Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • De la RATP aux aéroports, l’Arafer devient tout terrain

    De la RATP aux aéroports, l’Arafer devient tout terrain

    C’était le « dada » de Bernard Roman. Depuis deux ans, le président de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) remuait terre et ciel pour étendre les compétences de ses équipes au ciel justement. Plus précisément à la régulation des redevances aéroportuaires, actuellement assurée par l’Autorité de supervision indépendante (ASI). Laquelle est toutefois placée sous l’aile du ministère des Transports(1) et est logée dans ses murs, Tour Sequoia, à la Défense.

    Bernard Roman espérait voir inscrite l’extension des missions de l’Arafer au mode aérien dans la loi d’orientation des mobilités (LOM) qui termine son marathon parlementaire le 10 juillet. C’est finalement une autre loi, celle du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) qui pourrait permettre au régulateur terrestre de prendre son nouvel envol.

    « OPA inamicale »

    Un amendement du Sénat approuvé par le ministre de l’Economie autorise en effet le gouvernement à modifier le statut juridique de l’ASI pour en faire une autorité administrative indépendante, ou bien… à la fusionner avec l’Arafer. Cette deuxième option permettrait de ne pas multiplier ces entités dont le nombre et les salaires de leurs dirigeants ont été fustigés dans un rapport sénatorial (lire ici).

    Si le gouvernement opte pour cette deuxième solution par ordonnance, et fait de l’Arafer l’instance de validation des redevances aéroportuaires, il contenterait Bernard Roman et son collège qui s’estiment malmenés à l’aube de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire (Ville, Rail & Transports reviendra prochainement sur ce sujet).

    Du côté des aéroports, « L’OPA inamicale de l’Arafer », pour reprendre l’expression de la présidente de l’ASI, Marianne Leblanc-Laugier, ne peut que les contenter car ils ont mal vécu la récente décision du régulateur aérien de baisser de 33% le tarif des redevances de l’aéroport de Nice. « L’ASI est devenue le cauchemar des aéroports », s’amuse sa présidente. L’Arafer saura t-elle taper aussi fort du poing sur la table ?

    Grand Paris Express

    Ce n’est pas tout. Les équipes de Bernard Roman devraient également exercer un rôle de régulateur pour le futur réseau du Grand Paris Express, dont la RATP est gestionnaire d’infrastructure. Cette fois, c’est le texte de la LOM tel qu’il doit être discuté en commission mixte paritaire (CMP) le 10 juillet qui prévoit que l’Arafer régule le niveau des péages de la RATP imposés aux futurs opérateurs des lignes du métro automatique du Grand Paris (voir la carte).

    Comme elle le fait déjà avec la SNCF, l’Arafer devra donc valider le montant des redevances de la RATP et les conditions d’accès au réseau du Grand Paris Express. En tant qu’entreprise ferroviaire, la RATP devra par ailleurs faire valider la séparation de ses comptes par le régulateur. L’objectif est de s’assurer qu’il existe un strict cloisonnement financier des activités du groupe qui cumule du transport subventionné (métro, bus, RER, tramway à Paris et en petite couronne), des activités concurrentielles, notamment via sa filiale RATP Dev, et des activités de gestionnaire d’infrastructure.

    Transfert des personnels de la RATP

    En prime, l’Arafer sera chargé de trancher en cas de litiges entre Ile-de-France Mobilités et un opérateur au sujet du transfert des personnels des bus en Ile-de-France. Dans le texte définitif de la LOM (avant la CMP du 10 juillet), les personnels de conduite et d’entretien d’Optile en grande couronne francilienne, ne bénéficieraient pas du transfert automatique pourtant accordé aux 19 000 agents de la RATP concernés. Un sujet potentiellement explosif (voir l’interview de Zivka Park, corapporteur de la LOM : ici).

    Pour assumer ses nouvelles fonctions, l’autorité de régulation devrait voir son collège, l’instance décisionnelle, musclé avec davantage de membres permanents et moins de vacataires : cinq permanents au lieu de trois actuellement. Dont un, Philippe Richert, ancien patron de la région Grand Est et administrateur à ce titre de la SNCF, ne peut prendre part au vote des avis et décisions relatifs au secteur ferroviaire pour éviter un conflit d’intérêts.

