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Catégorie : Toute l’actualité transports & mobilités
Retrouvez les dernières informations liées aux grands enjeux des transports, (ferroviaires, urbains, réseaux…).

Cécile Duflot dénonce une mascarade de consultation
« La folie des grandeurs de Nicolas Sarkozy ne pourra aller contre la volonté des citoyens. » La présidente du groupe Europe Ecologie Les Verts en Ile-de-France s’énerve de la déclaration de Maurice Leroy, le 4 février, devant le Sénat de la création d’un métro automatique desservant le plateau de Saclay.
Une annonce qui « vient conclure, une semaine après l’annonce d’un accord Etat-région sur le Grand Paris, une mascarade de consultation des élus et des citoyens », écrit-elle. Pour Cécile Duflot, ce projet « n’apporte aucune réponse concrète et immédiate, notamment sur l’indispensable maillage du territoire francilien, mais propose une infrastructure de transport lourde, inadaptée et dangereuse pour l’avenir des terres agricoles du plateau de Saclay ».
Roland Ries et Heinz Fenrich mobilisés pour le TGV Rhin-Rhône
Le sénateur-maire de Strasbourg et le maire de Karlsruhe veulent des engagements pour la réalisation de la LGV Rhin-Rhône jusqu’à Lyon.
« Les dessertes nord – sud annoncées dans le cadre de la première phase entre Strasbourg et Lyon étant particulièrement insatisfaisantes, notamment en temps de parcours (meilleur temps de 3 heures 40 en décembre 2011), il est essentiel que la seconde phase puisse être réalisée rapidement », argue la communauté urbaine de Strasbourg dans un communiqué. Roland Ries demande que des engagements fermes soient pris par l’Etat tant sur la réalisation rapide de la seconde phase que sur l’adoption d’une convention-relais permettant aux équipes en place de continuer leur travail de préparation. Il rappelle l’engagement pris par Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Ornans, en mars 2010, de démarrer les travaux de la seconde phase dans la foulée de la première. Côté allemand, Heinz Fenrich rappelle la dimension européenne essentielle de ce projet qui doit permettre d’améliorer les liaisons entre les pôles urbains du Bade-Wurtemberg, le sillon rhodanien et la Méditerranée. Les deux maires souhaitent que la Commission européenne, les Etats allemand et français se saisissent de ce dossier pour l’amélioration des relations ferroviaires à grande vitesse dans l’ensemble de l’Europe.
Gérard Lahellec va faire des économies
Le vice-président du conseil régional de Bretagne chargé des transports, Gérard Lahellec, a annoncé, le 4 février, que RFF allait financer la LGV Le Mans – Rennes à hauteur de 43 % et non 40 % comme prévu initialement.
Résultat : une baisse significative de la facture pour les collectivités bretonnes, qui va passer de 895 millions à 856 millions.
TCSP : il y en aura pour tout le monde… mais moins que prévu !
Le gouvernement a publié le 9 février la liste des 78 projets du second appel à projets TCSP du Grenelle qui seront subventionnés par l’Etat à hauteur de 20 %. Les 54 agglos porteuses de ces projets ont choisi en priorité le BHNS, devant le tram et le métro. L’enveloppe se monte à 673 millions d’euros, soit loin du 1,2 milliard voulu par le Gart. Le compte n’y est pas, puisqu’il aurait fallu une enveloppe doublée. Mais, officiellement, tout le monde est bien servi ! Les heureux élus du second appel à projets TCSP du Grenelle sont enfin connus, après que le gouvernement a rendu publique, le 9 février, la liste des 54 agglomérations et 78 projets qui bénéficieront de subventions. Sur les 80 soumis, deux n’étaient pas éligibles. 590 millions seront engagés par l’Etat pour 61 projets susceptibles d’être mis en chantier avant juillet 2013, parmi lesquels 12 bénéficient d’une majoration au titre de la démarche EcoCité, ce qui permet à Nice et Rennes d’empocher un petit pactole, respectivement 54,3 millions (tram ligne 2) et 90,66 millions d’euros (métro ligne B). Pour 17 projets dont les travaux démarreront au second semestre 2013, l’engagement définitif de l’Etat est soumis au respect du calendrier du projet, « et cela représente 83 millions d’euros en plus », souligne Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour ceux-là, « l’Etat confirmera les subventions dans un délai de 18 mois au vu du planning réactualisé que les AOT devront lui fournir ».
