Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • La DB choisie pour exploiter les trains à grande vitesse en Egypte

    La DB choisie pour exploiter les trains à grande vitesse en Egypte

    Le gouvernement égyptien a attribué, à la Deutsche Bahn, l’exploitation pendant 15 ans du futur réseau de 2 000 km de lignes à grande vitesse du pays. Le contrat entre l’Égypte et la DB a été signé dans le cadre de la conférence des Nations Unies sur le climat. DB International Operations (DB IO), filiale de la DB, assurera l’exploitation du « sixième plus grand réseau à grande vitesse au monde ».

    Rappelons qu’un consortium autour de Siemens Mobility construit l’infrastructure et fournira le matériel roulant pour les voyageurs, ainsi que les locomotives fret.

    Futur réseau à grande vitesse égyptien

    Dite « canal de Suez ferroviaire », la première ligne du futur réseau doit relier les régions métropolitaines d’Alexandrie, du Caire et de la Nouvelle capitale administrative dès 2025. Deux autres lignes, qui desserviront 60 gares proximité de 90 % de la population égyptienne, relieront le Caire à Abou Simbel, via Louxor et Assouan, ainsi qu’à Hurghada, sur la mer Rouge.

    P. L.

  • Railcoop toujours en quête de financements

    Railcoop toujours en quête de financements

    La coopérative Railcoop qui vise la relance d’une relation entre Bordeaux et Lyon, sans changement mais en desservant des territoires intermédiaires, a relancé une nouvelle campagne de levée de fonds. Même si elle vient de franchir le cap des 13 000 sociétaires, Railcoop doit encore renforcer son capital qui s’élève aujourd’hui à près de 8 millions d’euros. Or, pour lancer son service, il lui faudrait près de 43 millions.

    La moitié est nécessaire pour financer les actifs comme le matériel roulant, mais aussi des outils billettiques pour la vente de billets par exemple. Et l’autre moitié sous forme de garantie, est demandée par les organismes prêteurs, en cas de difficultés pour atteindre les objectifs que la coopérative s’est fixée. À défaut de disposer d’une telle somme, impossible de fixer une date de mise en service même approximative.

    Les dirigeants affirment ne pas se décourager et poursuivre leur quête de financement. Notamment à travers l’émission de 5 000 titres participatifs, qui contrairement aux parts sociales (100 euros) jusque-là proposées, sont rémunérés à 3 % fixes par an (mais versés au bout de 10 ans). S’y ajoutera une rémunération variable calculée sur la base du nombre de voyageurs fréquentant les trains Railcoop chaque année. D’où, selon Railcoop, une rémunération totale de 3 000 € (hors imposition) au bout de 10 ans, pour 10 titres participatifs (10 000 €). « À titre de comparaison, 10 000 € détenus sur un livret A (taux au 1er février 2022 : 1,0 %) procurent des intérêts annuels de 100 € nets d’impôt », indique un porte-parole.

    Avec ces titres participatifs, Railcoop vise un public plus large. « Désormais, nous sommes connus dans le monde ferroviaire, et dans l’économie sociale et solidaire, mais pas dans le grand public », explique Nicolas Debaisieux, le directeur général de la coopérative « Or, la liaison Bordeaux – Lyon transportera environ 2 millions de voyageurs. Rapporté à nos 13000 sociétaires actuels, c’est un beau potentiel ».

    Le directeur reconnaît que le projet est ambitieux.,. « Il n’y a pas de modèle sur lequel les financeurs peuvent s’appuyer. De plus, les banques se demandent comment nous pourrons réussir à exploiter la liaison Bordeaux-Lyon que la SNCF a laissé tomber », explique Nicolas Debaisieux.  « Notre projet est plus sociétal, avec la volonté de désenclaver des territoires mal desservis par les transports en commun ».

    Et le dirigeant de rappeler que  « Railcoop a déjà fait la preuve de son sérieux et de son professionnalisme, en obtenant sa licence pour exploiter une ligne de fret entre Capdenac et Saint-Jory ». Trois nouvelles dessertes, vers Mazamet et Tarbes, vont pouvoir s’ajouter au service effectué par la compagnie qui prospecte aussi pour des expéditions jusqu’à Bordeaux ou Narbonne.

