le local du chef de bord est à proximité, pour une intervention plus rapide si nécessaire.

     

    Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE

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  • Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’intermodalité pour Le Mans

    Le Mans rafle la mise grâce à son pôle d’échanges LE LAURÉAT

    Le Mans : un pôle d’échanges qui simplifie la vie des voyageurs
    Au royaume du transport collectif, un nouvel acronyme est sur toutes les lèvres. Le « PEM », disent les initiés, pour pôle d’échanges multimodal. C’est aujourd’hui un must… même un must have. Et celui qui vient d’être réalisé au Mans est particulièrement réussi. Colonne vertébrale du site, une galerie des transports, en fait, un couloir de verre qui permet de cheminer à l’abri des intempéries et de passer d’un mode à l’autre rapidement. Dans un court rayon, convergent tous les moyens de transport : TGV (52 par jour) et TER (110 quotidiens) bien sûr. Mais aussi le tramway inauguré il y a deux ans, qui possède une station sur le parvis, les bus urbains de la Setram, les cars interurbains de la Sarthe (réseau TIS), les taxis et les vélos, qui disposent de 80 places en parcs couverts de part et d’autre du parvis. Transformé en esplanade piétonne de 3 500 m2, ledit parvis a totalement été débarrassé des voitures, désormais priées de stationner en souterrain (650 places côté nord et 410 côté sud). Ces aménagements, qui ont aussi permis de rendre la gare accessible aux PMR, ont coûté 60 millions d’euros. Ils font le bonheur des 15 500 voyageurs – dont 6 900 clients du TER – qui empruntent le PEM chaque jour. « Les enquêtes de satisfaction sur l’accessibilité de la gare montent en flèche », assure Xavier Breffeil, le chef de gare. Pour se repérer, en sous-sol comme en surface, les voyageurs ne trouvent plus un panneau central mais de multiples écrans affichant heures et trains au départ et à l’arrivée. En plus du point accueil multimodal.
    Le détail qui change tout : depuis les parkings souterrains, l’automobiliste accède directement aux quais.

     

    LES NOMINÉS

    Rennes Métropole : le vélo dans le pass Korrigo
    Les déboires du vélo en libre-service (VLS) de Rennes, visé par les incivilités, ne retirent rien à l’intérêt de la politique vélo de l’agglo Rennaise. Rennes a lancé son premier vélo en libre-service en 1997. Le dispositif était géré à l’époque par Clear Channel. Il a depuis été transféré à l’opérateur de transport public Keolis (cotraitant Effia), qui a déjà en charge le réseau Star de bus et de métro, et lancé le 22 juin le VLS Vélo Star. Pour faciliter l’intermodalité, 85 % des stations de vélos ont été positionnées à proximité d’un point d’arrêt de bus, d’une station de métro ou d’une gare. Plus original, Rennes a ajouté ses vélos dans le panel de la carte Korrigo, déjà utilisée sur les réseaux de transport en commun, le TER et les cars départementaux Illenoo, faisant de ce pass un véritable sésame pour les transports en commun rennais. Et qui vise à étendre son rayon sur le territoire breton, des négociations étant en cours avec la communauté d’agglomération de Brest.
    Le détail qui change tout : Rennes qui avait reçu des remontrances de la Cnil a lancé en novembre une carte Korrigo personnelle anonyme.

    Vitrolles-Aéroport Marseille-Provence : Le pôle d’échanges qui change la vie des Vitrollais
    Depuis son ouverture, le 14 décembre 2008, 41 trains desservent le nouveau pôle d’échanges de Vitrolles-Aéroport Marseille-Provence au lieu des 7 qui desservaient auparavant la halte de Vitrolles. Outre la gare, on y trouve 425 places de parking-relais, une gare routière, des taxis et prochainement des garages à vélos. Les objectifs poursuivis étaient multiples : créer un point d’accès au réseau ferroviaire desservi également par les transports publics routiers ; inciter à l’utilisation des transports en commun ; densifier l’offre de TER sur l’axe Marseille – Miramas ; enfin, améliorer rapidement la desserte de l’aéroport et des sites industriels en forte croissance tels qu’Eurocopter (1 200 salariés). Bref, permettre aux habitants de Vitrolles et de l’est de l’étang de Berre et aux milliers d’employés des zones d’activité autour de l’aéroport de bénéficier d’une offre de transport répondant à la dynamique du site. L’opération a coûté 15 millions d’euros.
    Le détail qui change tout : au départ du pôle, un service de navettes permet aux voyageurs et aux 5 000 salariés de la plateforme aéroportuaire de s’y rendre en moins de cinq minutes.
     

    Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE

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  • Les transports publics envisagent l?avenir avec inquiétude

    Les 22es Rencontres du transport public organisées par le GIE Gart/UTP se sont tenues entre le 25 et le 27 novembre, à Nice, dans un climat d?intenses mutations pour le secteur La période est électrique, et pas seulement pour les nouveaux modes de propulsion qui se dévoilaient sur le congrès (4 000 visiteurs, 140 exposants). Il y a l’ouverture à la concurrence, les regroupements industriels, le tassement des résultats du transport public, et les questions sur le futur financement entre les insuffisances du Grenelle et la suppression de la taxe professionnelle. « Ce n’est pas au moment où les mentalités évoluent qu’il faut réduire la voilure », a plaidé le maire de Strasbourg et président du Gart, Roland Ries. « Le Grenelle, le plan de relance et le pacte automobile ont plaidé pour la voiture, la mobilité individuelle, les chiffres en témoignent. La priorité n’a pas été suffisamment donnée à la filière des transports en commun, alors que cette dernière contribue à créer des emplois non délocalisables », a ajouté le directeur général de Veolia Transport et président de l’UTP, Cyrille du Peloux. Le son de cloche est évidemment différent du côté du ministre des Transports, Dominique Bussereau, qui a souligné dans un discours prononcé le deuxième jour l’ampleur des engagements de l’Etat, notamment dans le cadre du Grenelle. Si les AO et leurs transporteurs se rejoignent sur les questions de financement, on sent monter une tension sur la question de la concurrence. « Je suis très surpris des inquiétudes des élus sur ce sujet. Je trouve au contraire que l’on vit dans un monde très concurrentiel et que les agglomérations ont appris à tirer parti de cette concurrence. Quand on voit le nombre de réseaux qui ont changé de main ces dernières années », a répliqué Joël Lebreton, président de Transdev et du GIE entre le Gart et l’UTP. Tout le monde pensait aussi, il faut le dire, au rapprochement en cours entre Veolia et Transdev, dont les négociations semblent toujours compliquées si l’on en croit les confidences des cadres des deux groupes. Profitant des deniers rayons du soleil niçois, Cyrille du Peloux et Joël Lebreton se sont toutefois parlé assez longuement, attablés à une terrasse de café à la sortie du parc des expositions.
     

    Guillaume LEBORGNE

  • SNC Lavalin avec Richez Associés sur le tramway de Bruxelles

    SNC-Lavalin (mandataire) avec Richez Associés, R2D2 Architecture et Aries Consultant, ont signé un contrat de maîtrise d’œuvre avec la Stib, pour une ligne de tramway de 900 mètres desservant la Gare Centrale depuis la place Royale, à Bruxelles. Richez Associés a communiqué sur ce contrat le 1er décembre, mais les études ont commencé en juillet 2009. La fin de la phase d’avant-projet est prévue pour la mi-janvier 2010 et la fin des travaux courant 2012.

  • Midi-Pyrénées lance une pétition pour « le TGV et vite »

    Unies dans l’association TGV Sud-Ouest, les collectivités de Midi-Pyrénées – région, département de Haute-Garonne et communauté urbaine de Toulouse – ont lancé le 30 novembre une pétition « le TGV et vite ! » sur le site Internet de Midi-Pyrénées. Craignant de nouveaux retards, ces trois collectivités ont constitué une association en juillet dernier pour soutenir le projet de LGV Toulouse – Bordeaux, qui devrait mettre Toulouse à 3 heures de Paris, au lieu de 5 heures actuellement, en 2018 « L’enquête publique doit être réalisée en 2011, la déclaration d’utilité publique en 2012, les premiers travaux en 2013. Nous souhaitons que ce calendrier soit garanti », ont réaffirmé les trois présidents socialistes, Martin Malvy, Pierre Izard et Pierre Cohen. Initialement annoncée en 2015, la mise en service « est régulièrement repoussée. Des réserves demeurent encore sur le financement de Toulouse – Bordeaux alors que les collectivités de Midi-Pyrénées se sont engagées sur Bordeaux – Tours », ajoutent-ils.

