Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Les sénateurs Nègre et Maurey veulent accélérer l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire

    Les sénateurs Nègre et Maurey veulent accélérer l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire

    « Nous ne souhaitons ni retard, ni recul, ni renoncement. » Les sénateurs Hervé Maurey et Louis Nègre ont donné le ton, le 6 septembre en présentant la proposition de loi qu’ils espèrent voir examiner par leur Assemblée dès octobre. Selon eux, l’exécutif se montrerait de plus en plus prudent sur le sujet alors qu’ils estiment que c’est une priorité.

    D’où leur demande d’une ouverture à la concurrence dans les TER dès décembre 2019, comme le prévoient les textes européens. « Mais il est clair que l’ouverture à la concurrence se ferait progressivement, au fur et à mesure que les conventions TER arriveraient à échéance », précise Hervé Maurey, qui est également le président de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable du Sénat. Le sénateur de l’Eure (groupe Union centriste) souhaite exclure toutes les dérogations rendues possibles par le paquet ferroviaire. Seuls les DSP, les marchés publics, mais aussi les régies seraient possibles.

    Pour garantir un accès équitable aux gares, Gares & Connexions devrait être transformé en une société anonyme à capitaux publics, filiale de l’Epic de tête, estiment les deux sénateurs. Toujours dans cet objectif d’équité d’accès au marché, Louis Nègre demande aussi que toutes les données relatives à l’exécution des missions relevant des contrats TER, celles relatives au personnel ou encore au matériel ou à la maintenance puissent être transférées aux autorités organisatrices des transports (AOT). « La mention confidentialité commerciale ne pourra plus faire obstacle à la transmission de données », précise le sénateur LR des Alpes-Maritimes, très remonté contre les PDG de SNCF mobilités et de SNCF réseau qui n’ont pas pris la peine de répondre à leurs demandes d’informations envoyées début juillet. Un décret pris après avis de l’Arafer devra préciser la liste des informations qu’une AOT est en droit d’obtenir, indique encore l’élu. Quant au transfert de personnel, autre question sensible, il sera obligatoirement repris par l’entreprise qui gagnera un contrat. A charge pour l’AOT de définir le périmètre de la reprise.

    Les transferts de cheminots se feront sur la base du volontariat. Les cheminots conserveront leur statut et leurs facilités de circulation mais leur nouvel employeur sera libre d’organiser le travail comme il l’entend, dans le respect bien sûr de la législation, selon le projet des deux élus. En revanche, « ceux qui refuseront un transfert pourraient voir leur contrat avec la SNCF rompu« , assurent les deux sénateurs. Si ce principe d’un transfert de personnel semble accepté par les employeurs réunis au sein de l’UTP (mais rejeté par les organisations syndicales), ce n’est pas le cas des modalités de mise en oeuvre qui continuent à faire l’objet de discussions animées. Elisabeth Borne s’apprête d’ailleurs à nommer un expert pour mener la concertation.

    En ce qui concerne la concurrence dans les services commerciaux (grandes lignes et TGV), Louis Nègre et Hervé Maurey préconisent, « en tant qu’élus locaux », un principe de péréquation entre les lignes les plus rentables et celles qui sont déficitaires, avec la mise en place de lots et d’un système de franchises. L’Etat serait l’autorité organisatrice. L’open access serait possible sur certaines lignes, si l’équilibre des dessertes territoriales n’est pas affecté, ajoutent-ils.

    Le gouvernement, qui souhaite que sa future grande loi sur la mobilité fixe les modalités de l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, pourrait s’appuyer -en partie- sur ce travail sénatorial. Pour les deux sénateurs, notamment Louis Nègre qui s’apprête à abandonner à la fin du mois son mandat de sénateur, pour respecter la législation sur le cumul des mandats, il s’agit de ne pas relâcher la pression.

