Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Le Stif adhère à la Centrale d’achat du transport public pour commander des bus en grande couronne

    Le Stif adhère à la Centrale d’achat du transport public pour commander des bus en grande couronne

    A l’occasion de la présentation le 26 juin à Versailles du bus électrique Aptis d’Alstom, qui doit circuler à partir de septembre entre Versailles Europe et Vélizy 2 sur la ligne 23, Valérie Pécresse, a annoncé que le Stif allait adhérer à la centrale d’achat du transport public (la CATP) pour acheter les bus destinés à la grande couronne. Cela permettra d’accélérer les acquisitions et de réduire les prix, a expliqué la présidente du Stif et de la région Ile-de-France.

    Le conseil d’administration du Stif devrait entériner son adhésion fin juin, afin de réaliser des appels d’offres massifs, a-t-elle précisé. Toutefois, pour la petite couronne, les appels d’offres se feront via le contrat Stif-RATP. L’ensemble des appels d’offres devrait intégrer l’option climatisation, écartée par la précédente majorité. Valérie Pécresse a aussi précisé qu’elle souhaitait tester « toutes les solutions de bus propres », tout particulièrement ceux fonctionnant à l’hydrogène et au gaz, au détriment des bus hybrides dont le coût est jugé trop élevé.

    Le Stif, qui est devenu avec la loi Maptam autorité organisatrice des mobilités durables, va également adopter fin juin une nouvelle gouvernance et une nouvelle organisation. Comme nous l’annoncions dans notre Lettre du 16 juin, cela va se traduire par une nouvelle identité couleur bleu ciel avec la marque « Mobilités Ile-de-France » qui sera déployée progressivement.

    M.-H. P.

  • La région Pays de la Loire envisage d’expérimenter la concurrence sur 13  % de son réseau ferroviaire

    La région Pays de la Loire envisage d’expérimenter la concurrence sur 13  % de son réseau ferroviaire

    Un protocole d’accord a été trouvé et signé le 23 juin entre les Pays de la Loire et la SNCF à propos de la prochaine convention TER de la région. Dans le cadre de la future convention, et avec la mise en service du cadencement à partir du 2 juillet, il est prévu en 2017 une augmentation de l’offre de trains de 8,5 % comparé à 2016. Les possibilités de correspondances vont être accrues et iI sera possible aux abonnés TER d’avoir accès aux TGV sur les portions de lignes les plus fréquentées. Dans le cadre de la modernisation du service, 50 % des ventes devront être réalisées grâce au digital.

    L’engagement de la SNCF sur les objectifs de qualité de service est renforcé et devient pluriannuel. En cas de manquement, les pénalités seront plus importantes, précise la région. « Les incidents liés à SNCF Réseau et non plus seulement à SNCF Mobilités seront désormais intégrés au dispositif de mesure de qualité, ce qui constitue une première en France », indique-t-elle également.

    De son côté, le conseil régional va augmenter sa contribution financière qui va passer à 600 millions d’euros sur quatre ans, entre 2017 et 2020. Rappelons que les Pays de la Loire ont dépensé l’année dernière 140 millions d’euros pour les trains régionaux.

    Enfin, pour préparer l’ouverture à la concurrence des TER prévue par l’Union européenne au plus tard en 2023, la région souhaite l’expérimenter sur une partie de son réseau de transport ferroviaire de voyageurs, pouvant aller jusqu’à 13 % du total, dès que la loi le permettra en France.

    M.-H. P

  • Concurrence. Les sénateurs Hervé Maurey et Louis Nègre opposés à l’open access pour les TGV

    Hervé Maurey, le président UDI-UC de la commission d’Aménagement du territoire et du Développement durable du Sénat, et Louis Nègre (LR), président du groupe de travail « Mobilités et transports » de cette commission, ont confirmé qu’ils comptaient présenter en septembre une proposition de loi sur l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires de voyageurs (TGV, TER et trains d’équilibre du territoire) sans passer par la case expérimentation comme cela avait été envisagé pour les TER.

    En attendant sa présentation officielle, ils ont fait un point d’étape le 21 juin, rappelant qu’ils souhaitent « vivement » la concurrence, indispensable selon eux « à la survie du transport ferroviaire de voyageurs face à la concurrence exacerbée des autres modes de transport, aussi bien aérien que routier (bus, covoiturage, voiture individuelle) ».

    Pour les services conventionnés de voyageurs, ils rappellent que la loi devra déterminer les droits sociaux qui seront garantis aux agents sous statut transférés. « En revanche, les règles d’organisation du travail devront pouvoir être définies librement par les nouveaux entrants », estiment-ils. Ils suggèrent aussi de créer une filiale pour Gares & Connexions et de la rattacher à SNCF Réseau pour assurer son indépendance vis-à-vis de SNCF Mobilités. Mais, ajoutent-ils, « il ne faudrait pas que la dette de SNCF Réseau entrave les capacités d’emprunts et d’investissements de Gares & Connexions ».