    « Nous nous repositionnons comme opérateur fret de proximité. Il y a un potentiel, et aucun OPF n’est présent dans notre région » le centre de l’Occitanie, explique Nicolas Debaisieux, qui reconnaît s’être «un peu trompé sur les perspectives de marché de la relation Capdenac – Saint-Jory. Même si les entreprises de Mecanic Vallée autour de Figeac et Decazeville, étaient et sont toujours intéressées, on se heurte à livraison du dernier kilomètre pour laquelle nous ne sommes pas équipés. »

    L’activité fret de Railcoop, qui n’était au départ qu’un étape pour montrer son savoir-faire, devrait donc se développer en attendant…

    Yann Goubin

    Un « bon état technique » pour la première rame d’occasion achetée par Railcoop

    Six mois après l’arrivée pour expertise, dans les ateliers d’ACCM, de deux rames X72500 achetées par Railcoop, le diagnostic final a été rendu public le 29 novembre.  « La conclusion s’avère plus qu’encourageante« , affirme la société coopérative, évoquant un « bon » état technique de la première rame expertisée.

    « L’enjeu de l’audit était de taille pour Railcoop. Il s’agissait d’évaluer la faisabilité de la rénovation et de la remise en exploitation de sa flotte acquise auprès de SNCF Voyageurs dans les conditions de sécurité, de fiabilité requises et de confort attendu« , rappelle la société dans un communiqué, en précisant que ACCM préconise désormais une opération mi-vie, « soit la norme pour tout matériel roulant après 20 ans de circulation« .

    Un an après le lancement du premier service fret de Railcoop, la coopérative estime qu’elle va pouvoir continuer à « franchir des étapes essentielles au lancement du service voyageurs Bordeaux-Lyon« .

  • Valérie Pécresse « ne sacrifiera pas l’investissement » sur le renouvellement du parc francilien

    Valérie Pécresse « ne sacrifiera pas l’investissement » sur le renouvellement du parc francilien

    Les participants au déplacement de Valérie Pécresse et de plusieurs membres du conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités (IDFM) sur les sites Alstom de Crespin et de Petite-Forêt, dans le Valenciennois, n’auront pas été déçus du voyage. Le 22 novembre, la présidente de la région Île-de-France et d’IDFM a pu voir de ses yeux, en cours de production ou montées, les nouvelles rames pour le Grand Paris Express, les rames MP14 pour la ligne 11 du métro parisien en cours de prolongement et les trams-trains pour la future ligne T12 et le T4. De plus, la dernière rame Francilien (la 360e) et un Regio 2N pour IDFM étaient garées à l’accueil de l’ancien site Bombardier de Crespin.

    En outre, au Centre d’essai ferroviaire (CEF) voisin du site de Petite-Forêt, Valérie Pécresse a pu effectuer un aller et retour à bord de la dixième rame RER NG, en composition de 7 voitures pour le RER D, et prendre des nouvelles des futures rames MF19 pour le métro et MI20 pour le RER B. On a rarement vu une telle diversité de matériel en cours de livraison… ce qui, pour la présidente, est une preuve que ses promesses sont tenues, presque quatre ans après une précédente visite sur les sites du Valenciennois (alors détenus séparément par Alstom et Bombardier) et alors que les nuages s’amoncellent sur la gestion des transports franciliens, entre une opposition régionale qui dénonce l’insuffisance de l’offre et une hausse du passe Navigo en perspective…