Soit un total probable à 673 millions d’euros, un peu loin encore du besoin de 1,2 milliard évalué par le Gart pour aider toutes les agglos candidates en 2010 à hauteur de 20 %. Et pourtant le ministère maintient qu’avec 1,3 milliard pour les deux appels (810 millions d’euros pour le premier en 2009), « on est en moyenne à 20 % de subventionnement ». Et surtout, rappelle le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, « très en avance par rapport aux objectifs du Grenelle d’engager 2,5 milliards entre 2009 et 2020 pour créer 1 500 km de lignes, puisqu’il y en a déjà 1 000 qui seront engagés d’ici à 2013 ». Le total représente en effet 622 km de voies, dont 456 en BHNS (45 projets), 152 en tramway (29 lignes) et 14 en métro (une ligne à Lille, une autre à Rennes), qui s’ajoutent aux près de 400 km du premier appel à projets. Figurent aussi deux liaisons maritimes à Ajaccio et Toulon.
Une chose est sûre, toutes les agglos ne sont pas logées à la même enseigne (voir liste des projets), et certaines comme Lyon ou Lille s’estiment mal loties. Pris à partie par Bernard Rivalta, le président du Sytral mécontent, le président du Gart Roland Ries a reconnu en aparté que « l’Etat aurait dû mettre une enveloppe doublée pour répondre aux 80 projets qui totalisaient plus de 8 milliards d’investissements ». Et qu’il « fait de la surréservation avec les 17 projets complémentaires ». Car pour satisfaire presque tout le monde avec un budget moindre, pas de mystère, il faut soit exclure des projets, soit donner moins à chacun, soit tailler dans l’assiette subventionnable. Et cette dernière option a bien été utilisée, en excluant certains aménagements considérés comme non indispensables aux projets de BHNS notamment. Mais officiellement le Gart, qui a participé à la sélection des projets (avec l’Ademe, l’Anru et le Secrétariat général du comité interministériel des villes), est plutôt satisfait du résultat, jugé « équilibré grâce à des critères retenus aussi objectifs que possible », a déclaré Roland Ries.
Une fois ôtés les deux projets exclus, celui de la région Nord-Pas-de-Calais de RER entre Lille et Hénin-Beaumont et celui de Rhône-Alpes pour le tram-train Lyon – Trévoux, il reste au final 7,5 milliards d’investissements prévus. Il semble bien qu’indépendamment du taux de subvention, qui a en réalité du mal à franchir la barre des 10 % de la dépense réelle, sauf dans le cas des TCSP liés à des EcoCités qui peuvent atteindre 23 %, le gouvernement a plutôt raclé les fonds de tiroirs. L’enveloppe globale se décompose en trois sous-ensembles. Elle provient en effet à la fois de l’Afitf pour 390 millions d’euros, mais 90 millions d’euros sont un reliquat non utilisé du premier appel à projets, et du fonds « Ville de demain » des investissements d’avenir pour 200 millions d’euros, géré par le Commissariat général à l’investissement, sous l’autorité du Premier ministre. Quant à savoir d’où proviendront les 83 millions d’euros manquants, il y a fort à parier que le ministère mise aussi sur un reliquat grâce au report de certains projets.