    Ces suggestions ne sont pas inattendues. Plus intéressant sans doute, ils se prononcent contre l’open access pour les TGV. Sinon expliquent-ils, lorsque la concurrence sur les lignes TGV sera possible en 2021, les nouveaux opérateurs ne voudront desservir que les lignes rentables. Pour y remédier, ils proposent que l’Etat définisse des lots comportant des lignes rentables et d’autres qui ne le sont pas, puis délivre des franchises. Un tel système existe en Grande-Bretagne, où l’autorité organisatrice des transports, qui peut être selon les cas le ministère des Transports ou les autorités décentralisées (Ecosse, pays de Galles, Londres…) choisit un transporteur après appel d’offres pour qu’il exploite, pendant une durée contractuelle, tous les trains sur un secteur géographique ou certains trains (grandes lignes, régionaux, suburbains…). L’open access existe tout de même en Grande-Bretagne mais de façon très limitée sur quelques relations.

    Pour les deux sénateurs, l’idée des franchises est une piste « intéressante ». Ils se disent persuadés que leur future proposition de loi sera débattue à l’automne et qu’elle recueillera un large soutien de la part de la majorité sénatoriale. D’autant plus, ajoutent-ils qu’elle est « Macron-compatible ».

    M.-H. P.

  • Les voyageurs sont de retour dans les TER

    Les voyageurs sont de retour dans les TER

    « Pour la première fois depuis 2012, les voyageurs sont de retour dans les TER. Notamment les clients occasionnels, c’est-à-dire ceux qui nous avaient le plus tourné le dos », se réjouit Frank Lacroix. Le directeur général TER à SNCF Mobilités annonce une hausse de trafic de 1,8 % sur les 5 premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2016. Et des recettes en augmentation encore plus rapide : +3,8 %. Enfin, les charges ont été maintenues au même niveau qu’en 2015.

    Selon Frank Lacroix, les premiers résultats du plan de relance annoncé il y a neuf mois, CAP TER 2020, commencent à se faire sentir. « C’est la conséquence de tout ce qui a été lancé dans nos 11 régions TER. Nous avançons vite », ajoute-t-il.

    L’enjeu est important. Souvent mise en cause pour ses coûts élevés et son manque de transparence, la direction TER renégocie en effet cette année 60 % de son activité, dans le cadre des renouvellements des conventions avec les régions (l’Occitanie, les Pays de la Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté ou encore la Normandie).

    « Dans les conventions, nous nous engageons à augmenter le nombre de voyageurs et nous nous engageons aussi sur la productivité du service. En cas de non-respect, les sanctions seront plus lourdes qu’avant. Et nous nous engageons à diminuer le coût supporté par les régions, alors qu’historiquement ce coût augmentait », énumère Frank Lacroix. Selon lui, 90 % des leviers permettant d’atteindre en 2020 les objectifs ont été identifiés.

    Ainsi, depuis avril 2016, les effectifs ont été réduits de 7 %. La décroissance des effectifs va se poursuivre (27 000 personnes aujourd’hui employées aux TER). « En 2018, on comptera moins d’établissements et tous nos établissements seront multimétiers. Pour moi, l’interface entre nos différents métiers est majeure », précise Frank Lacroix. L’objectif est de réduire de 20 % les frais de structures d’ici à 2020.

    Le patron des TER a aussi fixé l’objectif d’abaisser d’un tiers le coût de la fraude qui représente un manque à gagner de 100 millions d’euros chaque année pour cette activité. Des équipes mobiles de contrôle ou des brigades mixtes d’intervention avec la Suge ont été mises en place. Elles peuvent intervenir à l’embarquement, au débarquement ou à bord des trains de façon aléatoire. « Partout où elles passent, la fraude recule de 25 % », affirme Frank Lacroix. Le contrôle automatique des billets va aussi être déployé comme la SNCF le fait pour ses TGV. Ce sera le cas à la fin de l’année à Marseille-Saint-Charles. D’autres régions suivront en 2018, en commençant par les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire.

    Côté exploitation, les offres ont été standardisées et trois solutions de transport sont désormais systématiquement aux régions : soit des TER Chrono pour les liaisons rapides, soit les TER Proxi (pour proximité), soit les TER Citi pour les lignes les plus chargées.

