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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Coronavirus. L’impact sur les transports
Une période inédite s’est ouverte la semaine du 16 mars après la décision des pouvoirs publics de fermer les frontières extérieures de l’Union européenne et de l’espace Schengen et de demander aux Français de rester chez eux. Quelques jours auparavant, le gouvernement avait annoncé la fermeture des écoles, restaurants, hôtels, ainsi que des lieux publics pour tenter d’enrayer l’épidémie du coronavirus.
Les transports en commun en agglomération étaient toutefois maintenus de façon à « permettre aux Français d’accomplir les déplacements strictement nécessaires. Chacun doit renoncer aux déplacements non essentiels, aux déplacements d’agrément » et se limiter à ceux liés « à la santé, l’alimentation » et au « travail lorsque le télétravail est impossible », a expliqué Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique.
L’offre de transport public devait toutefois être progressivement réduite, de même que les transports de plus longue distance entre les agglomérations, par trains, cars et avions. « Mais tout le monde pourra retourner à son domicile, il n’y aura pas d’arrêt brutal et pas d’arrêt complet », a ajouté la ministre.
Les transporteurs devront appliquer des mesures d’hygiène strictes. Le conseil des ministres devait adopter cette même semaine un texte obligeant les voyageurs à entrer par l’arrière quand ils prennent un bus. « Il y aura une rangée qui sera laissée libre entre le conducteur et les voyageurs, et puis nous inscrirons dans la loi l’obligation de désinfection quotidienne, au moins une fois par jour, de l’ensemble des véhicules de transport public, cela est tout à fait nécessaire, ça a été fait par l’Italie, cela fonctionne très bien et cela permet à la fois de rassurer ceux qui aujourd’hui opèrent les moyens de transports publics, et puis de rassurer la partie de la population qui nécessite encore les transports, notamment pour se rendre à leur travail, quand celui-ci est nécessaire« , a expliqué Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d’Etat charge des Transports interrogé le 17 mars sur LCI.
Dans le métro, les distances de sécurité sanitaire doivent être respectées et les mêmes opérations de désinfection sont prévues. « Nous mettons à disposition de l’ensemble des agents, des kits avec du gel hydro-alcoolique, de manière à ce que ceux-ci se sentent tout à fait sereins dans leur travail », a encore ajouté le secrétaire d’Etat. Des sanctions devraient être prévues pour les opérateurs de transports publics qui ne respecteront pas ces obligations. « Ils pourront se voir retirer leur agrément d’exploitation, c’est donc une mesure de contrôle et une possibilité de sanction tout à fait importante« , a indiqué Jean-Baptiste Djebbari.
Les transporteurs comme la SNCF et la RATP se préparent depuis plusieurs semaines à l’évolution de l’épidémie. La SNCF notamment a préparé des scénarios de continuité de l’activité en fonction de l’ampleur de l’absentéisme des agents et des directives gouvernementales et a mis en place une « task force » comprenant des spécialistes de la production, des ressources humaines ou encore des médecins. « Je réunis chaque jour, tant les opérateurs du transport terrestre, RATP, SNCF, que les opérateurs du transport aérien, pour piloter chaque jour l’offre que nous mettons à disposition des Français », a expliqué Jean-Baptiste Djebbari.
Les plans de transport qui sont préparés peuvent s’apparenter à ceux appliqués au jour le jour, lors de périodes de grève, à cela près que l’absentéisme est beaucoup plus difficile à prévoir et qu’il faut continuellement s’adapter. Le 10 mars, Jean-Baptiste Djebbari disait s’attendre, lors du pic épidémique, à un absentéisme de l’ordre de 15 à 20 % des agents à la SNCF et à la RATP. Mais à ce moment-là, la France n’était pas encore passée au stade 3 de l’épidémie, ce qui a été le cas le 14 mars.
Ces absences s’expliquent non seulement par les arrêts maladie, mais aussi par les arrêts pour garde d’enfants (15 % de l’effectif total de la SNCF au moment où nous bouclions le 16 mars) ou encore par des droits de retrait. Les fréquences devaient aussi être diminuées pour coller à la baisse de la fréquentation… sauf que la SNCF devait aussi adapter son offre pour permettre aux Français de rentrer de vacances, notamment sur l’axe alpin, après la décision des stations de ski de fermer. Et, alors qu’elle se préparait à réduire le nombre de circulations, elle devait aussi faire face, dans ses trains, à un afflux de Parisiens désireux de quitter la capitale et pour certains d’aller à la campagne pour fuir les mesures de confinement.
