Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Anvers et Liège, deux gares TGV en c?ur de ville

    En l’espace d’une semaine, deux gares TGV ont été inaugurées en Belgique : Liège-Guillemins le 18 septembre, puis Anvers-Central le 25 C’est peu dire que leur inauguration était attendue. Fin septembre 2009, après onze ans de travaux, les Anversois, les Liégeois et leurs visiteurs ont retrouvé des gares embellies et adaptées pour recevoir à la fois le TGV et tous les trains du XXIe siècle. Tout comme l’adjonction d’une gare de passage souterraine et d’une deuxième sortie à Anvers-Central, la reconstruction totale de Liège-Guillemins, coiffée par une structure aérienne, a été déclenchée par le fait que ces deux gares sont desservies par les trains à grande vitesse (Thalys s’arrête aux deux et les ICE desservent Liège). Et en dépit des retards subis par tous les projets, la transformation de ces deux grandes gares belges, au cours de laquelle le trafic a été maintenu, coïncide avec l’achèvement du réseau de lignes nouvelles ou adaptées à travers le pays. Car, à l’occasion de cette double inauguration, trois mois avant l’ouverture aux Thalys des lignes à grande vitesse d’Anvers et de Liège aux frontières néerlandaise et allemande, prévue en décembre, les dirigeants de la SNCB présentent la Belgique comme la « plaque tournante de la grande vitesse en Europe » et le « premier pays européen à achever son réseau à grande vitesse de frontière à frontière ». Un enthousiasme auquel il convient de mettre un bémol. Car, malgré les nouveaux sauts-de-mouton qui permettent de gagner de précieuses minutes au sud et au nord de Bruxelles ou le quadruplement des voies classiques de Hal à Bruxelles et de Schaerbeek à Louvain (désormais autorisée à 200 km/h), les trains à grande vitesse devront encore traverser les nœuds ferroviaires de Bruxelles, Anvers (en particulier au sud), Louvain et Liège, mais aussi cheminer sur les voies encombrées entre la capitale et la cité diamantaire.

    En centre-ville, pas en rase campagne

    Les deux nouvelles gares de Liège et Anvers distinguent le réseau à grande vitesse belge par rapport au réseau français : comme le souligne Jannie Haek, administrateur délégué de la SNCB Holding, « les gares restent au centre des villes, là où traditionnellement on avait déjà une gare ». Pas de gares en périphérie, même s’il y a eu « beaucoup de débats », au cours desquels « les opposants au concept TGV ont sans doute fait le succès du TGV belge ». Car les décideurs d’outre-Quiévrain se félicitent aujourd’hui de leurs « choix qui, avec vingt ans de recul, apparaissent aujourd’hui comme géniaux » : pas de « gares aéroport » en « rase campagne » comme en France, mais des pôles d’échanges accessibles par tous les modes, y compris l’automobile, desservies par « des lignes à grande vitesse qui profitent directement au réseau intérieur, aux villes et aux navetteurs » et recréent un trait d’union dans un paysage urbain, là où souvent la voie ferrée avait laissé une cicatrice. Ceci tout en cherchant à améliorer la qualité des quartiers environnants, qui prennent une nouvelle valeur du fait de leur accessibilité. Pour mener à bien deux projets d’importance comparable – 404 millions d’euros (775 millions en intégrant l’infrastructure ferroviaire) pour Anvers la flamande et 312 millions d’euros (437 millions infrastructures ferroviaires comprises) pour Liège la wallonne, la SNCB avait mis sur pied deux filiales dès le début des années 1990. Déjà chargée du réaménagement de Bruxelles-Midi, Eurostation a pris en main le remodelage d’Anvers, alors qu’Euro Liège TGV s’est vu confier la reconstruction de la gare principale (qui n’est pas la plus centrale) dans la Cité ardente.