Malgré ce sentiment diffus de cuisine interne et de tour de passe-passe, les ambitions du Grenelle restent intactes. « La moisson est prometteuse », a souligné Thierry Mariani, qui assure que « les villes deviennent des espaces dédiés à la qualité de vie ». Il a aussi salué la « grande variété des modes représentés, avec une prépondérance des BHNS », ainsi que « l’entrée remarquée des agglos de taille moyenne dans le club des villes dotées de TCSP, comme Angoulême, Montbéliard ou Bayonne », tandis que les plus grandes métropoles (Nantes, Bordeaux, Montpellier…) étendent et maillent leurs réseaux. Ou encore la présence « des territoires périurbains, avec des projets de cars à haut niveau de service comme Cœur d’Hérault ou le transport en site propre de l’Ouest-strasbourgeois ». Le Gart appelle néanmoins à ce que les 17 dossiers de la liste complémentaire « dont la pertinence est avérée soient rapidement financés ». Il réclame aussi un troisième appel à projets, « dès 2011, pour tenir compte de l’agenda électoral des mois qui viennent ». Une éventualité déjà clairement repoussée par la ministre de l’Ecologie.

Keolis, à l’ombre des mariages
Interdit de Transdev, puis privé d’Arriva. Même s’il s’est renforcé avec l’intégration d’Effia, Keolis a vécu une année 2009-2010 à l’écart des grandes manœuvres du secteur. S’il s’en tire plutôt bien commercialement, comme il l’annoncera le 8 mars, le groupe français sait qu’il devra améliorer sa profitabilité dans un contexte morose. Les cartes de la concurrence en France n’en finissent pas d’être rebattues. Tandis que Veolia Transport et Transdev parachèvent leur union (VTD), RATP Dev se structure et se renforce. Tout en se préparant à récupérer de nouveaux réseaux cédés par VTD à la demande de l’Autorité de la concurrence. Et Keolis dans tout cela ? Tenu à l’écart des mouvements de rapprochement du secteur, le groupe qui emploie 47 200 personnes – dont 30 000 conducteurs – depuis l’intégration d’Effia n’a même pas le droit aux miettes de la fusion. « On nous dit que nous sommes déjà trop gros pour être autorisés à racheter des réseaux. J’en prends acte mais, de toute évidence, cette décision va favoriser RATP Dev ou d’autres opérateurs », regrette le président du directoire, Michel Bleitrach.
Depuis deux ans, la filiale de la SNCF, de la Société générale et de la Caisse des dépôts du Québec accueille les grands arbitrages avec un certain scepticisme. L’Etat, qui est maintenant actionnaire des trois plus importants groupes de transport français, désavantagerait-il son Keolis au profit de son VTD ou de sa RATP ? Keolis n’est pas loin de le penser. « Je suis très surpris que, dans sa décision, la Haute autorité de la concurrence n’ait pas souhaité traiter la question des sociétés d’économie mixtes (SEM). Les SEM ont leur partenaire, industriel de référence, souvent Veolia ou Transdev. C’est une partie du marché considérable qui nous est fermé, on parle tout de même de réseaux comme Mulhouse, Grenoble, Strasbourg, ou Nantes ! », dénonce Michel Bleitrach. Par ailleurs, en Ile-de-France, Keolis n’a toujours pas digéré l’arbitrage sur l’interprétation du règlement OSP, très favorable à la RATP. L’Etat n’attaquant pas l’Etat, Keolis ainsi que les autres opérateurs d’Optile ont pris le parti de négocier pour bénéficier des mêmes délais de mise en concurrence que les opérateurs historiques. Pour les « contrats T2 », dont le terme est censé venir en 2016, le groupe cherche à obtenir une prolongation de son contrat jusqu’en 2024.