  • Les CFF vont développer 60 projets pour 1,8 milliard d?euros

    Andreas Meyer, le président des chemins de fer suisses (CFF) a présenté le 30 novembre les projets de développement de l’infrastructure ferroviaire (ZEB), qui seront réalisés de manière échelonnée. 2,7 milliards de francs, soit 1,8 milliard d’euros, sont prévus pour financer environ 60 des 110 chantiers du ZEB. D’ici à deux ans, il devrait y avoir six trains horaires qui circuleront entre Genève et Lausanne, a-t-il promis, et la compagnie offrira 20 % de places assises en plus. Pour le principal chantier, la quatrième voie entre Lausanne et Renens, il faudra en revanche attendre jusqu’en 2019, si ce n’est plus.

  • Tout le monde d?accord pour High speed 2

    Le consensus règne en Grande-Bretagne autour de la grande vitesse Cette rencontre internationale, qui aura réuni quelque 250 participants venus du monde entier, est née d’une conversation entre Lord Andrew Adonis, secrétaire d’Etat aux Transports du Royaume-Uni, et Jim Steer, du cabinet de conseil en transports Steer Davies Gleave. « Autant nous avons été très bons pour inventer les premiers chemins de fer, autant nous avons été très mauvais pour apprendre des autres la grande vitesse ferroviaire », avoue aujourd’hui le ministre britannique. Authentique défenseur du rail, Lord Adonis s’est lancé, avec une ardeur évidente, dans la promotion de HS 2 (High Speed 2), autrement dit le projet d’une deuxième ligne à grande vitesse pour relier Londres à Birmingham et Manchester, avec prolongements envisagés vers le nord du Royaume-Uni. Même si ses détracteurs y verraient plutôt la tentative d’occuper une dernière fois le terrain médiatique avant que le gouvernement auquel il appartient ne soit remercié, les Conservateurs étant d’ores et déjà donnés gagnants aux prochaines élections… En clôture de cette journée du 9 septembre, Theresa Villiers, secrétaire des Transports « shadow » pour les Conservateurs, est venue exposer le point de vue de son parti sur le projet HS 2. L’assistance, parfois surprise, a pris bonne note de son apparente détermination à jouer également la carte de la grande vitesse ferroviaire au Royaume-Uni si le parti qu’elle représente était élu aux prochaines élections. Le HSR Summit de Londres n’aura donc pas été vain. Voilà que se dessinerait désormais, outre-Manche, un vrai consensus pour faire de la grande vitesse ferroviaire le moyen de transport terrestre du vingt et unième siècle. Mais l’histoire ne dit pas encore si le matériel sera japonais et l’opérateur italien…
     

    Philippe?HERISSE

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  • Les Japonais vantent les mérites de leur matériel ultralight

