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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Eiffage devient le premier actionnaire de Getlink
Eiffage a annoncé avoir conclu, le 26 octobre, un accord avec TCI Fund Management Limited pour acquérir 13,71 % du capital de Getlink pour près d’1,2 milliard d’euros. Le groupe, qui détenait déjà 5,08 % des parts, devient ainsi le premier actionnaire de la société concessionnaire du Tunnel sous la Manche, avec 18,79 % du total.
« Cette opération s’inscrit dans la stratégie du groupe de diversification de son portefeuille de concessions dans ses territoires cibles« , explique Eiffage dans un communiqué, en rappelant détenir déjà de nombreuses concessions ou partenariats dans les infrastructures de transport. Actionnaire depuis 2018 de Getlink, le groupe français de BTP précise vouloir être « un investisseur de long terme ».

IDFM veut 1000 agents de sécurité en plus dans les transports
25 % de personnel en plus d’ici 2026 pour assurer la sécurité des voyageurs en Ile-de-France. C’est ce que souhaite Valérie Pécresse qui a indiqué, le 11 octobre dernier, vouloir « créer 1 000 postes supplémentaires dans les 5 prochaines années ». Ils s’ajouteront au 4000 emplois déjà déployés dans le réseau francilien, a ajouté la présidente d’Ile-de-France Mobilités.Plus précisément, l’élue prévoit 400 agents de sécurité privée affectés dans les bus de Paris, 300 agents supplémentaires déployés dans les bus de grande couronne, 100 agents de sécurité privée supplémentaires pour la RATP, 23 agents supplémentaires pour le GPSR (la police de la RATP), et 80 agents pour les lignes ferroviaires (dont 40 nouveaux agents de la Suge, la police ferroviaire de la SNCF, et 40 agents de sécurité privée), nécessaires notamment dans le cadre du prolongement du RER E.S’ajouteraient une centaine d’agents qualifiés, réunis au sein d’une Brigade régionale de sécurité que Valérie Pécresse veut aussi créer. Ces agents seraient « capables d’intervenir partout en Ile-de-France pour apporter un soutien temporaire aux effectifs de terrain en fonction des besoins », a souligné la patronne de l’Ile-de-France. « Les études juridiques et opérationnelles puis la mission de configuration devront préciser le fonctionnement et les modalités d’intervention de cette entité ».Pour former ce personnel, IDFM veut créer une formation d’agents de sécurité privée spécialisée dans les transports, avec des modules spécifiques, adaptés au secteur des transports en commun. Le dossier de demande de certification a été déposé en juillet 2022 et celui-ci vient d’être enregistré par France compétences, qui assure notamment la régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage. IDFM consacre 160 M€ chaque année à la sûreté dans les transports franciliens.Y. G.
La SNCF reconnue seule coupable de la catastrophe de Brétigny
Neuf ans après le déraillement d’un Intercité à Brétigny-sur-Orge, qui avait tué 7 personnes et blessé plus de 200 autres, le verdict est tombé : la SNCF est seule reconnue coupable d’homicides et blessures involontaires, a jugé le 26 octobre le tribunal d’Evry. La compagnie a été condamnée à une amende de 300 000 euros, toutefois moins lourde que celle réclamée par le procureur Rodolphe Juy-Birmann. Lors du réquisitoire, ce dernier avait eu des mots très durs contre la SNCF (héritière pénale de l’Infra chargée de la maintenance des voies au moment des faits), estimant qu’elle avait « créé le contexte à l’origine de l’accident » par un « échec dans la chaîne de maintenance ». Selon lui, l’entreprise avait procédé à « beaucoup de renoncements dans la maintenance« au détriment de « toute une conception du service public«.
La SNCF, qui a indiqué avoir déjà versé 11 millions d’euros aux victimes, devra encore les indemniser à hauteur de plus de 3,5 millions d’euros pour préjudices subies. Plusieurs de centaines de milliers d’euros doivent aussi revenir aux CPAM et autres associations s’étant portées partie civile, précise la CGT-Cheminots dans un communiqué.
La présidente du tribunal Cécile Louis-Loyant a en revanche acté la relaxe des deux autres prévenus : un ancien cadre cheminot, qui avait effectué la dernière tournée de surveillance huit jours avant le drame, et le gestionnaire des voies SNCF Réseau (ex-Réseau Ferré de France).
