Catégorie : Toute l’actualité transports & mobilités

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  • Droit de retrait : le point de vue de la direction de la SNCF

    Le 3 juin, suite à l’agression d’un contrôleur sur la ligne J du Transilien qui dessert l’Eure et le Val d’Oise au départ de Saint-Lazare, un arrêt de travail des contrôleurs et des conducteurs a fortement perturbé le trafic. Loïc Hislaire, directeur délégué des ressources humaines de la SNCF, a accepté de répondre à nos questions. Nous reviendrons prochainement sur la question du droit de retrait et nous ferons part des positions des organisations syndicales.
     

    La Vie du Rail. Comment expliquer que, malgré la loi sur le service garanti, des arrêts du service sans préavis ni information préalable pour les clients, puissent avoir lieu, comme cela a été le cas, le 3 juin, à la gare Saint-Lazare ?
    Loïc Hislaire : Les agressions, et les mouvements sociaux « d’émotion » qui en découlent, n’ont pas été pris en compte dans la loi de 2007 sur l’organisation du service de transports en situation perturbée. Ces événements, par nature, ne sont pas prévisibles. Chez nos personnels roulants, ces manifestations d’émotion ont quelque chose de culturel, de spontané. C’est toute la SNCF qui est agressée. Et l’on a beau insister sur le fait que, malgré l’émotion, il faut ramener les gens chez eux le soir, le réflexe reste de « poser le sac ». On parle souvent de droit de retrait, mais le droit de retrait, c’est quand le risque demeure. Une fois que l’on a mis un terme au risque, le droit de retrait n’est plus légitime et la grève est irrégulière. En l’occurrence, dans le cas de Saint-Lazare, les quatre personnes à l’origine de l’agression ont été arrêtées dans la foulée.

    LVDR. Comment une agression comme celle de Saint-Lazare peut-elle déclencher le blocage sans préavis de l’un des principales gares franciliennes ? Vos négociateurs ont-ils sous-estimé le risque que la situation sociale ne dégénère ?
    L. H. Pas du tout. L’agression était violente et notre agent a eu le nez fracturé. Mais il était légitime de demander la reprise du travail. La direction de l’entreprise était prête à discuter de mesures d’accompagnement dans un esprit positif. Tout laissait penser que le travail reprendrait dès le lundi 3 juin au soir. Malheureusement, les revendications n’ont pas été constantes. On discutait au départ de la possibilité d’ajouter des agents dans certains trains partant de Saint-Lazare le matin, et dans les trains en partance après 20h. Seulement, le lundi, en fin d’après-midi, alors que nous étions proches d’un accord, cette revendication a été étendue aux trains arrivant à Saint-Lazare après 20h ! La discussion s’est poursuivie sur cette nouvelle base jusqu’à la fin de la journée, et les organisations syndicales (OS) ont refusé les propositions de la direction, avant de lever la séance vers 20h30. Le lendemain matin, par solidarité, les conducteurs de Saint-Lazare se sont invités dans le conflit. On a alors décidé de cadrer les choses avec la CGT nationale, et après de longues discussions, nous avons fini par nous mettre d’accord sur la création de 8 postes supplémentaires au départ et à l’arrivée de Saint-Lazare.

    LVDR. Quelles leçons tirez-vous de ce conflit éclair, comment mieux gérer les choses à l’avenir ?
    L. H. Il est d’abord dommage de systématiquement bloquer les circulations quand il y a un mouvement d’émotion, surtout lorsque les agresseurs sont arrêtés. Il faudrait que la priorité soit donnée aux usagers. Force est de constater que, lorsqu’on discute avec plusieurs OS qui ne sont pas d’accord entre elles, et qu’il existe un historique sur le sujet, cela complique les choses. Chaque cas est un cas particulier. Plus l’agression est grave, plus l’émotion est grande, ainsi que les revendications qui s’ensuivent. Les OS ont tendance à traduire les questions d’agressions et d’insécurité en emplois. Mais avoir deux agents par train n’est pas le plus sûr moyen d’éviter les agressions. Une autre manière d’envisager les choses est peut-être d’organiser différemment les contrôles, en mettant en place des équipes volantes, de la sûreté visible, ou en instituant des contrôles à quai. Il y a sans doute des manières plus sûres d’effectuer les contrôles.