    A écouter, ce 9 septembre à Londres, la surprenante prestation de Tsutomu Morimura, directeur exécutif de JR-Central, l?un des opérateurs japonais du Shinkansen, on peut même penser que les hostilités sont déjà lancées Au pays du Soleil-Levant, c’est étrangement l’opérateur qui « vend » le matériel roulant, en lieu et place de son constructeur ! Dans sa présentation, Tsutomu Morimura annonce d’emblée la couleur, avec une magnifique photo d’une rame N 700 rebaptisée « N 700-I ». « Le I, c’est pour International », martèle le dirigeant de JR-Central, qui ajoute avec conviction : « Ce matériel que nous exploitons sur notre réseau sera bientôt utilisé dans le monde entier ! » Toutefois, les Japonais disent vouloir proposer, en réalité, tout le « système Shinkansen » (qui n’a pas connu le moindre accident depuis son ouverture en 1964), et non le matériel sans l’infrastructure ou vice-versa. Et en cela, ils ont certainement mille fois raison : le contre-exemple américain de l’Acela le montre bien… Le N 700-I est donné pour une vitesse maximale en service commercial de 330 km/h. Tsutomu Morimura prend bien soin de rappeler que, sur le réseau japonais, les rames ne sont limitées à 270 et 300 km/h que par l’existence de nombreuses courbes de trop faible rayon. La composition basique du N 700-I est de huit voitures (au lieu de seize pour le N 700), lui octroyant une longueur, décidément très… « européenne », de 204,7 m. « Et il ne pèse que 365 t avec tous ses voyageurs, c’est dire qu’il est léger, extrêmement léger… », insiste le directeur exécutif de JR-Central. S’ensuit un curieux exposé comparatif avec, pour références, le TGV POS (mais pourquoi ne pas avoir choisi le Duplex, plus « capacitif » ?) et l’ICE 3. Avec une charge à l’essieu de 11,2 t, le N 700-I fait sans doute mieux que l’ICE 3 à 16 t (en motorisation répartie comme lui) ou le TGV à 17 t (en motorisation concentrée). Côté puissance massique – légèreté oblige ! –, l’avantage semble encore revenir aux Japonais, avec 23,9 kW/t contre 21,9 pour le POS et 17,2 pour l’ICE 3. Dans la catégorie des matériels à un seul niveau, le N 700 offre également une habitabilité assez exceptionnelle, grâce à sa largeur de 3,36 m, comparée à celles des TGV POS et ICE 3 qui s’établissent respectivement à 2,904 et 2,950 m. Sauf que le N 700 servant de référence ne s’inscrit nullement dans le gabarit européen ! Là-dessus, les Japonais possèdent d’ores et déjà une réponse, grâce à leurs trains à grande vitesse dénommés « Mini-Shinkansen », et utilisés depuis de nombreuses années déjà pour desservir en antenne certaines anciennes lignes à voie métrique de leur réseau classique, reconverties à l’écartement normal tout en conservant leur gabarit initial proche de celui utilisé en Europe. Les rames Class 395 récemment livrées par le constructeur japonais Hitachi à l’opérateur britannique Southeastern pour la desserte régionale à grande vitesse du Kent dérivent justement des Mini-Shinkansen « série 400 » en service sur la ligne de Yamagata, et intègrent les contraintes supplémentaires propres au réseau classique britannique, à commencer par un gabarit particulièrement restrictif. Pour promouvoir le N 700-I, Tsutomu Morimura paraît donc avoir décidément trouvé un argument « de poids » avec l’exceptionnelle légèreté de son matériel. « L’énergie consommée par un train dépend étroitement de la masse par siège offert », rappelle-t-il, et personne, bien sûr, ne saurait prétendre le contraire. Le matériel Shinkansen afficherait ainsi une consommation de 29 Wh/km/siège contre 55 pour l’ICE 3 et 57 pour le TGV. Eloquent ? L’extrême légèreté peut toutefois avoir son revers, par exemple sur le comportement vibratoire des caisses, et il serait bien étonnant que les matériels Shinkansen, dans leur conception traditionnelle, parviennent à satisfaire aux normes de sécurité passive telles qu’elles ont été développées pour l’Europe. Mais là encore, Tsutomu Morimura détient la réponse en stipulant que « seule une ligne nouvelle à l’image du Tokaïdo, réservée uniquement au transport des voyageurs, est susceptible de garantir la sécurité, l’efficacité et la ponctualité, car les trains de fret, vu leurs charges à l’essieu, détruisent la voie, et ils gênent aussi la maintenance puisqu’ils roulent la nuit ». Et il est vrai que dorénavant nombreux sont ceux – et c’est tant mieux ! – qui s’accordent à penser que le mélange des genres sur une ligne nouvelle reste le plus mauvais choix qui soit. Alors exit également, dans la foulée, la mixité des trafics et les passages à niveau sur réseau classique, et cette fois, pour Monsieur Morimura, le tour est joué : un matériel super-léger, c’est bien la panacée ! Nul ne saurait le nier, le Shinkansen japonais est un vrai chef-d’œuvre d’efficacité. Avec un retard annuel moyen d’une demi-minute par train, la réalité des faits, dans l’absolu, plaide totalement en faveur du modèle d’exploitation prôné par Tsutomu Morimura, qui s’empresse toutefois d’y associer un matériel qui n’a jamais été conçu que pour être en parfaite adéquation avec ledit modèle. Sauf qu’à bien des égards l’environnement européen est sensiblement différent, le modèle japonais pas transposable si facilement, et qu’il faudra donc compter aussi avec l’existant. En attendant, les Japonais n’ont visiblement pas tardé à prendre conscience du marché potentiel qui s’ouvrait à eux et, confortés par le premier succès qu’ils ont remporté avec Southeastern, on devrait les retrouver avant peu sur d’autres projets européens.
     