    Un contexte qui s’est invité dans le discours prononcé par Valérie Pécresse en fin de visite. Tout en se déclarant « très fière de voir des trains Origine France Garantie », et en se félicitant des recrutements effectués sur les sites du Valenciennois, la présidente a rappelé qu’IDFM avait partagé ses commandes entre les deux constructeurs présents dans la région, Bombardier et Alstom. « Maintenant, voilà, on a un grand acteur, dont nous espérons qu’il sera l’un des grands du ferroviaire pendant très très longtemps. Et nous sommes heureux, en Île-de-France, d’être une vitrine d’Alstom. C’est vrai que nous représentons, je crois, 10 % de votre carnet de commandes, 40 % des commandes en France. Nous sommes votre premier client parce que les transports, dans la région, ce sont beaucoup plus que des transports. Alors j’espère que vous allez être à l’heure, car nous sommes terriblement impatients ! » Après avoir déclaré qu’IDFM avait été très rassuré par les engagements du constructeur en la matière, tout en rappelant quelques circonstances atténuantes comme le Covid et la guerre en Ukraine, Valérie Pécresse a remercié les salariés d’Alstom… ou plutôt « d’Alstom-Bombardier ».

    Avec les commandes en cours, « le nom d’Alstom va être partout en Ile-de-France, y compris pendant les Jeux olympiques », a proclamé la présidente de la région, qui a répété que même si les finances étaint très tendues, elle ne sacrifierait pas l’investissement, que ce soit pour les matériels roulants ou les nouvelles lignes : RER E à l’ouest, ligne 14 à Orly et le Grand Paris. « Mais pour faire fonctionner toutes ces nouvelles lignes, il faut de nouvelles recettes… et ces nouvelles recettes, je ne les ai pas. J’ai fait des propositions au gouvernement, les collectivités locales ont dit oui et je veux limiter la facture pour les voyageurs, parce que le pouvoir d’achat est une immense préoccupation pour tous les Français ». Et Valérie Pécresse veut que les entreprises « acceptent leur part de l’effort ». Ainsi, « j’ai proposé 7,5 % de hausse pour les collectivités : elles ont accepté, 7,5 % de hausse pour le passe Navigo et 7,5 % de hausse pour les entreprises », a précisé la présidente d’IDFM, tout en s’excusant auprès de son hôte d’aborder ce sujet. Mais sans « gros sous », pas de commandes…

    P. L.

  • Les RER métropolitains, une idée pas si nouvelle que ça

    Les RER métropolitains, une idée pas si nouvelle que ça

    Joli coup de com’, s’il en fallait encore un. Quand Emmanuel Macron répond sur YouTube aux questions des internautes sur l’écologie et le transport ferroviaire, un dimanche après-midi de novembre (voir la vidéo plus bas), il rappelle qu’il est petit-fils de cheminot, et promet des RER dans les métropoles. A commencer par les dix plus grandes dont la liste sera arrêtée au premier semestre 2023, au plus haut niveau du gouvernement.

    Certaines métropoles n’ont pas attendu le chef de l’État pour mettre des projets de RER sur les rails, comme il en existe en Ile-de-France depuis 1969 pour connecter Paris à ses banlieues. La métropole de Strasbourg et la région Grand Est démarrent la mise en place d’un « Réseau express métropolitain européen » à partir du 11 décembre. Et le présentent à la presse le 7 décembre à la Maison de la Région Grand Est, à deux pas du ministère des Transports, à Paris. Pia Imbs, présidente de la métropole, promet un train toutes les quinze minutes aux heures de pointe dans les 13 gares situées dans et autour de l’Eurométropole strasbourgeoise, et toutes les demi-heures, aux heures normales.

    La métropole de Bordeaux tient aussi son projet de RER avec des lignes pénétrantes vers Bordeaux et des lignes transversales de périphérie à périphérie. Le partenariat avec la région Nouvelle-Aquitaine et l’État justement, a dores et déjà permis de lancer en 2021 une première desserte entre Libourne et Arcachon en 1h30, via Bordeaux, à raison d’un train toutes les demi-heures en heure de pointe.

    « Des engagements à la hauteur des annonces »

    Carole Delga, présidente de l’Occitanie et de l’association Régions de France a immédiatement réagi à l’annonce du chef de l’État estimant que c’est une « réponse à l’appel des 15 présidents des régions à un New Deal ferroviaire » lancé dans une tribune publiée par Le Monde. Dans un communiqué du 28 novembre, les patrons des régions demandent « rapidement des engagements à la hauteur des annonces ».