Marie-Hélène Poingt
A la SNCF, des mesures tous azimuts pour limiter les contacts
Direction de la SNCF et syndicats échangent régulièrement sur les mesures à prendre pour tenter de limiter la propagation du virus.
Voici quelques exemples de limitations donnés par Didier Mathis, le secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire :
– Le 16 mars, la SNCF envisageait de réduire de 50 % les équipes en binôme à l’escale et à l’accueil pour limiter les contacts.
– Les contrôleurs sont chargés d’assurer prioritairement la sécurité dans les trains et de ne plus procéder aux contrôles.
– Le nettoyage est renforcé dans les trains, notamment les poignées de porte, les barres d’appui…
– Les acheminements d’agents sont aussi limités, à deux agents dans les taxis ou dans les voitures de service.
– Les séjours en résidences sont également limités autant que possible dans les hôtels Accor ou Orfea.
– Les formations et les recrutements sont stoppés sauf pour les agents de conduite et les aiguilleurs, deux métiers en tension.
– Des flacons de gel hydroalcooliques sont distribués aux agents, prioritairement à ceux qui n’ont pas accès à des points d’eau.
– Les restaurants d’entreprise doivent être fermés.
– Report de trois mois de toutes les visites médicales « aptitudes ».
– Le télétravail est favorisé pour ceux qui le peuvent et le confinement est de rigueur pour les plus vulnérables.

Espagne : Renfe retarde le lancement de « Avlo », son tgv low cost
Tout était fin prêt. Cependant, en raison de l’état d’urgence proclamé par le Gouvernement espagnol face au coronavirus, Renfe a décidé, ce 15 mars, de reporter le démarrage de son TGV low cost « Avlo » prévu initialement pour le 6 avril prochain. Mais le dispositif et son esprit demeurent opérationnels.
« Avec le service Avlo, nous visons les voyageurs de l’avion, et les personnes qui ne prennent jamais le train, affiche Alfonso Rodriguez, mais aussi, bien sûr, nos concurrents qui seront là dès la mi-décembre ». Avlo (Alta Velocidad low cost) ou le TGV low cost de Renfe devait normalement amorcer ses liaisons le lundi 6 avril, c’est-à-dire pour la Semaine sainte, période traditionnelle de vacances Outre-Pyrénées.
Directeur du développement et des nouveaux produits de Renfe voyageurs, Alfonso Rodriguez résume : « Avlo, ce sera la grande vitesse pour tous ». Au terme de longues études de marché, Renfe a défini ainsi son nouveau champion à la robe pourpre qui démarre sur Madrid – Saragosse – Barcelone : la réservation obligatoire passe uniquement par le web avec une page spécifique très simple ; le billet nominatif est payé exclusivement par carte bancaire et les contrôles se font à l’accès sur le quai.
Le billet est unique, donc sans aller-retour (en Espagne le coût du voyage est minoré s’il y a un retour). La fourchette des prix varie de 10 à 60 euros, selon l’heure de la journée et la date en classe touriste (sur un AVE classique Barcelone – Madrid, l’éventail va en semaine de 50 à 96 euros). Le tarif est de 5 euros pour un enfant de moins de 14 ans, « car nous voulons attirer les familles ». Entraînent un supplément : un bagage en plus, le choix de la place, la modification des dates du voyage.
Le lundi 27 janvier, Renfe a mis en vente 10 000 billets à 5 euros à acquérir avant le 5 février. Entre ce 27 janvier et le 26 février, l’opérateur public a vendu 146 389 titres de transport sur Avlo. Ce qui permet à Alfonso Rodriguez de dresser un premier portrait de ce nouveau marché : « La demande est forte, surtout pour les vendredis et dimanche et en soirée. Elle provient de familles, de groupes et de couples, mais peu de personnes seules, sauf de jeunes ».