« Cette situation est curieuse », pointe Michel Bleitrach. « On n’anime pas le marché des SEM, on n’anime pas le marché en Ile-de-France. Par contre, on anime le marché de Keolis ! » Le tableau n’est pourtant pas si sombre. Pendant que ses deux rivaux étaient occupés entre le partage de réseaux, les intrigues internes et le recrutement de nouvelles équipes, Keolis s’est offert deux années de croissance. Pour le compte de 2010, l’exploitant devrait annoncer le 8 mars un chiffre d’affaires supérieur à 4 milliards d’euros (+16,8 %). Alors que 30 % de son chiffre d’affaires français était en jeu, l’an passé, l’entreprise a remporté 89 % des appels d’offres « défensifs » dans le secteur urbain. En particulier ceux de Lyon (350 millions d’euros pas an) et de Lille (285 millions par an). Seule ombre au tableau, tandis que le groupe gagnait 20 millions d’euros annuels de nouveaux contrats, il a perdu Besançon (30 millions par an), raflé par Transdev, et le contrat des personnels navigants d’Air France (10 millions par an). En 2009 et 2010, Keolis a indéniablement étendu son empire. Mais dans quelles conditions ? « Depuis la crise de 2008, les recettes ne sont plus au rendez-vous. Notre activité est à marge faible et à risques élevés. L’ensemble de la profession avait sans doute quelque peu sous estimé la corrélation entre activité économique et déplacements », note Michel Bleitrach. Dans ce contexte de crise, la course aux contrats à laquelle se sont manifestement livrés Veolia et Transdev dans la dernière ligne droite n’a pas amélioré les choses : « Dans l’année et demie écoulée, cette concurrence exacerbée a fait chuter les prix », estime le nouveau directeur général France de Keolis, Patrick Jeantet, pour lequel « la nouvelle période qui va démarrer sera sans doute plus favorable ». Keolis bénéficiera en tous les cas, dans tous les appels d’offres de VTD, d’une enveloppe de dédommagement au titre de l’animation de la concurrence. « Le fonds d’animation de la concurrence ne va pas changer grand-chose pour nous. A notre échelle, cela doit représenter 2 à 3 millions d’euros sur 5 ans, soit 100 000 à 150 000 euros par appel d’offres. Ce n’est pas ce qui va nous décider à nous présenter ou pas sur un appel d’offres. Est-ce que cela va changer quelque chose pour les petites ou moyennes entreprises ? Franchement, je ne crois pas. C’est de la poudre aux yeux », considère Michel Bleitrach. Dans un contexte ou la marge réalisée en France n’est pas (plus ?) mirobolante, Keolis va surtout s’attacher à être plus sélectif dans ses réponses aux appels d’offres, ne serait-ce que pour limiter les frais (jusqu’à 1 million d’euros dépensés pour les grands réseaux). « On ne va pas tirer sur tout ce qui bouge », résume Patrick Jeantet « Si l’on se déplace, c’est pour gagner, pour proposer des solutions que l’opérateur en place n’a pas imaginées. Je préfère que l’on focalise les forces là ou l’on pourra gagner, que l’on fasse quelques belles offres plutôt que de se disperser et de remettre des offres moyennes partout. »
Le nouveau directeur France de Keolis ambitionne d’importer en France certaines bonnes pratiques qu’il a pu observer dans les réseaux de Keolis à l’international. « On va mettre en place des passerelles entre les savoir-faire et les innovations », annonce-t-il. Dans le domaine de la maintenance des trams ou de leur infrastructure, par exemple, beaucoup de savoir-faire pourraient être importés du réseau de Melbourne, qui a un siècle d’expérience sur ce sujet. Autre exemple, la connaissance du logiciel de planification des bus « Hastus » dont les « Keoliens » de Stockholm seraient experts pourrait être mutualisée. Enfin, dans le domaine de la tarification, Patrick Jeantet estime que beaucoup reste à faire en France : « On peut sans doute améliorer les gammes tarifaires et proposer des solutions innovantes pour optimiser la recette et le remplissage des bus. »
Amendes de stationnement : mesure insuffisante pour le Gart
La décision d’augmenter prochainement le tarif des amendes de stationnement de 11 à 17 euros ne satisfait pas le Gart. Ni sur la forme ni sur le fond, précise le groupement d’élus. Sur la forme, le Gart rappelle qu’à la demande du sénateur Louis Nègre lors de la discussion de la loi Grenelle II, le gouvernement a mis en place en 2010 un groupe de travail sur la question de la décentralisation et de la dépénalisation des amendes de stationnement. « Il est donc surprenant que ce groupe, représentatif des autorités responsables de transport, directement concernées sur le terrain par ce dossier, n’ait pas été sollicité avant de proposer une telle décision », s’étonne le Gart dans un communiqué. Sur le fond, la décision est jugée comme « une demi-mesure puisqu’elle ne prend pas en compte le principe de proportionnalité nécessaire à l’équité de traitement entre des agglomérations de taille très différentes, qui devraient être libres de choisir le montant de l’amende de stationnement ». Selon le Gart, la France gagnerait à s’inspirer des exemples européens – Espagne, Belgique, Grande-Bretagne –, où la mise en place du système de décentralisation/dépénalisation du stationnement a été un succès.