    Le train est censé être l’une des pierres angulaires de la « radicalité écologique » défendue par la Première ministre à qui Régions de France demande un rendez-vous pour connaitre les chiffres d’investissements qui se cachent derrière les annonces du président de la République dans la vidéo postée par l’Elysée sur les réseaux sociaux.

    Car, aux promesses d’Emmanuel Macron et au New deal ferroviaire passant par un investissement massif de l’État en faveur du réseau ferré, s’oppose le diktat de Bercy qui impose une politique malthusienne à SNCF Réseau. Comme le montre le contrat de performance discrètement signé par les deux parties à la veille du premier tour de la présidentielle, en avril 2022.

    Pour faire circuler des RER autour des métropoles, « avoir une stratégie nationale  pour les transports urbains », comme le clame Emmanuel Macron, ou encore faciliter et décarboner les déplacements du quotidien, il va falloir faire de la place sur les rails. Et désaturer les nœuds ferroviaires autour des métropoles pour faire passer des RER fréquents et cadencés.

    Chiche !

    Le sujet sera au cœur du volet mobilité des contrats de plans État-Région (CPER), attendus de pied ferme par les présidents de régions qui ont la charge des TER et demain, des nouveaux services express métropolitains. Elus régionaux ou métropolitains eux n’ont d’ailleurs pas manqué de réagir sur les réseaux sociaux après la sortie inespérée d’Emmanuel Macron. Tout en s’interrogeant à juste titre sur le financement de ces RER puisque le budget de SNCF Réseau n’augmente pas en conséquence. Le programme du Conseil d’orientation des infrastructures promis avant la fin de l’année devra tenir compte des annonces surprises du chef de l’Etat sur YouTube.

    Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand a rappelé que le projet du Réseau Express Grand Lille est déjà lancé, mais en attente de financements de l’Etat. « A Rennes Métropole, nous sommes prêts depuis longtemps pour accueillir un tel projet », a tweeté Matthieu Theurier, vice-président Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la métropole de Rennes. « Nous sommes prêts à Lyon, a aussi écrit le maire EELV Grégory Doucet. De Grenoble à Marseille, les élus disent disent « Chiche ! ».

    Quant aux usagers des transports, représentés par la Fnaut, ils proposent un nouvel appel à projets de transports collectifs, cette fois sur la thématique RER, et d’en définir le financement. Le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait estimé à un milliard le coût d’un RER métropolitain.

    Nathalie Arensonas

    Lire la réaction de Philippe Tabarot, sénateur des Alpes-Maritimes et rapporteur du budget transport au Sénat : ici

     

  • La SNCF fait slamer l’écologie

    La SNCF fait slamer l’écologie

    Dans un nouveau film publicitaire signé Publicis, diffusé à partir du 26 novembre sur les chaînes de télévision, la SNCF a embarqué un jeune slameur, Rayad, originaire de Sevran (Seine-Saint-Denis) qui slame à la vitesse d’un TGV pour demander : « Quel écolo tu es ? » Une question posée sur tous les tons et de plus en plus vite, au rythme d’un train qui fend la campagne française, à toute vitesse.
    Le plus jeune slameur de France, 9 ans, entame sa poésie chantée derrière un piano en gare sur les notes du jingle de la SNCF, il martèle le slogan et interpelle la génération des « boomers ». Et toutes les autres, non pas à la façon de Greta Thunberg, mais en chantant : « C’est une ode au militantisme doux« , revendique la SNCF décidée à imposer le train comme l’un des modes de transport les plus écolos.
    Quel écolo tu es ? Celui qui demain, c’est sûr s’y met ? Toujours en train de surveiller les gaz à effets de serre ? En train de conduire plus doucement pour moins consommer? De marcher pour ne rejeter que de ta sueur sur la terre ? En train de manger le bio de ton potager ? Semer pour rendre le pays plus vert ? Attendre ta nouvelle poubelle pour te mettre à trier ou en train de pédaler pour que seule ta dynamo t’éclaire ? Au fur et à mesure que le jeune égrène les 1001 façons d’être écolo, les images défilent de plus en plus vite derrière les vitres du train.
    La nouvelle campagne publicitaire de la compagnie ferroviaire rencontrera t-elle le même succès que « Hexagonal », qui racontait le lien entre la SNCF et les Français, diffusée à l’été 2021 ?