    Une nouvelle marque : « La Gare »

    Les gares d’Anvers et de Liège une fois terminées, elles ont été reprises en main par la direction stations de la SNCB, dont le directeur général, Vincent Bourlard, était auparavant à la tête d’Euro Liège TGV. Leur inauguration intervient six mois après le lancement de la nouvelle « marque » de la SNCB : « La Gare », en français, ou « Het Station », en néerlandais, dont le logo n’est pas sans rappeler les formes de la nouvelle gare liégeoise et dont les quatre couleurs se déclinent sur quatre « totems » placés devant les entrées des gares belges. Trois idées sont à la base du lancement de cette marque par SNCB Holding : « pas de perte de temps » dans le lieu d’échanges intermodal, où le voyageur doit facilement trouver l’information nécessaire, un « lieu de rencontres » plus convivial et plus attirant où il y a toujours quelque chose à découvrir et de quoi « gagner du temps » grâce aux commerces et services en gare. Si un siècle sépare la construction des gares d’Anvers et de Liège, leur remaniement se place dans la durée. Elles ne sont d’ailleurs pas les seules de Belgique à connaître un traitement aussi profond : 11 grandes gares ont été rénovées, 8 sont en cours de rénovation et 16 autres en projet, même si la SNCB ne cherche pas à « rénover les gares de fond en comble », préférant « consacrer chaque année des montants liés à l’entretien et au maintien à niveau technologique de l’infrastructure », précise Jannie Haek, afin que les gares belges « restent non seulement les plus belles, mais aussi les plus en phase avec l’évolution ». Ainsi, au cours du contrat de gestion 2008-2012, 660 millions d’euros ont été investis dans les gares, 228 millions dans les parkings et 158 millions pour l’arrivée du RER bruxellois. Le réseau régional autour de la capitale est maintenant le prochain défi qui attend la SNCB.
     

    Patrick LAVAL

  • A Belfort, le paiement différé dope la fréquentation

    La billettique en général et le post-paiement en particulier permettent de bien connaître tous ses clients, et donc de faire du marketing direct, en adaptant le message au profil du client et à ses habitudes Un an après sa mise en œuvre, le Certu a évalué les effets du post-paiement sur le nouveau réseau Optymo du territoire de Belfort. Bilan : près d’un million de voyages supplémentaires et une hausse de fréquentation de 25 %. Concrètement, après l’acquisition gratuite d’une carte à puce, le voyageur circule librement sur le réseau belfortain et reçoit, le 10 du mois, la facture correspondant aux trajets effectués le mois précédent. Le tarif avait au préalable été simplifié avec une zone unique à 0,80 euro le trajet, plafonné à 31 euros par mois. Avantages du post-paiement : moduler les tarifs (en accordant des réductions a posteriori) ; adapter la facturation à la situation, notamment en cas de grève (seules les personnes prenant le bus ces jours là sont remboursées). La post-facturation permet aussi de mettre en place facilement des actions commerciales sur une journée ou de moduler les tarifs selon les heures de la journée. « D’une manière générale, le post-paiement est un outil majeur facilitant l’usage des transports collectifs, conclut le Certu. La billettique en général et le post-paiement en particulier permettent de bien connaître tous ses clients, et donc de faire du marketing direct, en adaptant le message au profil du client et à ses habitudes. » D’autres réseaux pourraient bien s’inspirer de cette réussite.
     