Mise en service de la section nord du Shinkansen de l’île de Kyushu
La section nord du Shinkansen de l’île méridionale de Kyushu, dont le réseau est exploité par JR Kyushu, va être mise en service le 12 mars prochain. Longue de 130 km, elle reliera les villes de Fukuoka, en gare de Hakata, et Shin-Yatsushiro, complétant la section sud, inaugurée en 2004, qui court de Kagoshima à Shin-Yatsushiro sur une distance de 127 km. Ce faisant, le Shinkansen de Kyushu pourra s’interconnecter en gare de Hakata au Sanyo Shinkansen en provenance d’Osaka, sur l’île principale de Honshu, exploité lui par JR West. Le trajet entre Osaka et Kagoshima sera réduit en conséquence : 5 heures 10 actuellement et 3 heures 55 après l’ouverture du segment septentrional du Shinkansen Kyushu. Pour information, un autre axe Shinkansen est en cours de construction depuis 2008 sur Kyushu, visant à relier Shin-Tosu à Isahaya – 45,7 km –, axe qui devrait être prolongé à plus longue échéance jusqu’à Nagasaki (20 km supplémentaires).
Lancement prochain du Shinkansen E5 nouvelle génération au Japon
JR East, l’une des huit sociétés du groupe Japan Railways, qui dessert l’est et le nord-est de l’île de Honshu, va mettre en service le 5 mars prochain ses trois premiers trains à grande vitesse Hayabusa (faucon pèlerin en français) sur sa ligne dite Tohoku, longue de 674 km, entre Tokyo et Shin Aomori, dernière ville avant d’aborder l’île septentrionale de Hokkaido. Les Hayabusa, Shinkansen de nouvelle génération – série E5 – dont l’opérateur a au total commandé 59 rames de 10 voitures à Hitachi et à Kawasaki, sont plus luxueux et plus rapides que les séries antérieures : ils rouleront jusqu’à 300 km/h – voire 320 km/h à partir de 2013 – sur les parties les plus véloces du trajet, qui sera couvert en 3 heures 10 contre près de 4 heures actuellement.