  • Élections professionnelles à la SNCF : la CGT recule mais reste majoritaire

    Élections professionnelles à la SNCF : la CGT recule mais reste majoritaire

    Les élections professionnelles à la SNCF se sont déroulées du 17 au 24 novembre 2022, et les résultats sont tombés ce vendredi matin. La hiérarchie syndicale n’est pas complètement chamboulée mais les cartes un peu rebattues. Si la CGT reste majoritaire avec 32,44% des voix, elle marque un recul de 1,6 point (34,02% en 2018). La stratégie jusqu’au boutiste de la centrale syndicale de Montreuil dirigée par Laurent Brun, n’a pas payé.

    Avec 22,10% des voix, UNSA-Ferroviaire concède aussi plus d’un point (23,96% en 2018) mais accède à la gestion d’un cinquième comité social et économique (CSE), celui de Siège Réseau.

    Le syndicat contestataire SUD-Rail progresse de plus d’un point à 18,67% (17,28% en 2018), la CFDT également à 15,94% (14,30% en 2018), ainsi que FO à 7,79% (7,63% en 2018) , CAT 0,2%, CFE-CGC 4,07% (4,94% en 2018)[1].

    Avec la réforme des retraites en perspective, ces résultats seront regardés de près par le gouvernement, même si le régime spécial des cheminots a déjà été réformé sous le premier quinquennat Macron avec la fin du statut SNCF pour les nouvelles recrues. Mais les cheminots sont traditionnellement une force d’appoint dans les gros conflits sociaux.

    Le groupe ferroviaire compte 270 000 salariés du groupe et le taux de participation a baissé de 1,14 point, indique la SNCF, par rapport aux précédentes élections (66,70% en 2018). Depuis vingt ans, il a cédé plus de 15 points.

    Les élections professionnelles se déroulent tous les quatre ans pour désigner les représentants des salariés de l’entreprise ferroviaire aux Comités sociaux et économiques (CSE).  Pour être représentative dans un CSE, une organisation syndicale doit recueillir au moins 10% des suffrages au premier tour. La représentativité permet de siéger à la table de négociation des accords collectifs.

    • CGT, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT ont recueilli au moins 10% des voix, sont donc représentatives sur la SNCF dans son ensemble.
    • CFDT est représentative dans 28 CSE pris isolément.
    • SUD-Rail est représentative dans 27 CSE pris isolément.
    • FO est représentative dans 9 CSE, la CFE-CGC dans 3 CSE.

    Un second tour sera organisé du 8 au 15 décembre prochain, dans certains collèges de trois CSE où le quorum n’a pas été atteint.

    N.A

    [1] Les résultats de la CFE-CGC sont calculés sur les collèges maîtrise et cadres, en excluant le périmètre exécution.

  • Manque de personnel : la SNCF lance un appel national aux conducteurs retraités

    Manque de personnel : la SNCF lance un appel national aux conducteurs retraités

    Aux grands maux les grands remèdes. Confrontée à une crise en Hauts-de-France, où les élus s’indignent des conditions de transport et du grand nombre de suppressions de trains à cause d’un manque de conducteurs, la SNCF lance, pour la première fois, un appel national à la mobilisation auprès de ses anciens agents de conduite. Selon nos informations, Jean-Aimé Mougenot, le directeur TER délégué, vient d’envoyer un courrier (que nous avons pu consulter) à quelque 1500 conducteurs à la retraite, dans toute la France, pour leur demander s’ils seraient prêts à reprendre du service.

