Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • Avant le TGV du Futur, la SNCF commande encore 12 TGV Océane

    Avant le TGV du Futur, la SNCF commande encore 12 TGV Océane

    Le 31 juillet, Voyages SNCF et Alstom ont annoncé la commande de 12 rames TGV à deux niveaux, désignées Océane par le premier et Avelia Euroduplex par le second. Chiffrée à 335 millions d’euros (soit un prix unitaire approchant les 28 millions d’euros), cette tranche doit être mise en service en 2021 et 2022 sur les relations Paris – Rennes, Paris – Nantes et Paris – Metz ou Nancy.

    Approuvée par le Conseil d’administration de la SNCF le 26 juillet, cette nouvelle commande ferme, qui n’est pas à proprement parler une option du contrat passé entre Alstom et SNCF le 27 juin 2007, fait suite à une levée d’option de 40 rames (qui s’inscrivait, elle, dans le cadre du contrat) et aux 15 « options complémentaires » levées en 2017 (41 de ces rames ont été livrées sur un total de 55, les dernières étant attendues pour fin 2020). Par ailleurs, la livraison des 12 rames supplémentaires TGV Océane, modèle éprouvé et apprécié depuis sa mise en service en décembre 2016 entre Paris et Bordeaux, précédera celle, prévue à partir de 2023, des 100 TGV du Futur dont la commande a été annoncée il y a tout juste un an. Un matériel qui, comme son nom l’indique, n’est pas encore une réalité et dont la mise en service n’est pas prévue a priori sur les lignes de l’ouest de la France…

    Remplacer des rames trentenaires

    Les 12 TGV Océane supplémentaires ont pour objectif de renouveler « progressivement » le parc à grande vitesse, en particulier les TGV Atlantique (qui atteignent 30 ans de service pour les plus anciens), tout en transportant davantage de voyageurs par rame (556, contre 485 pour les Atlantique et 509 pour les générations précédentes de Duplex).

    Si cette commande de 12 TGV Océane est affichée par la SNCF comme une réponse « à la forte croissance du trafic des passagers grande vitesse en France », rendue possible par « les excellents résultats de l’activité », tout en offrant à l’opérateur historique « un atout formidable dans le contexte de l’ouverture à la concurrence », le facteur politique est également présent. En effet, selon un communiqué du ministère de la Transition écologique et solidaire, « [Elisabeth Borne] souligne que cette commande est rendue possible par le nouveau pacte ferroviaire porté par le Gouvernement en 2018, qui a donné à la SNCF toute la visibilité nécessaire sur son activité, grâce à la décision de stabiliser l’évolution des péages acquittés par les TGV en les limitant strictement à l’inflation ».

    Des heures de travail avant le TGV du Futur

    Enfin, cette commande représentera des heures de travail en 2020-2021, c’est-à-dire avant le démarrage de la production du TGV du Futur, sur huit des treize sites d’Alstom en France. Ce surcroît d’activité est particulièrement bienvenu sur le site de Belfort, spécialisé dans les motrices TGV et les locomotives. Des circonstances que Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom France, ne nie pas, bien au contraire : « La production de ces nouvelles rames Avelia Euroduplex représentera de la charge et de l’emploi pour respectivement 400 personnes à La Rochelle et 120 personnes à Belfort ». Outre ces deux derniers sites, celui de La Rochelle étant chargé de la conception et l’assemblage, Ornans produira les moteurs, Le Creusot les bogies, Tarbes les chaînes de traction, Villeurbanne l’informatique embarquée et Petit-Quevilly les transformateurs de traction, alors que Saint-Ouen assurera le design.

    P.L.

  • La ligne de la Maurienne rétablie plus tôt que prévu

    La ligne de la Maurienne rétablie plus tôt que prévu

    Coupée le 2 juillet par une coulée de boue, la ligne ferroviaire de Maurienne, qui relie Chambéry à l’Italie par Modane, a été rétablie le 23 juillet, soit huit jours avant la date prévue au début du mois. Trois semaines auront été nécessaires aux équipes de SNCF Réseau pour dégager les deux voies, procéder aux réparations et sécuriser le versant de la montagne qui borde la voie ferrée. Outre des opérations de stabilisation destinées à prévenir de nouveaux glissements de terrain, des purges à l’explosif ont été opérées pour parer aux risques d’éboulement.