    Mh P

  • «  Le deal de Macron aux cheminots  » pourrait ressouder les syndicats

    «  Le deal de Macron aux cheminots  » pourrait ressouder les syndicats

    « Macron propose un “grand deal“ aux cheminots. » Ainsi rédigé, barrant la Une du Monde sur cinq colonnes dans son édition de jeudi 7 septembre, le titre ne pouvait évidemment que faire réagir aussitôt les syndicats maison. Réagir officiellement. Car jusqu’ici, il faut bien le dire, aucun d’entre eux n’avait semblé prendre la « proposition » d’Emmanuel Macron, remontant à début juillet, sinon au sérieux en tout cas ne l’avait affichée en tête de sa liste des luttes prioritaires.

    A quelques jours de la journée syndicale nationale à l’appel de la CGT et SUD contre la réforme du code du travail par ordonnances et de la « Marche contre le coup d’Etat social » du 23 septembre organisée par la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, la Une du quotidien sur un donnant-donnant du président tombe en plein compte à rebours du lancement de la rentrée sociale.

    C’est en marge de l’inauguration du TGV Atlantique le 1er juillet que le nouveau président Macron a souhaité une loi-cadre dès le 1er semestre 2018 qui, écrit Le Monde, « donne le top départ » d’une réforme des retraites. En seraient exclus ceux qui sont à cinq ans du départ. Les autres basculeraient « vers un régime unique où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits », a expliqué le président de la République à un panel de dix cheminots invités à échanger avec lui. Des déclarations reprises dans le journal interne de juillet de la SNCF Les Infos.

    La CGT Cheminots voyait aussitôt dans l’article du Monde attirant l’attention sur l’avenir du régime spécial des cheminots un « contre-feu allumé afin de détourner les cheminots des sujets d’actualité ». Elle maintenait l’ensemble de son catalogue de revendications premières pour le retour à une entreprise intégrée, la création d’emplois et des hausses des salaires et pensions ainsi que son combat « pour un code du travail du XXIe siècle porteur de progrès ». Mais la première organisation syndicale représentative cheminote commentait : « Les cheminots et la CGT […] sauront répondre présent le moment venu. »

    Présente, SUD-Rail, 3e syndicat de l’entreprise, se montrait aussitôt vent debout contre le marché proposé : pour Bruno Poncet : « Notre statut n’a rien à voir avec les difficultés actuelles du ferroviaire. »

    Remi Aufrère, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots, s’exprimant dans Le Monde avait lui prévenu : « Nous ne laisserons pas passer une suppression pure et simple du régime spécial qui aboutirait à une baisse des pensions. Et encore moins en échange d’une reprise de la dette. »

    Pour Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire (le 2e syndicat le plus représentatif), « ceci est une alerte ». Commentant l’article pour Ville, Rail & Transports /La Vie du Rail, il annonçait son intention d’interpeller par écrit la direction de l’entreprise dès le lendemain. « L’Unsa ne restera pas les mains dans les poches face à une proposition qui constitue une malhonnêteté intellectuelle. La dette de la SNCF est pour sa plus grosse part due aux décisions prises par l’Etat de lui faire financer les infrastructures TGV d’hier. Il ne s’agit pas aujourd’hui de les faire payer aux cheminots sur leurs acquis sociaux. »

    Pour le secrétaire général de First, Bernard Aubin, aussi « il est totalement hors de question […] que les cheminots financent par la disparition de leur régime spécial une dette qui n’est ni la leur ni celle de leur entreprise ». Considérant les propos du président comme « une véritable déclaration de guerre » il concluait : « Une seule solution la grève. »

    Bref, si à la SNCF en raison de contentieux hérités du passé ou de stratégies différentes, la rentrée sociale s’annonçait en ordre dispersé, le sujet ressorti par Le Monde pourrait être de nature à reformer un front syndical.