    L’appel vise les agents qui sont partis à la retraite depuis trois ans au maximum. Un temps suffisamment limité pour que les anciens conducteurs aient encore en mémoire les connaissances réglementaires et techniques ainsi que les gestes métiers. Mais qui nécessitera tout de même un passage par la case formation. La remise à niveau, à laquelle s’ajouteront des tests médicaux et psychomoteurs, ne devrait pas dépasser quelques semaines. Ce qui doit permettre à la SNCF de disposer rapidement et temporairement d’un nouveau vivier de conducteurs expérimentés, en attendant l’arrivée de conducteurs nouvellement formés.

    « Depuis 2008, nous faisons régulièrement appel à des conducteurs retraités quand le besoin s’en fait sentir. Mais c’est la première fois que nous lançons un appel national« , explique à VRT Jean-Aimé Mougenot. La direction évalue à une centaine le nombre de conducteurs manquants pour l’activité TER, la plus grande partie dans la région Hauts-de-France (65 conducteurs manquants). C’est donc dans cette région que les candidats retraités seront principalement appelés à conduire. Avec à la clé, en plus d’une rémunération classique, des indemnités pour se loger et vivre en dehors de sa région. Ceux qui ne voudraient pas changer de région sont aussi les bienvenus, la SNCF ayant la possibilité de procéder, en interne, à des réaffectations de conducteurs volontaires pour rééquilibrer ses équipes régionales.

    « Quelques dizaines de conducteurs retraités circulent déjà sur le réseau. Ils nous aident à passer la période post-Covid« , précise le directeur des TER. Selon le dirigeant, la SNCF paie encore aujourd’hui l’effet retard, après la période de confinement liée à la crise sanitaire qui l’a conduit à stopper ses formations. La remontée du trafic plus rapide que prévue a aussi accéléré les besoins en conduite, alors qu’il faut compter 12 mois pour former un conducteur (même si la SNCF essaie désormais de réduire la durée de ses formations). A cela s’ajoute un phénomène d’absentéisme qui a tendance à augmenter sensiblement ces derniers temps, tout particulièrement dans les Hauts-de-France, précise Jean-Aimé Mougenot.

    La lettre devrait arriver chez ses destinataires en fin de semaine, au plus tard lundi. Pour Jean-Aimé Mougenot, qui espère avoir redressé la situation dans le courant de l’année prochaine dans les Hauts-de-France, avec un plan de transport régulièrement réajusté (au lieu de 136 trains supprimés en octobre, il n’en manquera plus « que » 98 le 12 décembre), « le rétablissement est en marche« .

    Marie-Hélène Poingt

  • Le 3117, numéro d’urgence dans les transports encore trop méconnu

    Le 3117, numéro d’urgence dans les transports encore trop méconnu

    « Le 3117, c’est un numéro d’appels d’urgence qui existe depuis 2010, et pourtant, il n’est encore pas assez connu, pas assez utilisé, pour signaler des violences que les voyageurs ou les voyageuses subissent, ou dont ils sont témoins », a expliqué Valérie Pécresse, la présidente d’Île-de-France Mobilités, en visitant, le 23 novembre le Centre de coordination opérationnelle de sécurité (CCOS).
    Installé au Poste de commandement national de sûreté de la SNCF, il réunit au même endroit depuis juin 2021, sous l’autorité de la préfecture de police, une centaine d’acteurs de la sûreté des services de police et des deux opérateurs, la Suge (SNCF) et le GPSR (RATP). L’autorité organisatrice des transports le finance à hauteur de 8,5 millions d’euros.
    Or, « seulement 4 % des victimes ou témoins de violences sexistes ou sexuelles ont signalé les faits au 31 17 », détaille un document d’IDFM. Un pourcentage à rapporter aux 905 victimes de violences sexuelles  enregistrées en 2021, dans les transports en commun d’Ile-de-France par les forces de police et de gendarmerie.
    Pour ancrer le réflexe du 3117 en cas d’urgence, IDFM rappelle que les victimes peuvent appeler ce numéro, mais aussi envoyer un sms au 31177, si elles ne peuvent ou n’osent pas parler. Une solution encore plus discrète consiste à utiliser le bouton d’alerte sur l’appli Alerte 3117 téléchargeable gratuitement sur les plateformes Apple Store ou Android. L’objectif est toujours de localiser les appels et d’envoyer une équipe d’agents de sûreté ou de police sur place.
    Les voyageurs victimes d’agression peuvent aussi utiliser les bornes d’appels installées sur le quai et bien sûr faire appel à des agents. Au total, 10 300 agents de la RATP ou Transilien SNCF en station et en gare, et 1 800 agents de sûreté de la SUGE et du GPSR sont formés pour écouter les victimes, les mettre dans un endroit sûr si nécessaire, les raccompagner chez elles en taxi ou les conduire à l’hôpital.
    Au CCOS, les agents chargés de répondre au 3117 et au SMS 31177, eux, ont aussi été formés aux problématiques spécifiques de violences sexuelles et sexistes. La SNCF notamment a travaillé avec l’association HandsAway pour établir un support de formation destiné à former les agents.
    Pour continuer à faire connaître le dispositif et l’utilité du 3117, IDFM a lancé le 7 novembre dans les transports une campagne d’affichage.
    Yann Goubin
  • Fret ferroviaire : le « je vous ai compris » de Clément Beaune