L’Elysée adresse une nouvelle lettre de mission à Guillaume Pepy
Nicolas Sarkozy a adressé le 14 février une nouvelle lettre de mission à Guillaume Pepy. Le président de la République mentionne « des évolutions positives ». Notamment, « s’agissant du transport de voyageurs, le service minimum a été mis en place. » Mais écrit-il « la crise a réduit vos marges de manœuvre et fait apparaître des difficultés nouvelles. Ces raisons justifient donc que soit précisé et dans certains cas réorienté le cadre de votre mandat ». Il demande que soit conclu avec RFF, au plus tard à la mi-2011, un « nouveau partenariat industriel » pour améliorer « la qualité du réseau ferroviaire ». Nicolas Sarkozy confirme, à propos du TGV, « la responsabilité tarifaire étendue » donnée à la SNCF. S’agissant du transport de voyageurs, le président de la République poursuit : « Vous devez vous attacher à développer la qualité de service qui doit être une valeur forte de l’entreprise au même titre que la performance technique et la sécurité. Ceci passe, en particulier, par une amélioration de l’accueil et de l’information des usagers, par l’attente plus systématique des objectifs de régularité et par une politique de mise en qualité des gares et des matériels. Un accent tout particulier doit être mis sur la gestion des situations dégradées en termes d’information et de prise en charge des voyageurs. Il serait souhaitable que ces actions soient quantifiées par des indicateurs rendus publics ». Ces demandes, selon l’AFP, « n’ont pas dû beaucoup surprendre Guillaume Pepy, qui a inscrit ces sujets dans son programme depuis déjà un certain temps. » Guillaume Pepy s’est dit « conforté » par la lettre de Nicolas Sarkozy. Et, a-t-il dit à l’AFP, il se félicite de trouver de la part de l’Etat « un bon équilibre entre le soutien et les attentes. »
La lettre de Nicolas Sarkozy à Guillaume Pepy
Voici le texte intégral de la nouvelle lettre de mission adressée le 14 février par le président de la République au président de la SNCF. Paris, le 14 février 2011
Monsieur le Président,
Dans votre lettre de mission, je vous indiquai, le 27 février 2008, que votre mandat avait pour objectif prioritaire le développement et la modernisation de la SNCF au service de ses clients et de la France. Votre groupe se devait de changer de rythme pour entrer tout entier dans l’ère du service public moderne, du développement durable et de l’ouverture à la concurrence européenne.
Des évolutions positives sont déjà notables. Ainsi l’indispensable évolution du fret ferroviaire est en cours. S’agissant du transport de voyageurs, le service minimum a été mis en place et a atténué, pour vos clients, les désagréments liés aux arrêts de travail. La négociation sociale l’emporte plus souvent sur la logique de conflit. Cependant, la crise a réduit vos marges de manoeuvre et fait apparaître des difficultés nouvelles. Ces raisons justifient donc que soit précisé, et dans certains cas réorienté, le cadre de votre mandat.
Pour assurer son rôle d'acteur stratégique pour notre pays et continuer à investir, la SNCF doit viser l’équilibre économique pour chacun de ses cinq métiers. Cela signifie que chacun d’eux doit trouver les moyens de sa rentabilité, dans le cadre du marché ou dans celui des conventions signées avec les autorités publiques. C’est en ce sens que j’ai souhaité qu’une convention soit signée pour les trains d’équilibre du territoire : fort de cette convention, dont vous garantirez l’équilibre économique notamment par des gains de productivité, vous veillerez à créer une nouvelle dynamique de ces liaisons et à améliorer la qualité du service offert.
Le modèle du TGV, auquel les Français sont attachés et qui assure l’irrigation de nos territoires, doit également être soutenu. Cette ambition passe par une meilleure articulation des dessertes TGV et TER, en étroite concertation avec les élus, pour éviter les doublons et les dépenses inutiles. Vous disposerez d’une responsabilité tarifaire étendue, permettant de mieux adapter l’offre à la demande, mais préservant les tarifs sociaux et étendant l'accès de tous à des tarifs réduits. L’évolution des péages devra apporter la visibilité nécessaire aux opérateurs et assurer, pour sa part, les grands équilibres économiques du système ferroviaire.
Pour la SNCF comme pour tous les autres opérateurs ferroviaires, les conditions opérationnelles et financières d’accès au réseau ferré national sont essentielles. Le rôle de gestionnaire délégué de l’infrastructure qu’assume la SNCF lui confère des responsabilités particulières en la matière. L’amélioration de la qualité du réseau ferroviaire, gage de la sécurité et de la qualité du service rendu aux clients, mais aussi de la réduction des coûts d’entretien, constitue une priorité pour notre pays. Vous chercherez, dans le cadre des discussions en cours avec RFF, à conclure un nouveau partenariat industriel qui assure maîtrise des coûts, gains de productivité et retour à une situation économique saine de votre branche Infrastructure. Cette nouvelle convention devra être conclue au plus tard à la mi-2011. Un contrat qualité sera également établi entre RFF et les entreprises ferroviaires, vous veillerez à l’implication de la SNCF dans son élaboration.