    Cécile NANGERONI

  • Nordic Rail 2009 : les Suédois attendent leur train à grande vitesse

    Du 6 au 8 octobre, comme tous les deux ans depuis 1995, la manifestation Nordic Rail a réuni le secteur ferroviaire d’Europe du Nord dans la ville suédoise de Jönköping Avec 4 282 visiteurs professionnels en trois jours et 257 stands installés dans les halls du parc des expositions d’Elmia, à Jönköping (Suède), le salon ferroviaire biennal Nordic Rail marque le pas par rapport aux sept éditions précédentes. En effet, alors que le nombre de stands progressait de 9 %, les visiteurs ont été 12 % moins nombreux qu’en 2007. La crise actuelle n’est pas seule en cause, les conditions d’accueil étant passablement dégradées cette année pour cause de travaux, avec des surfaces d’expositions réduites et peu de présentations en extérieur. Cette année, le seul « vrai » matériel roulant présenté (en gare de Jönköping) était la nouvelle version de l’autorail Itino de Bombardier, équipée d’un power-pack Diesel Clean satisfaisant déjà aux prochaines normes d’émission, alors qu’Alstom avait déplacé une maquette à l’échelle 1 du tramway Citadis de Reims. Nordic Rail, ce sont une exposition et des conférences. Côté exposition, le marché visé est celui des pays nordiques, qui compte et attire de nombreux équipementiers et où les principaux groupes internationaux fournisseurs de matériel roulant, de signalisation et de services sont présents. Mais les exposants ne sont pas uniquement des industriels : bureaux d’études et laboratoires de recherche au sein des principaux établissements d’enseignement supérieur suédois sont très présents, de même que les différents projets d’infrastructure en cours de réalisation ou à des stades moins avancés. Enfin, syndicats et associations professionnelles – mais aussi amis des chemins de fer – étaient également venus des quatre coins de la Suède. En revanche, qu’il s’agisse de fret ou de voyageurs, les opérateurs ferroviaires étaient pratiquement absents cette année comme exposants. Toutefois, on les retrouvait au nombre des visiteurs, à côté des commerciaux, techniciens et chefs d’autres entreprises du secteur ou des élus et autres décideurs. Car, à Nordic Rail, on ne vient pas uniquement pour les stands : il s’agit d’une occasion unique pour nouer des contacts, voire faire connaissance avec un nouveau marché. Ainsi, parmi la vingtaine de pays représentés, la France a fait une apparition remarquée, ses couleurs étant portées par le stand Ubifrance, qui rassemblait 9 des 16 entreprises françaises présentes – sans compter Alstom ou Faiveley, représentés par leurs filiales suédoises. Du jamais vu à Elmia où, outre les exposants nordiques, Allemands, Britanniques, Italiens et Suisses sont présents de longue date. A l’heure où la Suède s’intéresse au tramway et à quelques mois d’une possible décision en faveur du lancement d’une ligne à grande vitesse entre les trois principales villes du pays, l’expérience française peut s’avérer précieuse. Et de la grande vitesse, il en a beaucoup été question au cours des quelque 150 conférences et tables-rondes du programme. Le « séminaire principal » qui s’est tenu pendant tout l’après-midi du 7 octobre était d’ailleurs consacré à ce sujet « chaud » en Suède ces derniers mois : après une série d’exposés esquissant une « perspective internationale », une table-ronde intitulée « Perspective nordique » a réuni les gestionnaires d’infrastructure et les principaux opérateurs ferroviaires scandinaves, ainsi que les présidents d’Alstom et de Bombardier en Suède. Dans ces pays où la population est limitée, la construction de lignes nouvelles n’est pas uniquement motivée par l’accélération des trains de voyageurs ; elle pourrait être dictée par la saturation du réseau classique par les trains de fret ! Le fret et l’intermodalité faisaient particulièrement l’objet de l’exposition-conférence Elmia Future Transport qui se tenait pour la deuxième fois parallèlement à Nordic Rail. A l’occasion, un prix a été remis à l’exploitant de trains régionaux Öresundståg dans la catégorie « gestion du voyage » et au port de Göteborg pour le « fret intermodal ». Grande vitesse ou non, l’industrie ferroviaire suédoise, qui emploie environ 20 000 personnes, est en croissance. C’est ainsi que Nordic Rail a donné à ce secteur l’occasion de lancer une grande campagne de recrutement concernant « 1 500 postes à pourvoir chaque année » : en Suède aussi, le ferroviaire est un secteur d’avenir !
     

    Patrick LAVAL

  • Eurostar : les conducteurs manquent à l?appel

    La CFDT-Fgaac, qui représente 40 % des conducteurs d’Eurostar, a déposé un préavis de grève pour le 26 octobre. Le syndicat est mécontent des négociations en cours sur les futures conditions de travail qui découlent du changement de statut de la société l’année prochaine. L’exploitation des trains à grande vitesse entre Londres, Paris et Bruxelles, actuellement cogérée par la SNCF, EUKL (filiale de la société britannique London & Continental Railway) et la SNCB, va devenir une « entreprise ferroviaire de plein exercice ». La SNCF, qui en prendra le contrôle, cherche depuis le mois d’août des conducteurs volontaires, qui seront détachés au sein de la nouvelle société. Or seuls deux ou trois agents se seraient portés volontaires sur la centaine nécessaire, selon la Fgaac, qui pointe le malaise ambiant. Le syndicat estime notamment que les agents risquent de perdre en rémunération et droits acquis.

  • Création d?un groupe d?étude franco-espagnol pour la Transpyrénéenne

    Des représentants de la France et de l’Espagne ont signé le 20 octobre à Saragosse un accord créant un groupe d’étude devant se pencher sur la création éventuelle d’un axe ferroviaire entre les deux pays, passant par le centre des Pyrénées. Le Groupe européen d’intérêt économique pour les études préliminaires du nouvel axe ferroviaire à grande capacité transpyrénéen (GEIE NAFGCT) est né d’un contrat entre RFF et son homologue espagnol, Adif. Les deux pays s’étaient mis d’accord en janvier 2008 lors d’un sommet franco-espagnol pour étudier l’ouverture d’un nouvel axe ferré entre les deux pays, par le milieu des Pyrénées, alors que les liaisons passent pour l’heure soit par l’est, soit par l’ouest. Le GEIE a pour mission de mettre en application les décisions d’un comité de pilotage franco-espagnol qui supervise un programme d’études préliminaires. Cela va de la viabilité financière à l’impact écologique.