    Fret ferroviaire : le « je vous ai compris » de Clément Beaune

    Ce mercredi, une semaine après une rencontre qu’il a qualifiée de « fructueuse » avec les acteurs du fret ferroviaire, le ministre Clément Beaune a marqué de sa présence la conférence annuelle Objectif OFP, dont il était le dernier intervenant. C’était « la première fois depuis très longtemps » qu’un ministre honorait de sa présence cette manifestation qui réunit la plupart des acteurs de la filière, selon Jacques Chauvineau, président d’objectif OFP. Mais l’incendie couve et le secteur ferroviaire a connu des moments difficiles ces derniers mois, entre un contrat de performance Etat-SNCF Réseau unanimement qualifié de décevant par la filière et une explosion du prix de l’énergie consommée par le rail.

    D’emblée, le ministre a rappelé le maintien de l’enveloppe supplémentaire jusqu’en 2024, au moins (170 millions d’euros annuels pour soutenir l’exploitation). Il a aussi émis le souhait de voir cet effort prolongé jusqu’à la fin de la mandature actuelle, tout en rappelant les récents efforts sur l’infrastructure dédiée au fret, qu’il s’agisse de voies de service ou des capillaires fret. Clément Beaune a déclaré vouloir « faire de la France un grand pays du fret ferroviaire », insistant sur l’intermodalité et la chance d’avoir de grandes zones portuaires, avec un potentiel dans la desserte de leur hinterland… Même si « tous les soutiens ne sont pas possibles ».

    Un contexte marqué par la flambée des coûts de l’énergie

    Bref, un « je vous ai compris », qui intervient dans un contexte complexe, mais qui devrait être a priori favorable au mode ferroviaire : crise énergétique, pénurie de chauffeurs routiers, alors que le doublement de la part modale du rail à horizon 2030 pour le transport de marchandises est inscrit dans la loi Climat et résilience depuis août 2021 ainsi que dans la Stratégie nationale de développement du fret ferroviaire. Une situation dont les acteurs de la filière, réunis avec ceux du transport combiné rail-route au sein de l’Alliance 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur), était venue exposer au ministre une semaine avant sa présence à Objectif OFP.


    Ci-contre : les représentants de l’Alliance 4F et du transport combiné rail-route reçus par le ministre. De gauche à droite : Frédéric Delorme (Fret SNCF), Raphael Doutrebente (Europorte), Franck Tuffereau (AFRA), Ivan Stempezynski (GNTC) et Alexandre Gallo (DB Cargo France).