Pour démarrer, Avlo doit assurer cinq liaisons par jour et par sens entre Barcelone et Madrid. Le trajet est abattu en 2 h 35 en moyenne quand un AVE direct requiert 2 h 30. Renfe a fait modifier des rames 112 de Talgo afin de les porter à 438 sièges (365 auparavant), elles sont désormais sans bar, ni première classe. Le convoi roulera à 300 km/h.
A l’horizon premier semestre 2021, Avlo pourra compter sur les nouveaux trains 106 de Talgo dits « Avril » où la disposition des sièges 2+3 offre une capacité de 581 places. « La concurrence sera alors sur nos rails, avec des trains de 2 000 places », glisse Alfonso Rodriguez, en une allusion limpide au Duplex de la SNCF. Mais à cette date Renfe devrait avoir pris quasiment huit mois d’avance sur les autres opérateurs à savoir « Rielsfera-SNCF » et « Ilsa-Trenitalia ». Avant de passer à de nouvelles offres low cost, sans doute sur Madrid – Valence et Madrid – Séville, voire vers Alicante et Málaga.
Vu le contexte créé par la pandémie dans la Péninsule début mars, Avlo démarrera plus tard. Mais Renfe précise que l’opération « ticket à 5 euros » n’est que différée, et les autres billets pourront être remboursés. Dans l’immédiat, l’opérateur public a décidé de réduire de moitié ses services ferroviaires, en particulier les liaisons AVE.
Michel Garicoïx
« Le système britannique n’est pas parfait, mais il mérite mieux que la commisération qui est de règle en Europe continentale »
Par Michel Quidort, président de la Fédération Européenne des Voyageurs (FEV).
Le président de la FEV a souhaité réagir après la publication d’une tribune de Loïk Le Floch-Prigent dans le numéro VRT de décembre 2019.

Michel Quidort (FNAUT). Monsieur Le Floch-Prigent (VRT de décembre 2019) considère que l’expérience ferroviaire britannique a été « un échec cinglant ». Il ignore manifestement les faits suivants :
• selon les statistiques de l’UIC, le réseau britannique est aujourd’hui le second en Europe en matière de sécurité (les quelques accidents spectaculaires survenus il y a vingt ans étaient liés à un sous-investissement dans les infrastructures qui a largement précédé la réforme ferroviaire) ;
• en une quinzaine d’années, la quasi-totalité du matériel roulant britannique a été renouvelée ;
• le taux de satisfaction des voyageurs tourne autour de 80 % ;
• le coût élevé des billets est une tradition qui relève d’un choix politique bien antérieur à la réforme ferroviaire, il caractérise aussi les transports urbains ;
• tout retard supérieur à 15 minutes est automatiquement compensé financièrement par la compagnie ferroviaire concernée, pour les grandes lignes comme pour la banlieue de Londres. Et les voyageurs retardés sont dédommagés automatiquement ;
• enfin, et c’est le meilleur critère, la fréquentation du réseau croît régulièrement, elle est passée de 761 millions de voyageurs en 1995 à 1 759 millions en 2018 ; quant au trafic de fret (hors charbon), il est passé de 55 millions de tonnes en 1993 à 70 millions en 2016.
Un échec cinglant ? Le système britannique n’est pas parfait, mais il mérite mieux que la commisération qui est de règle lorsqu’on l’évoque en Europe continentale.

Le site de Saintes tourné vers le futur
Saintes, ancienne région ferroviaire française, offre des espaces immobiliers et fonciers de premier ordre et bénéficie d’une riche culture ferroviaire. La Région Nouvelle-Aquitaine et la SNCF ont pour objectif de redonner à ce territoire les moyens d’un redéploiement industriel autour des matériels roulants du futur et du verdissement annoncé des trains.
Un grand projet participant à la revitalisation de ce territoire vient de naître. Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, porteur de ce projet, et Gilles Mergy, directeur du réseau territorial de SNCF immobilier, ont signé le 31 janvier à Saintes, le protocole d’accord pour la construction d’un Ferrocampus.