     

    Propos recueillis par Guillaume LEBORGNE
     

  • SNCF : 70% des roulants en grève

    Le taux de participation à la grève nationale de la SNCF s’élevait en fin de matinée, jeudi 13 juin, à 33,2 % pour l’ensemble du personnel, dont 68,6 % pour les agents de conduite et 70,4 % pour les contrôleurs, a annoncé la direction dans un communiqué. La CGT a de son côté comptabilisé 50,3 % grévistes. Six syndicats sur huit – CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT, FO et First – appelaient les 150 000 cheminots à la grève contre la réforme ferroviaire à partir de mercredi 19h00 jusqu’à vendredi 08h00. Les syndicats s’inquiètent de la création, à la place de la SNCF et de RFF de trois établissements publics, et, selon eux, du risque d’un éclatement du système ferroviaire. Selon la direction, le trafic prévu était conforme aux prévisions, avec 4 trains sur 10 en moyenne.

  • Autorités organisatrices : le sénat adopte les amendements remplaçant les AOTU par des AOMU

    Si les trois amendements déposés entre autres par Roland Ries et adoptés au sénat le 5 juin sont confirmés par le vote de l’Assemblée nationale, il ne faudra plus dire autorité organisatrice des transports urbains, mais de la mobilité urbaine. Une nuance qui n’est pas que sémantique. « Même s’il eut été préférable de conserver l’appellation initiale d’autorité organisatrice de la mobilité durable », estime le président du Gart, telle qu’elle figurait dans les premières moutures des lois de décentralisation, les compétences des AOMU seront élargies. Dans leur champ d’action figurent explicitement l’autopartage, le covoiturage, les vélos partagés et la logistique urbaine. En effet, les nécessaires politiques de rééquilibrage des modes de transports « mettent en jeu plusieurs compétences (transports collectifs, voirie, circulation, marchandises), réparties sur plusieurs échelons de collectivités, de sorte que les marges de manœuvre des AOTU sont contraintes par la segmentation des compétences », explicite le Gart dans un communiqué. Le groupement d’élus souligne aussi que les collectivités manquent de moyens d’action pour œuvrer au déploiement de la marche, du vélo et des utilisations partagées de l’automobile. Une lacune comblée.   

  • Stationnement : un premier pas vers la dépénalisation

    Dans le cadre du vote du volet métropoles de la loi de la décentralisation, les sénateurs ont adopté le 5 juin à l’unanimité un amendement qui rend possible la décentralisation et la dépénalisation du stationnement. Une très ancienne revendication du Gart qui s’est aussitôt félicité de ce « vote historique ». Une telle réforme permettrait aux collectivités d’adapter le prix de l’amende, qui deviendrait d’ailleurs une redevance, à leur politique globale de déplacements. « L’amende forfaitaire de première classe [17 euros, ndlr] est insuffisamment dissuasive dans certaines grandes villes, relativement au coût horaire du stationnement alors que dans les petites villes, son montant peut, au contraire, paraître disproportionné », argumente l’association d’élus. Reste maintenant aux députés à transformer l’essai. Mais déjà l’Automobile Club Association craint que le stationnement ne devienne une « variable d’ajustement budgétaire »
     

  • Fraude : Nancy en lutte contre la non-validation

    Le réseau Stan (Service de transport de l'agglomération nancéienne) mène depuis le 29 mai une campagne contre la fraude sur son réseau couvrant la communauté urbaine du Grand Nancy (20 communes et 266 000 habitants). Le dispositif, intitulé « Frauder, c’est perdu d’avance », vise à diminuer la non-validation des titres de transports par la présence accrue de contrôleurs et à l’aide d’affiches présentant le nombre de personnes contrôlées ou de procès-verbaux émis. Une enquête BVA réalisée par la communauté urbaine en novembre 2012 avait révélé que 20 % des voyageurs ne compostaient pas leur billet. Le phénomène aurait doublé en un an sur ce réseau, exploité par Transdev. Une page facebook Info contrôleurs Nancy-Stan permet d’ailleurs aux usagers de se prévenir mutuellement de la position des agents de contrôle.
     