    Chantal Blandin

  • Alain Thauvette prend les commandes des TER en Auvergne Rhône Alpes

    Alain Thauvette prend les commandes des TER en Auvergne Rhône Alpes

    L’ancien responsable de la région Ouest de DB Cargo AG, qui a également créé en 2005 Euro Cargo Rail et a contribué à l’ouverture à la concurrence dans le fret ferroviaire français, arrive à la SNCF : cet ingénieur québécois, fin connaisseur du système ferroviaire qui vient de participer à la rédaction du rapport intitulé A la reconquête de la robustesse des services ferroviaires, doit devenir cette semaine le nouveau directeur régional TER Auvergne-Rhône-Alpes. Alain Thauvette remplace à ce poste Jean-Christophe Archambaud.

  • La SNCF renforce ses équipes de cyno-détection

    La SNCF renforce ses équipes de cyno-détection

    Sachant qu’un RER perturbé en heure de pointe par un colis abandonné met 2 à 3 heures pour retrouver une situation normale et que le nombre de sacs et d’objets oubliés a augmenté de 122 % sur le réseau Transilien depuis 2014, ce qui correspond à quatre signalements par jour et entraîne de nombreux retards et perturbations, les transporteurs ont tout intérêt à accélérer les procédures. Pour effectuer une « recherche d’indices » en 5 à 15 minutes contre plus d’une heure en cas d’absence d’équipes de cyno-détection, la SNCF va donc déployer 20 de ces équipes en Ile-de-France d’ici à la fin de l’année. Ces équipes sont composées d’un maître-chien et d’un chien dressé pour détecter les explosifs. 12 sont déjà sur le terrain. Le coût global de ce projet est de six millions d’euros sur trois ans, dont quatre millions financés par Ile-de-France Mobilités, le reste étant pris en charge par la SNCF.

    De son côté, la RATP, qui enregistre sept colis suspects chaque jour, expérimente aussi cette année une nouvelle procédure de traitement des objets abandonnés avec deux équipes cynophiles.

    Pour rendre le dispositif plus efficace et améliorer la coordination entre les différents PC de sécurité, il est aussi prévu la mise en place, en 2019, d’un centre de coordination opérationnel de sûreté unique.

  • La RATP affiche un résultat semestriel en forte hausse

    La RATP affiche un résultat semestriel en forte hausse

    Sur les six premiers mois de l’année, la RATP a vu son résultat net bondir de plus de 50 % à 132 millions d’euros. Sa capacité d’autofinancement s’élève à 488 millions d’euros (en hausse de 57 millions d’euros par rapport à juin 2016).

    En revanche, son chiffre d’affaires ne s’accroît que légèrement : +1,1 % (plus de 2,8 milliards de chiffres d’affaires sur les six premiers mois 2017). Mais il s’inscrit en positif après une année de recul : en 2016, le chiffre d’affaires avait régressé de 2 % comparé à l’année précédente.

    La croissance de l’activité est homogène entre la RATP et ses filiales, note le groupe. En Ile-de-France, le trafic augmente légèrement de 0,7 %, essentiellement grâce au RER et au tramway. « Le retour des touristes et occasionnels est également notable par rapport à 2016 », indique encore la RATP dans un communiqué.

    Le groupe, qui s’est fixé l’objectif d’un chiffre d’affaires de sept milliards d’euros en 2020, attend d’ici à la fin de l’année le résultat d’appels d’offres importants, notamment ceux relatifs aux métros de Doha et de Riyad.

  • Les Assises de la mobilité seront lancées le 19 septembre

    Les Assises de la mobilité seront lancées le 19 septembre

    Les Assises de la mobilité seront lancées le 19 septembre à 15 heures à Paris au Palais Brongniart, selon nos informations. Elles dureront jusqu’en décembre. L’idée est d’associer à tous les niveaux les acteurs de la mobilité pour « identifier les attentes à l’horizon 2030 » et « faire émerger de nouvelles solutions ».

    Citoyens, entreprises, y compris start up, ONG, associations et élus seront invités à s’exprimer lors de ces Assises pilotées par une instance à laquelle participeront des parlementaires. Le grand public aura toute sa place dans le cadre de cette grande consultation nationale, promet-on au ministère des Transports.