S’agissant du nouveau transport écologique de marchandises, je vous demande d’intensifier vos efforts en vue d’atteindre les objectifs de l’engagement national pour le fret ferroviaire de 2009. Vous devez veiller tout particulièrement à la qualité du service rendu aux industriels. Les solutions multimodales, comme l’autoroute ferroviaire et le transport combiné rail-route ou portuaire, doivent constituer une partie croissante de votre offre, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement qui fixe l’objectif d’une part modale non routière de 25% en 2022. Vous favoriserez également l’émergence d’opérateurs de proximité.
Plus généralement, vous devez vous attacher à développer la qualité de service qui doit être une valeur forte de l’entreprise au même titre que la performance technique et la sécurité. Ceci passe, en particulier, par une amélioration de l’accueil et de l’information des usagers, par l’atteinte plus systématique des objectifs de régularité et par une politique de mise en qualité des gares et des matériels. Un accent tout particulier doit être mis sur la gestion des situations dégradées en termes d’information et de prise en charge des voyageurs. Il serait souhaitable que ces actions soient quantifiées par des indicateurs rendus publics.
Je vous confirme enfin la priorité que j’ai donnée aux trains de la vie quotidienne, et notamment à l’amélioration des services en Île-de-France dans le cadre de la rénovation des trains de banlieue et du Grand Paris. La modernisation des gares devra aussi s’accélérer, en liaison avec RFF et les collectivités territoriales pour améliorer l’accueil des voyageurs et assurer le déploiement d’activités commerciales et de services nouveaux.
La SNCF ne jouera pleinement son rôle industriel et stratégique pour notre pays que si l’équilibre de ses finances est respecté, en maintenant notamment son endettement à un niveau soutenable. Les clarifications que j’ai approuvées contribueront à renforcer et à consolider l'entreprise dans chacun de ses métiers. Au-delà, dans l'attente d'un total redressement de vos capacités financières et dans le respect des règles de gouvernance, vous pourrez renforcer les positions de la SNCF en Europe et à l’international tant que ces acquisitions pourront être autofinancées, notamment par des cessions d’actifs moins stratégiques. Vous veillerez à inscrire votre stratégie dans le cadre du développement de vos savoir-faire et des exportations de la France dans le monde.
Votre développement et l’adaptation à un monde de mobilité qui a déjà changé ne réussiront qu’avec l’engagement et la confiance de l’ensemble des personnels du groupe SNCF. L’attachement aux valeurs de l’entreprise comme les savoir-faire des cheminots et de tous les salariés du groupe sont les meilleurs atouts de cette réussite. Je vous demande d’engager la SNCF dans une nouvelle étape de modernisation de ses relations sociales, pour améliorer la continuité du service et accroître la confiance des salariés dans l’avenir de l’entreprise. Je souhaite qu’un effort exemplaire en faveur des conditions de vie au travail soit également mené.
Vous dirigez une entreprise publique à forte vocation de service public qui joue un rôle majeur dans la vie de millions de Français et d’Européens, et qui constitue un fer de lance de nos industries de transport. Dans un marché qui se développe et s’ouvre, la SNCF va quitter progressivement sa situation de monopole. Cette ouverture, programmée par les textes européens, réalisée dans un cadre social harmonisé, doit être considérée comme une nouvelle opportunité que lui permettent ses savoir-faire, son expérience et sa réputation. Si elle sait accroître toujours plus son efficacité et améliorer sa performance économique, la SNCF confirmera ainsi sa place d’opérateur européen de référence.
Avec le soutien attentif de l’État et l’engagement de ses personnels et de ses cadres, je suis certain que la SNCF mènera à bien cette mutation, répondra à l’attente d’amélioration et de développement des services, et consolidera sa place en France comme dans le monde, au service de l’économie de notre pays.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Nicolas SARKOZY