  • A Caen, le tramway troque les pneus pour les bons vieux rails

    A Caen, le tramway troque les pneus pour les bons vieux rails

    Après 19 mois de travaux, la communauté urbaine de Caen la mer a inauguré le 27 juillet son nouveau tramway. Un tramway sur rail pour succéder à celui sur pneus, le TVR (Transport sur voie réservée) qui a circulé non sans mal de 2002 à 2017.

    Composé de trois lignes totalisant 16,2 km de lignes (dont 900 mètres de tronc commun), le tramway dessert 36 stations. Il constitue l’armature du nouveau réseau de transport Twisto exploité par Keolis, filiale de la SNCF. Pour assurer la desserte, Caen la mer a commandé 26 rames Citadis X05 à Alstom (dont 23 aujourd’hui en service commercial). Elles peuvent embarquer 212 personnes à bord, dont 54 assises.

    Le réseau de bus est complètement revu à l’occasion de la mise en service du tramway fer : une ligne circulaire d’agglomération est créée et plusieurs lignes de bus sont prolongées. Elles complètent les nouveaux services de vélos à assistance électrique et les navettes électriques déployés début 2018.

    Selon la collectivité locale, le nouveau tram devrait accueillir 64 000 voyageurs par jour, contre 42 000 avec le TVR. Pour l’ensemble du réseau, Keolis prévoit une augmentation de la fréquentation de près de 20 % qui s’accompagnerait d’une progression des recettes de 27 % d’ici à la fin du contrat, fin décembre 2023.

    Coût du tram : 260 millions d’euros.  Le projet a été réalisé avec le concours d’Egis, maître d’ouvrage délégué.

  • Boris Johnson s’engage à réaliser la ligne à grande vitesse HS2 jusqu’à Manchester

    Boris Johnson s’engage à réaliser la ligne à grande vitesse HS2 jusqu’à Manchester

    Même si Boris Johnson a choisi Andrew Gilligan, virulent opposant à la ligne à grande vitesse High Speed 2 (HS2*), comme conseiller transports, le Premier ministre britannique a néanmoins défendu ce projet dans un discours prononcé le 27 juillet au musée des Sciences et de l’Industrie de Manchester. Véritable serpent de mer, cette deuxième LGV doit relier Londres et Birmingham (225 km de ligne nouvelle à construire) dans une première phase, puis bifurquer vers le nord de l’Angleterre (Manchester et Leeds) en deuxième phase, avant de gagner l’Ecosse ultérieurement.

    Sur Twitter, le conseiller transport, ex-Monsieur vélo lorsque « BoJo » était maire de Londres, avait jugé le projet « désastreux« , qualifiant HS2 Limited (la société établie par le gouvernement britannique) de “mini-dictature”. Le nouvel occupant du 10 Downing Street n’a pas écouté son mentor et a choisi en arrière-plan la locomotive à vapeur Rocket de Stephenson (1829), symbole de l’esprit pionnier des pères du chemin de fer, pour affirmer devant un parterre de chefs d’entreprise, sa volonté de mener à terme le projet HS2 jusqu’à Manchester, deuxième agglomération du Royaume-Uni.

    Le Brexit, « énorme opportunité économique »

    Les grands patrons anglais avaient récemment exhorté le Brexiter à aller de l’avant, même si le montant de la ligne à grande vitesse semblait revu à la hausse. Dans un courrier du pdg de HS2 adressé au ministère des transports et révélé par le Financial Times, la ligne à grande vitesse devrait en effet coûter non plus 55,7 milliards de livres (environ 61 milliards d’euros) mais « 70 à 85 milliards de livres » (76 à 93 milliards d’euros).

    En dévoilant ses priorités en matière d’investissements dans les régions favorables à une sortie de l’Union européenne, Boris Johnson a défendu l’idée que le Brexit représentait une « énorme opportunité économique« .

    Le projet HS2 n’est pas le seul à avoir été évoqué par le nouveau Premier ministre britannique au cours de ses premières allocutions. Il s’est également engagé à mettre en œuvre le plan Northern Powerhouse Rail pour le développement des relations entre les principales villes du nord de l’Angleterre, chiffré à 39 milliards de livres (43 milliards d’euros). Le financement de cette ligne nouvelle (un temps surnommé HS3) entre Manchester et Leeds via le massif des Pennines est budgété à hauteur de trois milliards de livres (3,2 milliards d’euros).

    N.A. et P.L.