    Nathalie Arensonas

    (1) après avoir dépendu de la direction générale de l’Aviation civile (DGAC), l’ASI est aujourd’hui sous la tutelle du Conseil général de l’Environnement et du Développement durable, émanation du ministère de la Transition écologique et solidaire.
  • Une trame verte pour l’extension du réseau tram à Strasbourg

    Une trame verte pour l’extension du réseau tram à Strasbourg

    La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a inauguré samedi 22 juin l’extension de son réseau de tramway dans le quartier résidentiel de la Robertsau. La ligne E est prolongée sur 1,6 kilomètre, soit trois stations jusqu’au nouveau terminus « Robertsau-L’Escale ».

    Le tramway circule sur une plate-forme végétalisée. Cette trame verte, sans voirie attenante, comprend des cheminements pour les piétons et une piste cyclable bidirectionnelle. Les quatre files de rails ont été posées sur des longrines séparées. Cette technique a permis l’utilisation de terre végétale entre les rails sur une profondeur de 60 à 80 cm. Ce dispositif de verdissement ne nécessitera pas d’arrosage systématique : sa structure absorbante autorisera une irrigation naturelle à l’eau de pluie.

    Les riverains, paradoxalement, sont partagés sur l’intérêt de cette extension du réseau. L’opposition municipale a longtemps milité pour un BHNS dans cet ancien quartier de maraîchers, devenu au fil des années l’un des secteurs les plus prisés des promoteurs immobiliers. L’Eurométropole de Strasbourg a porté cet investissement de 19,4 millions d’euros. L’extension de la ligne E est accompagnée par une refonte locale du réseau de bus dans la partie nord de l’agglomération.

    O. M.

  • Ferroviaire – Inauguration du centre de maintenance Erion à Montceau-les-Mines

    Ferroviaire – Inauguration du centre de maintenance Erion à Montceau-les-Mines

    Les inaugurations se succèdent sur le site Mecateamplatform de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) : deux mois après la réouverture après rénovation de son embranchement au réseau ferré par le dirigeant de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, c’est au tour du centre de maintenance de locomotives d’Erion France. Onze mois après le lancement de sa construction sur la plateforme mutualisée du Mecateamcluster.

    Le 20 juin, les parties prenantes de ce nouvel établissement de maintenance ferroviaire situé sur l’ancien site minier des Chavannes, ont pris place dans la cabine d’une locomotive diesel Euro 4 000 d’Europorte pour couper le ruban inaugural. Aux commandes, Carmen García Cristóbal, directrice des Opérations de l’entreprise de maintenance ferroviaire Erion. A ses côtés, Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, David Marti, président de la communauté urbaine Creusot Montceau, Jean-Claude Lagrange, PDG de la SEM pour la Coopération industrielle en Bourgogne (Semcib),  Marie-Claude Jarrot, maire de Montceau-les-Mines, et Eric Boucourt, sous-préfet d’Autun et Daniel Martínez Alonso, président d’Erion France.

    Europorte, VFLI pour clients

    Créée en 2012, la filiale française d’Erion, détenue à 49 % par la Renfe et 51 % par Stadler, emploie actuellement une quarantaine de personnes, pour un chiffre d’affaires de l’ordre de cinq millions d’euros, avec Europorte, VFLI et ETF pour clients.

    L’implantation d’Erion France à Montceau-les-Mines est d’autant plus bienvenue qu’elle découle d’une décision relativement tardive, la première réunion à ce sujet s’étant tenue en 2015 : « C’est la gamba sur la paella ! », a osé Jean-Claude Lagrange lors des discours inauguraux, faisant allusion aux origines espagnoles de l’entreprise… et au plat qui serait servi ensuite aux invités !

    Outre la mutualisation qu’elle permet, Mecateamplatform présente l’avantage géographique d’être embranchée sur ligne de Paray-le-Monial à Montchanin du réseau ferré national, qui la met à 45 km de l’axe fret entre la Belgique et Marseille, via Amiens, Dijon et Lyon. Une position stratégique pour assurer sur un site français la maintenance des 58 locomotives diesel de forte puissance des clients d’Erion France, principalement des Euro 4 000 au catalogue Stadler (anciennement Vossloh España) ou des Class 77 construites au Canada par EMD (anciennement GM).