  • Pologne : Siemens supervise les déplacements de Poznan

    La division Mobility and Logistics de Siemens vient de remporter un contrat de 15 millions d’euros avec la régie des transports de Poznan (ZDM), pour lui fournir un système intégré de gestion du trafic, à mettre en service au printemps 2015. Objectif : synchroniser les transports publics et privés afin de fluidifier le trafic urbain. Les données recueillies, en temps réel, à plus de 200 points de mesure, localisés à des croisements, dans des parkings et dans des transports publics, seront collectées et traitées par le centre de gestion du trafic. Les informations seront ensuite transmises aux utilisateurs (par Internet, radio, SMS ou e-mail) qui disposeront ainsi en temps réel de l’état du trafic automobile, des places de parking disponibles et de l’heure passages des transports publics. Des données qui permettront une comparaison des temps de trajets en transports publics et en voiture. Poznan est la 5e ville de Pologne, un centre industriel, commercial et de recherche, qui compte plus de 500 000 habitants.

  • Snit : Philippe Duron veut « dédiaboliser la route »

    La dernière réunion de la commission Mobilité 21, que préside Philippe Duron (député PS du Calvados et président de l’Afitf) aura lieu le 12 juin. Philippe Duron devrait remettre son rapport à Frédéric Cuvillier « avant la fin de mois de juin », a-t-il précisé le 5 juin lors de son audition par la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale. La commission finit de classer les 75 projets du Snit en trois rubriques, selon des temporalités « raisonnables », retenues par l’Europe pour les RTE-T : à réaliser avant 2030, après 2030, après 2050. Les études de la première catégorie devront être accélérées, celles de la deuxième entreprises, celles de la troisième interrompues. La priorité doit aller à la régénération, pour le réseau ferré et pour la route, que Philippe Duron veut « dédiaboliser ». Verdict d’ici une quinzaine de jours.

  • RFF : Valérie Champagne nommée DGA Finances et achats

    Valérie Champagne (48 ans) a rejoint RFF le 3 juin comme directrice générale adjointe Finances et achats. Elle remplace Patrick Persuy, nommé conseiller du président. Valérie Champagne était précédemment directrice de la stratégie de SNCF Infra. Elle avait rejoint la SNCF en 2006, à Transilien, pour renégocier la convention avec le Stif. Elle aura pour adjoint Vincent Gaillard, nommé directeur financier à la place de Xavier Roche, qui rejoint la direction du matériel à la SNCF. Vincent Gaillard est entré à RFF fin 2000, où il était jusqu’à présent directeur finances et trésorerie.

  • LGV Poitiers – Limoges : la Fnaut réitère son avis négatif

    Dans le cadre de l’enquête publique sur le projet de LGV Poitiers – Limoges, qui a démarré le 30 mai pour se poursuivre jusqu’au 12 juillet, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports a rappelé dans un communiqué du 31 mai qu’elle émet un avis négatif. « Si la Fnaut est généralement favorable à l’extension du réseau des lignes à grande vitesse, elle a désapprouvé de longue date le projet Poitiers – Limoges, dont l’impact environnemental élevé, du fait de la topographie du territoire traversé, ne trouve pas de contrepartie en terme d’utilité collective », écrit-elle. Parmi ses observations, elle estime que ce barreau ferré « ne concernerait qu’un bassin de population restreint et ne permettrait de transférer que de faibles trafics aériens et routiers vers le rail ». Au contraire, il risquerait de fragiliser la ligne classique Paris – Orléans – Limoges – Toulouse (Polt). La fédération propose plutôt de poursuivre la modernisation de la ligne Polt et de l’embrancher sur la future LGV Paris – Lyon passant par le Centre (projet Pocl).

  • Allemagne : des drones contre les graffitis

    La Deutsche Bahn a décidé de tester des drones de surveillance équipés de caméras thermiques à infrarouge afin de lutter contre les tagueurs qui pénètrent dans ses dépôts. L’engin utilisé affiche une envergure de près d’un mètre pour un poids de 1,2 kg et est produit par le fabricant allemand Microdrones. Selon le groupe allemand, les graffitis lui coûtent 7,6 millions d’euros tous les ans.
    Des questions subsistent sur la légalité de l’opération, surtout que nombre d’Allemands sont très attachés au respect de leur vie privée. En 2010, l’arrivée du service Google Street View avait déjà déclenché une vaste polémique, et le géant américain de l’Internet avait dû retirer les images du domicile des particuliers qui le souhaitaient.