Sept années d’enquête, puis 8 semaines de procès, du 25 avril au 17 juin ont cherché à expliquer pourquoi, le 12 juillet 2013, peu après 17h, une éclisse, après avoir pivoté au début du passage du train, s’est retrouvée, à quelques dizaines de centimètres de son emplacement normal, retournée dans le cœur d’une traversée jonction double. C’est dans cet appareil de voie, qui permet aux trains de changer de voie ou aux voies de se croiser, que l’éclisse retournée a fait office de tremplin pour les roues de certaines voitures du train accidenté. Le train Corail Intercités 3657 Paris-Limoges circulait alors à 137 km/h.
Ce retournement de l’éclisse a été causé par l’évolution d’une fissure dans le cœur de cette traversée jonction double, une fissure détectée en 2008 mais mal suivie les années suivantes par les équipes de surveillance de la SNCF, a jugé le tribunal. « Cette négligence du suivi du cœur est en lien certain avec le déraillement », a affirmé la présidente du tribunal, balayant la défense de la SNCF qui imputait l’accident à un défaut indécelable de l’acier. Si la SNCF avait correctement réalisé ces visites de contrôle, elle aurait, a estimé la magistrate, « constaté l’état avarié » du cœur « et procédé à son changement ».
Les victimes ne sont pas complètement satisfaites. «On n’a pas l’apaisement qu’on serait en droit d’attendre », a expliqué à VRT Thierry Gomes, le président de l’association Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny (EDVCB), partie civile dans le procès. L’Association compte une cinquantaine d’adhérents, victimes directes de la catastrophe, ou membres de leurs familles, comme Thierry Gomes dont les parents sont décédés dans l’accident. « On reconnaît que la présidente a condamné la SNCF, mais on regrette que la responsabilité de RFF n’ait pas été mise en évidence. C’est toute l’ambiguïté de la délégation. Bien, sûr la SNCF est responsable de la gestion, mais c’est RFF qui fixait les montants alloués aux travaux», estime-t-il.L’association regrette aussi l’attitude de la SNCF pendant l’instruction. « Il a tout de même fallu faire appel à des écoutes téléphoniques pour découvrir le fonctionnement de l’entreprise… », ajoute son président, faisant référence à un manque de transparence et à des directives pour freiner l’enquête.Mais, ajoute-t-il, « il faut reconnaître que le président Guillaume Pepy a toujours été très correct. Notamment lorsqu’il souhaitait aider financièrement les parties civiles pour leur défense ». Et Thierry Gomes de rappeler que l’ancien président de la SNCF « continue de venir aux cérémonies de commémoration ».Les membres de l’EDVCB devraient se réunir rapidement pour décider de faire, ou pas, appel du verdict. Ce qui supposerait alors la relance « d’une nouvelle procédure de 18 à 36 mois … »Marie-Hélène Poingt avec Yann Goubin
En Espagne, Thales équipe un raccordement stratégique entre LGV
Ce n’est qu’un raccordement de 1,7 km de long à la sortie sud de Cordoue, entre les lignes à grande vitesse Madrid – Séville et Cordoue – Malaga, mais il facilitera les transports dans le sud de l’Espagne, en raccourcissant d’une vingtaine de minutes les temps de parcours sur les relations à grande vitesse entre Séville, Malaga et Grenade. Ce troisième côté du triangle d’Almodóvar del Río, dit « bypass » et aussi orthographié « baipás » localement, évitera en effet aux voyageurs des trains à grande vitesse entre les villes les plus au sud de l’Espagne de rebrousser à Cordoue.
En vue d’équiper ce raccordement de 1 738 mètres de long exactement entre Almodóvar del Río et La Marota, Thales a remporté un contrat pour la conception et l’installation de systèmes de sécurité et de communications. Plus précisément, Thales sera chargé d’installer des systèmes de contrôle du trafic, de signalisation, de protection des trains et de communications. Soit un marché de 11,6 millions d’euros (hors TVA), pour une durée de réalisation supérieure à 17 mois, selon l’attributaire, qui précise que le projet « inclut l’adaptation des systèmes de contrôle du trafic : les enclenchements et systèmes de détection des trains (circuits de voie) de Thales pour le nouveau tronçon, l’extension du système de protection des trains (LZB) et du système ERTMS et l’adaptation des systèmes de télécommunications fixes et mobiles aux nouvelles conditions d’exploitation ». Le contrat prévoit également la maintenance des nouvelles installations sur une durée de six mois.