    *La ligne High Speed 1 relie depuis 2007 Londres Saint Pancras au tunnel sous la Manche. La High Speed 2 devrait relier Londres à Birmingham, puis Manchester, Leeds (nord de l’Angleterre) et l’Ecosse.
  • Tous comptes faits, l’Italie dit « oui » au Lyon-Turin

    Tous comptes faits, l’Italie dit « oui » au Lyon-Turin

    Le 23 juillet, Giuseppe Conte, président du conseil italien a finalement dit « oui » au projet de liaison transfrontalière Lyon-Turin ou, comme disent les Italiens, au « « TAV Torino – Lione ».

    On s’y attendait. Le 26 juin, TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), maître d’ouvrage (50% Etat français, 50% Ferrovie dello Stato) avait annoncé le lancement de l’appel d’offres pour la réalisation de la partie italienne du tunnel de base, et les avis de marché avaient été publiés au Journal officiel de l’Union européenne le 1er juillet. Conclusion, le vendredi 26 juillet, l’Italie donnait officiellement son feu vert à la poursuite des travaux auprès des instances européens. In extremis, les Italiens perdant au-delà de cette date limite les financements européens qui ne pouvaient être reportés sur d’autres projets.

    C’est au prix d’une volte-face du président du conseil, coincé entre les deux partis de la coalition au pouvoir. La Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) sont « totalement, diamétralement opposés » sur le sujet, comme l’a dit le 23 juillet Giuseppe Conte dans son allocution télévisée depuis le Palais Chigi, l’extrême droite étant favorable au projet, les populistes opposés.

    Un coûteux changement

    Le 7 mars, le chef du gouvernement s’était prononcé pour une révision du projet. Il se fondait alors sur l’analyse coûts – bénéfices établie par une commission nommée par le ministre des Infrastructures Danilo Toninelli, du M5S. Une analyse très défavorable à la poursuite du Lyon – Turin. Mais les Français n’ont pas voulu pas revenir en arrière et le projet, comme l’a souligné Giuseppe Conte, se trouve confirmé dans le projet de Loi Mobilités (LOM)  en cours d’adoption en France. De plus, une modification aurait été extrêmement coûteuse. Enfin, l’Europe a dernièrement décidé de porter de « 40 % à 55 % » sa contribution aux projets transfrontaliers TEN-T. L’économie pour l’Italie serait de 1,6 milliard d’euros, selon le chef du gouvernement. Autant de raisons qui ont conduit Giuseppe Conte à changer son fusil d’épaule. La décision reflète surtout le nouveau rapport de forces entre les deux formations depuis les élections européennes, le Mouvement 5 étoiles étant affaibli et l’extrême droite renforcée.

    En France, on respire. La Fédération nationale des associations d’usagers du transport (Fnaut), favorable de longue date au projet, considère que « le bon sens l’a emporté », et se réjouit que, face à l’augmentation du trafic de camions dans les Alpes françaises, de 12 % en 10 ans, à trois millions de véhicules par an, on réponde enfin par un tunnel de base. Ce qu’a d’ailleurs fait la Suisse qui a financé « à elle seule deux tunnels de base (le Lötschberg et le Gothard) sur l’axe nord -sud pour absorber un trafic annuel de 1,2 million de camions seulement », souligne les représentants des voyageurs.

    La plupart des écologistes ne sont pas convaincus. Le journal de gauche italien Il Fatto Quotidiano, se référant à l’analyse coûts-bénéfices contestée, considère que le tunnel de base est certes un excellent remède aux émissions de CO2 dans les vallées alpines, mais qu’il n’agira qu’à long terme, alors que les travaux pour le réaliser vont commencer par tuer le malade…

    F.D.


    En chiffres

    • 8,6 milliards d’euros pour les 57,7 km du tunnel de base
    • 7,7 milliards d’euros pour les accès français, coût qui pourrait être ramené selon la Fnaut « moins de 6 milliards en reportant la construction des tunnels de Belledonne et du Gladon. »
    • 1,7 milliard d’euros pour les accès italiens

  • RATP Dev, nouvel opérateur de transport à Creil dans l’Oise

    RATP Dev, nouvel opérateur de transport à Creil dans l’Oise

    La filiale de la RATP a remporté l’appel d’offres de l’agglomération Creil Sud Oise (Asco) en région Hauts-de-France pour exploiter les transports publics. Un contrat de sept ans qui démarre le 1er septembre. Le réseau dessert un bassin de 86 000 habitants dans 11 communes, il compte 10 lignes de bus, 11 circuits scolaires et du transport à la demande.