    Pour mieux gérer le matériel roulant à l’origine de 15 % des retards. Un classement par niveau d’incidents a été établi pour trouver des solutions. Un exemple : une équipe technique dédiée a été mise sur pied en Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce qui a déjà permis de diviser par deux les impacts des incidents.

    Globalement, les trains qui étaient en irrégularité chronique au nombre de 209, sont passés à 141. Soit une baisse de 20 %. « Le taux de réalisation de l’offre a progressé et la ponctualité s’améliore : l’irrégularité a baissé de 10 % par rapport à l’année précédente. C’est extrêmement encourageant », commente le directeur général. Pour fiabiliser l’exploitation et éviter à l’avenir la mauvaise surprise de manquer de conducteurs comme c’est arrivé l’année dernière, les capacités de formation ont été doublées. « Alors que la SNCF disposait de quatre centres de formation, elle a créé 25 écoles décentralisées. Et au début 2017, nous avons lancé un Mooc. Nous sommes ainsi passés de 600 conducteurs formés à 1 200 », résume Frank Lacroix.

    A partir de l’année prochaine, les Intercités repris par les régions seront intégrés au réseau des TER. « Les régions attendent de la productivité. Cela exige un travail de reconstruction de l’offre qui s’appuiera sur notre nouvelle segmentation ».

    Autre perspective, l’ouverture à la concurrence est théoriquement prévue en 2023, peut-être plus tôt si une loi décidait de l’anticiper. Certaines régions veulent pouvoir la tester dès que possible, comme le Grand Est qui a prévu un avenant sur ce thème dans le contrat signé à la fin de l’année dernière. Tout cela nécessite d’avancer vite.

    M.-H. P

    Multimodalité et digitalisation
    Dans le domaine de la multimodalité, la SNCF a lancé plusieurs expérimentations avec Gares & Connexions, proposant par exemple la location de vélo en libre service, à la demi-journée ou plus, avec retour sur la borne d’origine et à un prix compétitif comprenant le voyage en TER. Ou encore l’auto-stop « participatif » en milieu rural avec des arrêts prédéfinis.

    Pour simplifier les déplacements des voyageurs, il est désormais possible d’acheter la quasi-totalité de l’offre TER en billets électroniques. Les voyageurs peuvent aussi gérer leurs abonnements annuels sur le site de la SNCF, ce sera le cas pour les abonnements mensuels avant la rentrée scolaire.

    Des portails régionaux ont été développés sur voyages-sncf.com (appelé à devenir ouisncf.com fin novembre) pour présenter les attraits touristiques des régions et animer ainsi le marché des TER. L’objectif est de vendre à l’avenir la moitié des titres de transport via Internet.

    « Le digital n’est pas l’ennemi de l’humain », assure Frank Lacroix qui propose de nouvelles initiatives : déploiement d’outils de vente mobile (les agents se déplacent pour vendre des titres en dehors des guichets) ou future expérimentation du guichet mobile pour promouvoir le TER (les agents partent à la rencontre des clients sur les marchés, campus…). Enfin, le distributeur de billets avec webcam intégré, permettant l’intervention et l’aide d’un agent en cas de besoin, sera développé dans les gares où le trafic voyageurs est trop faible pour nécessiter un guichet en permanence.

    Le car mis au standard du train
    La SNCF n’oublie pas son offre de transport par car, jusqu’alors « parent pauvre du TER », qui représente 15 % de l’offre. D’autant que les liaisons par car devraient se développer puisque les régions excluent de moins en moins de transférer sur route certaines liaisons ferrées peu fréquentées. « Le car va être mis au niveau du train », annonce Frank Lacroix. Parmi les améliorations prévues, le e.billet, déjà disponible pour emprunter les TER, sera proposé pour les trajets en car à partir de juillet. De même que la vente de billets à bord, actuellement possible que si on dispose de pièces, pourra à se faire avec une carte bleue à partir d’octobre. Enfin, les cars seront géolocalisables grâce à l’appli LocaliTER.

  • Nouvelle déconvenue en Suède pour Keolis

    Mauvaise nouvelle pour Keolis : en Suède, l’opérateur de transport public, filiale de la SNCF, n’a pas réussi à décrocher le contrat d’exploitation du réseau de transport ferroviaire de la région de Scanie (1,3 million d’habitants environ). C’est le sortant Arriva, filiale de la Deutsche Bahn, qui conserve ce contrat. Un contrat de huit ans qui couvre sept lignes de trains régionaux pour un montant de 68 millions d’euros par an.

    Arriva aurait proposé une offre de 5 à 6 % moins chère que celle de ses deux challengers qui se sont placés aux deuxième et troisième rangs du classement établi par l’autorité organisatrice : le groupe de Hongkong MTR et Keolis. Alors que MTR et Keolis sont connus pour serrer leurs prix, Arriva a été encore plus loin. Comment ? La question se pose mais trouve sans doute une réponse par l’avantage dont bénéficie le sortant qui connaît mieux que quiconque son marché.