Le gouvernement envisage une liaison de nuit entre Paris et Dax, Bayonne et Pau
Le gouvernement compte relancer, à partir de 2024, un train de nuit quotidien entre Paris, Bordeaux, Dax, Bayonne, Orthez et Pau, en plus de Lourdes et Tarbes. C’est ce qu’a indiqué le 25 octobre, devant le Sénat, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Bérangère Couillard, en réponse à une question de Max Brisson (LR, Pyrénées Atlantiques).
Ce trajet par Bordeaux donnerait satisfaction aux défenseurs de la « Palombe bleue », qui réclament sa relance alors que cette liaison nocturne a été supprimée en 2011. Rappelons que l’Etat a rouvert en 2021 les liaisons Paris-Nice et Paris-Tarbes-Lourdes via Toulouse, cette ligne étant prolongée l’été jusqu’à la côte basque. « Des décisions doivent être prochainement prises sur la consistance du futur réseau de trains de nuit, le renouvellement du matériel roulant, les modalités de financement, avec une perspective d’ouverture à la concurrence d’ici quelques années« , a ajouté la secrétaire d’Etat.

SNCF Voyageurs signe un contrat d’achat record d’électricité renouvelable
SNCF Voyageurs cherche à sécuriser son approvisionnement en électricité, en le rendant moins dépendant de la volatilité des prix du marché. Le 25 octobre, la compagnie ferroviaire a annoncé que sa filiale, SNCF Energie, avait conclu, avec la société Reden, « un contrat d’achat direct d’électricité renouvelable de très longue durée (Corporate PPA)« . C’est le plus gros contrat signé par SNCF Energie et l’un des plus importants PPA d’Europe, sur une durée de 25 ans, explique SNCF Voyageurs.« Ce contrat prévoit la création de 4 centrales photovoltaïques totalisant une puissance de 146 MW qui produiront 207 GWh par an à l’horizon 2025-2026« , précise la société. Ce qui représente l’équivalent de la consommation électrique annuelle du RER D en Ile-de-France.Les centrales, qui seront construites et exploitées Reden, un producteur d’énergie photovoltaïque, seront implantées en Haute-Garonne, dans l’Aude et en Gironde (pour deux d’entre elles) et mises en service entre 2024 et 2025.L’objectif de SNCF Voyageurs est de disposer de 1100 GWh d’électricité renouvelable issue de cPPA à l’horizon 2026-2027, soit 20 % de ses besoins électriques pour la traction de ses trains.
Le télétravail perturbe les transports publics franciliens
En Ile-de-France, le télétravail a un impact important sur les transports publics. C’est ce qui ressort de la troisième étude sur les habitudes de transport, menée de mars 2022 à septembre 2022 auprès d’un échantillon de 1500 actifs franciliens, par Transilien, la Mass Transit Academy (un centre de formation et d’expertises de la SNCF), Hove (ex-Kisio) et l’Institut Paris Région (ex-IAURIF).L’étude, présentée le 20 octobre, montre que 55 % des actifs voyageant sur les lignes Transilien SNCF télétravaillent au moins un jour par semaine. Ils n’étaient que 23 % en novembre 2019, mois de référence d’avant-crise sanitaire choisi par l’étude. Avec toutefois des disparités selon les départements : jusqu’à 64 % pour les actifs habitant les Yvelines, mais seulement 42 % pour les habitants de Seine-Saint-Denis. «Nous ne faisons pas moins de km/trains qu’en 2019 », précise Sylvie Charles, la directrice de Transilien SNCF, même si la fréquentation atteint « entre 80 et 85 % de celle de 2019 ».L’étude révèle aussi un phénomène de “jours de pointe“ (le mardi et le jeudi), déjà observé précédemment. Mais le phénomène s’est « ancré« , voire renforcé depuis la crise sanitaire.Le jour le plus télétravaillé, le vendredi, est choisi par « 49 % des télétravailleurs usagers du mass transit [ndr : RER et trains Transilien], par rapport au mardi choisi par 31 % des télétravailleurs». Le deuxième jour le plus choisi pour télétravailler est le lundi. La tendance est la même chez l’ensemble des télétravailleurs d’Ile-de-France, quel que soit le mode de déplacement choisi : 44 % télétravaillent le vendredi, contre 29 % le mardi ou le jeudi. Cette même répartition se retrouve parmi ceux qui prennent leur voiture pour travailler : 38 % choisissent le vendredi pour télétravailler, et le mardi (26 %).C’est