    Philippe?HERISSE

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  • Les Italiens de NTV préparent une gamme tarifaire entre grand luxe et low-cost

    Le PDG de NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), Giuseppe Sciarrone, estime pouvoir affronter la concurrence avec l?AGV rouge d?Alstom Dans le domaine de la grande vitesse ferroviaire, la concurrence a décidément l’avenir devant elle. A celle entre constructeurs, qui s’exerce déjà depuis de nombreuses années, va désormais s’ajouter celle, toute nouvelle, entre opérateurs. A cet égard, l’Italien NTV fait figure, en Europe, de grand précurseur. Il est vrai que l’Italie, anticipant la décision communautaire, avait introduit dès 2001 la libéralisation de ses services ferroviaires voyageurs en régime intérieur. Venu à Londres tout exprès pour le sommet afin de livrer ses premières expériences de nouvel opérateur, Giuseppe Sciarrone appartient à la « bande des quatre » qui fonda NTV en décembre 2006. Il en est aujourd’hui le directeur et expert technique. Partant de la constatation que le corridor Turin – Milan – Rome – Naples est l’un des plus importants d’Europe, desservant quelque vingt millions d’habitants, et que la grande vitesse en Italie, à l’horizon 2015, devrait représenter près de 150 000 voyageurs par jour et jusqu’à 18 milliards de voyageurs-kilomètres par an, Giuseppe Sciarrone estime qu’un tel marché pourra sans difficulté faire vivre profitablement jusqu’à trois acteurs en compétition. Lui-même vise une offre de 13,5 millions de trains-kilomètres par an, espérant en 2015 récupérer 20 % du marché avec 30 000 voyageurs par jour et 3,3 milliards de voyageurs-kilomètres par an. Les 25 rames AGV achetées par NTV, composées chacune de 11 voitures « courtes » pour une longueur totale de 200 m, vont permettre à l’opérateur de diversifier au maximum les espaces voyageurs. C’était d’ailleurs l’une des raisons du choix de ce matériel. Particularité, il n’y aura pas de vente de billets en gare : trop cher pour NTV ! Autre chiffre important, 16,4 millions d’euros (sur les 618,6 millions d’investissements initiaux) devront être consacrés à la formation du personnel. « Nous ne voulons pas d’anciens cheminots des FS, pour ne pas être accusés de monter notre entreprise sur le dos de l’opérateur historique », explique Giuseppe Sciarrone. Le volume de formation à dispenser n’est pas, loin s’en faut, le seul écueil que le directeur de NTV va devoir affronter. Le niveau des péages, qu’il qualifie déjà de « critique pour le succès de l’entreprise », représentera environ 44 % de ses frais de fonctionnement. Et les risques qu’il va devoir manager sont multiples, depuis les effets de la crise économique actuelle (qui, selon lui, se traduiraient aujourd’hui par une baisse des trafics de 5 à 10 %) jusqu’à d’éventuels problèmes de fiabilité du matériel roulant, en passant par un retard dans sa livraison. Concernant les deux derniers points, NTV travaille très étroitement avec le constructeur Alstom, « qui fait l’heure jusqu’à maintenant ». Moins évident semble être le contexte ferroviaire local dans lequel évolue NTV : « […] le gestionnaire d’infrastructures (RFI) et l’opérateur historique (Trenitalia) appartiennent au même groupe (FS) », regrette Giuseppe Sciarrone. « Aussi la tactique choisie par RFI pour dresser des obstacles devant nous est évidente : ils jouent la montre sur toutes les décisions les concernant. Avec pour conséquence qu’il nous est très difficile d’obtenir à temps des scénarios clairs pour notre future exploitation… » Pourtant, une chose est sûre : Giuseppe Sciarrone entend, quoi qu’il arrive, lancer ses AGV à la mi-2011 avec, sur chaque train, une offre tarifaire particulièrement large, calquée sur la différenciation extrême des espaces voyageurs, depuis la classe « grand luxe » vendue à prix plus élevé que chez Trenitalia jusqu’au véritable « low-cost » du transport ferroviaire…
     

    Philippe?HERISSE

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