    L’opérateur indique qu’il va restructurer l’offre de transport pour mieux mailler le territoire, en renforçant les lignes structurantes et en augmentant l’amplitude horaire et la fréquence aux heures de pointe. Il compte injecter des bus articulés dans la flotte de véhicules pour doubler la capacité, lancer un service de vélos en location longue durée et « raffermir » la lutte contre la fraude.

    Certaines lignes de bus seront remplacées par des lignes de rabattement entre la zone d’activité et la gare RER de Creil, la desserte des communes périurbaines et rurales, et une offre de nuit pour les travailleurs en heures décalées, en correspondance avec le RER D.

  • RATP : le viaduc de Passy fait peau neuve sur la ligne 6

    RATP : le viaduc de Passy fait peau neuve sur la ligne 6

    Edifiés il y a près de 115 ans, les viaducs de la partie aérienne de la ligne 6 du métro parisien ont besoin d’une cure de rajeunissement. Au fil du temps, la corrosion a attaqué les structures métalliques et les maçonneries ont souffert du passage répété des trains. Depuis 1997, la RATP a entamé la rénovation des ouvrages aériens des trois lignes circulant en viaduc, les 2, 5 et 6. La toute dernière vague concerne la section de la ligne 6 comprise entre Pasteur et Passy, avec quatre stations aériennes et le majestueux viaduc de Passy érigé face à la tour Eiffel.

    En 2014 déjà, une première série de travaux a été réalisée sur cette portion : reprise de l’étanchéité (réfection des maçonneries et traitement de la corrosion) suivie d’une remise en peinture. Ces chantiers réalisés l’été à la faveur d’une interruption de trafic sur une période de deux mois ont laissé place de 2015 à 2018 aux travaux de renouvellement voie ballast du RER A, sachant qu’une partie des voyageurs du RER impactés se reportent sur la ligne 6.

    Interruption de trafic

    Cette année, alors que les travaux du RER sont moins pénalisants, une seconde phase de rénovation a été entreprise. Une ultime campagne est prévue pour l’été 2020. Cet étalement des travaux est indispensable, sachant qu’il est impossible de réaliser simultanément étanchéité et remise en peinture. Le chantier est donc découpé en sections où l’une ou l’autre opération est réalisée. A Bir-Hakeim en revanche, les escaliers d’accès aux quais, totalement corrodés, ne seront pas rénovés mais remplacés.

    L’interruption de trafic est également mise à profit pour réaliser des travaux annexes préparatoires à l’arrivée des rames MP89 de la ligne 4 en remplacement des actuelles MP73 en service depuis 1974. Certains quais sont ainsi adaptés comme à Passy, alors que de nouvelles traverses sont posées et la voie remplacée, seule étant conservée la piste de roulement. Du 15 au 18 août, la ligne sera fermée entre Etoile et Trocadéro pour remplacer un aiguillage à Kléber, station à quatre voies qui sert à réguler la ligne.

    Ces travaux d’un montant de 44 millions d’euos  sur la période 2019 – 2020 assurent une sécurisation totale des ouvrages pour les 20 prochaines années.

    Philippe-Enrico Attal

  • L’Arafer se sent pousser des ailes

    L’Arafer se sent pousser des ailes

    Cela faisait deux ans qu’il en rêvait. Le 1er octobre 2019, les vœux de Bernard Roman, président de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routiers (Arafer), seront enfin exaucés. L’ordonnance présentée fin juillet par la ministre Elisabeth Borne en conseil des ministres dans le cadre de la loi Pacte, confirme l’information dévoilée quelques semaines plus tôt par le patron de l’Arafer : après la régulation économique du transport ferroviaire, des autocars longue distance et le contrôle des concessions autoroutières, il ajoute une nouvelle corde à son arc avec les aéroports.

    A l’automne prochain, l’Arafer qui deviendra alors l’ART (Autorité de régulation des transports), sera chargée de contrôler le niveau des redevances dont doivent s’acquitter les compagnies aériennes pour poser et faire décoller leurs avions, et avoir accès aux services aéroportuaires. Une compétence dévolue jusqu’à présent à l’Autorité de supervision indépendante, l’ASI qui était sous la tutelle du ministère des Transports, via le CGEDD (2). Elle disparait.