aussi vrai côté cyclistes : on remarque que la fréquentation des pistes cyclables à Paris le vendredi à l’heure de pointe du matin est de 30 % inférieure à celle du mardi.Parmi les raisons de leurs choix en faveur du vendredi, les salariés évoquent à 64 % des « contraintes liées à l’entreprise ou à l’environnement », 26 % avancent le « peu de collègues ou le peu de réunions en présentiel le vendredi ».Les salariés franciliens ne profitent pas du vendredi pour quitter leur domicile, ajoutent Sylvie Charles et Nicolas Bauquet, le directeur général de l’Institut Paris Région, chiffres à l’appui. Leur étude fait appel aux données de la Sanef, la société d’autoroute qui exploite notamment l’A14 et l’A13. Les comptages à la barrière de péage de Buchelay n’ont « pas mis en évidence d’augmentation du trafic de Paris vers la Normandie, ni le jeudi soir, ni le vendredi matin. Au contraire, le trafic du jeudi soir est légèrement inférieur en 2022 par rapport à 2019, dans des proportions proches de celles observées le lundi ou le mardi soir ». Même situation dans les trains. « En juin 2022, la fréquentation des trains vers les autres régions n’apparaissait pas significativement modifiée par les départs le jeudi soir pour télétravailler sur le lieu du week-end. » Pas non plus « de hausse des retours en Île-de-France le lundi soir, qui aurait pu expliquer le choix du lundi comme deuxième jour privilégié pour le télétravail » dit l’enquête.« Nous souhaiterions que le télétravail soit mieux réparti sur toute la semaine », indique Sylvie Charles. Pour y parvenir, Transilien multiplie les interventions notamment auprès du du Medef Ile-de-France afin de convaincre les entreprises d’assouplir le télétravail. De son côté, Sylvie Charles a décidé d’organiser les comités de direction de Transilien le vendredi.Pour convaincre les télétravailleurs de changer leurs habitudes, la dirigeante compte sur la pédagogie. « Il faut expliquer les avantages notamment en termes de confort de voyages », puisque les actifs concernés passent beaucoup de temps dans les transports.Transilien veut aussi exploiter les arguments de la sobriété énergétique. Le ferroviaire « est le mode de transport motorisé le plus efficace sur le plan énergétique (il est cinq fois moins énergivore que la voiture thermique et 1,2 fois moins que la voiture électrique) et le moins émetteur de gaz à effet de serre (il émet 7 à 16 fois moins de gaz à effet de serre, selon la motorisation de la voiture – électrique ou thermique) », rappelle l’étude. La hausse des prix de l’essence pourrait avoir un effet de report modal. « Un point de report de la voiture vers le mass transit, c’est 170 GWh annuels économisés ». Cela correspond à « la consommation électrique de 80 000 personnes, comme Courbevoie ou La Rochelle ». Reste « qu’un quart des répondants [à l’enquête] indiquent que rien ne peut les inciter à venir sur leur lieu de travail le vendredi »…Yann Goubin
Les régions demandent plus de transparence sur les coûts d’achat d’énergie de la SNCF
Leurs finances étant sous pression en cette période de flambée des coûts de l’électricité, les régions souhaitent avoir plus d’informations sur les coûts d’achat d’énergie par la SNCF. Selon Régions de France, « dans certains cas, les prévisions d’augmentation de coûts pour les Régions dépasseraient les dépenses effectivement prises en charge par la SNCF, remettant en question leurs équilibres budgétaires déjà mis à rude épreuve par la crise du Covid et désormais par l’actuelle situation géopolitique« . D’où l’envoi d’un courrier à Jean-Pierre Farandou par la présidente de l’association, Carole Delga, pour solliciter un échange à ce sujet. La présidente de l’Occitanie souhaite «un état précis de la situation, portant à la fois sur l’effectivité des hausses du prix d’achat de l’énergie par la SNCF, sur l’impact en 2022 et en 2023 de ces hausses sur les demandes d’indexation ou de compensation extra-conventionnelle », indique Régions de France dans un communiqué du 19 octobre. Cette rencontre est « un préalable à toute négociation conduite à l’échelon régional, dans le cadre des futures conventions TER », ajoute-t-elle.