« C’est comme une université du ferroviaire, explique Bruno Maggioli, directeur du Technicentre Industriel Charentes-Périgord. Les transports intelligents du futur auront besoin d’avoir recours à des technologies émergentes de pointe pour favoriser le développement du transport en commun. A Saintes, l’on a pratiquement terminé la reconversion du site avec de nouvelles activités pour remplacer le Diesel des TER (batteries ou hydrogène). Nous espérons faire venir justement d’autres activités intéressées par ces nouvelles technologies. »
Les études menées au cours de l’année 2019 ont permis de vérifier la pertinence de ce projet et de définir un positionnement stratégique susceptible de faire de Saintes et de son étoile ferroviaire, un centre d’expertise de portée européenne dans la rénovation et l’exploitation des voies ferrées régionales. Ce ferrocampus sera un lieu de formation continue initiale (Bac +3/Bac +5) et en alternance pour répondre aux besoins des nouveaux métiers du ferroviaire, notamment dans le domaine de la transition numérique et énergétique, mais aussi un lieu de mutualisation de moyens de test et d’expérimentation (plateaux techniques, laboratoires, espace innovations etc..). Enfin, profitant d’un positionnement stratégique unique en Europe, il sera également un lieu dédié à l’implantation d’activités nouvelles, en particulier dans la maintenance des équipements roulants.
Bernard Chubilleau

SNCF Réseau va recruter 700 alternants
SNCF Réseau a annoncé le 11 mars vouloir recruter 700 alternants dans les métiers de l’électricité, de la mécanique, du génie civil et de la gestion des circulations ferroviaires, avec l’objectif de leur proposer un CDI à l’issue de leur formation. Les besoins portent sur toute la France, même si l’essentiel des recrutements se fera pour l’Ile-de-France.
Les profils recherchés sont très ouverts et les candidat(e)s peuvent se présenter quelle que soit leur formation initiale, généraliste ou technique. A condition d’avoir « un sens des responsabilités et de la sécurité », d’être « capables de travailler en situation tendue et aptes à retenir des procédures », précise le gestionnaire du réseau ferré.
SNCF Réseau rappelle que deux solutions s’offrent aux candidats pour entrer dans l’entreprise en alternance : soit l’alternance classique (le candidat a une école et il recherche une entreprise d’accueil), soit l’alternance pilotée (SNCF Réseau propose des formations clés en main pour les métiers de la mécanique, de l’électricité, du bâtiment, du génie civil et de la circulation ferroviaire).
« Les matières générales sont étudiées au sein d’une université ou centre de formation classique, les matières techniques au sein du Campus SNCF Réseau et la pratique est réalisée sur le terrain au sein de l’établissement dans lequel l’alternant est en poste », précise encore l’entreprise. Avec la perspective à l’issue du stage, d’être embauché en CDI dans 80 % des cas.
Vidéo de présentation de l’alternance pilotée campus Maintenance et Travaux :ici
Vidéo de présentation de l’alternance pilotée campus Circulation : ici

Coronavirus. La SNCF propose aux voyageurs de reporter ou d’annuler leurs voyages sans frais
La SNCF a annoncé le 9 mars avoir décidé de permettre aux voyageurs de reporter ou d’annuler leurs déplacements en TGV ou en trains Intercité sans frais d’échange ou de remboursement jusqu’au 30 avril en raison de l’épidémie de coronavirus. La mesure s’applique également aux TER en correspondance.
Tous les TGV et Intercités font l’objet d’un « nettoyage quotidien renforcé et minutieux depuis plusieurs jours déjà, afin d’éliminer au maximum les risques de contamination« , rappelle aussi la compagnie ferroviaire.

Après le déraillement du TGV Est, le temps de l’évacuation et des travaux
La motrice du TGV Colmar-Paris qui avait déraillé le 5 mars après l’effondrement d’un talus de terre sur la voie a été relevée et évacuée le 9 mars. Les autre voitures devaient suivre.
Après l’enlèvement de la caténaire de 25 000 volts de la ligne sur une distance de 500 mètres sur chacune des deux voies, puis l’acheminement d’une grue de relevage, la motrice a été remise sur les rails le 8 mars en début d’après-midi. Elle a ensuite été tirée jusqu’à une voie d’évitement.
L’équipe d’intervention composée de 18 agents a débuté le lendemain l’expertise de la deuxième voie avant la remise sur les rails des trois voitures qui étaient à l’avant du train et ont aussi déraillé.