    Lire aussi : « De la RATP aux aéroports, l’Arafer devient tout terrain« 

    Quel sera le rôle exact de la nouvelle autorité ? Comme pour les péages ferroviaires, elle sera chargée de valider chaque année le tarif des redevances aéroportuaires des exploitants d’aéroports accueillant plus de cinq millions de passagers par an. Elle formulera aussi un avis juridiquement contraignant, appelé « avis conforme », sur les projets de contrats de régulation économique qui fixent les conditions d’évolution des tarifs sur plusieurs années. Conclu en 2016 avec l’Etat, celui des Aéroports de Paris validé par l’ASI court jusqu’en 2020.

    Doté d’un pouvoir de sanction, l’ART pourra saisir l’Autorité de la concurrence si elle constate des  « pratiques prohibées » en matière de concurrence sur les aéroports relevant de sa compétence. L’ordonnance prévoit l’échange d’informations entre les deux autorités dans le secteur aéroportuaire.

    Privatisation d’ADP

    Pour faire face à cette nouvelle mission, le régulateur devrait voir son collège, l’organe décisionnel, renforcé avec davantage de membres permanents qui sont au nombre de trois aujourd’hui. Le syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA)  demande une période de transition au cours de laquelle serait conservé le personnel de l’ASI (5 personnes sous la présidence de Marianne Leblanc-Laugier) au sein de l’ART afin de gérer notamment le dossier épineux de la double caisse de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. Ou celui du futur contrat de régulation économique d’ADP dont la privatisation était prévue dans la loi Pacte mais fait l’objet d’un référendum d’initiative partagée (RIP qui a recueilli à ce jour environ 550 000 signatures (3).

    « Le SCARA sera très vigilant, lors de la discussion des futurs contrats de régulation économique, sur la transparence des règles dallocation des actifs (…) et veillera notamment à la définition précise des périmètres régulé et non régulé [recettes des commerces et des parkings] ; un paramètre fondamental dans la fixation du montant des redevances dues par les compagnies aériennes sur lequel lAutorité devra conserver le pouvoir dhomologation. Si ce pouvoir dhomologation revenait à lÉtat, par lintermédiaire de la Direction générale de l‘aviation civile (DGAC), lindépendance de lArafer serait fortement compromise« , prévient le syndicat professionnel.

    N.A.

    (1) L’ART est l’ancien acronyme de l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des telecom.
    (2) Conseil général de l’environnement et du développement durable
    (3) Il en faut 4,7 millions, soit  10% du corps électoral, afin de pouvoir organiser un référendum auquel les Français répondraient par « oui » ou par « non« .
  • Catherine Guillouard reconduite à la RATP pour cinq ans

    Catherine Guillouard reconduite à la RATP pour cinq ans

    Catherine Guillouard a été reconduite mercredi 24 juillet à la tête de la RATP. Nommée PDG de l’entreprise le 2 août 2017, elle achevait jusqu’à présent le mandat de Pierre Mongin : reconduit le 23 juillet 2014, il rejoignait Engie moins d’une année plus tard. Elisabeth Borne lui savait alors succédé pour un peu plus de deux ans avant d’entrer au gouvernement en mai 2017.

    Cette fois, c’est pour un mandat plein de cinq ans que Catherine Guillouard a été nommée par le président de la République par décret en Conseil des ministres. Sa reconduction intervient après son audition par l’Assemblée nationale et le Sénat les 3 et 9 juillet. Les deux assemblées s’étaient prononcées en faveur de sa nomination.

    Catherine Guillouard s’est dite «très honorée de poursuivre » son action « à la tête de cette entreprise unique qu’est le groupe RATP ». Elle a insisté, comme elle l’avait fait devant les deux chambres, sur « nos savoir-faire multiples (opérateur de mobilité, gestionnaire d’infrastructure, conduite de grands projets de transports ou d’insertion urbaine) » qui « nous permettent de nous positionner comme un partenaire de confiance des villes intelligentes et durables. »

    Elle veut « poursuivre avec les équipes » la transformation du groupe pour relever trois défis majeurs : « réussir notre transition énergétique en réduisant de moitié nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025, continuer grâce à la solidité de notre performance financière à investir massivement (plus de 30% de notre chiffre d’affaires tous les ans), avec l’aide d’Île-de-France Mobilités, dans un réseau de transport plus performant au profit des Franciliens, et être prêt pour l’ouverture à la concurrence des bus parisiens prévue pour la fin 2024. »

     

  • Getlink résiste aux à-coups du Brexit

    Getlink résiste aux à-coups du Brexit

    23 juillet. Le jour où Boris Johnson, artisan d’un Brexit dur, était en route pour accéder au poste de Premier ministre de Grande-Bretagne, l’exploitant du tunnel sous la Manche Getlink (ex-Eurotunnel) annonçait la bonne tenue de ses résultats semestriels.