    Montée en puissance sur le marché français

    Livré fin mai, dans les temps impartis, le bâtiment se présente sur une longueur de 90 mètres, dont 60 pour la zone de maintenance lourde (avec un total de huit vérins de levage de 35 t chacun, deux ponts roulants de 25 t sous un plafond haut) et 30 m pour la maintenance légère et préventive (avec trois voies passantes sur fosse et passerelles d’accès à mi-hauteur et en toiture), à proximité du tour en fosse. Avec cette implantation, Erion France envisage une montée en puissance sur le marché français, ses dirigeants tablant sur une augmentation de 60 % du chiffre d’affaires d’ici à 2021, et la création d’une vingtaine d’emplois. Ainsi, avec une soixantaine de salariés, le site pourra traiter quelque 150 locomotives par an, dont une dizaine en même temps si nécessaire. Cette capacité pourrait être doublée par d’éventuelles extensions à l’avant et à l’arrière du bâtiment.

    Côté Mecateamplatform, une troisième inauguration se profile cette année, avec la livraison de la première tranche du pôle formation, qui accueillera la prochaine convention d’affaires Mecateameetings, les 26 et 27 septembre prochains.

    P. L.

  • Travaux d’été en Ile-de-France : « Nuits longues » sur le RER A, coupures ailleurs

    Travaux d’été en Ile-de-France : « Nuits longues » sur le RER A, coupures ailleurs

    Pour le cinquième été consécutif, le renouvellement de la voie et du ballast sur le RER A, cette fois entre Auber et Vincennes, sera le plus grand des chantiers lancés par la RATP. Mais contrairement aux fois précédentes, pas d’interruption totale du trafic : les travaux s’effectueront en « nuits longues », avec fin de service dès 21 ou 22h en semaine et interruption totale les week-ends et du 10 au 18 août.

    Travaux estivaux sur le RER B également, tant côté RATP (entre Lozère et Saint-Rémy-lès-Chevreuse du 20 au 28 juillet) que SNCF (deux voies sur quatre fermées entre La Plaine-Stade-de-France et Aulnay-sous-Bois du 27 juillet au 18 août). Ceci pour créer des retournements supplémentaires à Orsay et au Bourget, tout en renouvelant les voies et les aiguillages.

    Du 15 juillet au 24 août, la traversée parisienne du RER C connaîtra sa 22e interruption estivale, pour 100 m de jet grouting au Pont de l’Alma et des remplacements de rails. Alors que sur le RER E, le trafic sera interrompu du 15 juillet au 25 août entre Haussmann-Saint-Lazare et Gare-du-Nord-Magenta pour adapter les hauteurs de quais et préparer le prolongement vers l’ouest. D’autres travaux impacteront les lignes H, J, L, N, P, R et U.

    Côté métro, la ligne 6 sera fermée du 1er juillet au 1er septembre entre Montparnasse et Trocadéro pour la réfection du viaduc. Et les tramways auront leur lot de chantiers (T1, T2 et T3a).

    Enfin, les chantiers en cours se poursuivront, comme l’électrification Paris – Troyes (coupure sur la ligne P du 12 juillet au 24 août) et le renouvellement de la caténaire au sud de Bibliothèque-François-Mitterrand (RER C). Dans le métro, l’automatisation de la ligne 4 et la préparation du prolongement de la 11 se poursuivent. Et le tram-train T4 devrait rouvrir en septembre.

    P. L.

     

  • Maîtrise d’œuvre de la troisième ligne de métro de Toulouse : choix des entreprises

    Maîtrise d’œuvre de la troisième ligne de métro de Toulouse : choix des entreprises

    Trois groupements d’entreprises ont été retenus pour la maîtrise d’œuvre des trois tronçons de la troisième ligne de métro de Toulouse. Le 5 juin, Tisséo a annoncé les deux groupements choisis pour les parties aériennes situées aux extrémités de la ligne : Arcadis ESG/Oteis/Séquences pour le sud-est, de la station Montaudran au terminus à Labège, pour 13 millions d’euros ; Artelia/BG ingénieurs-conseils/AR Theme associés/Harter Architecture pour l’extrémité nord, de la station Jean-Maga jusqu’à Colomiers, pour 11,7 millions d’euros.