La ligne va rester bloquée pour une durée encore inconnue, le temps de l’expertise des voies et de la réparation. Pendant ce temps, les trains empruntent la ligne classique, ce qui prolonge de 40 mn environ la durée d’un trajet entre Strasbourg et Paris.
Pour voir la vidéo en ligne du relevage de la motrice : ici

Intercités. Le cas où les lignes partent et les cheminots restent
Exclusif. Depuis que l’État a publié fin janvier l’appel à candidatures pour l’exploitation en un seul lot des lignes intercités Nantes – Lyon et Nantes – Bordeaux qu’il veut ouvrir à la concurrence, il va falloir que les opérateurs ferroviaires candidats aient accès à des données sur ces liaisons. Notamment sur le matériel, la maintenance ou le nombre de cheminots concernés.
166 emplois concernés
Selon un document que nous nous sommes procuré, la SNCF estime à 166 le nombre d’emplois à transférer à une entreprise concurrente si jamais elle perdait ce contrat. Il faudrait, a-t-elle notamment calculé, 29 conducteurs pour les deux lignes, 4 conducteurs pour les manœuvres et un agent d’encadrement pour la conduite. La maintenance « courante » du matériel roulant mobiliserait 39 personnes et 6 cadres. Ou encore les fonctions supports (ressources humaines, comptabilité, gestion des achats…) nécessiteraient l’emploi de 14 personnes (pour lire le document : livret_information_salaries_version_impression_vf_fevrier).
Mais la direction des ressources humaines du groupe n’est pas du tout sûre que 166 cheminots voudront bien sauter le pas pour aller travailler dans une entreprise concurrente. Elle a donc écrit à un nombre beaucoup plus grand de personnes (618 de ses salariés pouvant être concernés de près ou de loin à ces activités) pour les informer de la procédure en cours et du calendrier, comme le prévoit la législation (pour lire la lettre : trame-courrier-pdl).
Aucun salarié ne travaille à plus de 50 % pour ces lignes
Rappelons les règles : si jamais la SNCF perdait ce contrat, il lui faudrait alors demander à ses salariés s’ils sont prêts à être transférés, la priorité étant donnée au volontariat. Mais, s’il n’y a pas assez de volontaires, le transfert devient obligatoire quand l’activité du salarié est à plus de 50 % liée au service de la ligne ouverte à la concurrence. Un refus du salarié peut alors conduire à la rupture du contrat de travail. Et les indemnités de licenciement sont à la charge de l’entreprise gagnant le contrat, au grand dam des nouveaux opérateurs.
Or, aucun salarié de la SNCF ne travaille à plus de 50 % sur ces deux liaisons Intercités qui vont être ouvertes à la concurrence, nous ont affirmé l’Unsa-Ferroviaire et la CFDT-Cheminots (de son côté, la SNCF n’a pas répondu à nos sollicitations). Un cas atypique qui ne devrait pas se produire lorsque des lignes de TER seront ouvertes à la compétition mais qui prête à sourire s’agissant du premier cas d’ouverture à la concurrence !
Car le salarié qui travaille pour moins de 50 % sur une ligne a le droit de refuser le transfert. Il doit dans ce cas être obligatoirement réintégré dans l’entreprise perdante. C’est-à-dire rester à la SNCF qui devra lui retrouver du travail.
On n’ose imaginer un scénario qui conduirait tous les cheminots à refuser le transfert et obligerait la SNCF à les reclasser tous alors qu’elle aurait perdu le marché. « On se retrouverait alors dans la situation que nous réclamions : le volontariat intégral pour les transferts ! », commente-t-on du côté de la CFDT-Cheminots.
Quant à l’opérateur gagnant, il devrait alors trouver ou former dare-dare des conducteurs, des agents de maintenance… autant de métiers qui demandent beaucoup de formations et de savoir-faire.
Reste que le législateur a tout de même prévu un peu de temps pour que les uns et les autres aient le temps de se retourner. Le choix du futur opérateur pourrait avoir lieu à la fin de l’année et son contrat démarrer à l’horizon 2022. Mais déjà, l’heure de la réflexion a commencé pour les salariés.