Cinq offres fermes pour exploiter les premiers TER ouverts à la concurrence dans les Pays de la Loire
Selon nos informations, cinq opérateurs ont déposé, en début de semaine, des offres fermes et définitives suite à l’appel d’offres lancé il y a un an par la région Pays de la Loire pour ouvrir à la concurrence un premier lot de liaisons TER. Il s’agit de la SNCF, de Transdev, de Régionéo (co-entreprise issue du partenariat entre RATP Dev et Getlink), de MyTrain J’V (fondé par Edeis, spécialiste de la gestion déléguée d’infrastructures de collectivités et TTH-GTF, spécialiste de la maintenance et exploitation ferroviaire) et d’Arriva (filiale de la Deutsche Bahn). Il apparait donc que tous les opérateurs qui avaient retiré un dossier ont décidé de poursuivre la procédure et qu’aucun n’a jeté l’éponge, à la différence de ce qui s’est déjà passé ailleurs lors de précédentes mises en concurrence.
Rappelons que les Pays de la Loire avaient lancé au printemps 2019 un Appel à manifestation d’intérêt, suivi, en juillet 2020, d’un projet d’allotissement géographique du réseau Aléop en désignant ce premier lot ouvert à la concurrence, qui comprend deux ensembles. Le premier, dit « Tram train », regroupe les lignes Nantes – Nort-sur-Erdre – Châteaubriant et Nantes – Clisson. Dénommé « Sud Loire », le deuxième ensemble couvre les lignes Nantes – Pornic, Nantes – Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Nantes – La Roche-sur-Yon – Les Sables-d’Olonne, Nantes – La Rochelle, Nantes – Cholet et Angers – Cholet. Ce qui représente 30 % environ du réseau ferroviaire régional.
Le choix de l’opérateur devrait intervenir au printemps prochain pour une mise en service en décembre 2024. Trois autres lots devraient ensuite être ouverts à la concurrence avec un objectif d’ouverture total du réseau en 2028.
Marie-Hélène Poingt

Réforme britannique floue et épouvantail français
Depuis le remplacement, au milieu des années 1990, de l’opérateur historique britannique British Rail par des opérateurs privés, dans le cadre du système des franchises mis en place par les Conservateurs, les adversaires des privatisations de tous les pays prennent les chemins de fer d’outre-Manche comme un contre-exemple.
Par la suite, malgré certaines réussites avant la pandémie de Covid mais aussi à cause de plusieurs échecs, le système des franchises a fini par être remis en cause par Boris Johnson, alors qu’il était premier ministre conservateur, pour être remplacé par un nouvel organisme : Great British Railways (GBR), propriété de l’Etat, qui reprendrait un rôle de stratège tout en laissant une place au secteur privé.
Pour autant, le nouveau modèle présenté en mai 2021 a du plomb dans l’aile : le 19 octobre 2022, la nouvelle secrétaire d’Etat britannique aux Transports, Anne-Marie Trevelyan, a annoncé à la Chambre des Communes que le projet de loi portant sur la création de GBR ne se ferait pas adopté au cours de la présente session parlementaire. Le nouvel organisme devait débuter ses activités en 2024, mais ce calendrier est désormais remis en cause, dans un contexte de plus en plus incertain, tant économiquement que politiquement, alors que comme partout, les candidats aux métiers ferroviaires se font rares.
Partisans depuis toujours des nationalisations, les Travaillistes, qui s’étaient pourtant accommodés du système des franchises du temps de Tony Blair et de Gordon Brown, ont réaffirmé leur position historique au cours de leur conférence annuelle, du 25 au 28 septembre à Liverpool, avec la publication d’un livre blanc intitulé GB Rail.
Pour autant, un chemin de fer (re)nationalisé fait également peur outre-Manche, jusqu’au sein même du parti travailliste. En effet, Lord Berkeley, pair travailliste à la Chambre des Lords et grand connaisseur des systèmes ferroviaires britannique et français, n’a pas caché son « inquiétude » que les chemins de fer britanniques finissent par devenir comme les chemins de fer français. « Je pense que le système ferroviaire français est le plus inefficace, le plus cher, le moins créatif et celui qui ferme le plus de lignes au monde », a déclaré Lord Berkeley. En réponse, Tan Dhesi, chargé des Transports au parti travailliste, a assuré Lord Berkeley que « nous ne reprendrons pas les pires pratiques des autres », ajoutant que les Travaillistes chercheraient plutôt à mettre en oeuvre les meilleures pratiques des chemins de fer d’État à travers le monde.
P. L.