    Getlink a de nouveau augmenté son chiffre d’affaires de 2% à 523 millions d’euros au premier semestre 2019, après une hausse de 4% en 2018, à environ un milliard d’euros. Et le trafic des navettes et de l’Eurostar maintient la cap malgré le contexte politique très compliqué de l’autre-côté de la Manche. Globalement, »Le groupe fait une nouvelle fois la démonstration de la résilience de son modèle économique en présentant un chiffre d’affaires en croissance pour la dixième fois consécutive malgré les à-coups résultant des incertitudes politiques du Brexit. Sans la grève des douaniers français, l’EBITDA [-2% à 255 M€] aurait également été en progression« , commente Jacques Gounon, PDG de Getlink. 

    Lire aussi : « Les passagers de l’Eurostar vivent le Brexit avant l’heure« 

    Avec son activité navettes (Shuttle) et Eurostar, Eurotunnel représente près de 89% de l’activité du groupe pour un chiffre d’affaires en hausse de 1% à 456 millions d’euros. Le trafic navettes marque toutefois le pas avec une  baisse de 2 % du trafic voitures qui retombe à celui du premier semestre 2017, après un record en 2018. La baisse est deux fois plus importante côté camions avec un déclin des trafics liés aux industries automobiles, alors que les marchandises périssables et les colis express (e-commerce en particulier) résistent.

    Les trains à grande vitesse signent leur robustesse avec +2% de voyageurs Eurostar au premier semestre, « malgré l’impact sévère de la grève des douaniers à Paris Gare du Nord en mars, avril et début mai », indique le groupe dans son communiqué. Le développement des relations vers Amsterdam a compensé l’impact de la grève « justifiée » des douaniers français, a commenté Jacques Gounon lors d’un point presse.

    A l’approche de la possibilité du Brexit, dont la date était alors fixée au 29 mars 2019, les douaniers français avaient en effet suivi une grève du zèle au premier trimestre pour démontrer ce que serait concrètement la nouvelle frontière entre la France et la Grande-Bretagne, redevenue un pays extra-communautaire, avec des contrôles plus poussés. Ils réclamaient une hausse des salaires et  plus d’effectifs à la frontière franco-britannique.

    Bonne tenue d’Europorte

    Quant à Europorte, la compagnie de fret ferroviaire du groupe, son chiffre d’affaires est en hausse de 10% à 66 millions d’euros, avec 1 166 trains au premier semestre. Un développement positif attribué à « la gestion interne du terminal de Fréthun ». Mais selon Jacques Gounon, « Europorte a surperformé« , notamment avec le nouveau contrat pour Total. « Le fret ferroviaire est un secteur qui peut marcher », dit-il. Lorsqu’il est payé au juste prix : « Europorte s’adresse à des clients prêts à payer pour la qualité« , ajoute le PDG de Getlink qui voit d’un bon œil la réforme ferroviaire : « Avec une SNCF responsabilisée, les prix de Fret SNCF vont remonter, ce qui est très bon pour nous« .

    L’un dans l’autre, Getlink affiche un profit net consolidé en hausse de 5 % et affiche, comme à son habitude, un optimisme raisonnable, « malgré un no deal qui vraisemblablement va avoir lieu« . Le maintien d’un trafic fluide en cas de Brexit a toutefois un prix, tant pour les investissements que pour les postes à créer. Des voies supplémentaires ont été établies pour le contrôle des migrants sur les camions, dont la conformité aux déclarations douanières est contrôlée lorsqu’ils effectuent leur traversée. Autre équipement mis en place : un sas Parafe à reconnaissance faciale pour les passagers des autocars.

    Eleclink

    Au-delà du Brexit, Getlink s’apprête à mettre en service l’interconnexion électrique transmanche Eleclink pour l’hiver 2020-2021, tout en se félicitant de ses compétences acquises dans le domaine ferroviaire, qui pourraient s’avérer payantes dans un contexte d’ouverture des marchés.  « Il va y avoir un gros besoins de conducteurs de trains et il n’y a que deux formateurs : la SNCF et nous », s’emballe Jacques Gounon.

    P.Laval et N. Arensonas