    Pour Keolis toutefois, c’est la deuxième déconvenue subie en peu de temps en Scandinavie après l’échec enregistré en décembre 2015 à Stockholm, où le groupe français n’avait pas réussi à remporter le contrat des RER face à MTR. Or, remporter un de ces contrats apparaissait comme un enjeu important pour le groupe SNCF.

    Reste tout de même la satisfaction de constater que, malgré l’échec, Keolis parvient à challenger le puissant MTR, en se plaçant au coude-à-coude. Et surtout la satisfaction de voir que MTR a été écarté de ce contrat de TER. Si le groupe de Hongkong avait réussi en Scanie, il aurait pu ajouter à sa palette de prestations l’exploitation de TER, le seul segment sur lequel il n’est pas encore présent. Perspective qui inquiétait Keolis alors que les régions réclament la possibilité d’ouvrir leurs TER à la concurrence pour faire baisser les prix en recourant à de nouveaux opérateurs et que les sénateurs s’apprêtent à présenter en septembre une proposition de loi en ce sens.

    M.-H. P.

  • Montréjeau-Luchon, première de 6 lignes de train à renaître d’ici 2020

    La région Occitanie Pyrénées-Méditerranée mise résolument sur le train pour son développement. Suite aux Etats généraux du Rail du printemps 2016, elle a décidé de rouvrir six lignes rurales ou de montagne pour l’aménagement de son territoire. La première est Montréjeau-Luchon dont la remise en service est prévue pour fin 2020. C’est ce que sa présidente Carole Delga est venue annoncer mi-mai à Luchon devant 150 personnes, usagers, habitants et élus locaux. Les cinq autres lignes prioritaires sont Alès-Bessèges, Carcassonne-Quillan, le Train Jaune, la Rive droite du Rhône et Rodez-Sévérac. Mais il pourrait y en avoir d’autres

    Mise en service en 1873, la ligne Montréjeau-Luchon avait été suspendue en novembre 2014, suite notamment aux inondations de 2013 qui avaient fragilisé les voies et plusieurs ouvrages. Depuis, la desserte est assurée en autocar. « Une étude réalisée en 2015 a montré que la fermeture de cette ligne avait une vraie conséquence économique sur l’emploi dans nos vallées, avec une baisse de la fréquentation des thermes et des structures d’hôtellerie-restauration, indique Carole Delga. Il y a des zones pour lesquelles l’infrastructure routière n’est pas suffisante pour avoir une bonne desserte. »

    Entre les trois scénarios évoqués par le comité de pilotage de l’avenir de la ligne, le choix d’investissement de la région s’est porté sur la rénovation de la voie et des ouvrages, mais pas de la caténaire. La ligne fonctionnera donc avec des locomotives bimodes, roulant à l’électricité jusqu’à Montréjeau et au diesel sur les 35 km séparant Montréjeau à Luchon. « Le coût est de de 36 M€ au lieu de 56 M€, or les 20 M€ de plus ne se justifiaient pas au vu des faibles émissions de CO2 », explique la présidente. La Région est convaincue que le rail apportera du développement à ces vallées pyrénéennes, pour le thermalisme, le ski mais aussi avec l’installation de population pour qui ce mode de transport est une facteur d’attractivité.

    Sur 36 millions d’euros, 26 M€ seront pris en charge par la région, 6 M€ par l’Etat dans le cadre du contrat de plan Etat-Région et 4,5 M€ par la SNCF. La région prendra aussi à sa charge le déficit d’exploitation. Pour les autres lignes, Carole Delga souhaite le même engagement tripartite. « La Région est prête à s’engager sur une nouvelle offre d’exploitation de lignes en difficulté ou aujourd’hui fermées, mais cet engagement doit s’accompagner d’investissements partagés entre l’État, les collectivités locales et SNCF Réseau sur les infrastructures, souligne-t-elle. Ces mises à niveau doivent s’accompagner d’un projet de service car c’est par un niveau d’offre suffisamment important qu’une ligne est utile au territoire et justifie les investissements consentis. Un niveau de service de 6 allers/retours par jour semble être un objectif soutenable pour rendre le service de transport attractif pour les usagers. »

    Pour Montréjeau-Luchon, un comité de pilotage sera mis en place à l’automne 2017 pour construire un véritable projet de territoire. Les études préliminaires et d’avant-projet seront conduites d’ici 2018, pour un lancement des travaux en 2019.

    Catherine Sanson-Stern