    En avril, Tisséo avait choisi Systra, Arcadis, Richez_associés, Séquences et Taillandier Architectes associés pour le tronçon central du projet (tunnel entre les station Jean-Maga et Montaudran) estimé à 50 millions d’euros. Ce marché de maîtrise d’œuvre avait été divisé en trois après que l’appel d’offres avait été jugé infructueux à cause d’une proposition commune des concurrents habituels Systra et Egis à l’automne dernier, entraînant une année de retard sur la livraison de la ligne annoncée en 2025.

    D’ici fin 2019, Tisséo choisira les entreprises pour le matériel roulant entre Alstom Transport, Ansaldo-Hitachi, CAF avec Thalès et Siemens Mobility.

    C. S.

     

  • Jean-Pierre Farandou de retour à la tête de l’UTP

    Jean-Pierre Farandou de retour à la tête de l’UTP

    Sans grande surprise, le dirigeant de Keolis succède à Thierry Mallet (PDG de Transdev) à la tête de l’Union des transports publics ferroviaires (UTP). Elle représente les entreprises de transport urbains et ferroviaires, privées et publiques : SNCF, sa filiale Keolis, Transdev, RATP, le réseau indépendant Agir, etc. Ainsi que des gestionnaires d’infrastructure ferroviaire.

    Elu le 20 juin pour un nouveau mandat de deux ans, après avoir déjà présidé l’UTP de juin 2015 à juin 2017, Jean-Pierre Farandou « va poursuivre les travaux relatifs aux négociations de la convention collective de branche ferroviaire, à l’ouverture à la concurrence en Ile-de-France ou encore à l’intégration des nouvelles mobilités dans le modèle économique du transport urbain », lit-on dans le communiqué du syndicat professionnel .

  • Bernard Schaer élu président d’i-Trans et de Railenium

    Bernard Schaer élu président d’i-Trans et de Railenium

    Le 23 mai, le conseil d’administration du pôle de compétitivité i-Trans a élu président pour trois ans Bernard Schaer. Il succède à Yves Ramette. Il lui a également succédé le 20 juin à la présidence de Railenium. Ingénieur des Ponts et chaussées, Bernard Schaer était jusqu’à son départ de la SNCF, en septembre 2018, membre du Comex de SNCF Réseau et occupait les fonctions de directeur général adjoint en charge de l’Ingénierie et des Projets.

  • SNCF – Les tout débuts de l’Assistant personnel de mobilité

    SNCF – Les tout débuts de l’Assistant personnel de mobilité

    Ne vous souciez plus d’organiser vos déplacements, la SNCF s’occupe de tout ! C’est le message que la société nationale a voulu faire passer en lançant, ce matin, son Assistant personnel de mobilité. Cette nouvelle appli «l’Assistant SNCF», qui va prendre la place de l’appli SNCF, propose l’ensemble des modes de transports des opérateurs qui ont accepté de participer à sa plateforme, affiche leurs horaires et permet l’achat de billets. «A partir de demain, les 13 millions d’utilisateurs qui ont déjà téléchargé l’application SNCF pourront accéder à de nouvelles fonctionnalités telles que l’achat et la validation de tickets de bus, de trajets de taxis, de VTC… », indique la SNCF.

    « Il existe aujourd’hui des applications pour chaque mode de transport mais aucune ne propose un point d’accès unique aux différentes offres de mobilité pour s’informer et acheter un billet. Avec l’assistant SNCF, nous apportons une réponse innovante à nos clients pour simplifier leurs déplacements », souligne Alexandre Viros, le directeur général de e-voyageurs SNCF, le grand chef d’orchestre de l’opération. Selon lui, l’objectif est d’aider le voyageur dans la totalité de son parcours en lui offrant une expérience plus personnalisée.  L’appli peut aussi fournir des informations de façon proactive. Par exemple en cas d’aléa dans son déplacement habituel domicile – travail, l’utilisateur peut recevoir un message à l’avance lui proposant un autre itinéraire pour éviter ce désagrément et les éventuels retards qui vont avec.

    Pour l’heure, un nombre limité de partenaires

    La SNCF, qui se veut incontournable, a encore un long chemin devant elle pour y parvenir. En effet, pour l’heure, seuls quelques opérateurs sont présents à ses côtés : en plus des TER, on trouve Karhoo, un intégrateur de flottes de taxis et de VTC, le Bus Direct Paris Aéroport, Alpha taxis et l’agglomération de Strasbourg via la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS).  La SNCF, qui explique avoir délibérément ciblé les acteurs des transports du quotidien, va chercher à faire grossir leur nombre au fil du temps. Surtout dans un premier temps parmi les acteurs du covoiturage, du taxi (elle lorgne sur les grands groupes, notamment les taxis G7), du VTC et des transports urbains. Y compris parmi ses concurrents.