    Les infrastructures devraient être traitées à part. Des audits techniques sur les réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux seront menés, y compris par la Cour des Comptes. Enfin, il y aura aussi « une dimension territoriale » pour associer les collectivités. « Les premières orientations des Assises seront présentées aux autorités organisatrices des transports », a déjà précisé Elisabeth Borne devant l’Assemblée nationale.

    Tout devra être bouclé fin décembre. Suite logique, et comme cela a été annoncé par Emmanuel Macron le 1er juillet , la loi d’orientation sera présentée au premier semestre 2018. Elle comportera deux volets : une loi de programmation, année par année, des projets et des financements de l’Etat sur une période de cinq ans  et une vision à moyen terme des infrastructures. La loi portera aussi sur les nouvelles mobilités et les innovations à encourager. Un comité d’orientation pérenne devra assurer le suivi.

    En revanche, la question de l’ouverture du transport ferroviaire ne devrait pas faire partie de la consultation même si elle sera traitée par la future loi. Une personnalité devait être nommée pour mener la concertation cet automne sur tous les sujets.

    MHP

  • CarPostal se lance dans le covoiturage du quotidien

    CarPostal se lance dans le covoiturage du quotidien

    Après avoir signé une convention de partenariat en mai 2017, CarPostal France et Ecov s’apprêtent à lancer Covoit’ici, un service de covoiturage de proximité. Celui-ci sera proposé entre les villes de Salon-de-Provence et Sénas dès octobre prochain.

    Ce partenariat est conçu pour une durée de deux ans entre l’opérateur de transport et la start-up qui conçoit des stations de covoiturages connectées. Il pourra être déployé dans deux cas de figure : soit lors de réponses de CarPostal à des appels d’offres. Soit pour des expérimentations qui pourront être proposées aux collectivités déjà partenaires de CarPostal dans le cadre de contrats de délégations de service public.

    Les stations seront couplées aux arrêts de bus et le fonctionnement sera « simple et spontané en complément du bus dans les territoires peu denses », explique CarPostal.
  • Jérôme Harnois nommé directeur de la Maîtrise des risques et des Enjeux sûreté à la RATP

    Jérôme Harnois nommé directeur de la Maîtrise des risques et des Enjeux sûreté à la RATP

    Jérôme Harnois est devenu le 1er septembre le directeur chargé de la Maîtrise des risques, des Enjeux sûreté et des Affaires institutionnelles. Il est à ce titre membre du Comex du groupe RATP. Agé de 49 ans, et titulaire d’une maîtrise de droit privé et d’un DEA de droit pénal, ce diplômé de l’Institut de criminologie de Paris est par ailleurs président de RATP-International. Il était depuis 2015 directeur de cabinet de la PDG.

  • RATP. Paul Tirvaudey devient directeur de cabinet de Catherine Guillouard

    RATP. Paul Tirvaudey devient directeur de cabinet de Catherine Guillouard

    Depuis le 1er septembre, Paul Tirvaudey a pris les fonctions de directeur de cabinet de Catherine Guillouard, la PDG de la RATP. Il sera aussi secrétaire du Comex et du Codir.

    Ce polytechnicien, également ingénieur des Ponts, âgé de 30 ans, a débuté sa carrière en 2010 à EDF. Depuis 2014, il était chargé du suivi de SNCF Mobilités, des grands ports maritimes et de la SNCM à l’Agence des Participations de l’Etat.

  • Systra acquiert la société IBT spécialiste des ponts

    Systra acquiert la société IBT spécialiste des ponts

    « Systra accroît de façon décisive son potentiel dans le domaine de l’ingénierie des ponts grâce à l’acquisition ce jour de International Bridge Technologies (IBT), une société mondialement reconnue dans ce secteur », a annoncé le 1er septembre la société française d’ingénierie. Il s’agit de la première acquisition de Systra dans un secteur aussi spécialisé, note encore l’entreprise qui vise le top 10 mondial dans ce domaine. IBT s’appellera désormais Systra IBT.