  • Le nez du tram de Tours en consultation

    Le Sitcat (Syndicat intercommunal des transports en commun de l’agglomération de Tours), maître d’ouvrage de la première ligne de tram, vient d’ouvrir une consultation par Internet jusqu’au 31 octobre, permettant d’« afficher ses préférences » sur le design du nez des futures rames. L’agence RCP Design global (en association avec les artistes Daniel Buren, Roger Tallon ou Louis Dandrel), retenue pour concevoir le design de l’ensemble de la ligne, a réalisé trois esquisses de rames possibles : la première, « Belvédère mobile », s’inspire d’anciens tramways ; la seconde, « Curseur », s’affiche plus ronde et plus conviviale ; la troisième, « Facette », propose une image plus contemporaine, inspirée d’une sculpture de Xavier Veilhan. Le choix final appartiendra cependant au Sitcat, qui lancera en novembre les appels d’offres pour le matériel roulant dont le lauréat sera choisi en novembre 2010.

  • 82% des transporteurs français se sont prémunis contre la grippe A

    Huit entreprises de transport françaises sur dix, très exactement 82 %, ont finalisé un plan de continuité d’activité en cas de pandémie de la grippe H1N1. C’est deux fois plus que leurs homologues des autres pays européens (39 %), révèle une enquête du cabinet bp2r publiée le 20 octobre. La fourniture de masques et de gants est effective dans 78 % des entreprises françaises ayant participé à l’étude, contre 20 % dans les autres pays. Selon le cabinet de conseil, spécialiste de l’optimisation et de l’achat des prestations de transport, il y a ainsi une « spécificité française face à la grippe H1N1 ». Près de 40 % des transporteurs français estiment d’ailleurs être plus concernés que les autres entreprises par la problématique de la grippe, contre 7 % pour les transporteurs européens. L’enquête a été réalisée auprès d’un panel de 128 entreprises (Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie) dont 41 françaises.

  • 20 millions de passagers pour le métro de Lausanne

    C’est le cap que vient de franchir le M2, métro automatique de Lausanne, qui a transporté en un peu moins d’un an 20 millions de passagers, annoncent les Transports publics (TL). Les débuts commerciaux du métro remontent au 27 octobre 2008.

  • Siemens automatise « le plus grand triage d?Europe »

    Siemens Mobility a été choisi par DB Netz AG pour équiper la gare de triage de Maschen, aux portes de Hambourg, d’un nouveau dispositif de commande automatisé, pour 18 millions d’euros. Au total, 88 voies devront être équipées d’ici la mi-2013 dans « le plus grand triage d’Europe », plaque tournante du fret entre les ports de Hambourg ou Bremerhaven et la Scandinavie. Remplaçant l’équipement actuel, des années 70, le système Siemens MSR 32 a pour but « d’augmenter la sécurité et la fiabilité lors de la formation des trains » en automatisant le radioguidage des locomotives et les itinéraires des wagons lors du passage à la butte – la vitesse de ces derniers étant maîtrisée par des ralentisseurs. La modernisation devant se faire progressivement, alors que le triage restera en service, le nouvel équipement devra également gérer les anciennes installations.

  • Thales retenu pour la première ligne ETCS en Pologne

    Thales a annoncé avoir été retenu par les PKP (chemins de fer polonais) pour la fourniture et le déploiement de l’ETCS niveau 1 sur la ligne de Grodzisk-Mazowiecki à Zawiercie (224 km). Chiffré à 10 millions d’euros, ce contrat est selon Thales « le plus important projet de signalisation ferroviaire réalisé en Pologne au cours des dix dernières années ». C’est en tout cas le premier marché de déploiement du système européen ETCS en Pologne, dont le réseau est un des plus importants d’Europe. La ligne choisie, dite CMK (Centralna Magistrala Kolejowa) est un peu à part sur ce réseau : construite dans les années 1970, elle suit un tracé autorisant des vitesses supérieures aux lignes classiques. Lorsque l’ETCS niveau 1 sera déployé en juin 2011, les trains de voyageurs pourront y circuler à 200 km/h au lieu des 160 km/h actuels.