    Parmi les acteurs de poids, Uber a déjà donné son accord et est attendu d’ici la fin de l’année, ainsi que BlaBlaLines (l’appli de BlaBlaCar pour le covoiturage domicile – travail) ou Onepark. Ce sera sans doute le cas des métros de la RATP d’ici la fin de l’année, assure Alexandre Viros. «Nous faisons le pari que nous avons besoin de complémentarité», ajoute-t-il.

    Peu à peu, l’appli doit s’enrichir. Fin 2019, l’Assistant offrira une nouvelle fonctionnalité avec la généralisation du NFC sur tous les TER. Pour se rapprocher des collectivités territoriales, dont certaines ont déjà conçu ou prévoient de lancer leur propre application mobilités (qu’on appelle aussi le MaaS, pour Mobility as a service), la SNCF prône l’échange de données et compte bientôt leur proposer une plateforme en marque blanche dans laquelle elles pourront intégrer leurs propres solutions de transport.

    Une appli avant tout dédiée aux transports du quotidien

    «Nous avons choisi dans un premier temps de ne lancer l’Assistant que pour les transports du quotidien car cela concerne 90 % de nos clients. Par ailleurs, comme le demande la LOM, nous voulons aider aux déplacements dans les zones peu denses et contribuer à ce qu’il y ait encore plus de voyageurs dans les trains», précise encore Alexandre Viros. En attendant, les voyages sur la longue distance, notamment les TGV, continuent de s’acheter sur oui.SNCF. En cas de voyages combinant courtes et longues distances, un lien permet d’accéder à oui.SNCF.

    En revanche, la possibilité de paiement en une fois, avec une facture unique, n’existe pas encore si le voyageur utilise les services de différents transporteurs. C’est un des sujets les plus compliqués à régler, expliquent les dirigeants de la SNCF. «Nous faisons passer, du concept à la réalité, la plateforme rassemblant toutes les mobilités. Mais nous le faisons avec beaucoup d’humilité car c’est très compliqué techniquement. Chaque système a été développé par chaque opérateur de son côté avec son propre langage. Et nous devons faire en sorte qu’ils se parlent», explique de son côté Guillaume Pepy. «L’Assistant proposera des voyages longue distance quand nous aurons réussi notre plateforme sur les déplacements du quotidien. 85 % des déplacements se font en voiture. Si on arrive à convaincre, ne serait-ce que 1 % des automobilistes d’utiliser les transports publics, ce serait une vraie réussite», estime le PDG de SNCF Mobilités.

    La nouvelle appli a nécessité plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement. La SNCF sera rémunérée par un système de commissions. Mais, selon Guillaume Pepy, la rentabilité sera avant tout socio-économique car le but de l’Assistant est d’inciter à l’utilisation des transports publics.  «L’Assistant SNCF n’est pas un centre de profit. L’idée, c’est de ne pas perdre d’argent», souligne-t-il. Vu la complexité du sujet, cela pourrait prendre un certain temps, reconnaît le patron de la SNCF.

     Marie-Hélène Poingt

  • Grand Paris Express – Pascal Auzannet défend l’interopérabilité à Champigny

    Grand Paris Express – Pascal Auzannet défend l’interopérabilité à Champigny

    Un des meilleurs spécialistes du métro du Grand Paris, Pascal Auzannet, vient de remettre un rapport sur l’interopérabilité des lignes 15 Sud et 15 Est du Grand Paris Express. Au terme d’une analyse multicritère (exploitation, maintenance, gains/pertes de temps…) il préconise le maintien de l’interopérabilité, alors que la SGP veut la supprimer, comptant réaliser ainsi une économie de 127 millions d’euros. Les conclusions de Pascal Auzannet iront droit au cœur des élus. C’est d’ailleurs à la demande de Christian Favier (président du conseil départemental du Val-de-Marne) et de Stéphane Troussel (son homologue en Seine-Saint-Denis), que le PDG de RATP Smart Systems a apporté son expertise à la concertation en cours. Son rapport, établi à titre personnel et amical, n’engage pas la RATP.