    Reçus le 16 novembre par Clément Beaune, pour le première fois depuis sa nomination comme ministre délégué chargé des Transports, les représentants de l’Alliance 4F lui avaient en effet rappelé les atouts du fret ferroviaire et du transport combiné rail-route, ainsi que la nécessité capitale d’un soutien de l’Etat et de SNCF Réseau quant à la mise à disposition d’infrastructures « performantes et viables », sans lesquelles l’objectif de doublement de la part modale (pour atteindre 18 %) d’ici moins de huit ans ne pourra pas être atteint, malgré de récents signes encourageants. En effet, la part modale de fret ferroviaire est passée de 9,6 à 10,7 % entre 2020 et 2021, alors que le transport combiné rail-route a connu une croissance encore plus forte, de 16 % en volume.

    Rappel des demandes

    La filière du fret ferroviaire avait donc rappelé à l’occasion ses trois demandes au ministre. La première était de bénéficier à très court terme d’un dispositif permettant d’absorber le choc énergétique pour, a minima, jouer à armes égales avec le secteur routier. La deuxième était de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la performance et la fiabilité du réseau. Et la troisième était la reconduction des aides aux opérateurs au-delà de 2023 (170 millions d’euros par an), la confirmation des cofinancements concernant le plan de relance d’un milliard d’euros par an ainsi que la décision d’un plan d’investissement sur le réseau ferroviaire du fret de 3,5 milliards d’euros entre 2023 et 2030. Des exigences qui ont été entendues, voire partiellement exaucées…

    Pour l’Alliance 4F, les engagements pris doivent être inscrits dans une loi de programmation des investissements, afin de permettre de donner une visibilité indispensable et des moyens de long terme aux entreprises du secteur, et de contribuer ainsi à la planification écologique. En outre, sur proposition des représentants de l’Alliance 4F, le ministre Clément Beaune a accepté de venir visiter dans les prochains mois une plateforme de fret ferroviaire.

    P. L.

  • Des opérateurs de fret ferroviaire prêts à des actions de blocage pour se faire entendre

    Des opérateurs de fret ferroviaire prêts à des actions de blocage pour se faire entendre

    La flambée des prix de l’énergie risque de conduire des opérateurs de fret ferroviaire à mettre la clé sous la porte, alerte Franck Tuffereau, le délégué général de l’Association française du rail. En particulier tous ceux qui achètent leur électricité auprès de SNCF Réseau. Franck Tuffereau indique que le prix fixé par SNCF Réseau, de 45 euros en 2019, va passer à 450 euros le 1er  janvier prochain. « Les opérateurs ont été mis au pied du mur car ils ont appris cette hausse en septembre. Certains, qui ont essayé de changer de fournisseur d’électricité, notamment auprès d’EDF, se sont vus opposer une fin de non-recevoir au motif qu’ils ont déjà un fournisseur« , poursuit le délégué général de l’Afra.

    Sans aide de l’Etat, la situation deviendra intenable, ajoute-t-il car « les opérateurs ferroviaires ne peuvent pas répercuter cette hausse sur les prix facturés aux clients« .

    Or depuis la rencontre organisée le 16 novembre entre l’Alliance 4F et le ministre des Transports, l’état d’esprit est plutôt au pessimisme. Dans un communiqué publié à la suite de la réunion avec Clément Beaune, l’Alliance, qui réunit l’ensemble des acteurs du fret ferroviaire français et a présenté il y a un an une stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire, déplore « l’absence d’engagements précis« .

    Franck Tuffereau précise toutefois que des discussions se poursuivent avec les services de l’Etat et SNCF Réseau.
    Mais face à l’absence de soutien des pouvoirs publics, la lassitude commence à gagner. Et certains opérateurs se disent prêts à organiser des opérations de blocage en positionnant quelques locomotives bien placées sur des noeuds ferroviaires stratégiques qui pourraient paralyser une partie du réseau ferroviaire en Ile-de-France. Avec un argument : puisque, lorsqu’ils menacent de tout bloquer, les routiers arrivent à se faire entendre, pourquoi pas nous? Ils rappellent qu’ils « ont un vrai pouvoir de nuisance mais n’ont pas l’habitude d’en arriver là« .

    Marie-Hélène Poingt