Marie-Hélène Poingt

Coronavirus. Quels scénarios pour assurer la continuité de service dans les transports
« Nous sommes au tout début de l’épidémie », a prévenu Emmanuel Macron ce matin lors d’une visite à l’hôpital Necker. Le président de la République a aussi demandé à ceux qui se savent malades « de ne pas aller dans les transports en commun » pour protéger les autres.
La crise du coronavirus pourrait entraîner des adaptations dans la desserte de la SNCF et de la RATP, a de son côté prévenu le secrétaire d’État aux Transports, qui s’exprimait ce matin sur RTL. Jean-Baptiste Djebbari a toutefois écarté une suspension pure et simple des transports en commun. « On peut s’attendre avec le pic épidémique à avoir plus de personnes absentes dans ces deux grandes entreprises publiques, d’avoir peut-être 15 ou 20 % de gens absents », a-t-il estimé. « Et comme on l’avait fait pendant la grève, nous gérerons l’absentéisme, peut-être en réduisant la fréquence sur certaines lignes, peut-être en priorisant certaines autres lignes », a-t-il précisé. Lors de la grève contre la réforme des retraites, la RATP avait ainsi concentré ses forces sur les lignes structurantes, tout particulièrement les lignes 1, 14, 7 et les RER A et B. Ces mesures d’adaptation sur lesquelles la SNCF et la RATP travaillent, se feront « au jour le jour, en fonction des gens disponibles », a ajouté Jean-Baptiste Djebbari.
Les deux entreprises préparent depuis de longs jours des plans de continuité de l’activité, en fonction de l’ampleur de l’absentéisme des agents. La SNCF a notamment mis sur pied une « task force », réunissant des spécialistes (production, ressources humaines, médecins…) pour se préparer aux décisions que le gouvernement pourrait prendre. Le secrétaire d’État a toutefois précisé qu’il ne s’attendait pas à un « degré de dégradation » du service similaire à celui observé lors de la grève. Le but est d’assurer une continuité du service public et d’éviter que « le pays ne se retrouve à l’arrêt ».
En attendant, les mesures de prévention se poursuivent. La RATP par exemple désinfecte régulièrement ses rames et distribue des gels hydroalcooliques à ses agents qui n’ont pas accès à des points d’eau. Elle met aussi à disposition des kits contenant une paire de gants, des lingettes désinfectantes et des sachets pouvant servir de poubelle au cas où l’un d’eux devrait venir en assistance auprès d’un usager présentant des symptômes de la maladie. Une « levée de doute » est par ailleurs systématiquement réalisée en cas de suspicion, dans le but d’éviter toute propagation du virus. Et des messages sont régulièrement diffusés pour rappeler les comportements à observer : lavage régulier et correct des mains, toux dans le coude, usage unique de mouchoirs jetables…
M.-H. P.
Bruxelles propose de faire de 2021 l’année du rail
La Commission a proposé le 4 mars de faire de 2021 l’Année européenne du rail « afin de soutenir la réalisation des objectifs de son pacte vert pour l’Europe en matière de transports ». Ce pacte vert a pour objectif de parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050. « Comme les transports représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre de l’UE, le secteur jouera un rôle crucial pour atteindre ce but et devra réduire ses émissions de 90 % d’ici 2050 », indique la Commission européenne en estimant « qu’il convient en priorité de déplacer vers le rail et les voies navigables intérieures une part substantielle des 75 % du fret terrestre qui est actuellement transporté par la route ».
Bruxelles rappelle aussi que « 2021 sera la première année complète de mise en œuvre dans toute l’UE des règles adoptées dans le cadre du quatrième paquet ferroviaire. Cette année marquera également plusieurs anniversaires importants pour le rail : le 20e anniversaire du premier paquet ferroviaire, le 175e anniversaire de la toute première liaison ferroviaire reliant deux capitales de l’UE (Paris – Bruxelles), les 40 ans du TGV et les 30 ans de l’ICE ».
Si cette proposition est adoptée par le Conseil et par le Parlement européen, plusieurs événements, campagnes et manifestations, seront alors lancées l’année prochaine pour promouvoir le rail. Ce sera notamment le cas du festival d’arts international Europalia, qui a déjà choisi de consacrer son édition 2021 aux chemins de fer.