    On attend parallèlement le rapport que va remettre sur le même sujet, à la demande de la SGP, un collège d’experts composé de Serge Lagrange, Christian Masson, Jean-Paul Ourliac et Yves Ramette. Les rapports seront soumis au Conseil de surveillance de la SGP le 25 juin prochain. Dans un climat généralement décrit comme détestable, tant les tensions sont vives entre la SGP et les élus concernés par ce tracé. Comme entre la SGP, le maître d’ouvrage, et IDFM, l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France,

    F. D.

  • FlixTrain veut concurrencer la SNCF sur cinq grandes lignes

    FlixTrain veut concurrencer la SNCF sur cinq grandes lignes

    La compagnie FlixBus veut étendre son champ d’action en France, où elle exploite déjà des autocars longue distance : dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des grandes lignes ferroviaires de transport de voyageurs, elle envisage de lancer, à partir de la fin 2020, cinq liaisons entre Paris-Nord et Bruxelles-Nord, Paris-Bercy et Lyon-Perrache, Paris-Bercy et Nice (en horaires de nuit), Paris-Bercy et Toulouse et entre Paris-Austerlitz et Bordeaux. L’ensemble totalise 25 arrêts intermédiaires, tous « potentiellement commercialisables », selon la compagnie allemande.

    Ces liaisons, qui passent sur lignes classiques avec des temps de parcours conséquents, vont concurrencer avant tout les Intercités et des lignes TER. A des tarifs sans doute très attractifs et en jouant sur le service.

    « Nous avons choisi ces lignes, toutes au départ de Paris, car elles desservent des grandes villes avec énormément de flux. En proposant une offre différenciée, nous pourrons générer un surcroît de trafic, explique Yvan Lefranc-Morin, le directeur général France de Flixbus. Notre modèle nous permettra d’offrir des tarifs très compétitifs avec un service de qualité : nous équiperons les trains en Wi-Fi, prises électriques et possibilités de divertissement comme c’est le cas à bord de nos cars », poursuit-il.

    Toutefois, ajoute le dirigeant, pour l’heure, ce n’est encore qu’une déclaration d’intention. « Nous nous conformons au calendrier pour pouvoir lancer éventuellement nos lignes dans 18 mois », précise-t-il. « Maintenant, il faut qu’on discute avec SNCF Réseau des créneaux horaires… » Pour la ligne de nuit, entre Paris et Nice, la société attend de savoir si elle pourrait ou non bénéficier de l’aide de l’Etat « puisque le gouvernement s’est dit prêt à aider à la renaissance des trains de nuit », rappelle Yvan Lefranc-Morin.

    Il faudra aussi voir comment les autorités organisatrices des TER réagissent. La réglementation européenne qui définit les conditions d’accès des opérateurs privés au réseau ferroviaire leur accorde un délai d’un mois pour éventuellement contester ces projets s’ils viennent à « mettre en péril l’équilibre économique de services publics existants », notamment les TER, rappelle l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Arafer).

    C’est plus exactement FlixTrain, filiale de FlixMobility (dont fait partie Flixbus) qui commercialisera ces trains, comme elle le fait en Allemagne, où elle exerce depuis un peu plus d’un an et où elle dresse un bilan très positif : pendant les douze premiers mois d’activité, plus d’un million de voyageurs ont été transportés sur les trois lignes desservies, ce qui l’incite à augmenter les fréquences et à s’intéresser désormais à d’autres pays.

    Lire aussi : Flixbus va inaugurer de nouvelles lignes ferroviaires en Allemagne

    En France, Flixtrain compte aussi sous-traiter l’exploitation des trains à une compagnie ferroviaire (ou plusieurs), se focalisant sur la commande des sillons et sur la vente des billets. Mais les trains rouleront sous la bannière FlixTrain, couleur verte. « Nous allons pouvoir intégrer ces trains à notre réseau de cars. C’est d’ailleurs pourquoi nous proposons de nombreux départs à partir de la gare de Bercy où nous disposons aussi de notre hub pour les cars, souligne le dirigeant de FlixBus en France. L’intérêt pour nous, c’est de créer une perméabilité entre le car et le train car on est persuadés de la forte complémentarité entre ces modes de transports. »

    La décision définitive de lancer, ou pas, ces lignes pourrait être prise « idéalement » à la fin de l’année.

    Marie-Hélène Poingt